HENRI DJOMBO

 

 

 

 

LETTRE OUVERTE AUX LIKOUALIENS

 

 

 

 

 

NOVEMBRE  2007

 

 

 

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

A travers ces quelques lignes d’encre qui coule de mon cœur, je voudrais vous entretenir. Il est encore temps, il est encore possible de faire entendre raison à tous les Likoualiens pour que revienne l’harmonie familiale. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre. Je suis persuadé que, toutes et tous, vous entendrez ce cri de mon cœur parce que nous ne sommes pas arrivés au stade de celui qui ne veut pas entendre.

 

La longue campagne d’accusations, de calomnies, de dénigrement et d’agressions de toutes sortes, dont je suis l’objet depuis deux ans et demi, le risque de détournement de la réalité, son impact à terme sur l’opinion et les attentats programmés contre ma personne m’amènent aujourd’hui à rompre le silence. J’ai toujours été encouragé dans mon attitude, c’est-à-dire dans mon silence, ma réserve et ma patience, par la majorité d’entre vous, qui, à raison, estimez qu’on ne jette de pierres que sur l’arbre qui porte de bons fruits et qu’il ne sert à rien de répondre aux choses sans importance.

 

Sans trahir vos conseils et votre fraternel soutien, j’ai décidé de me départir du silence et de la langue de bois afin d’éviter au plus grand nombre d’entre vous d’être gagnés par le mensonge et atteints par le déferlement meurtrier d’une vague qu’au départ j’avais cru éphémère comme vous, et d’être surpris par des actions abominables qui se trament contre des vies humaines. J’aimerais également rassurer ceux qui m’aiment ou m’estiment et qui sont gênés ou choqués par une intrigue dont je suis l’objet et qui ne s’explique pas.

 

En effet, l’agressivité d’une rare violence dont certains fils de la Likouala ont décidé de faire usage contre leurs frères est unique dans son genre et dans l’histoire politique de notre pays. Dans tous les terroirs et de tout temps, on entend parler de rivalités et de querelles entre des acteurs politiques, mais jamais on n’a observé les moyens et la hargne actuellement utilisés par ces Likoualiens pour démolir les leurs : la presse, les médias, l’Internet, les tracts, les salles de conférences et des salons privés sont quotidiennement au service de ceux qui croient que leur infortune personnelle vient des autres dont ils doivent froidement se venger. L’invective, le mensonge, la diffamation, la dénonciation calomnieuse et l’intrigue sont les armes privilégiées dont ils se servent allégrement pour nuire à autrui et ternir l’image des personnes ciblées. C’est ainsi que mon nom est partout attaché à des situations imaginaires et à des propos calomnieux dans le but de briser mes carrières professionnelle et politique dans le pays et à l’étranger. L’opinion est harcelée, elle est saturée d’informations les plus déroutantes et troublée par la cabale.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

D’où vient donc la discorde entre des gens qu’on a toujours cru liés et qui fait tomber le mythe de l’unité de la Likouala ?

 

Je peux dire que tout est parti de ce qui aurait pu être considéré comme un petit mensonge : Mamadou Dekamo Kamara, ambassadeur du Congo en Italie, a répandu partout que le Président de la République lui aurait dit, en mars 2005 à Gênes (Italie), que c’est A. E. Noumazalaye qui aurait demandé le remplacement d’Alain Moka par Alphonse Gando au ministère de la santé en janvier 2005. Bien que le Chef de l’Etat ait formellement démenti cette information et que A. E. Noumazalaye ait prouvé sa bonne foi, M. D. Kamara a continué à polluer l’atmosphère parmi les Likoualiens sur la base du mensonge pourtant mis à nu.

