Affaire Mounzéo/Mackosso contre Soni-Benga, jugement attendu en septembre 2008

Qui aura raison du droit ?

 

Au CAPE, en septembre 2006, lorsque Maître William Bourdon avait publiquement, en pleine salle de conférence de presse, annoncé qu’il allait porter plainte contre Paul Soni-Benga, le Directeur de publication du site Internet, www.brazza.info à la suite de l’article : « La peur aux trousses : Christian Mounzéo et Brice Mackosso exfiltrés du Congo vers une destination inconnue ? », qu’il jugeait diffamant pour ses deux protégés, ce dernier avait indiqué qu’il répondrait présent. Il a tenu parole. Même si cela n’a pas été facile par moment, nous n’avons pas dérogé à notre parole.

 

Vendredi 4 juillet, la 17ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris jugeait l’affaire Mounzéo/Mackosso contre Soni-Benga. Elle fait suite à la plainte en diffamation déposée entre les mains du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Paris, par Maître William Bourdon. C’est devant une nuée de robes noires que le Directeur de publication du site Internet www.brazza.info comparaissait devant les juges français du « chef de diffamation publique envers particuliers ». Brice Mackosso et Christian Mounzéo, les deux pseudos défenseurs des droits de l’homme et membres de la société civile Congolaise, reprochent à Soni-Benga d’avoir porté atteinte à leur honneur. Ils l’accusent d’avoir relaté dans les menus détails les combines qu’ils avaient mis en place pour détourner en toute transparence les subventions allouées à la RPDH, l’association que dirigeait Christian Mounzéo.

Le 19 juin 2007, le Procureur de la République, a conclu après lecture de la plainte que le Directeur de publication du site www.brazza.info était mis en examen en raison du chef de : « Diffamation publique envers particuliers et complicité ; faits prévus et réprimés par les articles 29 alinéa 1 de la loi du 29 juillet 1881 et 121-6 et 121-7 du code pénal ». Que cette affaire pouvait être renvoyée devant le tribunal correctionnel pour être jugée conformément à la loi. Ainsi, le renvoi a été motivé par le fait que qu’il y avait des « Ecrits susceptibles de renfermer des allégations ou imputations de faits portant atteinte à l’honneur et à la considération de Christian Mounzéo et Brice Mackosso ».

 

Défendre son honneur et ses convictions jusqu’au bout !

 

Quelles sont ces allégations ou imputations « de faits qui portaient atteinte à l’honneur et à la considération » de Mounzéo et Mackosso, les deux activistes de la ville océane de Pointe-Noire ? Maître William Bourdon, l’avocat de Mounzéo et Mackosso n’a pas aimé que l’on puisse poser la question de la responsabilité des autorités judiciaires et politico - administratives Congolaises sur les raisons qui ont favorisé la sortie du territoire Congolais de deux activistes qui étaient sous le coup d’une mise en examen. Nous avons posé la question : « Qui a aidé Christian Mounzéo et Brice Mackosso à quitter le Congo ? » Bourdon, lui, nous a interdit de demander des comptes sur les dysfonctionnements de la justice, celui des services de sécurité du Congo qui ont laissé Mounzéo et Mackosso sortir du Congo sans raison officielle. Il n’a pas supporté que l’on puisse demander des comptes aux autorités administratives du Congo : « La justice congolaise va devoir rendre compte de la disparition de deux membres de la société civile, poursuivis dans une affaire d’abus de biens sociaux dont le jugement était réservé pour le mois d’octobre ; les agents de la Force Publique chargés du contrôle judiciaire de Mounzéo et Mackosso devront, eux aussi, rendre compte à leur hiérarchie pour dire s’ils ont failli ou non à leur mission ».

