|
|
Des
Congolais du Congo - Brazzaville ont depuis la révolution du Net, pris la
fâcheuse habitude d’habiller leurs compatriotes qui sont au pouvoir pour l’année.
Hiver, automne comme été, ils leur taillent des costumes de dénigrement à la
mesure de leur fantasme. Les plus futés ont réussi à inonder les mails privés
de leurs compatriotes de Spam tenant lieu d’articles dans lesquels, à y voir de
près, ne tournent qu’autour de la personne du Chef de l’Etat.
Nombreux sont les agitateurs Congolais qui n’ont pour unique spécialité que, de noircir l’image du pays à l’extérieur, de dénigrer le Chef de l’Etat, d’indexer l’incompétence supposée des membres de son cabinet, à défaut de faire des incursions répétées dans la vie privée du clan présidentiel. Ils ont trouvé un fonds de commerce juteux.
Il serait inélégant de notre part, de nous arrêter sur les propos de ceux qui cherchent visiblement à se faire une pub. Veut-on simplement faire de l’agitation sur le Net pour régler de vieux comptes que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Ainsi, on aboie devant son écran, on s’énerve derrière son clavier. Tamis derrière un essaim de belles formules de dénonciation sur les égarements du pouvoir, alors que l’essentiel est ailleurs, on tente de se faire passer pour un opposant. Un vernis qui cache mal des blessures, hélas, non encore cicatrisées. Ainsi, on se barricade derrière un jusqu’au-boutisme maladif. En usant de paroles désobligeantes on se fait ainsi accepter par une frange d’opposants virtuels comme un opposant irascible à Sassou. Grâce à une présence soutenue sur le Net, on expérimente l’opposition virtuelle à coup de manifs anti-pouvoir. Voudrait-on tromper la vigilance de l’opinion ?
Nervosité
et vaines agitations
|
|
Force est donc de constater que beaucoup de Congolais ont choisi la voie de l’invective et de l’insulte calomnieuse pour se donner une visibilité dans l’aréopage des perturbateurs Congolais de France. Ils espèrent ainsi se faire un nom. L’un d’entre eux, Bienvenu Mabilémono est devenu expert ès morale politique. Spécialiste en critique tous azimuts du régime en place, il est passé maître dans analyse comportementale du gotha politique Congolais au point de devenir la coqueluche de certains leaders de l’opposition congolaise en France.
Bienvenu
Mabilémono, s’est cru bon d’éclairer l’opinion en
publiant un article qui critique sévèrement le dernier remaniement du
gouvernement de Sassou Nguesso.
Qu’à cela ne tienne, c’est droit de citoyen libre. Mais, cette fois-ci, sa
plume a trébuché. Au sujet du remaniement ministériel du 30 décembre dernier,
il n’est pas allé de main morte dans l’objurgation : « Ce nouveau
gouvernement est en réalité un constat d’échec patent pour Sassou »,
il ne croit pas en ce gouvernement parce que les Congolais « attendent
de réels changements ». Il s’attendait à une surprise, il en a été
déçu. Et pour cause : « Ce piteux gouvernement, écrit-il,
est composé essentiellement des mêmes vieux de la veille est aussi la preuve
fragrante que Sassou ne dispose pas dans ses rangs
d’un vivier d’hommes et de femmes de qualité issus notamment de la jeune élite
congolaise qui constituerait sa jeune garde compétente pour apporter un nouveau
souffle à son action ». Il justifie le casting des membres du
gouvernement par le fait que le Chef de l’Etat congolais tient en horreur des
cadres compétents dans son sillage. Sans prendre de gants, il se laisse chavirer
dans la bêtise, tel une pirogue à la dérive. Les critères qui poussent Sassou à choisir ses collaborateurs sont avant tout liés à leur
étroitesse d’esprit. Pour lui, c’est clair, Sassou
n’aime pas les élites. Il l’affirme : « Pas étonnant quand on sait que Sassou est un homme très complexé et a toujours eu une
haine viscérale à l’endroit de l’élite intellectuelle Congolaise. Il préfère
s’entourer de gens faiblement instruits qu’il peut facilement manipuler ».
|
|
Sans chercher à répondre au cas par cas, pour démonter l’aberration de la grille de lecture de Mabilémono, prenons le Trombinoscope du nouveau gouvernement. Disséquons-le. Dégageons de façon succincte les profils de ce que notre politologue du Net a qualifiés abusivement de « gens faiblement instruits » ! A-t-il eu seulement connaissance des profils de chacun des membres du cabinet de Sassou Nguesso ? L’aurait-il consulté, qu’il aurait été surpris de découvrir que dans ce gouvernement se côtoient universitaires, écrivains, politologues, technocrates et hommes politiques de carrière.
Il
n’y a pas de honte à s’informer lorsqu’on ne maîtrise rien !
Il est reproché à Sassou dont les membres du gouvernement sont « faiblement instruits » de ne pas disposer de cadres à même de remplir à merveille leurs fonctions à cause de l’ascendance qu’il prendrait sur ses ministres. « Faiblement instruit », écrit-il. Mais, qu’en est-il de Charles Zacharie Bowao, Professeur agrégé de Philosophie ? Universitaire et responsable de publication de la revue Géopolitique Africaine, le Professeur Bowao est reconnu pour ses qualités intellectuelles. Dans les universités occidentales et africaines où il intervient, il encadre également les travaux de nombreux étudiants en Doctorat. Ce n’est pas rien ! Que dire du tout nouveau ministre de l’Agriculture, Rigobert Maboundou qui est économiste de formation et spécialiste des questions agricoles ? Il fait partie de la classe d’enseignants qui a formé des centaines d’étudiants Congolais à l’Université Marien Ngouabi au département de Sciences Economiques.