 

Le 11 mai 2005 à Impfondo, il a appelé au rassemblement des Bomitabas autour de lui et a déclaré que ceux-ci doivent rompre les chaînes pour ne plus être esclaves des autres. Il a également demandé aux Mbondjos de s’unir avec les Bomitabas pour combattre les ressortissants de l’ancien district de Dongou, en particulier les Enyellés et les Moundzombos, et de ne plus obéir à A. E. Noumazalaye comme leader de la Likouala. Tout s’est déroulé en présence de nombreux cadres Likoualiens venus de Brazzaville pour laver le linge sale en famille ou éteindre le feu à son commencement.

 

A cette situation s’est ajoutée, au cours de la même période, l’attribution des marchés liés à la municipalisation accélérée dans la Likouala. Les opérateurs économiques Likoualiens qui n’ont pas été retenus par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation à Brazzaville ou n’ont pas obtenu la totalité de ce qu’ils attendaient, s’en sont pris à leurs frères originaires du département bénéficiaires, dont le montant réuni des marchés représente moins de 5% du total.

 

Depuis 2005, Mamadou Dekamo Kamara a déserté son poste d’ambassadeur pour mener des campagnes politiques à Brazzaville et dans la Likouala, faire triompher son idéologie de violence et de division et lutter ainsi contre Ambroise-Edouard Noumazalaye d’abord, puis contre Henri Djombo et Gilbert Djombo-Bomodjo à qui il reproche d’avoir soutenu le Secrétaire Général du PCT lors de la réunion du 11 mai 2005.

 

Telles sont, à mon avis, les causes apparentes de ce qui est appelé conflit dans la Likouala.

 

Toutes les tentatives de réconciliation menées par des personnes de bonne volonté, parmi lesquelles certains d’entre vous, et même à la demande du Chef de l’Etat, ont été boycottées par le camp de M. D. Kamara. Mes initiatives personnelles, à cet effet, ont également échoué, malgré les liens d’amitié et de fraternité qui nous ont unis depuis 1970.

 

On s’étonne qu’en très peu de temps, un mépris royal, une haine sans limite, une obsession très poussée à faire le mal et une farouche volonté  du crime aient pris corps et atteint une telle intensité dans les coeurs de ces acteurs, au point où certains observateurs de la politique congolaise pensent à leur instrumentalisation, dans le cadre de la manipulation politique visant à déstabiliser certains cadres de la Likouala, voire tout le  département. Ils affirment que les attitudes de ces frères sont inculquées et encouragées par des non originaires de la Likouala qui tirent un bénéfice politique de la division de ce département, réputé pour son unité et sa solidarité, et que M. D. Kamara s’est associé avec des personnes connues pour leur basse besogne de division et le chaos qu’elles entretiennent dans leurs terroirs d’origine. C’est d’ailleurs ce que pensent la plupart d’entre vous.

 

Cependant, si manipulation il y a, celle-ci a trouvé un vivier fertile et propice, le terreau de jalousies, de haines, de convoitises et d’ambitions démesurées qui, pendant longtemps, ont été habilement dissimulées par mes frères incriminés. Et eux qui veulent éliminer physiquement leurs frères et entreprennent de morceler le département, ont-ils conscience du rôle qu’ils jouent ? Certainement pas, parce qu’ils sont eux-mêmes, dans ce contexte, victimes de la réalité qu’ils ont « créée », bercés par l’illusion d’être maîtres d’un jeu dangereux, même très dangereux.

 

L’opinion se rendra finalement compte que le mensonge de K. M. Dekamo sur l’éviction de Moka Alain du gouvernement n’aura été qu’un prétexte pour justifier un plan caché, aujourd’hui mis à nu, peut-être pas suffisamment encore révélé.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Vous savez que ceux qui combattent leurs frères, contrairement à ce qu’ils font croire, sont une infime minorité parmi les cadres et les populations de la Likouala. Je vous rends hommage, car ce groupe n’a pas réussi à vous convaincre pour que les communautés, qui vivent dans la fraternité depuis nos ancêtres, voire la nuit des temps, se séparent ou s’opposent entre elles. L’échec que constitue pour eux l’harmonie demeurée intacte entre nos communautés est devenu une plaie saignante dans leurs cœurs.

