NTUMI -
(Source Mwinda.org)

Retour raté à Brazzaville

N'Tumi joue avec les nerfs des Congolais !

 

Brazzaville est encore sous l’onde de choc de la prise de fonctions ratée de M. Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, le 10 septembre dernier. Ce nouvel échec d’un retour toujours annoncé et jamais réalisé, s’est soldé dans le sang, avec la mort de quelques ninjas et des blessés graves, conséquence des affrontements qui ont eu lieu au niveau du pont du Djoué entre miliciens du pseudo pasteur et la Force publique, en l’occurrence les éléments du commandement des unités spécialisées (COMUS). Sans compter les exactions commises sur les populations civiles et le Cfco, avant et après les affrontements, notamment le vol d’argent, des téléphones portables et des véhicules, les viols des mineures et les actes de pillage. Un sombre remake des exactions des partisans du pasteur Ntumi de décembre 1998 à mars 2003, qui a replongé Bacongo et Makélékélé dans la psychose de la peur. Un cauchemar que l’on croyait oublié. Hélas, conformément aux déclarations du Haut commissaire à la réinsertion des ex- combattants, Michel Ngakala, Ntumi est resté égal à lui-même : versatile et imprévisible, hostile à la paix des braves. Récit exclusif sur les non dits d’un coup d’Etat raté.

 

Genèse et organisation de la prise de fonctions de Ntumi à Brazzaville

 

Au départ, l’annonce de l’arrivée de Ntumi à Brazzaville, le 10 septembre, pour sa prise de fonctions au cabinet du Chef de l’Etat en qualité de délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre avec rang de ministre délégué, est son initiative personnelle et unilatérale. A la base de cette initiative, l’octroi par la Banque mondiale d’un financement pour la réinsertion de 5.000 ex- combattants, dans le cadre du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (PNDDR).

Lorsque cette information lui est donnée par la Banque mondiale, Ntumi pense aussitôt qu’il lui revient de gérer cette manne financière pour réinsérer exclusivement 5.000 de ses Ninjas Nsiloulous, alors que cette enveloppe est destinée à tous les ex- combattants, sans exclusive : Cobras, Ninjas, Zoulous, etc. C’est dans ce contexte de confusion sur ses compétences que l’ex- rebelle décide de rentrer à Brazzaville, en fixant lui-même la date de son arrivée.

Saisi de cette volonté, le gouvernement s’empresse de sauter sur l’occasion pour régler les détails de son arrivée et la cérémonie de sa prise de fonctions. Un programme taillé sur mesure est concocté pour recevoir « dignement » ce nouveau et ombrageux collaborateur du Chef de l’Etat. C’est ainsi que trois Peugeot 607 et deux Toyota Hilux lui sont affectées par la présidence de la République. D’accord parties, une dotation exceptionnelle de tenues, de brodequins et d’armements militaires réglementaires à retirer à la ZAB (Zone Autonome de défense de Brazzaville) est également mise à sa disposition pour équiper les 30 ex- miliciens Ninjas chargés de sa sécurité rapprochée.


NGustave NTONDO & Marcel TOUANGA

Le programme d’accueil sera définitivement arrêté après d’ultimes réglages « sécuritaires » entre la Force publique représentée par le colonel Abernaty Moukouendza et le CNR représenté par Sylvain Richard Bintsamou. Pas moins de trois jours de tractations et de discussions auront été nécessaires pour le règlement de ces questions logistiques. Du côté du CNR, outre le frère cadet de Ntumi, Sylvain Richard Bintsamou, alias Doc Gozardio, il y avait Jean Gustave N’Tondo - celui qui se faisait passer à un moment donné pour le Premier ministre du Congo en exil, avant de se présenter comme le représentant personnel du révérend pasteur Ntumi à Bordeaux en France -, Guy Roger Banzouzi, Jean Hugues Bitsikou, un certain Stéphane Okandzé Okourou, etc. Que disait ce programme ?


Le Ministre
Alain AKOUALA

Après avoir progressé jusqu’à Makana, dans la banlieue sud de Brazzaville, Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi, y serait reçu au nom du gouvernement par le ministre Alain Akouala, accompagné du doyen du corps diplomatique et ambassadeur du Gabon au Congo, de Mme l’ambassadeur de la RDC , du nonce apostolique, ainsi que des messeigneurs Anatole Milandou et Louis Portella Mbouyou de la conférence épiscopale du Congo. Avec l’ambassadeur du Gabon dans la Peugeot 607 de N’Tumi (garanties de sécurité oblige !), le cortège devait ensuite s’ébranler pour la présidence de la République , au Palais du Peuple, avec une courte escale au centre sportif de Makélékélé, afin de permettre à Ntumi de faire une brève allocution à l’endroit de ses partisans ayant déferlé quelques jours plus tôt à Brazzaville et regroupés pour la circonstance par les autorités, sous la garde d’une centaine de policiers et gendarmes non armés. Après cette déclaration, Ntumi s’engouffrait à nouveau dans sa Peugeot 607 officielle pour se rendre à la présidence de