Tout comme l’avocat des deux pseudos défenseurs des droits de l’homme Congolais qui n’a pas apprécié que l’on s’interroge sur la responsabilité des différents services en charge dudit dossier, Maître Bourdon est carrément sortit de ses gants lorsque nous avons voulu savoir : « Comment ont-ils été exfiltrés ? » Pire encore, lorsque nous avons fait remonter à la surface l’étendue de la supercherie montée par Mounzéo pour « doubler » William Bouaka par Brice Mackosso, c’en était trop ! Nous avons failli fermer les vannes qui alimentaient la gibecière de Christian Mounzéo Quelles sont les raisons qui ont « précipité la fuite de Mounzéo et Mackosso ? » A cette question, Maître Bourdon et ses deux protégés n’ont pas aimé, comme il n’ont jamais apprécié cet autre passage qu’ils considèrent tout simplement diffamant. Extraits : « Mounzéo, grâce à une acrobatie personnelle, décidera d’écarter Bouaka de sa gestion. Et, pour mieux le « doubler », va copter Brice Mackosso qui, en contradiction avec les textes, va devenir son « Chancelier de l’échiquier » pour siphonner sans vergogne le compte n° 1711350-5001/28 du RPDH. La découverte de ces emails, les vérifications opérées auprès de la Congolaise de Banque finissent par étaler au grand jour l’étendue de la combine montée par Mounzéo dans le seul but de soutirer de l’argent de l’association sans être inquiété par la Banque. Ainsi, près de dix millions de francs ont passé sous la barbe et au nez des membres du RPDH, sans qu’ils sachent l’usage qui en a été fait. Une véritable escroquerie mise en place par le duo Mounzéo/Mackosso qui a fini par irriter Bouaka ».

Le ridicule ne tuant pas, Mounzéo n’a pas supporté, à moins que ça soit son avocat, que l’on parle de ses formes. Que nous l’ayons trouvé un peu rembourré, rond, pour ne pas dire un peu « grassouillet » pour quelqu’un qui, depuis qu’il a quitté les bancs de l’université, n’a jamais eu affaire avec un bulletin de salaire, il ne fallait surtout pas écrire qu’il « n’a rien perdu de son embonpoint ». Ce crime de lèse « Bibendum » lui a fait perdre tout son sang-froid au point de considérer cette topologie morphologique comme une insulte infamante. « Peuchère ! » Aurait dit un brave Marseillais devant un bon Pastis !

Voici ainsi résumé les quelques lignes qui valent au Directeur de publication de www.brazza.info  de traverser toute la méditerranée pour aller défendre ses écrits devant les juges français à deux pas de la Seine ! Malgré tout, le 4 juillet 2008, lorsque nous arrivons à la 17ème chambre correctionnelle de Paris, nous sommes, non seulement, convaincus de notre bonne foi, mais en plus, très déterminés : « Ba-foua Ba-foua, Ba-sala Ba-sala ». Le suspens n’avait que trop duré. Le 29 novembre 2007, nous étions déjà rentrés précipitamment de Brazzaville pour venir répondre une première fois à la convocation des juges français sur cette affaire. L’audience fut ajournée à cause de la grève des magistrats et des greffiers qui manifestaient contre la carte judiciaire de la Garde des Sceaux, Rachida Dati. Renvoyée au 11 avril 2008, l’audience n’a malheureusement pas pu avoir lieu à cause de la tragique disparition, à Pointe-Noire, de la mère du prévenu, feu Emma Matoti. Le décès survenu le 6 avril de la mère du Directeur de publication de www.brazza.info portée en terre le 10 avril 2008, l’empêchera de venir à la date indiquée pour défendre ses droits devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris.

Après la grève des magistrats, les douloureux événements liés à la tragique disparition de la mère de Paul Soni-Benga, l’audience du 4 juillet se présentait comme celle de la dernière chance. L’ultime ! Elle ne devait connaître aucun ajournement. Malgré la brièveté de l’audience, elle a eu lieu en l’absence de Mounzéo et Mackosso retenus au Congo. Malgré leurs absences, ils ont, malgré tout, été bien représentés par leur avocat en la personne de Maître William Bourdon. Du côté de la défense, le Directeur de publication de www.brazza.info, qui assume aujourd’hui les fonctions de Directeur Général de la première chaîne de télévision privée du Congo, Digital Radio Télévision (DRTV) était, quant à lui, présent à l’audience et, assisté de son conseil, Maître Caty Richard.

