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La Société Congolaise de Bois (Socobois) en redressement judiciaire
« Il y a trop de pressions… »
La
suspension des activités de la société Asia Congo industrie repreneur de Socobois – prononcée le 21
mai dernier, à Dolisie, par lettre du juge
commissaire du syndic de redressement judicaire de Socobois
a été annulée par une ordonnance du tribunal de grande instance de Dolisie dont la signature porte la date du 31 mai 2007.
L’ordonnance
du Tribunal de Grande Instance de Dolisie fait suite
à la requête d’Asia Congo Industrie adressée mercredi
30 mai 2007 au Président du TGI, dans laquelle cette société forestière
sollicitait son maintien sur le site de Matsendé à
l’usine de l’ex Socobois.
Après
examen du dossier d’Asia Congo par le juge des
requêtes, il ressort que la requérante c’est-à-dire la société Asia Congo Industrie, a acquis les actifs de l’ex Société Congolaise
de Bois à hauteur de 850 millions de francs CFA auprès du syndic de
redressement judiciaire, suivant convention de cession des actifs du 22
novembre 2005. A ce titre, Asia Congo était devenue propriétaire de lancienne Socobois. Les actifs dont
il s’agit sont constitués d’engins forestiers, d’un complexe industriel et des
immeubles bâtis et non bâtis. Peu avant la signature de l’ordonnance par le
Président du Tribunal de Grande Instance de Dolisie,
le juge commissaire du syndic M. Joseph Ngoma sommait
Asia Congo Industrie de cesser ses activités et de
libérer le site de Matsendé. M. Joseph Ngoma portait un certain nombre de griefs à Asia Congo Industrie, notamment, le non respect des
dispositions de la convention du 22 novembre 2005 entre ladite société et le
syndic de redressement judiciaire, la vente illégale du bois à l’exploitation,
la vente des placages à la société Foralac, la vente
des pièces de rechange de l’usine de l’ex Société Congolaise de Bois (Socobois) et la prise d’une part active des sous-traitances
fantômes dans l’exploitation et le sciage du bois. Toutes ces accusations du
juge commissaire ont été consignées sur une lettre adressée au Dg de la société
Asia congo le 21 mai
dernier.
Le
Tribunal de Grande Instance de Dolisie qui est la juridiction
compétente en matière commerciale naurait pas été saisi des manquements dAsia Congo. Pire, le juge commissaire
n’aurait produit aucun rapport au tribunal sur une quelconque contestation. Ce
dernier s’est contenté d’une simple lettre pour prononcer l’expulsion de
l’entreprise Asia Congo. A ce sujet, le tribunal a
indiqué que l’expulsion est une mesure accessoire qui ne peut être constatée
que par une juridiction régulièrement constituée. En expulsant par simple
lettre une société commerciale qui plus est propriétaire de son site, le juge
commissaire a violé les dispositions des articles 39 et 40 de l’Acte uniforme
de l’Ohada portant organisation des procédures
collectives d’apurement du passif. En conséquence, les dispositions de la
lettre de suspension des activités d’Asia Congo par
le juge commissaire du syndic de redressement de Socobois ont été déclarées
nulles et de nul effet par l’ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Dolisie.
Interrogé
par la presse, l’assistant du Dg de la société Asia
Congo M. Cyprien Lembele regrette les pressions dont
ils sont victimes depuis l’implantation de leur société forestière à Dolisie. Des pressions qui proviendraient, selon certaines
indiscrétions, dans les officines de quelques personnes publiques dont
l’objectif assigné serait de saboter toutes les actions menées par la direction
générale d’Asia Congo dans la relance des activités
de l’ex Société Congolaise de Bois. Accompagné des journalistes à la base vie
de Mila-Mila, localité située à plus de 60 kms de Dolisie, dans le
département du Niari, M. Cyprien Lembele
a présenté à ces derniers une bonne partie du matériel d’exploitation
forestière acquis par la société Asia. Matériel grâce
auquel cette société forestière s’active à la réhabilitation des tronçons
routiers Mila-Mila
– Pointe-noire et Mila-Mila – Makabana.
Le premier tronçon a été réhabilité à plus de 100 kilomètres. Tandis que le
second l’a été à plus de 30 Kms.
Le
dossier relatif aux exonérations douanières introduites par la direction d’Asia aurait été traité par la commission qui a la charge de
ces questions. A terme cela favoriserait l’arrivée d’autres matériels et engins attendus par la société, notamment
pour la réhabilitation de l’usine de Matsendé dont
les travaux d’études menées par les experts ont été bouclés le 6 mai 2007.
Alors que l’embranchement ferroviaire desservant l’usine venait d’être
réhabilité par des techniciens du Chemin de fer Congo Océan (CFCO). Tout ceci,
par un financement d’Asia Congo Industrie.
Il
n’est pas sans intérêt de signaler que la société Asia
Congo avait signé le 20 janvier 2006, à Dolisie, une
convention d’aménagement et de transformation avec le gouvernement. Cette
convention concerne la mise en valeur des unités forestières d’exploitation Louvakou, Massanga, Ngongo-Nzambi et Bambama situées
respectivement dans les unités forestières d’aménagement sud3 Niari-Kimongo, sud5 Mossendjo,
sud6 Divenié et sud7 Zanaga-nord.
Celle-ci avait précédé la signature de la convention de cession des actifs avec
le syndic de redressement judiciaire de la Société Congolaise de Bois.
Selon
les dispositions de l’article 18 de ladite convention conclue avec le
gouvernement , la société Asia Congo Industrie
s’engage à recruter 1073 agents en 2008, considérée par cette société comme
année de « croisière » selon les détails précisés au cahier de
charges particulier.
La
lettre du juge commissaire a donné lieu à de nombreuses interprétations au
point où des observateurs de la vie politique du département ont poussé le
bouchon plus loin, et affirment la « politisation » du dossier
Socobois.
Eric Mahoungou
Correspondant permanent à Dolisie
Le Coq & brazza.info