 

Toute l’agitation qu’ils orchestrent, à travers une communication à outrance, ne vise qu’à cacher cette infirmité. La grossière tricherie organisée lors des dernières élections législatives prouve bien qu’ils n’ont pas la majorité des populations dans les 7 districts de la Likouala et que, contre eux, ils auront toujours cette majorité sur le terrain. Vous savez les abominations qui se sont produites à Epéna 2, à Impfondo, à Bouanéla, à Dongou et à Liranga, avec le concours de certaines complicités dont vous connaissez les éléments, pour faire échouer injustement les candidats du PCT. Ces abominations vous attristent et vous révoltent. Ne cédez cependant pas à la provocation, gardez votre calme comme vous avez su le faire. Dans la sagesse et la patience, votre volonté s’accomplira.

 

Astucieuses, les associations qu’ils ont créées et unies dans le mal prétendent, devant les caméras, qu’elles soutiennent le Président de la République et son projet, « la Nouvelle Espérance ». Sur le terrain dans la Likouala, toutes leurs campagnes politiques prouvent le contraire, comme doivent régulièrement le signaler les services de sécurité. Témoins oculaires, vous êtes mieux placés que moi pour dire le contenu des messages politiques que mes frères diffusent dans les salons privés et au cours des réunions publiques qu’ils tiennent, en se dissimulant derrière ces associations dites de développement ou à caractère culturel. En promettant de scier les branches avant de déraciner l’arbre, que veulent-ils dire ? Qui sont les branches et qui est  donc l’arbre ?

 

Pour mener son combat, Mamadou Dekamo Kamara a coopté à Brazzaville des originaires de quelques ethnies, donnant ainsi à l’opinion politique de la capitale l’impression qu’il contrôle la Likouala. Vous connaissez la plupart d’entre eux et leur moralité, et savez que certains sont des repris de justice. Le camp qui s’est constitué autour de lui est devenu otage d’un cycle de campagnes politiques chèrement financées et d’états-majors entretenus à grands frais qui n’acceptent pas de lâcher prise. Devant les avantages acquis de cette situation, les fonctionnaires qui, depuis belle lurette, ont déserté leurs postes de travail, les retraités qui peinent à toucher leur pension ou les chômeurs qui ont trouvé dans les états-majors une aubaine pour subvenir à leurs besoins n’ont pour seules occupations que la réflexion et l’action pour faire de plus en plus du mal à leurs propres frères.

 

Il ne vous échappe pas que les principaux auteurs de l’agitation politique actuelle à Brazzaville et dans la Likouala ont un dénominateur commun, la perte d’une position économique et ou politique, pour indélicatesses commises par eux dans l’exercice de leurs fonctions, pour attitudes irresponsables ou pour incompétence professionnelle avérée.

 

Je ne les juge point, comme je ne me permettrai pas d’exposer les faits qui leur sont ou leur ont été reprochés, connus des personnes bien informées et des hiérarchies concernées.

 

Je regrette, cependant, qu’ils aient ainsi déshonoré notre département et contribué à assombrir l’image d’une Likouala autrefois connue pour la probité morale, la compétence, la rigueur et la loyauté de ses cadres.

 

Par conséquent, ils ne peuvent en vouloir qu’à eux-mêmes, au lieu de désespérément chercher des boucs émissaires pour bien paraître devant l’opinion publique.

 

Je regrette aussi qu’ils aient donné le prétexte à une insuffisante représentativité de la Likouala dans les institutions de la République, qu’ils mettent des jeunes Likoualiens à l’école de la facilité et qu’ils en soient d’émérites professeurs.

