Ange Edouard POUNGUI
Source Mwinda.org

Ange Edouard Poungui : Bozoba esala ngando ?

 

Le 12 mars dernier, M. Ange Edouard Poungui, ancien Premier ministre et vice président de l’UPADS, a pris sa plume pour jouer, une fois de plus, aux prophètes de malheur à propos d’une pseudo confiscation des échéances électorales de 2007 (législatives) et 2009 (présidentielle), « au terme de calculs et arrangements politiciens divers ». Nonobstant ce fait, M. Poungui estime que ces échéances « n’en présentent pas moins une occasion que le peuple congolais devrait saisir, pour manifester sa souveraineté et exprimer, avec force, sa volonté de voir ce pays reprendre, dans la sérénité, la voie de la démocratie qu’il avait conquise, en 1991, et dont il a été, brutalement, privé par le coup d’Etat sanglant déclenché le 5 juin 1997 ». Car, pour M. Ange Edouard Poungui, « le régime du général Sassou, dont la préoccupation essentielle est de se maintenir au pouvoir, à tout prix, échafaude des stratégies les plus diaboliques, pour se cramponner au pouvoir, tel ce singe qui veut mourir avec son fruit ».

Ces propos, dont nous avons essayé de rapporter l’essentiel, n’ont pas laissé indifférent le bureau exécutif de Force Citoyenne, l’association politique du ministre Alain Akouala Atipault, qui cultive le devoir de mémoire pour l’avènement d’une paix véritable, débarrassée des oripeaux de la manipulation et de la falsification de l’histoire.

Parlant par exemple du coup d’état sanglant évoqué par M. Ange Edouard Poungui, Force Citoyenne affirme qu’il s’agissait effectivement d’un coup d’Etat contre la Constitution et les institutions de la République, organisé par le régime UPADS, qui comptait à l’époque sur l’expertise guerrière des mercenaires israéliens de la société LEVDAN et sur la férocité au combat des supplétifs de l’UNITA du défunt chef rebelle angolais Jonas Malheiros Savimbi. Qui plus est, signale Force Citoyenne, le Peuple congolais auquel M. Ange Edouard Poungui fait si cyniquement allusion, « est celui qui a été martyrisé au nom de l’idéologie de la tribu classe des trois palmiers, théorie despotique, obscurantiste et détonatrice de la guerre du 5 juin 1997, dont les concepteurs avaient prolongé, en tentant de façon clandestine et cavalière, de proroger de deux (2) ans le mandat arrivé à terme du Président Pascal Lissouba, par le truchement d’un Conseil Constitutionnel fantoche, réuni nuitamment à la résidence officielle du Président de l’Assemblée Nationale André Milongo,  présidé par Monsieur Agathon Note, pendant que les populations de Poto-Poto, Ouenzé, Mpila, Talangaï considérées comme de la « vermine », étaient bombardées à l’arme lourde ! »

Tirant logiquement les conclusions d’une série des faits historiques graves auxquels M. Ange Edouard Poungui n’est pas étranger, Force Citoyenne l’invite à plus de discernement et lui demande de se mettre à jour par rapport à l’évolution de l’opinion publique nationale. Avant de conclure : « Il (Poungui, ndlr) ressemble à ce vieux caïman repu, endormi sur les berges du fleuve Congo, bercé par la sonorité musicale de l’écoulement des eaux, sentant les gouttelettes de pluie tombées sur ses grosses écailles, se réveille et se trainaille lourdement, pour aller trouver abri et refuge dans les eaux profondes du majestueux fleuve Congo. » Bozoba esala ngando en somme !

Ci-après, l’intégralité de la déclaration de Force Citoyenne.

 

Réaction de Force Citoyenne par rapport à la déclaration

de Monsieur Ange Edouard POUNGUI en date du 12 mars 2007

Le Ministre Alain AKOUALA

 

Suite à la déclaration faite par Monsieur Ange Edouard Poungui le 12 mars 2007, Force Citoyenne tient à lui rappeler que l’annonce des élections législatives n’a pas été faite à la sauvette, elle est une décision du Conseil des ministres, cela conformément aux édits de la Constitution.

Force citoyenne dénonce cette attitude empreinte de démagogie de la part d’un homme, dont le parcours politique a été celui d’un rentier de la vie publique nationale.

