Jo-Wilfried TSONGA

Jo-Wilfried Tsonga, retour gagnant au pays de ses ancêtres


De Brazza à Oyo, de Oyo à Pointe-Noire et Pointe-Noire à Brazza, le périple initiatique d’un champion !

 

Le samedi 23 février dernier, le hall de l’hôtel Olympique Palace avait l’allure d’un bunker. Etait-ce, parce que la veille, un membre de la famille régnante avait fêté avec force, fracas et feu d’artifice ses noces d’or ? Le parking de l’Olympique Palace qui, la veille, était noir de limousines et autres 4x4 derniers cris avait retrouvé sa sérénité habituelle. Pour cause ! La « jet-set » s’était donnée rendez-vous à l’Olympique non pas pour honorer l’arrivée en terre Congolaise du 10ème joueur mondial de tennis, Jo-Wilfried Tsonga, mais pour « rouler les mécaniques » en jouant leur pièce préférée : « La croisière s’amuse ».

Ce vendredi 22 février après que la compagnie Air-France ait débarqué Jo-Wilfried Tsonga à Brazzaville, toute la délégation qui l’accompagnait prend ses quartiers à l’hôtel Olympique Palace. Arrivé peu avant 22 heures, le finaliste malheureux de l’us open d’Australie, Jo-Wilfried Tsonga a posé ses valises dans le seul hôtel de standing international que compte Brazzaville. On s’attendait à ce que la délégation qui accompagnait le Franco-Congolais rechigne, proteste, ait la gueule de bois à cause du boucan de la veille, c’est au contraire, un Jo-Wilfried Tsonga tiré à quatre épingles que nous avons croisé dans le hall de l’hôtel s’affairant avec le Ministre des Sports et du Redéploiement de la Jeunesse, venu lui transmettre certainement l’invitation personnelle du Chef de l’Etat de le rejoindre à Oyo où il séjournait.


Jo-Wilfried Tsonga - embarquement

Jo-Wilfried Tsonga est arrivé le 22 février à l’aéroport de Maya-Maya de Brazzaville. A sa descente d’avion, il a été accueilli par Serge Michel Odzoki, Ministre des Sports et du Redéploiement de la Jeunesse avant de se jeter dans les bras de son grand-père qu’il voyait, dit-on, pour la première fois. La délégation du finaliste malheureux à l’us open d’Australie était composée de son père, de sa mère et de son garde du corps qui ne le quitte plus depuis son parcours sans faute à l’us open d’Australie en janvier dernier. Son grand-père paternel qui ne voulait pas manquer d’une once ces retrouvailles historiques, attendait également son petit-fils de champion qui, d’un seul ace ou d’un coup droit, a fait sortir le Congo de ses parents paternels de la zone reléguable des pays qui ne jouissent pas d’une image attractive auprès de l’opinion internationale.

Jo-Wilfried Tsonga qui foulait le sol de ses ancêtres africains pour la première fois, a vu son vœu le plus cher s’exaucer ; celui de venir au Congo, voir le père de son père aujourd’hui âgé de 80 ans. Dans ses bras, il comptait avoir l’antidote qui lui permettrait d’éviter toutes les blessures qui ont failli hypothéquer sa carrière. L’a-t-il trouvé ? Est-il que, lorsqu’il foule ce vendredi 22 février le sol de ses ancêtres, c’est un Jo-Wilfried Tsonga enthousiaste, détendu et visiblement très ému de fouler, pour la première fois le sol de ses parents paternels.

 

Brazzaville - Oyo - Pointe-Noire, le retour initiatique au pays des ancêtres

 

Le samedi 23 février 2008 vers 10 heures, toute la délégation du champion était attendue à Oyo pour une virée présidentielle. Le détour par Oyo était dicté par le calendrier surchargé du Chef de l’Etat. En visite de travail dans le département de la Cuvette prélude au lancement des travaux de la route Obouya-Boundji-Lékéti, le Chef de l’Etat a préféré recevoir toute la délégation de Jo-Wilfried Tsonga à Oyo. Et, pour réduire la distance qui séparait Oyo de Brazzaville, -400 kilomètres-, le Chef de l’Etat n’a pas trouvé mieux que d’envoyer l’avion présidentiel aller les chercher à Brazzaville. Le Chef de l’Etat Denis tenait lui-même à honorer le jeune prodige Congolais pour son parcours sans faute lors du dernier « Grand Chelem » de Melbourne en Australie. Très sensible à cet accueil, Jo-Wilfried Tsonga a émis le souhait d’avoir un passeport Congolais. Pour la fierté qu’il a rendue à tout un continent, mettre à sa disposition l’avion présidentiel, lui procurer le passeport Congolais n’était pas un caprice de trop. Bien au contraire !

