Le Ministre Thierry MOUNGALLA
Humeur : SOTELCO, une arrête en moins ?
Serge Blanchard Oba, a été démis de ses fonctions

 

Ce jeudi 6 mars 2008, l’administrateur Général de SOTELCO, Serge Blanchard Oba a été, « à la demande expresse » du Chef de l’Etat, relevé de ses fonctions par le Ministre de Télécommunications, chargé des Nouvelles Technologies. Il a été remplacé à ce poste par Monsieur Emmanuel Koukambakana qui assurera l’intérim jusqu’à la nomination du nouveau Directeur Général.

 

La nouvelle est tombée comme un couperet sur tous les téléscripteurs. Qui l’aurait cru ? Plus personne ne croyait à cette éviction. Les Ministres qui ont essayé, s’y sont cassés les dents. A commencer, par le Ministre Dhello qui avait demandé vainement la tête de Serge Blanchard Oba avant d’être gentiment éconduit, semble-t-il, par Mpila qui ne l’aurait pas soutenu. Que dire du Ministre Mvouo qui avait voulu lui aussi s’aventurer sur ce terrain glissant et qui a été arrêté Net dans son élan salvateur ? Mal lui en a pris de chercher à voir clair dans le fonctionnement de cette nébuleuse SOTELCO recevant, pourtant, de l’argent public qui malheureusement se volatilisait dans des dépenses somptuaires alors que, dans le même temps, les agents de SOTELCO connaissaient des arriérés de salaires.

 

Depuis le retour au pouvoir en 1997 de Sassou Nguesso, pas moins de trois ministres se sont succédés à ce poste. Aucun n’a pu avoir raison de l’administrateur Général de SOTELCO. Il faut dire que l’homme était puissant. Ne se réclamait-il pas de sa proximité avec le Chef de l’Etat ? N’a-t- il pas, dans un passé lointain et au nom de cette proximité, fait la connaissance des geôles de l’ancien régime ? A cause de cet activisme syndical, lui le syndicaliste chevronné a connu la prison. A l’époque, il se battait pour améliorer les conditions de travail des agents de l’Office National des Postes et Télécommunications (ONPT). Pourtant, lorsqu’il a rencontré la fronde des syndicalistes, il n’a pas hésité à suspendre une dizaine d’entre eux jusqu’à les priver de salaires, dit-on, jusqu’à nouvel ordre !

 


Réné Serge OBA-BLANCHARD

Aujourd’hui, Serge Blanchard Oba est passé de l’autre côté de la manette. De syndicaliste, il est devenu gestionnaire. N’est-il pas l’administrateur qui n’a pas hésité à priver de salaires les mêmes agents dont il défendait les causes ? Huit (8) mois, c’est le temps que les agents de SOTELCO ont passé sans percevoir leurs salaires. Qu’aurait-il fait, s’il était à leur place ?

 

Le 30 décembre 2007, lorsque Thierry Moungalla est nommé à la tête du Ministère des Postes et Télécommunications, chargé des Nouvelles Technologies, l’un des défis qu’il comptait relever était celui de se « porter rapidement au chevet » de l’opérateur historique en Télécommunications (SOTELCO) tout en « consolidant le redressement » de la SOPECO (Société des Postes et d’Epargne du Congo) ; les deux entités issues du démembrement de l’ex-ONPT. L’administrateur général de SOTELCO qui était dans le collimateur des bookmakers politiques, aurait-il été poussé vers la porte de sortie par la pression de la rue ? Ne paye-t-il pas simplement les frais de la détermination du nouveau Ministre des Postes et Télécommunications qui a décidé de remettre de l’ordre dans son département et de s’attaquer aux « canards boiteux » ? Il semblerait, aux dires de certains initiés, qu’il y avait un faisceau de preuves accablantes à même de faire terrasser un « baobab du régime », fut-il, soutenu par le Chef de l’Etat lui-même.

 


Rencontre avec l'équipe de la direction générale
Lorsqu’on sait qu’il est quasiment impossible, depuis plusieurs années, de trouver une cabine publique en état de marche, qu’il n’existe quasiment plus dans aucune administration publique ou privée des combinés téléphoniques ; qu’il s’agit d’un véritable parcours du combattant pour tous ceux qui souhaitent recevoir ou envoyer des fax, etc., le Chef de l’Etat a-t-il eu raison de faire le ménage en relevant l’administrateur de SOTELCO ?

 

Cette mise à l’écart, ne va-t-il pas briser l’irrésistible ascension du Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSD), le parti que dirige Serge Blanchard Oba qui a refusé d’adhérer au Rassemblement de la Majorité Présidentielle (RMP), la nouvelle plateforme de la majorité au pouvoir ? Y’aurait-il une morale après la morale, à dépenser près d’un milliard pour se faire élire Député, de siéger à l’Assemblée Nationale lorsque, par ailleurs, ses propres salariés vivent en apnée et croupissent par huit mois de galère sans salaire ?

 

P.SONI-BENGA.