MABILEMONO

Ecrits, crachats & pédanterie : Arrêtons de nous prendre pour le nombril du monde !

 

Des Congolais du Congo - Brazzaville ont depuis la révolution du Net, pris la fâcheuse habitude d’habiller leurs compatriotes qui sont au pouvoir pour l’année. Hiver, automne comme été, ils leur taillent des costumes de dénigrement à la mesure de leur fantasme. Les plus futés ont réussi à inonder les mails privés de leurs compatriotes de Spam tenant lieu d’articles dans lesquels, à y voir de près, ne tournent qu’autour de la personne du Chef de l’Etat.

Nombreux sont les agitateurs Congolais qui n’ont pour unique spécialité que, de noircir l’image du pays à l’extérieur, de dénigrer le Chef de l’Etat, d’indexer l’incompétence supposée des membres de son cabinet, à défaut de faire des incursions répétées dans la vie privée du clan présidentiel. Ils ont trouvé un fonds de commerce juteux.

Il serait inélégant de notre part, de nous arrêter sur les propos de ceux qui cherchent visiblement à se faire une pub. Veut-on simplement faire de l’agitation sur le Net pour régler de vieux comptes que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Ainsi, on aboie devant son écran, on s’énerve derrière son clavier. Tamis derrière un essaim de belles formules de dénonciation sur les égarements du pouvoir, alors que l’essentiel est ailleurs, on tente de se faire passer pour un opposant. Un vernis qui cache mal des blessures, hélas, non encore cicatrisées. Ainsi, on se barricade derrière un jusqu’au-boutisme maladif. En usant de paroles désobligeantes on se fait ainsi accepter par une frange d’opposants virtuels comme un opposant irascible à Sassou. Grâce à une présence soutenue sur le Net, on expérimente l’opposition virtuelle à coup de manifs anti-pouvoir. Voudrait-on tromper la vigilance de l’opinion ?

 

Nervosité et vaines agitations


Le Ministre Charles Zacharie BOWAO

 

Force est donc de constater que beaucoup de Congolais ont choisi la voie de l’invective et de l’insulte calomnieuse pour se donner une visibilité dans l’aréopage des perturbateurs Congolais de France. Ils espèrent ainsi se faire un nom. L’un d’entre eux, Bienvenu Mabilémono est devenu expert ès morale politique. Spécialiste en critique tous azimuts du régime en place, il est passé maître dans analyse comportementale du gotha politique Congolais au point de devenir la coqueluche de certains leaders de l’opposition congolaise en France.

Bienvenu Mabilémono, s’est cru bon d’éclairer l’opinion en publiant un article qui critique sévèrement le dernier remaniement du gouvernement de Sassou Nguesso. Qu’à cela ne tienne, c’est droit de citoyen libre. Mais, cette fois-ci, sa plume a trébuché. Au sujet du remaniement ministériel du 30 décembre dernier, il n’est pas allé de main morte dans l’objurgation : « Ce nouveau gouvernement est en réalité un constat d’échec patent pour Sassou », il ne croit pas en ce gouvernement parce que les Congolais « attendent de réels changements ». Il s’attendait à une surprise, il en a été déçu. Et pour cause : « Ce piteux gouvernement, écrit-il, est composé essentiellement des mêmes vieux de la veille est aussi la preuve fragrante que Sassou ne dispose pas dans ses rangs d’un vivier d’hommes et de femmes de qualité issus notamment de la jeune élite congolaise qui constituerait sa jeune garde compétente pour apporter un nouveau souffle à son action ». Il justifie le casting des membres du gouvernement par le fait que le Chef de l’Etat congolais tient en horreur des cadres compétents dans son sillage. Sans prendre de gants, il se laisse chavirer dans la bêtise, tel une pirogue à la dérive. Les critères qui poussent Sassou à choisir ses collaborateurs sont avant tout liés à leur étroitesse d’esprit. Pour lui, c’est clair, Sassou n’aime pas les élites. Il l’affirme : « Pas étonnant quand on sait que Sassou est un homme très complexé et a toujours eu une haine viscérale à l’endroit de l’élite intellectuelle Congolaise. Il préfère s’entourer de gens faiblement instruits qu’il peut facilement manipuler ».