 

Comme nos parents nous l’ont appris dans notre jeune âge, celui qui s’est exercé à tricher dans sa jeunesse trichera toute sa vie. Nos jeunes doivent tirer parti de cet enseignement s’ils veulent vraiment s’élever. De même, ce n’est pas en ânonnant les paroles que les acteurs mal intentionnés mettent dans leur bouche et en se droguant pour les dire, que les jeunes de la Likouala participeront au développement économique et social du département, devenu pour eux un simple slogan appris par cœur.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

L’acharnement à déstabiliser et à détruire Ambroise-Edouard Noumazalaye, Secrétaire Général du Parti Congolais du Travail, Président du Sénat, fierté des Likoualiens, m’étonne à plus d’un titre. Prétendre prendre sa place de leader de la Likouala et œuvrer pour lui faire perdre à la fois ses responsabilités aux niveaux du parti et de l’Etat, comme nos frères s’y attèlent au quotidien, sont contraires à nos coutumes communes. Il n’y a que ceux qui en sont étrangers qui ne le savent peut-être pas, comme il n’y a que des malfaiteurs obsédés qui passent outre les règles traditionnelles et les lois sociales. Chez nous, il faut le rappeler, on ne tue pas le chef de famille ou le patriarche pour prendre sa place, parce que la malédiction qui résulte du crime n’élèvera pas l’auteur de celui-ci.

 

Par ailleurs, ceux qui croient que je briguerais le leadership de la Likouala du vivant de Ambroise-Edouard Noumazalaye devraient savoir qu’un leader ne s’autoproclame pas, qu’il est désigné par sa communauté ou ses pairs sur la base de son charisme, synthèse ou reflet naturel de ses qualités personnelles, que ma culture m’interdit formellement pareille absurdité et qu’il est absurde de me combattre sur cette base. 

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Deux ans et demi après, on peut se rendre compte que la campagne de dénigrement engagée contre ma personne, contre A. E. Noumazalaye et contre le Préfet de la Likouala, n’a pas prospéré et que l’opinion publique n’est pas dupe des manœuvres politiciennes qui la sous-tendent. C’est pourquoi, au début du mois de septembre 2007 au quartier Nkombo, des plans de liquidations physiques ont été élaborés par mes bourreaux et leurs acolytes que je continue encore d’appeler mes frères.

 

Le 10 septembre dernier, jour de prise de fonctions de Ntoumi à Brazzaville, des éléments armés ont investi au matin le ministère de l’économie forestière. Ils m’ont vu entrer dans l’immeuble et se sont mis à attendre les premiers coups de feu qui seraient tirés dans les quartiers sud de la ville pour me régler les comptes. Physiquement, bien sûr ! Pour la circonstance, les ninjas avaient déjà été désignés comme boucs émissaires. Le chef du commando, qui se reconnaîtra par ces propos et qui n’hésite pas à vanter ses exploits, livre à ses confidents les détails de ce qui devait se produire ce jour-là et donne les noms des commanditaires de mon assassinat. Ironisant, il dit que le bon Dieu n’était pas ce jour-là avec eux, mais avec moi… Cela me rappelle douloureusement l’attentat  auquel j’ai échappé, avec ma famille, le 7 juin 1997 à mon domicile de Batignolles, deux jours après l’attaque de la résidence privée du Président Denis Sassou-Nguesso à Mpila.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Vous voyez que ces frères ont perdu la tête et poussé le bouchon trop loin, qu’ils manquent d’arguments et d’objectivité. Excités et aveuglés par une haine indicible, ils ont fini par transformer le terrain politique en une arène d’affrontement armé. Quand les gendarmes, les militaires et les policiers se mêlent de politique, il ne peut en être autrement.

 

Ils s’engagent à en découdre avec le Secrétaire Général du PCT, Président du Sénat, A. E. Noumazalaye, le Préfet de la Likouala, G. Djombo-Bomodjo et le Ministre de l’économie forestière, H. Djombo, pour qu’arrive enfin leur heure tant attendue. Et pourtant certains de ces détracteurs occupent des postes importants dans l’appareil de l’Etat. D’autres ont été longtemps privilégiés avant de perdre la confiance des autorités du pays. Ceux qui prétendent être des hommes nouveaux et intègres et militent pour le changement à leur manière appartiennent bien à ma génération politique ou sont même plus âgés que moi.

