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Histoire insolite d'une jalousie mal placée
Témoignage d'un étudiant écoeuré
Voici une histoire de jalousie bien triste qui a failli dégénérer et qui prouve à suffisance, comment notre pays malade, accumule des retards incalculables dans la gestion et la modernisation de notre grand lycée appelé Université Marien ngouabi. L’histoire se passe au Département de Philosophie. Un prêtre religieux devait soutenir son mémoire de maîtrise en philosophie.
Une semaine avant, l'impétrant est joint par l'administration pour l'informer de la soutenance imminente de son mémoire pour le mardi 11 décembre. Jusqu'a la veille de la soutenance, tout semblait ok ! Tout le monde avait mis les petits plats dans les grands pour soutenir cette soutenance. Arrive le grand jour, tout bascule à la cathode. L'impétrant, avec son résumé bien dosé de citation nietzschéenne qui avait pris soin d’informer sa famille et ses amis de l’heureux événement, se pointent à l'université Marien Ngouabi plus précisément, au Département de Philosophie. Tout est prêt. A vos marques, prêt ? Hélas, non ! Pas d’allumage. Défaut d’allumage ou confusion de dates ? Est-il que, la soutenance ne peut pas se faire. Elle n’aura pas lieu. Et pour cause ! Le chef de Département vient, séance tenante d’annoncer le report de ladite soutenance. Raison invoquée ? Parce que, justifie-t-il, la note qui rend public la soutenance du mémoire n'avait pas jusque là, été signée ! Comment ? Quoi ? S’indignent le « prêtre – étudiant » et ses amis qui étaient venus l’assister. Un « mic-mac » digne d’un mauvais polar de série B.
La veille du jour J, l'impétrant avait pourtant reçu toutes les assurances que la soutenance de son mémoire allait se faire le lendemain. Avait-il, tout simplement rêvé ? Etait-il pris de troubles neuroleptiques pour confondre la date d’un si grand jour qui allait marquer sa vie universitaire ? Personne n’osait croire. Lui, qui gère si bien sa paroisse était incapable d’un tel trou de mémoire ! Restait alors la piste de l’administration, du Département qui n’avait certainement pas bien fait son travail, à défaut d’imputer la faute au Secrétariat qui a du se mêler les pédales avec les dates. Revenait-il à l’étudiant, de fixer les dates qui lui plairaient au membre du jury ? Rien, ne pouvait donc expliquer ce dysfonctionnement.
Perdu dans ses pensées, le malheureux n’avait pas à l’esprit qu’il pouvait être boycotté par le corps professoral à défaut de l’être par son Président du jury lui-même. Si ! Tout peut arriver. Remontant la chaîne de dysfonctionnement, il a fini par découvrir le pot aux roses, que même un « démagnétiseur » n’aurait pas réussi à désenvoûter ! Qu’apprend-on ? Que le directeur de mémoire de l'impétrant était à son « deuxième religieux » dont les travaux de mémoire étaient boycottés. A chaque fois, celui-ci était confronté aux mêmes difficultés au moment de la soutenance.
Il s’est révélé après enquête, qu'il y avait un autre enseignant qui convoitait l'étudiant et souhaitait encadrer ses travaux à sa place. Faute de ne pas avoir été choisi par ce dernier, il aurait gardé par devers lui le manuscrit de l’étudiant durant trois semaines. Le travail de ce futur adepte de Nietzsche aura donc été « catcher » par le Professeur jaloux qui a fini par avoué son forfait. Crachant le morceau, il avoua son forfait par ses mots : « Si tu m'avait choisi, les choses n’allaient pas se passer ainsi ». Comme un malheur n’arrive jamais seul, le report de la date de la soutenance tombait à pic et cadrait avec le voyage le lendemain du président du jury. Il comptait, grâce à cette malencontreuse concours de circonstance, pour recomposer les membres du jury à leur guise pour, ainsi, « bien saquer » l'impétrant de questions. La raison, parce que l’étudiant avait commis la maladresse de ne pas avoir choisir un de leur condisciple comme directeur de mémoire.
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En tout cas, le Directeur de mémoire de l'impétrant n'a pas manqué, face à cette « abracadabrantesque » affaire de dire que cette histoire de jalousie n’était pas la première ; que la même chose s'était déjà produite lors d’une précédente soutenance avec un autre étudiant ayant les mêmes signes distinctifs : La soutane. C’est comme si le Chef de Département de Philosophie en avait après les hommes en robe! Depuis sa mésaventure, le malheureux a trouvé un poste d’évêque dans un diocèse. Comment, qualifier de tels actes ? Quel est ce pays ou même l'ecclésiastique peut être humilié comme une femme adultère ? Jalousie, quand tu nous tiens !
Puissé-je encore rappeler, le droit de cuissage qui sévit les pauvres étudiantes contraintes d’offrir leur hymen en d’échange d’un hypothétique passage en classe supérieure ! Que dire des frustrations que subissent de nombreux étudiants lors des inscriptions dans ce même grand lycée pompeusement appelé Université Marien Ngouabi, parce qu’il n’y a plus de place pour les s’inscrire. Pauvres étudiants ! Ceux qui n’ont pas de parents fortunés pour payer les études dans les Universités Européennes ou Américaines, comme les enfants des nouveaux riches qui administrent ce grand village planétaire, qu’est le Congo, n’ont que l’errance et la débauche comme portes de sortie. Au plus motivés des étudiants, il ne leur reste que les yeux pour pleurer à défaut de se satisfaire de quelques années blanches en guise de cadeau de Noël. Voila comment fonctionne le système universitaire qui veut former l’élite congolaise de demain.
Tout est bien qui fini bien ! Aux dernières nouvelles, nous avons appris que le « prêtre – étudiant » a finalement soutenu son mémoire ce jeudi 13 décembre 2007 en présence de sa famille et de nombreux amis. L’histoire, malheureusement, ne nous dit pas s’il a obtenu son mémoire avec mention !
Patrick Herman CREBIER