Paul SONI-BENGA

Affaire Mounzéo/Mackosso contre www.brazza.info

Procès le 29 novembre à Paris !

 

Le 29 novembre 2007, le procès en diffamation intenté par Christian Mounzéo et Brice Mackosso contre Paul Soni-Benga, Directeur de publication de www.brazza.info, sera jugé devant la Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, à 13h30.

 

Le moins qu’on puisse dire de ce procès intenté contre un média en ligne par des pseudo activistes des droits de l’homme qui ont toujours proclamé publiquement leur aversion à toute condamnation pour délit de presse, est qu’il a le mérite de montrer de quel côté se trouvent l’intolérance et la dictature de la pensée unique.

Tout est parti de la conférence de presse sur la transparence dans la gestion du pétrole congolais organisée le 28 septembre 2006 à la Maison de la Radio à Paris par Global Witness et le Secours catholique, au cours de laquelle sera abordée l’affaire Mounzéo/Mackosso devant le tribunal de grande instance de Pointe Noire. La réplique donnée à Me William Bourdon par le Directeur de publication de www.brazza.info , relative à la thèse d’un pseudo harcèlement judiciaire de la part du pouvoir de Brazzaville va provoquer l’ire des organisateurs, au point de se voir menacé par l’avocat « Tiers-mondiste » au demeurant,  défenseur du duo Mounzéo et Mackosso, d’être traîné en justice pour diffamation.

La menace a fini par se matérialiser. Après avoir été mis en examen le 23 avril 2007 par le juge d’instruction De Thevenard, le 25 juin 2007, votre humble serviteur reçoit du même juge « lordonance de renvoi devant le Tribunal Correctionnel pour être jugé conformément à la loi ». Selon ce juge, qui se référait aux articles 29 alinéa 1 et 32 alinéa 1 de la loi du 29 juillet 1881 et 121-6 et 121-7 du code pénal  français, nos écrits relatifs à l’affaire des détournements des subventions accordées à la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) dont Mounzéo et Mackosso s’étaient rendus coupables, étaient « susceptibles de renforcer des allégations ou imputations de faits portant atteinte à l’honneur et à la considération de Christian Mounzéo et Brice Mackosso.


Mounzeo - Sarah WYKES - Claud LEROY (secours catholique) - MAKOSSO
En clair, ce qui nous est reproché, ce ne sont pas tant les faits avérés de ce détournement tels qu’établis par la chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Pointe Noire, puis la Cour d’Appel, mais la publication des informations y relatives, qu’on aurait bien aimé qu’elles fussent gardées secrètes au niveau de l’opinion publique internationale. Il est en effet de notoriété publique que l’affaire de détournement des subventions de la RPDH a été traitée dans tous ses détails par la presse locale, qui n’a pas été particulièrement tendre avec Christian Mounzéo et Brice Mackosso.

A notre connaissance, aucun organe de presse de la place à travers un responsable, n’a été poursuivi en diffamation, à cause du traitement réservé à cette affaire, sinon des menaces verbales et physiques de la part de Christian Mounzéo, Brice Mackosso et de leurs fanatiques, ainsi que l’attestent notamment les témoignages du patron du journal Le Choc, Asie Dominique de Marseille et celui du journal Le Coq, Prosper Mokabi Dawa.

Des faits qui précèdent, on peut inférer sans risque d’être contredit, que la stratégie à la base du procès intenté contre le site www.brazza.info est non seulement d’intimider et de réduire au silence ceux qui se sont rendus coupables d’avoir émis un son de cloche discordant, mais plus encore, de remettre en cause la compétence des tribunaux congolais et l’autorité de la chose jugée. Tout simplement en rejugeant une affaire déjà jugée, par le biais du grief factice de diffamation, appelé à transformer par un coup de baguette magique, les coupables en victimes expiatoires.

Il n’est pas besoin d’épiloguer sur le sort réservé au jugement rendu par la cour criminelle à Brazzaville sur l’affaire des disparus du Beach par certaines ONG et certains activistes des droits de l’homme pour comprendre qu’au-delà du procès intenté contre www.brazza.info et son Directeur de publication, c’est la chasse aux sorcières qui est déclenchée dans certains milieux dans l’Hexagone contre tous ceux qui sont accusés de proximité intellectuelle avec le pouvoir de Brazzaville. Malheureusement, les faits sont têtus et la réalité ne peut être changée à coups d’artifices juridiques ou judiciaires.