 

Loin de se décourager, les organisateurs de l’opération ne désarment pas et promettent une prochaine occasion d’en finir avec moi et d’organiser une rébellion contre le Préfet de la Likouaka à Impfondo. Par décence et pour leur sécurité, je ne citerai pas leurs noms que l’opinion n’ignore plus. Ceci vient encore confirmer ce que je n’avais pas cru pendant les campagnes des dernières législatives, quand au second tour, des embuscades furent tendues sur mon chemin à Ndjoundou et Liranga (où je ne me suis pas rendu finalement) pour me liquider physiquement, et que des commandos avaient été préparés à Impfondo pour attaquer mon domicile, la résidence du Préfet et celle du ministre Charles Zacharie Bowao au cas où ce dernier aurait été proclamé élu. Drôle de leçon de démocratie !

 

Et s’ils réussissaient à me tuer ou à me faire tuer, qu’adviendrait-il ? A chacun d’y méditer.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Ceux qui me vouent une haine indicible disent et écrivent que j’organiserais la fuite des bois de la Likouala par le Cameroun pour mon profit. C’est ridicule, parce que la Société Générale de Surveillance (SGS), basée en Suisse, a été chargée par le Congo de contrôler l’exportation de tous les produits forestiers, à mon initiative. Ce contrôle est rigoureusement effectué à tous les points de sortie du pays et au port de Douala pour les bois de la Likouala et de la Sangha. Aucun bois n’y échappe et personne ne peut me contredire dans les faits.

 

Ils ignorent que le secteur forestier est des plus réglementés dans notre pays et que tout se passe sur procédures. C’est pourquoi les coupes frauduleuses de bois, dont certains membres du camp de M. D. Kamara sont coupables, ont régulièrement fait l’objet de procès-verbaux d’infraction. Les délinquants ont refusé de payer au trésor public le montant des transactions y relatives. Ainsi que le prévoit la loi, le ministère de l’économie forestière a transmis leurs dossiers au tribunal pour compétence. C’est le cas d’Alain Moka, de Raymond Ebonga, de Jean-Marie Tassoua et d’un conseiller départemental, le nommé Héritier Nzongbé-Moyikala. D’autres actions engagées contre des délinquants concernent l’abattage d’animaux intégralement protégés : trois hippopotames, dans la Libenga, sous la responsabilité de J. M. Tassoua.  Je sais que c’est une des raisons pour lesquelles ils m’en veulent, mais, pourquoi donc les députés votent les lois, est-ce pour qu’elles soient impunément violées ?  Ces cadres, sont-ils au-dessus de tout pour compter essentiellement sur un règlement politique des cas d’infraction à la loi ?

 

Si je n’étais pas un ministre originaire de la Likouala, se seraient-ils comportés de la sorte ? Que mes frères ne me perturbent et ne m’empêchent pas de faire mon travail ! Comme ils croient qu’ils peuvent m’induire en erreur dans l’exercice de mes fonctions et m’aider à échouer, comment puis-je donc les suivre ?

 

En outre, mes détracteurs disent et écrivent partout que les recettes forestières sont détournées et ne sont pas reversées au trésor public. Pourtant, que ce soit maintenant ou avant, les recettes forestières sont intégralement reversées au trésor public, elles sont bien suivies. Les taxes forestières sont exclusivement liquidées par chèque, libellé au nom du directeur général du trésor.

 

Si les responsables ne s’informent pas auprès du trésor public et des douanes avec lesquels mes services travaillent quotidiennement, comment peuvent-ils se rendre compte de ces versements, sans risque d’être induits en erreur par des rumeurs tendancieuses ?

 

Parmi les recettes en question, on peut citer les amendes que mes frères, qui s’érigent en donneurs de leçons dans mon domaine d’activité, refusent de payer à l’Etat.

