Bonjour chèrs amis

Au lendemain de la manifestation du 09 juin 2007, je vous doit un petit compte rendu.

 

Ce 09 juin 2007 fut une journée particulière pour moi et pour les amis de la plate-forme que nous avions monté précipitamment pour nous servir d'organiser la manifestation.

Dans le train de banlieue qui m'emmenait vers Paris pour la manifestation, j'étais confiant.

Le genre de sérénité qui gagne ceux qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes ; depuis 4 semaines n'avions pas ménagé nos efforts pour que toute la communauté soient informé.

Avant de sortir du métro je vérifia l'autorisation de manifester délivrer par la préfecture de police de Paris qui se trouvait dans la poche intérieur de ma veste.

Rassuré, je me dirigeais d'un pas décidé vers la rue Paul Valéry quand, sur la terrasse d'un café de la place Victor Hugo je reconnu la charmante journaliste qui devait couvrir la manifestation. Elle attendait son cameraman.

Je pris un café avec elle pendant qu'elle me donnait les dernières recommandations il était 13 h 30 certains amis étaient déjà là, d'autres arrivaient.

Je me rapprocha de la rue Paul Valéry après avoir serrez quelques mains.

La rue Paul Valéry était complètement bouclée par les forces de polices.

Pendant que j'étais entrain de me demander ce qui se passait dans cette rue qui est d'habitude toujours calme, j'aperçut au loin un compatriote qui venait de Londres Paulin Makaya. Après les congratulations d'usage, je le questionnais sur ce qui se passait et il me répondis qu'ils étaient là pour nous.

Un déploiement de force de police impressionnant 10 cars de C.R.S. dont 2 minibus ; des C.R.S. en tenue de combat avec gilet pare balle, rangers, matraque et tout ce qu'il faut.

Pour ceux qui connaissent la rue Paul Valéry essayer d'imaginer : les cars de C.R.S. étaient stationné tout le long de la rue Paul Valéry de l'entrée de la rue jusqu'au croisement de la l'avenue Victor Hugo.

Personne ne pouvait approché le portail de l'ambassade du Congo d'ailleurs la rue était complètement bouclé : interdite à la circulation de 11 h 00 à 18 H 00 et les passants devaient montré patte blanche.

J'étais heureux, l'objectif principal de la manifestation était atteint : les autorités françaises se méfiaient et nous prenaient au sérieux.

Un attroupement commençait à se former à l'angle de la rue Paul Valéry; pendant que nous étions entrain de nous féliciter avec quelques compatriotes, un agent en civil s'approcha de moi ; il me montra sa carte et m'informa qu'il faisait partie des renseignements généraux les fameux R.G. ; il voulait savoir s'il avait les mêmes informations que nous sur le déroulement de la manifestation ; je sorti de ma poche l'autorisation de manifester délivrer par la préfecture de police de Paris; il avait exactement le même document dans sa voiture.

Après m'avoir fait quelques recommandations sur le déroulement de la manifestation, Le policier des R.G.     m'informa que l'ambassadeur n'étant pas sur Place,  4 de ses collaborateurs étaient près à recevoir une délégation de 3 personnes si nous le souhaitions ; que si nous étions d'accord pour il escorterait notre délégation jusqu'à l'entrée du portail de l'ambassade ; je lui répondis que nous allions nous concerter avec nos amis. (pour ceux qui connaissent le grand désordre qu'il y a à l'ambassade du Congo à Paris, y rencontrer des personnes un samedi après-midi c'était vraiment extraordinaire).

La charmante journaliste avec son cameraman filmait ; je fis part de la proposition de l'agent des R.G. aux amis de la plate-forme et à la journaliste.

Elle se proposa de filmer le départ de la délégation ; l'agent des R.G. donna son accord à condition que la journaliste ne franchisse pas le portail de l'ambassade : nous étions d'accord.

Un compatriote braillait déjà dans le mégaphone "Pétrole = misère","misère = immigration" "non à la corruption", "sassou = assassin" ect .... il était déjà 15 H 00 et nous n'étions au plus une vingtaine, par ci par là des compatriotes arrivaient au compte goutte certe mais ils arrivaient.

On faisait le point sur ce qui se passait au Congo en distribuait quelques tracts qui décrivaient la vie quotidienne des Congolais et à un moment un passant demanda qu'on lui donne le mégaphone; une certaine tension s'installa parmis nous, il était blanc, crane rasé, lunette noire et personne ne le connaissait. il pris le mégaphone, le porta à la hauteur de sa bouche et cria très fort : Réveiller vous ! puis il tendit le mégaphone à notre compatriote et s'en fut vers ses occupations sous des bravos.

A 15 h 45 l'agent des R.G. vint chercher la délégation qui devait remettre la lettre de nos doléances aux autorités de l'ambassade du Congo ; suivi de la journaliste mais, arrivé au portail on refoula un des deux membres de notre délégation, les autorités de l'ambassade Congolaise avaient exigées que les membres de la délégation aient une pièces d'identité Congolaise en règle (c'est rigolo quand on sait que les Congolais qui vivent au Congo n'ont même pas de pièce d'identité).

Un compatriote qui avait une pièce d'identité Congolaise se porta volontaire pour se substituer à celui qui n'en avait et l'affaire était réglé.

A 16 h 30 nous étions à peine une trentaine ; décidément il est toujours difficile de mobiliser les Cons-golais si on ne leur propose pas une bière, il y avait plus de policiers que de manifestant.

Les amis sortirent de l'ambassade et vinrent nous faire un petit compte rendu de la démarche qu'ils avaient fait.

Il était presque 17H30 ; la charmante journaliste avait pu interviewé tous ceux qui l'avaient souhaité et elle vint nous dire au revoir.

Nous aussi nous apprêtions déjà à échanger nos adresses coordonnées à nous dire au revoir et à prendre rendez-vous pour d'autres dates.

Ma Conclusion :

Quantitativement on était pas nombreux une quarantaine tout au plus peut-être même moins Qualitativement la réussite à été au-delà de nos espérances ; mobilisé autant de C.R.S., bloqué entièrement une rue pendant une demie-journée en France et être reçus par les autorités de l'ambassade Congolaise c'était inespéré.

Nous allons nous réunir avec les amis de la plate-forme et nous vous proposerons d'autres idées pour continuer la lutte contre la dictature et le régime de Sassou.

 

Vive le Congo

 

Patrick Éric Mampouya

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