Retrouvailles avec
le Pool : Bernard Kolélas retrouve son
« Peuple » !
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« Nous
attendons N’Tumi à l’épreuve »
C’est
par une série de messes célébrées en faveur de la paix dans toutes les églises
et paroisses de Kinkala, chef lieu du département du
Pool que Bernard Kolélas, président fondateur du Mcddi, a clôturé sa tournée de quatre jours dans sa région
natale, qui est aussi son principal fief électoral. C’était le dimanche 04 mars
dernier.
Samedi 03 mars, il a tenu sur la place Matsoua, toujours à Kinkala, un
grand meeting populaire qui a constitué, de l’avis des observateurs présents,
le point culminant de cette tournée de retrouvailles avec la population du
Pool, qui a eu lieu dix ans après son départ précipité en exil, en 1997. Très
attendu par la population en général et les militants du Mcddi
en particulier, ce meeting a connu la participation d’une foule estimée à plus
de trois mille personnes et qui a vibré au rythme de la musique de Jacques Loubelo et de nombreux groupes folkloriques.
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Premier à monter sur la tribune érigée au milieu de
la place, M. Philippe Nkanza, président départemental
du Mcddi, a dit que durant la longue absence de
Bernard Kolélas, la population du Pool s’était sentie
orpheline. Avec son retour, elle a retrouvé la confiance. L’orateur a terminé
son propos en rassurant le leader du Mcddi du soutien
total de la population du Pool à sa politique de paix et de réconciliation,
fondements de la reconstruction d’un département en état de délabrement avancé.
Succédant à la tribune, le représentant de
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Avant de prendre la parole, Bernard Kolélas a été introduit par Hellot
Matson Mampouya, Secrétaire
National chargé de la Communication et de la Mobilisation, porte-parole du Mcddi. Sans mettre des gants, ce dernier a fustigé le
comportement de certains partis politiques (de l’opposition ?) qui passent
leur temps à critiquer Bernard Kolélas. « Kolélas a fait ceci, Kolélas
a fait cela », disent-ils, au lieu de s’occuper des affaires de leurs
partis. « Le Mcddi ne les suivra pas sur
cette voie », a-t-il fait savoir, car « il compte d’abord sur ses
propres valeurs et ses propres forces ».
Hellot Matson Mampouya a également souligné
à l’intention des militants du Mcddi au Pool qu’ils
pouvaient être fiers d’avoir pour leader un homme charismatique, doublé d’un visionnaire.
« Rappelez vous, il avait prédit, sur cette même tribune de la place Matsoua, toutes les choses qui sont finalement arrivées
après (…) Vous le savez bien, votre salut passe par le Mcddi »,
a-t-il conclu d’une voix forte, sous un tonnerre d’applaudissements.
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Enfin, environ une heure après toutes ces
interventions, Bernard Kolélas prend la parole. Il
est pratiquement 17 heures. Il parle en alternant le français et son « patois »,
le lari. Contrairement à ses habitudes, le président fondateur du Mcddi n’a pas été très long dans son discours. Montre en
main, il aura en tout et pour tout parlé une vingtaine de minutes environ. Avant
de faire un large tour de la place Matsoua (quinze
minutes) pour saluer les groupes folkloriques présents.
Bernard Kolélas a commencé
son discours en disant son émotion et sa joie de se retrouver à Kinkala, après toutes ces années d’absence. « J’ai
acquis beaucoup d’expérience durant mes années de séjour à l’étranger »,
a-t-il humblement avoué. Cette expérience acquise à l’extérieur, a-t-on cru
comprendre, serait à la base de sa nouvelle politique de paix et de
réconciliation.
Bernard Kolélas a cru
utile d’en expliquer les enjeux aux populations du Pool. « Si vous tournez
le dos à la paix, si vous ne voulez pas pardonner, vous ne connaîtrez que
malheurs sur malheurs (…) C’est la stricte vérité », a-t-il lourdement
insisté, revenant à plusieurs reprises sur cette phrase comme pour mieux en
faire saisir la portée à l’assistance.
Par contre, il a souligné que si le peuple
s’évertue à cultiver l’amour et la paix, s’il s’investit dans la réconciliation,
alors le bonheur l’envahira et ce bonheur irradiera la vie collective et
individuelle. Ainsi, le département du Pool pourra être sauvé et reconstruit.
Bernard Kolélas n’a dit
aucun mot sur les élections. Il a cependant abordé la question relative à la
création du Conseil National des Républicains (CNR), le parti politique créé
par M. Frédéric Bintsamou, alias Pasteur N’Tumi, sur les cendres du Conseil national de la résistance,
mouvement de rébellion qui a animé la guerre au Pool à partir de décembre 1998.
« C’est une bonne chose. Comme tous autres
les partis, il doit nécessairement se soumettre à la loi. Pour le reste, nous
l’attendons à l’épreuve », a dit Bernard Kolélas.
La loi sur les partis politiques prohibe, entre autres, la création et
l’utilisation des milices privées. Est-ce à cela que pensait Bernard Kolélas en parlant de la soumission du parti de N’Tumi à la loi ? Plus qu’une impression, beaucoup
d’observateurs présents ont eu le sentiment que ces paroles de Bernard Kolélas renvoyaient aux calendes grecques la rencontre
annoncée entre le leader du Mcddi et le pasteur N’Tumi.
En guise de conclusion à sa première allocution
publique au Pool depuis son retour, Bernard Kolélas a
encouragé les jeunes du département à abandonner les armes et à s’impliquer
dans le processus DDR en cours, pour leur réinsertion dans la société.
La tournée de Bernard Kolélas
au Pool avait débuté le jeudi 1er mars. Partie de Brazzaville, sa
délégation est passée par Linzolo, Moutampa, Mbandza Ndounga, Kimpandzou, Kimpila, Voka, Boko, Louingui et Kinkala, où il a passé deux nuits.
Partout, un accueil chaleureux lui a été réservé. A
Boko particulièrement, la population s’est fortement
réjouie de son passage, se plaignant de l’abandon
dont elle est victime de la part de ceux qui prétendent la représenter. « Nous
sommes abandonnés à notre triste sort », a-t-elle fait au leader du Mcddi, très touché par cette marque de confiance sur des
terres réputées fidèles à l’UDR/Mwinda de André Milongo.
Selon ses proches, Bernard Kolélas
compte organiser une seconde tournée au Pool, qui s’effectuera par l’axe Mayama, Kindamba, Vindza et Mindouli, la partie du
département du Pool sur laquelle le pasteur N’Tumi et
ses partisans font encore planer leur ombre.
Peut être pourra t-on à ce moment reparler d’une
éventuelle rencontre avec N’Tumi, qui continuerait à
achopper sur des questions de préséance, voire d’allégeance. A bien y regarder,
les coqs semblent toujours avoir autant de mal à cohabiter dans le même poolailler.
Le Coq/ brazza.info