 

D’ailleurs, les récents audits réalisés par la Banque Mondiale et le FMI sur les recettes forestières viennent une fois encore de prouver bel et bien la transparence dans leur collecte et leur reversement au trésor. L’on constate donc que les rumeurs qui courent à ce sujet sont infondées et fantaisistes, et permettent de conclure qu’elles sont empreintes d’un caractère plutôt farfelu, au service d’une politique politicienne. 

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

On ne saurait juger l’action du gouvernement en matière forestière à travers ces rumeurs infondées et tendancieuses. Par contre, quelques indicateurs illustrent parfaitement les performances du secteur forestier dans notre pays sur les dix dernières années, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, le Président Denis Sassou-Nguesso

 

Les concessions forestières et les conditions de leur exploitation ont été taillées de sorte à assurer une utilisation durable de la ressource, à créer des emplois durables et des recettes plus importantes de l’Etat et à améliorer la contribution du secteur forestier au produit intérieur brut et au développement local.

 

Sur 50 millions d’ha de forêts attribués à l’exploitation en Afrique Centrale (dont 10 millions au Congo), 12 millions environ sont sous aménagement ou promesse d’aménagement durable (dont le Congo représente 7,5 millions d’ha). L’aménagement durable conduit à la certification forestière. Notre pays est le seul en Afrique à avoir obtenu l’année dernière le certificat FSC sur une concession de grande taille (Kabo : 267.000 ha) ; d’autres plans d’aménagement sont en cours d’achèvement ou d’adoption et élargiront ainsi le processus de certification dans notre pays devenu un exemple dans la gestion des forêts tropicales. Cela est une fierté pour notre pays.

 

En 10 ans d’action forestière, le gouvernement a multiplié par trois la production nationale de bois brut et par dix celle de la Likouala ; par quatre la production nationale des sciages et par 12 celle de la Likouala ; par six les recettes de l’Etat.

 

En valeur d’exportations, le secteur forestier occupe la première place après le pétrole, tandis qu’il est le plus grand pourvoyeur d’emplois après la fonction publique.  Il constitue la plus grande industrie congolaise : la CIB, par exemple, est la plus grande entreprise privée du pays en terme d’emplois permanents.  Dans la Likouala, les activités forestières ont fourni plus de 2.500 emplois directs et créé plusieurs pôles de développement dans des zones autrefois inhabitées et reculées.

 

Plus de 4.000 km de routes carrossables sont construites ou réhabilitées et entretenues par les forestiers qui contribuent activement au désenclavement du pays et à la lutte contre la pauvreté. Les rivières constituaient les seules voies de communication avant la route EpénaImpfondoDongou (1986).

 

Aujourd’hui, grâce aux forestiers, la  Likouala seule compte près de 1000 km de routes.  La boucle de la Likouala, projet cher au Président Denis Sassou-Nguesso, relie depuis cette année notre département avec ceux de la Sangha et de la Cuvette ; cinq pistes d’atterrissage ont été construites en latérite et participent au désenclavement du département.

 

La valeur ajoutée sectorielle représente environ 5% du PIB.

 

Tous ces indicateurs iront croissant, car nous allons continuer à déployer et à affiner les outils nécessaires au processus de gestion durable des ressources forestières, y compris le renforcement des capacités humaines et institutionnelles.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Au vu de ce bilan de la politique forestière congolaise que nous mettons en œuvre depuis 1997, que pourrais-je encore répondre à ceux qui m’attaquent et expliquer aux donneurs de leçons peu soucieux de morale et de légalité, sans foi ni loi ? Pourquoi s’acharnent-ils à ternir à l’extérieur l’image du Congo qu’ils accusent de mal gérer sa forêt alors que la communauté internationale le félicite pour son exemple ?

