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Au
lendemain du quarante-cinquième jour de la disparition du Président du Sénat,
Edouard Ambroise Noumazalay, marquée par la
célébration, en son honneur, d’une messe de requiem par ses amis de l’Armée du
Salut, le 29 décembre dernier, en présence Denis Sassou
Nguesso, chef de l’Etat, le remaniement
gouvernemental post législatives 2007 maintes fois annoncé et reporté, a
finalement eu lieu.
C’est
par décret n°2007-615 du dimanche 30 décembre 2007 que Denis Sassou Nguesso a procédé au
remaniement de son gouvernement, à la surprise quasi générale, tellement le
secret avait été bien gardé. Après moult tergiversations sur ce remaniement, le
Président de
S’agissant de la déclaration de Paris en question, Sassou faisait allusion à l’interview accordée à François Soudan de Jeune Afrique, après son passage au Forum Mondial du Développement Durable, organisé les 6 et 7 décembre au Sénat français. En substance, sur la question du remaniement, il déclarait : « J’attends les résultats des partielles, tout simplement. Mais le principe est acquis. A preuve : le ministre de l’Administration du territoire, appelé à d’autres fonctions, n’a pas été remplacé (…) Soyez patient, ça viendra » (J.A. n°2448 du 9 au 15/12/2007).
Pratiquement
deux semaines après son retour à Brazzaville, Sassou
est donc passé de la promesse aux actes, les résultats des partielles attendues
ayant été proclamées entre-temps. Que
faut-il penser de ce remaniement qui a mis à ruse épreuve les nerfs des
Congolais et qui au finish a pris les allures de « réorganisation »
du gouvernement, à l’exception de quelques nouvelles entrées ? On note en
tout cas qu’à la veille de élection présidentielle, le président de
« Molinga akomi civil ! »
Malgré de réticences ouvertes face à ce remaniement découlant logiquement de la nouvelle configuration de la carte politique après les élections législatives, Sassou a donc fini par se plier à l’impatience de l’opinion publique. On se rappelle combien il rechignait à livrer ses ministres à la férocité de cette opinion, dont il stigmatisait la délectation à railler des ministres éjectés du gouvernement sous la formule bien connue : « Molinga akomi civil ! ».
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Laurait-il fait plus tôt ou plus tard, il nen demeure pas moins que ce remaniement a bien produit ce quil semblait redouter le plus :
de nouveaux « Molinga civils » à l’instar Ernest Ambandzounou, Marcel Mbani, Gabriel Entcha Ebia, Philippe Mvouo et Nombo Mavoungou, anciens ministres qui ne savent pas encore à quelle sauce ils seront mangés demain. Il faut néanmoins signaler le cas particulier de François Ibovi, ancien ministre de l’Administration du territoire chargé de la décentralisation, qui a déjà confortablement été casé comme 2ème Vice-président du bureau de l’Assemblée nationale.
Rechercher
une plus grande efficacité dans certains compartiments du gouvernement par un
léger réaménagement technique en bousculant moins de 10% de ses effectifs, là
où tout le monde attendait un « Big-bang ministériel » ou un
« Tsunami gouvernemental », n’est ce pas là, une façon de
faire languir les gens pour rien ? Sassou a-t-il
atteint cet objectif ? Pour y répondre, passons les troupes en revue.
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Dans
les rangs du PCT, il y a Rigobert Mamboundou,
économiste et universitaire au parcours sans fautes jusqu’aux dernières
élections législatives, à l’issue desquelles il a été battu sous le label de
candidat indépendant. Raymond Mboulou, ancien
directeur de cabinet de Firmin Ayessa, qui remplace
François Ibovi à l’Administration du Territoire,
était jusqu’il y a peu Secrétaire Général de
Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de
l’avoir tué !
« Cette fois-ci, il ne va pas rester. Il va quitter le gouvernement, c’est sûr ! Le Chef ne veut même plus le recevoir ni entendre parler de lui. D’ailleurs, lors de son dernier voyage, lui qui ne rate jamais une occasion, il ne faisait même pas partie de la délégation présidentielle », pouvait-on entendre au sujet de certains membres du gouvernement que la rue donnait partant.
Certains
ont cru pouvoir appliquer la jurisprudence électorale de Sarkozy aux ministres
qui une fois battus, doivent automatiquement quitter le gouvernement. Dans le
collimateur des détracteurs, Alain Akouala Atipault et Charles Zacharie Bowao,
battus respectivement à Gamboma (Plateaux) et Impfondo (Likouala). Si le ministre
de
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Au total, avec le recul, on peut sans conteste affirmer que par ce remaniement, Sassou vient d’amplifier davantage le mouvement de réconciliation nationale entamée dès la fin de la guerre de 1997, de consolider la paix, l’unité nationale et de raffermir le socle de la stabilité de l’Etat et des institutions républicaines, les conditions idéales d’une bonne campagne en 2009.
Ntumi, le grand perdant de la nouvelle donne
Englué dans des atermoiements sans fin quant à son retour à Brazzaville pour la prise des fonctions taillées sur mesure de Délégué chargé la promotion des valeurs de la paix et de la réparation des séquelles de guerre, le pasteur Ntumi a gâché toutes les chances des cadres du Pool évoluant dans son sillage d’assumer de hautes fonctions au sein de l’Etat.
Par son entêtement à vouloir faire du département du Pool un « no man’s land » impénétrable pour la puissance publique, il reste un grand perdant face à un Bernard Kolelas qui a su tirer son épingle dans ce jeu de domino. Après avoir joué au pyromane, Bernard
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Kolelas s’est résolument mis au service de la paix dans le Pool et au Congo, positionnant ainsi son clan sur une orbite favorable de prise de pouvoir, pendant que Ntumi s’enfonce chaque jour un peu plus et encore davantage dans une voie sans issue. La consolidation de la paix sur l’ensemble du territoire voudrait d’ailleurs qu’on procédât sans plus tarder au règlement définitif de la question du Pool.
Cette
dernière ne peut plus être laissée complaisamment entre les mains des seuls
ressortissants de ce département de
Sassou, qui s’est fait tant désirer avant de remanier son gouvernement, sait ce qu’il lui reste à faire pour transformer l’essai des attentes sociales. A-t-il eu raison de le procéder de la sorte, juste à la veille du nouvel an, en privant certains de ses ministres de la dinde du réveillon ? L’histoire seule nous le dira !
P.SONI-BENGA
& Prosper MOKABI DAWA