Ainsi, peu avant midi, l’avion présidentiel atterrissait à l’aéroport d’Ollombo avec toute la délégation du tennisman. Tout est donc bien, qui fini bien. Compte tenu de l’agenda serré de Jo-Wilfried Tsonga qui devait regagner Paris dès lundi pour répondre à ses obligations sportives, les moyens ont été mis à sa disposition pour qu’il fasse également un crochet à Pointe-Noire, dans la ville océane pour aller rencontrer et rendre visite à la famille paternelle de son père qui était également du voyage avec lui. C’est un système de rotation qui a été mis en place par la présidence de la République pour rendre agréable le séjour de Jo-Wilfried Tsonga. L’objectif a été atteint.

 


Jo-Wilfried Tsonga -avec Anne- Cécile

Jeu, set et match !

 

Après Brazzaville et Oyo, c’est au tour de Pointe-Noire de réserver un accueil chaleureux à Jo-Wilfried Tsonga et toute sa délégation. A TsiéTsié, le quartier où vit son grand-père, le « vieux Tsonga », tous les Pontenégrins se sont mobilisés comme un seul homme pour lui réserver un accueil mérité et des plus chaleureux à Jo-Wilfried Tsonga. Dans le quartier, les rues, les avenues arboraient toutes, les bandeaux souhaitant « un bon séjour à Jo-Wilfried Tsonga ».

Lundi 25 février, après un séjour sans fausses notes et des retrouvailles familiales méritées dans la ville balnéaire du Congo, le clan Tsonga rentre à Brazzaville juste, le temps de reprendre le vol de la compagnie Air France pour Paris. Décontracté et disponible, Jo-Wilfried Tsonga a été d’une simplicité qui a surpris plus d’un Congolais présent dans la salle d’attente du salon Vip de l’aéroport de Maya-Maya. Sans jouer aux stars de fin de carrière, le Franco-Congolais s’est laissé aborder, photographier avec une simplicité déconcertante. Vu le rang, le statut de Tsonga et, la polémique qui a agité les méninges de certains esprits retors qui se répandaient sur certains sites Congolais sur l’opportunité ou non pour ce dernier d’aller rechercher son « autre moi » caché dans la terre de ses ancêtres, il n’était pas vain de relever le décalage qui existe entre les pulsions grégaires de certains agitateurs du Net et la réalité du terrain. Une fois encore, la réalité du pays réel vient de prendre le dessus sur les dérives du pays virtuel. En séjour au Congo, Jo-Wilfried Tsonga vient de faire la démonstration aux « Congolais par défaut » qu’il avait aussi des émotions à partager avec ses frères et sœurs du continent qui le suivent à la trace son parcours sportif et l’accompagnent dans son ascension sportive par la prière.

Ainsi, malgré la présence d’autres stars internationales, à l’image d’un styliste parisien, de la dernière Dauphine de Miss France 2008 venue spécialement de Paris pour rehausser le niveau du concours de Miss Congo 2008 qui a sacré la jeune Kelly Falco, tous les curieux et autres admirateurs, n’avaient d’yeux que pour Jo-Wilfried Tsonga.


Jo-Wilfried Tsonga, Franck et Anne-Cécile

Ce lundi 25 qui ne sera pas seulement gravé dans le marbre de la mémoire de Marie-Cécile Gandziri, la fille de notre collaborateur qui, en l’espace d’une soirée, est devenue la « chouchou » d’une Miss France et d’un champion du monde de tennis classé au 10ème rang mondial, fut également un grand jour pour tout le peuple Congolais qui a pendant longtemps été sevré de bonheur simple. Lorsqu’on a vu le bonheur illuminer les yeux de la petite Marie-Cécile, on imagine mal que ce bonheur n’ait pas pu être contagieux. Et si le retour de Jo-Wilfried Tsonga au pays natal pouvait faire naître des vocations tennistiques aux jeunes Congolais ?

 

P.SONI-BENGA