Clin d'oeil en biais !
|
|
L’humilité, dit-on, précède la gloire et la modestie emprunte les parchemins de la réussite. Le Président Lissouba était un universitaire. Professeur en génétique, il était pétri de savoir et de connaissance. Personne ne peut contester son bagage intellectuel. Convenons-nous, hélas, malgré ses références universitaires, il fut un piètre Président de la République, incapable d’assurer la sécurité de tous ses concitoyens ni même leur apporter le bien-être qu’il avait promis lors de son élection en 1992. Son action politique fut des plus catastrophiques. Il n’a jamais été jugé pour son niveau intellectuel mais à cause de ses piètres résultats. Bardé de diplômes, il a été incapable de répondre aux attentes de son peuple qui l’avait élu à plus de 60%. A la place, il a laissé une « petite ruine » en lieu et place de la « petite Suisse ».
Au fait, se souvient-il encore du Président Lissouba qui donnait des cours de « Capacity building » et de management à ses ministres lors des séminaires gouvernementaux ? Tout le monde sait, que nombre d’entre - eux étaient nantis de diplômes universitaires kilométriques, à n’en plus finir.
N’ayant pas pris soin de se renseigner sur les cursus des uns et des autres, on recycle les « ouï-dire », on ergote sur les crachats véhiculés dans les rues achalandées de Château-Rouge par les spécialistes de la rumeur, on n’en fait un bouquet de réflexion avant de le publier sur le Net. Si combat, il y a, il faut le mener sur le plan des idées, sur la capacité des uns et des autres à transformer la société et non, de s’appesantir sur leurs infirmités intellectuelles supposées. Si l’on ne s’épanchait que sur la grille de lecture proposée par Mabilémono pour juger nos gouvernants, il y aurait à boire et à manger, comme on dit. Et si par hasard, l’on s’amusait à prendre le nombre de diplômés que compte le Congo, il y aurait trop d’élus pour peu de postes. Beaucoup souffriraient d’urticaires. Il faut seulement admettre que ceux qui ont été élus pour présider aux destinées du Congo ont, comme on dit : « la gueule de l’emploi » !
Ne
pas confondre les combats !
|
|
S’agirait-il du même Mabilémono qui est le copain d’Hervé Oboa, ancien Président des FDU-France ? N’est-il pas celui qui, en décembre 2006, lors du Congrès du PCT dans la salle du Palais du Parlement, avait usurpé la parole au nez à la barbe de la délégation officielle du PCT venue de France ; se faisant ainsi passer pour un membre de Magenta. Un mystérieux membre qui n’a jamais mis pied au 45, boulevard de Magenta dans le 10ème arrondissement de Paris, siège des FDU-France et du Collectif des Associations Démocrates (C.A.D.). Qui est-il réellement ? Mamilémono serait-il un de ces anciens « Ancien Enfant de Troupes (AET) » de l’écurie du neveu du Chef de l’Etat Congolais, Edgard Nguesso ? Ne fût-il pas un de ses anciens employés à qui il avait même confié la gestion et la direction d’une de ses filiales françaises dénommée : « Top Services - France » ? Pourquoi, s’est-il brouillé avec son ancien mentor, alors qu’ils étaient très copains comme tous leurs potes de l’école des Cadets ? Pour des problèmes de « gestion approximative » à lui confiée, affirme une source bien informée ? C’est à cause de cette gestion peu orthodoxe, dit-on, qu’il aurait été éconduit comme malpropre de la société. Une éviction qui aurait débouché sur un contentieux explosif. Un licenciement que vous n’auriez, semble-t-il pas digéré. Au lieu de régler ce contentieux à l’amiable, il a été réglé par avocat interposé. Vous aviez, parait-il, été indemnisé et malgré cela, vous êtes parti avec la voiture de la société. Etait-ce pour l’utiliser comme moyen de chantage, comme l’affirment vos détracteurs ? Dans certains milieux parisiens peu scrupuleux, à l’évocation de cette affaire, ils répondent : « Petit wana, apanzana na lar a bato ». (A ne lire qu’en version originale).
Votre combat, c’est Sassou et son clan. Soit ! Mais que viennent faire les Congolais dans cette affaire ? Pourquoi traiter le Chef du gouvernement d’ « homme très complexé » qui vouerait « une haine viscérale à l’endroit de l’élite intellectuelle Congolaise ». Sur quels fondements scientifiques se base cette assertion ? Pourquoi, tant d’immodestie, de pédanterie et de mesquinerie ? Lorsque vous écrivez que Sassou « préfère s’entourer de gens faiblement instruits », sur quels matériaux scientifiques se repose cette thèse ? Vous n’aimez pas ce pouvoir, c’est votre choix. Mais de grâce, ne rabaissez pas le débat d’idées au niveau de la ceinture.
Le débat sur la « diplômite aigue » comme facteur déterminant la compétence dans la gestion de la cité, n’est que pure masturbation psychologique de la part de certains phallocrates complexés par une « libido intellectuelle » à la dérive. Il s’agit d’un barrissement nuisible à l’oreille que de penser plus on a des diplômes, plus on est apte et capable de présider aux destinées d’une Nation. Si tel était le cas, la guerre ne nous aurait pas embarqué là où nous nous trouvons aujourd’hui. Si l’on veut sortir de cette spirale, il ne faut surtout pas confondre le débat d’idée, fait d’échanges courtois avec la « Web invective » qui obstrue chaque jour la raison sur le Net.
P.SONI-BENGA