Outre le fait que ces affirmations ne reposent sur aucune assertion scientifique, elles relèvent des « on-dit » et autres racontars de rue, qui sont à la limite de l’insulte et de la diffamation. Pour éviter que de telles accusations n’aboutissent à une confusion auprès d’un public de peu de culture qui pourrait prendre ces passages pour parole d’évangile, à défaut de les considérer comme des vérités quasi-bibliques, il remettre les choses à l’endroit. Certaines opinions publiques plus permissives sont très perméables à ce genre de rhétoriques. Elles y trouvent un matériau pour structurer et consolider leurs propres préjugés. Les préjugés ayant la tête dure, il ne serait pas déplacé de recadrer le débat en énonçant des vérités simples, mais saines. Il ne s’agit pas de prendre le contre-pied de la thèse de notre « Politologue » du Net.

Sans chercher à répondre au cas par cas, pour démonter l’aberration de la grille de lecture de Mabilémono, prenons le Trombinoscope du nouveau gouvernement. Disséquons-le. Dégageons de façon succincte les profils de ce que notre politologue du Net a qualifiés abusivement de « gens faiblement instruits » ! A-t-il eu seulement connaissance des profils de chacun des membres du cabinet de Sassou Nguesso ? L’aurait-il consulté, qu’il aurait été surpris de découvrir que dans ce gouvernement se côtoient universitaires, écrivains, politologues, technocrates et hommes politiques de carrière.

 

Il n’y a pas de honte à s’informer lorsqu’on ne maîtrise rien !

 

Des éclairages. Que sait-il de Jean Baptiste Taty Loutard en dehors du fait qu’il siège depuis des lustres dans le gouvernement de la République ? Dans quelle catégorie le classe-t-il ? Qu’en sait-il de ses publications, de ses écrits, de ses poèmes et autres romans qui fondent sa renommée dans le monde fermé de la littérature ? Que pense-t-il de l’universitaire Henri Ossébi ? Sait-il au moins qu’il est sociologue de formation et que ses nombreuses recherches font le bonheur de nombre d’étudiants aussi bien au Congo qu’en Europe ? Que ses travaux sont publiés dans des revues spécialisées ? Les références universitaires des ministres Thierry Moungalla et Parfait Kolélas, ont été abondamment déclinées par les médias nationaux et sur Internet. Seraient-elles à ce point indignes pour ne pas mériter la confiance du Chef de l’Etat ? Quelle serait donc, d’après lui, l’unité de mesure pour jauger les compétences juridiques de Maître Martin Mbemba ? N’en déplaise à notre donneur de leçon, Maître Martin Mbemba est l’un des brillants avocats Congolais et le premier avocat africain a avoir plaidé à Lyon, en France, aux côtés de Maître Jacques Vergès, dans le procès de Klaus Barbie, du nom du criminel Nazi ! Un procès pour l’histoire. Plaider dans un procès de ce type, il ne faut pas être « faiblement instruit » !

Il est reproché à Sassou dont les membres du gouvernement sont « faiblement instruits » de ne pas disposer de cadres à même de remplir à merveille leurs fonctions à cause de l’ascendance qu’il prendrait sur ses ministres. « Faiblement instruit », écrit-il. Mais, qu’en est-il de Charles Zacharie Bowao, Professeur agrégé de Philosophie ? Universitaire et responsable de publication de la revue Géopolitique Africaine, le Professeur Bowao est reconnu pour ses qualités intellectuelles. Dans les universités occidentales et africaines où il intervient, il encadre également les travaux de nombreux étudiants en Doctorat. Ce n’est pas rien ! Que dire du tout nouveau ministre de l’Agriculture, Rigobert Maboundou qui est économiste de formation et spécialiste des questions agricoles ? Il fait partie de la classe d’enseignants qui a formé des centaines d’étudiants Congolais à l’Université Marien Ngouabi au département de Sciences Economiques.