Sans chercher à prendre le contre-pied de l’instruction du juge français, force pour nous est de rappeler à l’intention de l’opinion que l’affaire de détournement de subventions de la RPDH a déjà été jugée à Pointe-Noire. Elle a abouti, ainsi que l’atteste le plumitif de la Cour d’Appel de Pointe-Noire, à la condamnation de Christian Mounzéo et Brice Mackosso pour faux et usage de faux et abus de confiance, décision confirmée après l’appel interjeté par ces derniers et leurs nombreux avocats. C’est cela la réalité que nul ne saurait contourner. Point !

 

Vous avez dit : « Atteinte à l’honneur et à la considération de Mounzéo et Mackosso » ?

 


Intervention de D. ASIE Directeur de Publication du journal Le CHOC - Maître W BOURDON
Si aux termes de l’ordonnance du juge De Thevenard, l’honneur et la considération de Christian Mounzéo et de Brice Mackosso ont été atteints à la suite de cette affaire de détournement des subventions de leur ONG dénommée RPDH, à qui en revient la faute ? Est-ce à la rédaction de www.brazza.info, qui n’a fait que la rapporter à l’opinion, ou à son collègue et ex- secrétaire général, William Bouaka, qui a porté plainte devant les tribunaux ?

Devant le juge congolais, William Bouaka, preuves à l’appui, a démontré la réalité du détournement de plus de 10 millions de FCFA opéré par Christian Mounzéo et Brice Mackosso sur le compte de la RPDH. Le compte dont la co-signature était détenue par William Bouaka, a été manipulée par Christian Mounzéo qui a adjoint, à son insu, celle de Brice Mackosso, secrétaire permanent de la Commission Justice et Paix de l’église catholique et donc membre d’une autre organisation. Même s’il partage avec Mounzéo les fonctions de secrétaire exécutif de la Coalition Publiez Ce Que Vous Payez, section Congo.

C’est grâce à cette signature dite « alternative » liée à la prétendue indisponibilité de William Bouaka que Christian Mounzéo a frauduleusement sorti les fonds de la RPDH, sans être obligé d’en référer à son ex-Secrétaire Général, William Bouaka. Exonéré de tout contrôle, il a disposé de l’argent alloué comme bon lui semblait, au mépris des termes de référence de différentes donations, aussi bien pour l’équipement des bureaux de la RPDH que pour l’exécution de ses missions en tant que coordinateur de la campagne pour le Golfe de Guinée.

On se rappelle encore de l’humour de Mounzéo proposant au tribunal de l’éclairer avec le groupe électrogène qu’il n’a jamais réussi à acheter pour son association, la RPDH. Un groupe électrogène dont il a été incapable d’exhiber la facture devant le juge, malgré l’insistance de la partie civile et du procureur de la République, Charles Loemba. Idem pour l’ordinateur portable et l’abonnement Internet. Pourtant, le mail de Front Line Defender signé par Mlle Bassot était très clair sur la destination de la subvention accordée à la RPDH, et non à Mounzéo. « […] Front Line a décidé, écrit-elle, en principe, de vous accorder une subvention en aide au projet que vous nous avez soumis pour votre nouvelle organisation, RPDH, le 19 octobre (ndlr : projet pour la défense légale et juridique des défenseurs des droits humains). Cette subvention couvrira uniquement l’achat d’un groupe électrogène, l’achat d’un ordinateur portable, l’installation et l’abonnement Internet ».

Lors de la déposition du 12 avril 2006 devant le juge d’instruction Joseph Tchiyoko, Christian Mounzéo avait affirmé que l’argent alloué à la RPDH devait servir à la campagne de coordination de « Publiez Ce Que Vous Payez » dans le Golfe de Guinée. Quel rapport entre cette campagne et le chèque de 400.000 FCFA signé le 21 avril 2004 à l’ordre de Madame Eulalie Clarisse Mpika Loussiemo, sa campagne dans le privé ? Que dire des autres chèques signés dans des conditions similaires au profit des individus et non des entreprises ?

Même dans l’hypothèse des fonds destinés au financement de ses activités dans le cadre de la campagne pour le Golfe de Guinée en qualité de coordinateur, Christian Mounzéo n’aura malheureusement pas réussi à faire la démonstration qu’il avait reçu mandat des membres de la section congolaise de la Coalition « Publiez Ce Que Vous Payez » pour faire transiter ces fonds par le compte de la RPDH.