Après l’appel à la barre du Directeur de publication de www.brazza.info, le rappel des faits exposé par le Président du Tribunal qui a convié ce dernier à prendre place sur le banc des prévenus, son avocate, Maître Caty Richard a vidé de sa substance, en deux temps trois mouvements, tout le contenu de la plainte. Elle n’a fait qu’une bouchée. Un petit tour de chauffe pour demander au tribunal « de constater la nullité de la procédure » parce que « le renvoi d’audience n’a pas été fait de façon contradictoire à l’égard de M. Soni-Benga qui n’était ni présent ni représenté ». Elle a indiqué au tribunal que « La démonstration de l’exactitude de l’imputation diffamatoire est soumise à une procédure particulière précisée par les articles 55 et 56 de la loi ». Et, de rappeler l’article 55 de la loi du 29 juillet 1881 qui dispose : « Quand le prévenu voudra être admis à prouver la vérité des faits diffamatoires, […] il devra, dans le délai de dix jours après la signification de la citation, faire signifier […] ».

L’offre de preuve qui doit intervenir dans les dix jours de la citation du prévenu à comparaître devant le tribunal correctionnel, n’a pas été respecté a indiqué Maître Caty Richard à la Cour, avant de rappeler que « Le délai de dix jours est un délai strict » (Cass. crim., 11 mai 1960 : Bull. crim. 1960, n°253). Pour Maître Caty Richard : « l’absence de diligences suffisantes de l’huissier de justice a privé Monsieur Soni-Benga de la possibilité de démontrer la vérité des propos contenu dans l’article incriminé et par conséquent de la possibilité de se voir dégager de toute responsabilité pénale ».

Sans occulter le débat de fond, Maître Caty Richard a annoncé au tribunal qu’elle disposait d’assez d’éléments pour défendre son client et, par conséquent, de prouver sa bonne foi. Elle a obtenu du tribunal de : « déclarer prescrite l’action pénale et civile contre Monsieur Paul Soni-Benga ; relaxer Monsieur Paul Soni-Benga des chefs de la poursuite. A titre subsidiaire : Ordonner la non-inscription de la décision à intervenir au bulletin n°2 du casier judiciaire de Monsieur Paul Soni-Benga ».

 

Lorsque Maître William Bourdon prend Paul Soni-Benga pour Jean Paul Pigasse et confond le site www.brazza.info aux Dépêches de Brazzaville !

 

Comme un gag ! À défaut de penser à une stratégie de déstabilisation –une de plus-, savamment menée par William Bourdon pour pousser sa consoeur à l’erreur, personne n’a compris le pourquoi du comment de la plainte en diffamation que ce dernier est venu exhiber à Maître Caty Richard à quelques minutes seulement du débat contradictoire. Alors que les carottes étaient cuites et même trop bien cuites, Maître William Bourdon a tenté une dernière et ultime esquive en maniant le bluff ! Il espérait l’ajournement au mieux, la déstabilisation ; n’ayant plus d’arguments pour plaider le dossier de ses deux poulains sur le fond. Il n’a pas trouvé mieux que de chercher à piéger sa consoeur. Il espérait l’entraîner dans un traquenard dont il avait, seul, le secret. Que nenni ! A malin, malin et demi. Que s’est-il passé ?

L’audience prévue à 13h30 avait déjà commencé depuis près d’une demi-heure avec l’examen des premiers dossiers, lorsque que Maître William Bourdon fait son entrée. A peine, est-il arrivé, qu’il se dirige voir sa consoeur. Après quelques échanges d’amabilités, il remarque l’absence de ses protégés. Il en profite pour se renseigner sur la présence à l’audience du Directeur de publication de www.brazza.info  Affirmatif ! Lui répond Maître Caty Richard qui fait un signe de la tête en direction du seul Noir présent dans la salle d’audience à ne pas confondre avec le Directeur de la Rédaction du Mensuel panafricain Continental Francis Laloupo qui venait juste de faire son entrée dans cette salle de la 17ème qu’il connaît que trop bien pour avoir couvert de nombreux procès, s’il n’a pas lui-même déjà été appelé à la barre pour défendre ses écrits, comme ce procès en diffamation intenté contre lui par le mercenaire Bob Denard à l’époque où il officiait au mensuel Le Nouvel Afrique Asie !