 

Clin d'oeil en biais !


Le Ministre Parfait KOLELAS

De compétence et d’intelligence, notre témoignage sur un membre du gouvernement que nous avons connus sur les bancs de l’Université Marien Ngouabi, pour mettre un terme aux élucubrations de notre jeune compatriote Mabilemono sur les limites supposées des capacités intellectuelles des membres du gouvernement de Sassou. De 1980 à 1983, étudiant à l’Université Marien Ngouabi en Economie, nous avions comme condisciple, Gilbert Ondongo, l’actuel ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Durant les trois années que nous avons passées au département de Sciences Economiques à préparer notre Licence, l’étudiant Gilbert Ondongo a toujours réussi ses examens dès la première session, celle de juin : « réussir du premier coup ». C’était le langage de l’époque. C’est comme s’il était pressé de profiter de ses trois mois de vacances. Pendant que certains d’entre nous s’affairaient encore sous les lampadaires du Boulevard des Armées à réviser en pleine saison sèche nos Unités de Valeurs (U.V.) manquantes pour les présenter à la deuxième session de septembre tout en chassant les « Minièniès » (espèce de grillons comestibles), l’actuel ministre du Travail profitait pleinement de ses vacances sur sa moto. A l’époque où les étudiants boursiers Congolais bloquaient leur trois mois de bourse pour s’acheter un 41S ou un 51V, les marques de mobylettes les plus prisées chez les étudiants, Gilbert Ondongo « roulait les mécaniques » avec sa moto et pensait déjà à l’année suivante. Dans cette promotion, il avait son pareil, Roger Ndengué. Ils étaient, sans flagornerie, de la race des surdoués. Leur ascension a continué jusqu’en France où ils ont poursuivi leurs études et soutenu brillamment leurs thèses. Un parcours sans faute, comme on en voit de moins en moins aujourd’hui au Congo depuis que le système éducatif national a été dégradé par une libéralisation sauvage de l’enseignement. Peut-on, après un tel parcours, qualifier les cadres choisis par le Chef de l’Etat de « faiblement instruits » ? Est-on « faiblement instruit » parce qu’on a pas étudié à Paris Dauphine ?

L’humilité, dit-on, précède la gloire et la modestie emprunte les parchemins de la réussite. Le Président Lissouba était un universitaire. Professeur en génétique, il était pétri de savoir et de connaissance. Personne ne peut contester son bagage intellectuel. Convenons-nous, hélas, malgré ses références universitaires, il fut un piètre Président de la République, incapable d’assurer la sécurité de tous ses concitoyens ni même leur apporter le bien-être qu’il avait promis lors de son élection en 1992. Son action politique fut des plus catastrophiques. Il n’a jamais été jugé pour son niveau intellectuel mais à cause de ses piètres résultats. Bardé de diplômes, il a été incapable de répondre aux attentes de son peuple qui l’avait élu à plus de 60%. A la place, il a laissé une « petite ruine » en lieu et place de la « petite Suisse ».

Au fait, se souvient-il encore du Président Lissouba qui donnait des cours de « Capacity building » et de management à ses ministres lors des séminaires gouvernementaux ? Tout le monde sait, que nombre d’entre - eux étaient nantis de diplômes universitaires kilométriques, à n’en plus finir.

N’ayant pas pris soin de se renseigner sur les cursus des uns et des autres, on recycle les « ouï-dire », on ergote sur les crachats véhiculés dans les rues achalandées de Château-Rouge par les spécialistes de la rumeur, on n’en fait un bouquet de réflexion avant de le publier sur le Net. Si combat, il y a, il faut le mener sur le plan des idées, sur la capacité des uns et des autres à transformer la société et non, de s’appesantir sur leurs infirmités intellectuelles supposées. Si l’on ne s’épanchait que sur la grille de lecture proposée par Mabilémono pour juger nos gouvernants, il y aurait à boire et à manger, comme on dit. Et si par hasard, l’on s’amusait à prendre le nombre de diplômés que compte le Congo, il y aurait trop d’élus pour peu de postes. Beaucoup souffriraient d’urticaires. Il faut seulement admettre que ceux qui ont été élus pour présider aux destinées du Congo ont, comme on dit : « la gueule de l’emploi » !

