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Le
4 octobre 2007, à l’hôtel Méridien de Brazzaville, a été mise en place le
bureau exécutif et consultatif de l’Initiative sur la Transparence des
Industries Extractives (ITIE). La cérémonie a été présidée par le Ministre de
l’Economie, des Finances et du Budget, Pacifique Issoïbeka
en présence de l’ambassadeur de France au Congo, Nicolas Normand. Cette mise en
place des instances de l’ITIE fait suite aux décrets n° 2007-43 et n°2007-46
signés par le Chef de l’Etat, portant nomination, des membres du Comité
Exécutif et du Comité Consultatif pour la mise en œuvre de l’initiative sur la
Transparence des Industries Extractives. Chacun se souviendra du procès en
sorcellerie intenté par certaines associations des pays du Nord avec
l’appui de certains activistes locaux
contre le Congo, qui avait conduit à son exclusion en 2004 du processus de
Kimberley.
Au
motif que le Congo, -n’étant pas un pays producteur de diamants-, n’avait pas
réussi à justifier « l’écart spectaculaire entre sa production de
diamants, 50.000 carats et ses exportations qui s’élevaient à 5 millions de
carats », il en a été exclu. Après d’immenses progrès réalisés par le
gouvernement Congolais en matière de transparence et de traçabilité sur
l’origine de son diamant, le Congo a été réintégré du processus de Kimberley,
dont le dossier de réintégration sera examiné les 5 et 8 novembre prochains à
Bruxelles.
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Des
nominations qui font un pied de nez à la justice Congolaise
Tout
commence le 11 octobre 2006, lorsque le Président Congolais signe le décret
portant création, attribution et composition du Comité Exécutif pour la mise en
œuvre de l’Initiative sur la Transparence des Industries Extractives. Fin août
et début septembre, plus précisément les 30 août et 7 septembre, le Chef de
l’Etat Congolais prend deux décrets normalisant le statut des membres qui
allaient siéger au sein de l’ITIE. Il s’agit du décret n°2007-403 du 30 août
2007 « portant nomination des membres du comité exécutif de mise en
œuvre de l’initiative sur la transparence des industries extractives »
et du décret n° 2007-406 du 7 septembre « portant nomination des
membres du comité consultatif de mise en œuvre de l’initiative sur la
transparence des industries extractives ». Comme on le voit, le
gouvernement Congolais a mis les formes pour normaliser ses relations avec les
institutions financières internationales y compris les Fonds Vautours qui, aux
dernières nouvelles, a été débouté de sa plainte contre le Congo par la justice
américaine. Toutes ces structures hétéroclites, en fait de véritables lobbies,
ont cherché par tous les moyens à imposer au gouvernement Congolais, non
seulement le calendrier de son retour au sein de l’ITIE, mais également les
hommes devant animer les instances de lutte contre la corruption et la
transparence dans la gestion des ressources pétrolières et minières.
Ainsi,
dans le décret présidentiel du 30 août 2007, qui donne la composition des
membres du comité exécutif chargés de mettre en œuvre l’Initiative sur la
Transparence des Industries Extractives, on découvre les noms de Mounzéo et Mackosso. Si le poste
de Président est revenu à Florent Michel Okoko, Conseiller aux hydrocarbures
auprès du Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, celui de 1er
Vice- Président dévolu à la société civile, a été attribué à Christian Mounzéo
pour le compte de la Coalition « Publiez Ce Que Vous Payez »
(PCQVP). Brice Mackosso, un autre membre de la société civile empêtré comme
Mounzéo dans le scandale du RPDH fait lui aussi également partie dudit comité
mais comme simple membre. Malgré son activisme débordant, il n’a,
malheureusement pas hérité de strapontin dans l’organigramme. Le fait de ne pas
faire partie du bureau a été ressenti comme un camouflet pour le « porteur
d’eau » de Mounzéo en couvrant ses malversations financières à la
Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) ! Un pied de nez
déprimant. Et si le pouvoir avait tout simplement voulu montrer à l’opinion que
les membres qu’on voulait lui imposer, n’étaient pas les mieux qualifiés pour
mener le combat pour la transparence dans la gestion des Industries
Extractives ?
La
faim justifie les moyens et les combats !
Qui
veut parler de morale ? Qui a le droit de juger et sanctionner des
délinquants qui, après avoir été pris en flagrant délit et condamnés par la
justice, ils sont cités en exemple. C’est donc à certaines de ces personnalités
que le pouvoir a confié la gestion du Comité chargé de mettre en œuvre
l’Initiative sur la Transparence des Industries Extractives. Après avoir
siphonné sans vergogne les comptes de la RPDH de ses maigres subventions, fait
de l’agitation et du boucan auprès de certains médias internationaux pour
vilipender les autorités congolaises, les voilà qui refont surface, doper comme
des piles « Wonder » pour s’ériger en professionnels de la
transparence ; les commis d’office dans la lutte pour la traçabilité des
ressources minières du Congo. Dans les pays respectueux du droit, ces
personnalités n’auraient pas droit de citer. Fussent-elles éminentes ou
irremplaçables, la morale commande que l’on n’y perde pas la raison. Car au
sujet de Mackosso et Mounzéo,
il n’y a plus aucun doute, ils avaient mis la main dans la pâte comme on
dit !
La
nomination de Mounzéo et Mackosso n’a pas fait que des heureux. Bien au
contraire. Elle devrait réjouir Sarah Wykes de Global Witness, William Bourdon
de Sherpa et certaines institutions financières internationales. Ils ont tout
fait pour les pousser à faire partie de ces instances. Ils espéraient la
présidence pour l’un de leur poulain. Ils se contenteront du poste de 1er
Vice-Président. Il y a peu déjà, le chef de mission du FMI déclarait, lors de
sa dernière revue du mois de septembre à Brazzaville, qu’il était satisfait de
voir les membres de la société civile intégrer « les comités nationaux
prévus par la transparence des industries extractives ». Aujourd’hui,
c’est chose faite. Malgré leurs condamnations ; condamnations confirmées
en appel par la Chambre Correctionnelle près la Cour d’Appel de Pointe-Noire
pour « abus des biens sociaux », Mounzéo et Mackosso ont
réussi à se faire passer pour les chantres de la transparence aux yeux d’une
certaine opinion !
Le
forcing exercé par certains lobbyistes pour remettre Mounzéo et Mackosso en
selle a porté ses fruits. Ils n’en espéraient pas tant ! Ainsi va
cahin-caha, le combat pour la consolidation de la démocratie au Congo,
lorsqu’on sacre les médiocres et on propulse en toute impunité des
personnalités à la moralité douteuse.
Peut-on
« être à la fois adeptes de l’opacité et militants de la transparence » ?
Déjà, le 4 décembre 2006, à l’issue de leur assemblée générale, les membres du
Bureau Exécutif de la RPDH constataient « avec tristesse que les
partisans de l’opacité dans la gestion de nos ONGs sont cyniquement présentés
comme les champions de la transparence par certaines personnalités privilégiées
de la Coalition Internationale Publiez Ce Que Vous Payez et quelques membres de
la Conférence épiscopale ». Ne dit-on pas qu’il faut d’abord enlever
la poutre qui vous obstrue l’œil avant de voir la paille qui est dans l’œil du
voisin ? Si la morale nous était comptée, de quel côté se
pencherait-elle ?
P.SONI-BENGA.
Extrait de l’arrêt de la Chambre
Correctionnelle de la Cour d’Appel de Pointe – Noire, du 14 septembre 2007.