Tentant le tout pour le tout, Maître Bourdon tend à sa consoeur la plainte en diffamation qu’il compte verser au dossier comme une nouvelle pièce dans le cadre de cette affaire. Surprise par cette plainte en diffamation, Maître Caty Richard demande à son confrère de quoi retournait cette plainte ? Quel rapport, y avait-il avec l’affaire en débat ? En quoi son client était-il concerné par cet article ? Pour seule réponse, Maître Bourdon lui tend l’article tiré du journal en ligne : Les Dépêches de Brazzaville édité par le site www.adiac-brazzaville.com que dirige Monsieur Jean Paul Pigasse. Pour avoir posé dans son journal la question de savoir : « Pour qui roulait Maître William Bourdon ? », Jean Paul Pigasse a été sommé de venir s’expliquer devant les juges français. Il « lui a collé un procès », comme on dit. Dans cette énième plainte en diffamation portée par Maître Bourdon contre tous ceux qui défendent jalousement la souveraineté du Congo en refusant le diktat de tous les donneurs de leçons, que venait faire Paul Soni-Benga dans tout ça ?

La réponse pour Bourdon est simple : Il s’attaque à tous ceux qui défendent le pouvoir de Sassou en France, qui s’opposent à toutes ses campagnes de manipulation en mettant ainsi à nue son fonds de commerce qu’il tire de ses tirades gauchistes de pourfendeur des injustices, sont dans sa ligne de mire. Peu importe, qu’ils ne portent pas le même prénom, pour Maître Bourdon, ils sont tous pareils. Et, il n’y a pas de quartier à faire. Son combat consiste à s’attaquer à ceux qui l’empêchent de déstabiliser allègrement et à souhait le pouvoir de Brazzaville. Pour tous ceux-là, c’est à coup de procès et d’intimidation qu’il va se charger d’eux.

Revenons à nos moutons. C’est encore quoi cette affaire de plainte en diffamation, lui demande sa consoeur, avant de l’inviter à affûter ses armes pour défendre ses poulains. Pour l’heure, c’était la seule chose qui l’intéressait ; le temps d’examiner à tête reposée cette nouvelle pièce versée au dossier ; dossier qui après une lecture en diagonale sera classé, séance tenante, hors-jeu ! Aucun rapport avec le dossier en cours.

Retour à la dure réalité du procès. Maître Bourdon ! Qu’avez-vous à dire au sujet de la demande de nullité de la procédure formulée par votre consoeur ? Lui demande, le Président du Tribunal. « C’est Idiot ! » Réponse laconique de Bourdon sur la bourde supposée de l’huissier qui, pour avoir omis de transmettre la citation à Parquet du 9 août 2007 à Soni-Benga, pour une audience prévue le 6 septembre 2007 à 13h30 devant le Tribunal de Grande Instance de Paris 17ème chambre correctionnelle, l’a privé de ses droits. L’huissier ayant conclu que : « le destinataire étant actuellement sans domicile connu tel qu’il résulte du mandement du demandeur, Monsieur le Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Paris ». Malheureusement, les preuves exhibées et apportées devant le Tribunal ont démontré que le sieur Soni-Benga, réside bel et bien à l’adresse indiquée et qu’il a toujours répondu à toutes les convocations y compris lors de sa mise en examen par M. de Thevenard, Vice-président Chargé de l’Instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris, le 25 juin 2007 à Paris. Maître William Bourdon ne pouvait que constater les dégâts causés par cette pseudo négligence sur le cours du procès.

Ainsi, après les explications on ne peut plus alambiquées de Maître Bourdon qui n’ont pas duré plus de cinq minutes, montre en main, Madame le Procureur de la République a repris la parole pour rappeler au Tribunal les difficultés que soulevaient cette impossibilité de mettre en œuvre les dispositions de l’article 35 de la loi du 29 juillet 1881. Elle demandé au Tribunal de constater, grâce à la brillante démonstration faite par Maître Caty Richard, que les droits de son client avaient été bafoués. Et, par conséquent, il y avait lieu de constater la nullité de la procédure et de prononcer purement et simplement la relaxe du Directeur de Publication de www.brazza.info

C’est sur les conclusions de Madame le Procureur de la République, que le Président du Tribunal, reprenant la parole en dernier, a demandé à ses assesseurs s’ils avaient des réserves à émettre sur la brillante démonstration faite par Maître Caty Richard. Le Président du tribunal qui a préféré statuer par décision séparée a, ainsi, mis l’affaire en délibérée pour le mois de septembre. Après quoi, il a mis un terme au débat ; indiquant aux différentes parties que le jugement sera rendu le 26 septembre 2008. Rendez-vous est donc pris pour le 26 septembre prochain à Paris !

 

P.SONI-BENGA.