Christian Mounzéo et Brice Mackosso, Secrétaires Exécutifs de cette coalition au Congo n’étaient pas sans ignorer qu’ils n’avaient pas le droit, au terme de leurs propres statuts, de recevoir des subventions allouées à leur Coalition. Ce droit revenait à leur Président, Loemba Moké. Et ce dernier ne s’est pas empêché de leur demander des comptes face aux dysfonctionnements constatés dans la gestion des fonds. Au cours d’un réunion des membres de la Coalition, il leur a demandé « de mettre à la disposition des membres tous les documents relatifs à leur mission (…), de lui présenter les rapports inhérents aux fonds cités dans les prétendues malversations de la RPDH, étant donné qu’il s’agirait des fonds destinés au financement des activités de la Coalition ». Question : Pourquoi les principaux bénéficiaires n’ont jamais eu vent de cette obole, ni même bénéficié de celle-ci pour financer leurs multiples actions dans le Golfe de Guinée ?

Christian Mounzéo, qui a quitté l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) pour les mêmes raisons de malversations financières a lui-même avoué du bout des lèvres au tribunal de Pointe Noire que le récépissé avec lequel fonctionne la RPDH est celui de l’association « Terre Unie des Hommes » de William Bouaka. Christian Mounzéo a été incapable de démontrer l’indisponibilité de William Bouaka, à la base de l’adjonction de la signature « alternative » de Brice Mackosso sur le compte de la RPDH, confondu par les mails régulièrement échangés avec son ex- secrétaire général à la même période. Dans ces conditions, dire que Brice Mackosso s’est rendu complice de faux et d’usage de faux et d’abus de confiance aux côtés de Mounzéo, est-ce une diffamation ?

On a accusé www.brazza.info d’avoir faussement pointé le doigt sur Christian Mounzéo et Brice Mackosso comme sortis frauduleusement du territoire, alors qu’ils allaient en mission en Europe. Pouvait-on dire autre chose de deux prévenus de justice se trouvant sous le coup d’une interdiction de sortie du territoire national régulièrement établie par l’autorité compétente ?

 

Qui vole un œuf, volera un bœuf !

 

Dans un article intitulé : « L’époque où Mounzéo gérait la RPDH comme une épicerie familiale », nous écrivions en prévision du procès à venir que ce sera : « certainement l’occasion pour mettre à la disposition de l’opinion internationale la masse de preuves en notre possession et ainsi, mettre à nu les dessous d’une affaire de droit commun que l’on souhaite gaiement politisé ». Nous n’avons pas varié de discours. Autant dire, que nous n’allons pas nous défiler.


MOUNZEO - WOLKOVITZ-MAKOSSO

Nous serons présents le jeudi 29 novembre 2007 à 13h30, au Tribunal Correctionnel de Paris, où aura lieu le procès en diffamation contre le directeur de publication de www.brazza.info. Quelle que soit l’issue, nous assumerons les conséquences. Si nous devons passer par la case « guillotine » pour avoir dénoncé des pratiques d’opacité d’un autre âge, nous donnerons notre tête à couper. Malgré les multiples « parrains » de Mounzéo et Mackosso tapis en Europe, qui « souquaient » ferme pour que cette affaire « s’étouffe » et reste au niveau national, nous avons tenu tête et gardé le cap.

Si dénoncer les égarements financiers de Christian Mounzéo et Brice Mackosso nous vaut d’être condamnés, nous assumerons. Nous sommes fiers d’avoir apporté notre modeste contribution dans la mise à nu des travers et autres dérives gestionnaires de certains membres de la société civile qui se croient au-dessus de la loi, et qui sont incapables de s’appliquer à eux-mêmes les règles les plus élémentaires de transparence dans la gestion d’une petite association de quartier !

Pourtant, grâce à un Décret présidentiel, les voilà qui s’érigent en gendarme de la lutte anti-corruption en tant que membres du comité exécutif de mise en œuvre de l’EITI ! Nombreux sont ceux qui auraient aimé que Mounzéo et Mackosso aient le statut de persécutés. La justice congolaise a, fort heureusement, coupé court à cette campagne de lobbying, rondement menée par quelques ONG et personnalités qui cherchent par tous les moyens à en découdre avec le pouvoir de Brazzaville.

La souveraineté d’un Etat ne se monnaye pas. La liberté et l’indépendance ne se marchandent pas non plus. Nul n’étant au dessus de la loi. Nous réaffirmons une nouvelle fois face aux dérives kleptocratiques de certains donneurs de leçons : « Qui vole un œuf, volera un bœuf ». Rendez-vous le 29 novembre à 13h30 au Tribunal Correctionnel de Paris !

 

P.SONI-BENGA.