Le Peuple congolais auquel il fait si chèrement allusion, est celui qui a été martyrisé au nom de l’idéologie de la tribu classe des trois palmiers, théorie despotique, obscurantiste et détonatrice de la guerre du 5 juin 1997, dont les concepteurs avaient prolongé, en tentant de façon clandestine et cavalière, de proroger de deux (2) ans le mandat arrivé à terme du Président Pascal Lissouba, par le truchement d’un Conseil Constitutionnel fantoche, réuni nuitamment à la résidence officielle du Président de l’Assemblée Nationale André Milongo,  présidé par Monsieur Agathon Note, pendant que les populations de Poto-Poto, Ouenzé, Mpila, Talangaï considérées comme de la « vermine », étaient bombardées à l’arme lourde !

Force citoyenne signifie à cette « grande lumière » de la vie politique nationale qui fait montre d’une connaissance de l’histoire des peuples frères d’Afrique dont il fait l’éloge, qu’avec tout le respect que nous leurs devons, le parcours historique du Peuple congolais, qui a eu à subir dans sa chair les dirigeants les plus intransigeants, ethnicistes et sectaires du début de l’ère démocratique africaine, est remarquable en termes de reconstruction et de réconciliation.

Ces procédés simplistes de mise sur le piédestal des expériences extérieures, de diabolisation, de culpabilisation et de minorisation de l’expérience nationale, pour des calculs purement politiciens et personnels sont des pièges dans lesquels le peuple congolais ne tombera plus jamais !

Force citoyenne fait savoir au vice président du parti des trois palmiers, symboles d’une idéologie de funeste mémoire, que le Peuple congolais a dans la douleur, connu une véritable évolution dans sa conscience citoyenne.

Elle lui permet désormais d’avoir une lecture claire de son histoire politique et une capacité à débusquer ceux qui sur la base de théories fumantes du style transformer le Congo en petite Suisse et  d’idéologies sulfureuses, l’ont plongé dans le deuil d’une part, et d’autre part ceux qui, après avoir courageusement fait face à l’horreur et à la barbarie, ont décidé de remettre le processus démocratique sur les rails, en posant des actes forts de réconciliation nationale.

La sempiternelle ritournelle visant à présenter la folie meurtrière qui s’est emparée de « la bande des quatre » et leurs barbouzes, dès la fusillade d’une marche pacifique au centre culturel français en novembre 1992, en passant par la guerre de Bacongo et Makélékélé, atteignant son paroxysme le 5 juin 1997, comme étant un coup d’Etat, parce que l’UPADS comptait sur l’expertise guerrière des mercenaires israéliens de la société LEVDAN et sur la férocité au combat des supplétifs de l’UNITA, est du point de vue de l’histoire immédiate de notre pays, une insulte grave à la mémoire de toutes les victimes congolaises de ce que le Président Lissouba a appelé la « bêtise humaine », comme si le Peuple congolais était devenu du bétail humain.

                     

Les prochaines échéances électorales se dérouleront conformément à la loi électorale qui sera adoptée par le Parlement. Elle garantira à n’en point douter, une participation régulière et transparente de tous les acteurs du processus électoral à savoir : les représentants de l’Etat, des partis politiques, des ONG et de la société civile. Dans cette perspective, les congolaises et les congolais  attendent le projet politique de votre parti, au lieu de vous complaire à jouer les prophètes de malheur et les oiseaux de mauvais augure.

Force citoyenne en appelle à l’exception de raison et demande à ceux qui, comme Monsieur Poungui veulent jouer les bons démocrates objecteurs de conscience qui sont venus participer au congrès de leur parti, après avoir quittés l’hexagone via une capitale africaine, pour se délester de leurs papiers de réfugiés politiques, de se ressaisir et revenir s’installer définitivement au Congo, pays que nous avons en partage, plutôt que de se contenter des subsides que leurs verse le Quai d’Orsay, en tant que réfugiés, statut qui de toute évidence ne se justifie pas.

Force citoyenne rappelle aux congolaises et aux congolais que Monsieur Ange Edouard Poungui  fait parti de ceux qui s’étaient radicalement opposés à la construction, puis à l’électrification de la route reliant Brazzaville à l’intérieur nord du Congo qu’ils considéraient improductif. Chacun se reconnaîtra !

Force citoyenne invite l’ancien premier ministre Ange Edouard Poungui a plus de discernement et à se mettre à jour par rapport à l’évolution de l’opinion publique nationale. Il ressemble à ce vieux caïman repu, endormi sur les berges du fleuve Congo, bercé par la sonorité musicale de l’écoulement des eaux, sentant les gouttelettes de pluie tombées sur ses grosses écailles, se réveille et se trainaille lourdement, pour aller trouver abri et refuge dans les eaux profondes du majestueux fleuve Congo.  

 

                                                                       Fait à Brazzaville, le 14 mars 2007

 

 

                                                                           Le Bureau Exécutif National