 

En voulant coûte que coûte atteindre un homme, on finit par assassiner la République ! Et qui  s’y active? Des fonctionnaires parasites, grassement payés…

 

Quant à ceux qui nient mon action dans la Likouala, je n’ai rien à leur dire, même pas à ceux qui roulent sur les routes et naviguent sur des rivières autrefois fermées dont ils feignent d’ignorer l’histoire, et qui ont des frères, des sœurs ou autres proches travaillant dans les chantiers forestiers du pays.

 

De toute façon, tous les fils et toutes les filles de la Likouala ont la même obligation vis-à-vis de leur département et de leur pays - offrir ce qu’ils ont de meilleur, dans la mesure du possible. Personne, en tout cas personne, ne peut demander de comptes à l’autre, ni faire le bilan de l’autre sans avoir fait le sien propre. Quant moi, je m’attelle à faire le bien  sans calcul et n’ai pas de temps pour les bilans personnels, j’en ai besoin plutôt pour d’autres actions généreuses.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

On m’a prêté des propos qui ne reflètent ni ma culture, ni mon éducation, ni ma pratique sociale, comme : « les Bomitabas ne seraient pas ministrables ». Ceux qui ont œuvré et oeuvrent encore contre la promotion des cadres bomitabas sont connus, alors que je participe à les élever, par exemple. N’est-ce pas les mêmes qui se sont autoproclamés rois et princes des Bomitabas qui briment les leurs et les vouent à l’ostracisme quand ils pensent différemment ? L’opinion ne le sait que trop bien, la manipulation ne changera rien à cette réalité.

 

En ce qui me concerne, ma maison accueille, on le sait aussi, mes sœurs et mes frères de toute la Likouala, de tout le Congo, même mes adversaires y sont toujours les bienvenus.

 

En outre, des gens pensent qu’en se regroupant autour de certains acteurs politiques qui les induisent en erreur, ils se créent les conditions d’une immunité juridique absolue et donc d’une impunité garantie, croyant se placer ainsi au-dessus des lois de la République.

 

Dans leur imaginaire, la liberté de chacun ne s’arrête plus là où commence celle de l’autre : ils peuvent injurier, calomnier, maltraiter et tuer les autres sans s’inquiéter ni être inquiétés. Sont-ils réellement les démocrates qu’ils prétendent être ? Comme notre pays est forestier, ils confondent la forêt avec la jungle et nourrissent le rêve d’y instaurer une jungle. Qu’ils sachent que l’ordre constitutionnel qui le régit oblige chacun de se plier devant la loi et garantit les libertés individuelles et collectives.

 

Jaloux de mes droits, de ma liberté et de ma respectabilité, j’ai poursuivi devant les tribunaux les individus qui ont osé m’injurier publiquement, ou se sont livrés à des dénonciations calomnieuses et à la diffamation contre ma personne, à l’instar d’un certain Edouard Taboké qui prétend défier l’ordre judiciaire, avec le concours actif de Jean-Marie Tassoua.  De même, j’ai intenté un procès contre le journal Talassa qui a publié des articles pour me déshonorer, et cetera.

 

J’use des procédures que le droit, la démocratie et la République autorisent et ne me permets pas les abus de pouvoirs qu’on m’attribue : « j’aurais fait arrêter arbitrairement des citoyens ». Chacun doit toujours répondre de ses actes, même s’il a été incité par autrui à commettre des actes délictueux ou criminels.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Nous faisons tous partie d’une diversité culturelle, intellectuelle, politique et professionnelle où chaque membre se distingue par ses capacités personnelles. Les membres de cette diversité ne sont donc pas forcément égaux sur tous ces plans et ne sont pas forcément logés à la même enseigne, ni placés sur la même échelle sociale. Ils ne sont pas aussi interchangeables comme voudraient le faire croire les théoriciens du nivellement par le bas.

 

Respecté en fonction de ses aptitudes, chacun y joue un rôle que lui confie ou lui prête la société globale. C’est toujours une fierté pour les familles ou les groupes sociaux d’avoir des enfants méritants dans les cercles élevés de la société où règne une concurrence permanente entre les cadres.