 

Ne pas confondre les combats !

 


Le Ministre Gilbert ONDONGO

Le Congo est un petit pays. Tout le monde connaît tout le monde et, tout le monde entretien une relation avec tout le monde. Le Congo est un village planétaire où celui qui lance un pavé dans la mare ne peut pas disparaître dans la nature sans que son ADN ne le trahisse un jour. C’est souvent le passé qui vous rattrape et vient à la rescousse de vos détracteurs. Au fait, qui est ce Mabilémono qui s’est érigé en donneur de leçons ?

S’agirait-il du même Mabilémono qui est le copain  d’Hervé Oboa, ancien Président des FDU-France ? N’est-il pas celui qui, en décembre 2006, lors du Congrès du PCT dans la salle du Palais du Parlement, avait usurpé la parole au nez à la barbe de la délégation officielle du PCT venue de France ; se faisant ainsi passer pour un membre de Magenta. Un mystérieux membre qui n’a jamais mis pied au 45, boulevard de Magenta dans le 10ème arrondissement de Paris, siège des FDU-France et du Collectif des Associations Démocrates (C.A.D.). Qui est-il réellement ? Mamilémono serait-il un de ces anciens « Ancien Enfant de Troupes (AET) » de l’écurie du neveu du Chef de l’Etat Congolais, Edgard Nguesso ? Ne fût-il pas un de ses anciens employés à qui il avait même confié la gestion et la direction d’une de ses filiales françaises dénommée : « Top Services - France » ? Pourquoi, s’est-il brouillé avec son ancien mentor, alors qu’ils étaient très copains comme tous leurs potes de l’école des Cadets ? Pour des problèmes de « gestion approximative » à lui confiée, affirme une source bien informée ? C’est à cause de cette gestion peu orthodoxe, dit-on, qu’il aurait été éconduit comme malpropre de la société. Une éviction qui aurait débouché sur un contentieux explosif. Un licenciement que vous n’auriez, semble-t-il pas digéré. Au lieu de régler ce contentieux à l’amiable, il  a été réglé par avocat interposé. Vous aviez, parait-il, été indemnisé et malgré cela, vous êtes parti avec la voiture de la société. Etait-ce pour l’utiliser comme moyen de chantage, comme l’affirment vos détracteurs ? Dans certains milieux parisiens peu scrupuleux, à l’évocation de cette affaire, ils répondent : « Petit wana, apanzana na lar a bato ». (A ne lire qu’en version originale).

Votre combat, c’est Sassou et son clan. Soit ! Mais que viennent faire les Congolais dans cette affaire ? Pourquoi traiter le Chef du gouvernement d’ « homme très complexé » qui vouerait « une haine viscérale à l’endroit de l’élite intellectuelle Congolaise ». Sur quels fondements scientifiques se base cette assertion ? Pourquoi, tant d’immodestie, de pédanterie et de mesquinerie ? Lorsque vous écrivez que Sassou « préfère s’entourer de gens faiblement instruits », sur quels matériaux scientifiques se repose cette thèse ? Vous n’aimez pas ce pouvoir, c’est votre choix. Mais de grâce, ne rabaissez pas le débat d’idées au niveau de la ceinture.

Le débat sur la « diplômite aigue » comme facteur déterminant la compétence dans la gestion de la cité, n’est que pure masturbation psychologique de la part de certains phallocrates complexés par une « libido intellectuelle » à la dérive. Il s’agit d’un barrissement nuisible à l’oreille que de penser plus on a des diplômes, plus on est apte et capable de présider aux destinées d’une Nation. Si tel était le cas, la guerre ne nous aurait pas embarqué là où nous nous trouvons aujourd’hui. Si l’on veut sortir de cette spirale, il ne faut surtout pas confondre le débat d’idée, fait d’échanges courtois avec la « Web invective » qui obstrue chaque jour la raison sur le Net.

 

P.SONI-BENGA