 

Comme le Congo, la Likouala est riche de ses cadres méritants, de ses enfants qui honorent la République par leur probité morale, leur engagement et le don de soi.

 

Les grands hommes donnent tout à la nation et ne cherchent pas à tout lui prendre. Et si chacun devrait honnêtement aspirer à devenir un grand homme, la nation serait puissante et prospère. Je demande à mes frères de changer de stratégie et d’adopter l’honnêteté intellectuelle, la rigueur et la vigueur au travail pour se faire à nouveau une place, du moins pour ceux qui en ont perdue, ou pour se hisser plus haut.

 

Je demande la même chose à tous ceux qui ont perdu le sommeil en croyant que je constitue pour eux une menace là où ils sont hissés. Economiste forestier, je reste un éternel apprenti à l’école de la vie et n’ai d’autre ambition que de me perfectionner et de me réaliser dans mon domaine professionnel. Que mes frères et leurs acolytes fassent simplement autant, ils seront confiants et plus sûrs d’eux. En cessant d’écouter les intrigants, ils ne vont plus chercher à se débarrasser, par des moyens sordides, de concurrents ou d’adversaires imaginaires.

 

Combien d’hommes rêvent-ils de la déchéance des autres sans raison ? C’est dommage pour eux qui manquent de saine ambition ! Très dommage !

 

En même temps, il n’échappe à personne que la nomination et la révocation relèvent du pouvoir discrétionnaire des autorités, que les quotas par village, par tribu, par ethnie ou par département n’en constituent pas les critères de base, et que personne ne peut leur disputer la signature quand elles ont décidé d’une chose. Hissé quelque part, le cadre doit honnêtement penser à en partir un jour, c’est une philosophie pourtant courante, c’est une réalité implacable.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Je vous prends à témoins, nos frères se sont engagés dans une mauvaise direction, essayons encore de les tirer de la mauvaise passe, de les ramener à la raison et de les sauver,  en commençant par leur dire en face qu’ils se trompent, quand ils nous entretiennent au village ou dans les salons d’intrigues sur le faux combat qu’ils mènent.

 

Ne dites plus aux uns et aux autres sans penser à l’amalgame : « Arrêtez de vous battre » ! Tout le monde sait que les gens ne se battent pas, mais qu’il y en a qui tapent sur les autres. Dites plutôt, avec justesse, à ceux qui font du mal aux autres de cesser leur entreprise, si honnêtement vous voulez contribuer au règlement de la crise. Votre implication personnelle ne pourrait se faire fructueuse que si vous avez saisi la réalité de la situation et si vous vous faites neutres.

 

Je rends hommage à toutes celles et à tous ceux qui se sont humiliés à cet effet et aux bonnes volontés qui voudront elles aussi s’humilier pour ramener l’harmonie entre les cadres et éviter les malheurs que réservent à la Likouala des initiateurs et promoteurs de projets machiavéliques.

 

Pour ma part, je reste ouvert à la réconciliation avec mes détracteurs et mes bourreaux, pourvu que tout soit entrepris pour qu’ils arrêtent la machine infernale et qu’on s’assure qu’ils changeront de mentalité. Je suis persuadé que ma modeste participation à la vie nationale vous convainc suffisamment de ma disposition naturelle et de mon engagement à toujours oeuvrer pour un monde de paix et de fraternité.

 

Je me réjouis de l’accueil toujours chaleureux et hautement fraternel que me réservent  les populations de tous les districts de la Likouala et des autres départements du Congo, accueil qui témoigne que partout je suis chez moi. Par ailleurs, je ne saurais renier mes origines rurales ni oublier les idéaux d’union et d’amour indispensables pour le développement de notre pays.

 

Chers frères et sœurs, Chers parents,

 

Faisons entendre raison à toutes et à tous, afin que les oreilles disposées à entendre entendent une fois pour toute !

 

 

Fait à Brazzaville, le 6 novembre 2007

 

   

 

                      Henri DJOMBO