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« Quelles sont vos ressources ? », demandait un
internaute à Ange Edouard Poungui
chez nos confrères du site www.mwinda.org.
Réponse du vice-président de l’Upads,
ancien président de la Convention des Démocrates pour l’Unité de la République
(CDUR) : « La France m’a
offert l’asile politique, la générosité des amis, une rente pour les anciens
Premier ministre ».
Au panel des
congolais qui avait fait parvenir leurs questions à la rédaction de nos
confrères, Poungui
affirmait sans broncher qu’il n’a jamais « succombé à la tentation de faire acte d’allégeance au Président Sassou » ! On parle
toujours trop ! Euripide, ce penseur grec disait : « parle, si ce que tu as à dire est plus grand
que le silence, sinon tais-toi ! » En l’espèce, les proches de Poungui auraient été bien
inspirés de lui intimer l’ordre de se taire lorsqu’il prenait ses aises en
critiquant le pouvoir en place, en bombant le torse et en exhibant les muscles.
Les événements des 22 et 23 mars derniers, qui ont secoué Kinshasa, la capitale
de la RDC où se terrait cet ancien Premier ministre de la République Populaire
du Congo (RPC) sous Sassou
I passé avec armes et bagages à l’opposition, ont en effet pris son activisme à
défaut.
La fin
d’un jeu de poker menteur
Surpris par
les affrontements de rue entre Jean Pierre Bemba et Joseph Kabila, Poungui
n’a pas trouvé mieux, pour se mettre à l’abri, que de traverser le fleuve Congo
et de trouver « refuge » à
Brazzaville. Pour un homme ayant le statut d’opposant réfugié en France, c’est
là ce qu’on appelle se jeter dans la « gueule
du loup ». Pour les initiés, au contraire, Poungui a trouvé abri dans les bras de son gendre Sassou Nguesso. La supercherie des « Super Menteurs » qui se font passer
pour des opposants a ainsi jeté bas le masque.
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La traversée
à Brazzaville met un terme à cette hypocrisie de façade, qui lui faisait donner
de la voix là où tout le monde savait que ses gesticulations n’étaient pas loin
de ressembler à celles d’un singe accroché à son fruit. C’est un secret de
polichinelle qu’il a toujours gardé le contact avec le pouvoir. Le Chef de
l’Etat Congolais, Denis Sassou
Nguesso, qui se confiait en
février 2007 devant l’équipe de tournage de la chaîne de télévision Telesud3A,
avait laissé entendre à son sujet qu’il pouvait rentrer sans crainte au Congo
et qu’il avait même, à son propos, fait passer un message aux autorités de
Kinshasa pour que sa sécurité soit garantie.
C’est ainsi que lorsque Kinshasa connaît les affrontements meurtriers des 22 et 23 mars derniers, Ange Edouard Poungui ne trouve pas mieux que d’appeler Sassou à la rescousse pour le sortir du bourbier kinois. Lui qui, il n’y a pas si longtemps, comparait l’homme fort de Brazzaville à « un singe qui veut mourir avec son fruit » parce qu’il refusait « d’associer l’opposition, les confessions religieuses et la société civile à l’organisation des élections à venir au sein d’une commission électorale consensuelle », n’a pas hésité une seule seconde à appeler Sassou à l’aide ! Il a donc traversé le Pool Malébo grâce à l’aide que lui ont apporté les autorités de Brazzaville.
Comme il est
de coutume chez ces super menteurs, il a cru passer inaperçu, et une fois
rentré en France, continuer à se prévaloir de son statut de « rentier » du Trésor public
français, grâce à un statut frelaté d’opposant politique exilé. Hélas ! On
l’a vu enfreindre la loi qui régit tout réfugié politique : ne jamais
mettre le pied dans le pays d’origine, où l’on affirme être persécuté pour ses
opinions politiques !
Que disent
les textes à ce sujet ? La constitution française de 1958 dans son
préambule déclare : « Tout homme
persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur
les territoires de la République ». Et comme chacun sait, les droits
qui protègent l’exilé politique, lui confèrent également certaines obligations.
La Convention des Nations Unies relative au statut de réfugié adoptée le 28
juillet 1951 à Genève, dispose : « Un réfugié est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la
nationalité ou dans lequel elle avait sa résidence habituelle, qui craint avec
raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité,
de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques,
et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y
retourner en raison de ladite crainte ».
Comme on le
voit, la Convention de Genève est claire. Un réfugié politique qui est
poursuivi pour des raisons politiques, dont la vie est menacée, ne peut pas
retourner dans son pays d’origine. S’il ne veut pas subir les foudres et la
persécution du pouvoir en place, il a intérêt à attendre la levée de son
interdiction. Sous peine de perdre son statut, il n’est nullement autorisé à
repartir dans son pays d’origine. Sans vergogne, Ange Edouard Poungui a majestueusement
enfreint cette interdiction : toute honte bue, il a regagné les berges du Djoué.
Il n’y a pas
si longtemps, le même Ange Edouard Poungui
participait à l’assemblée générale de l’Upads
à Brazzaville, d’où il en est sorti Vice-Président. Fort de ce statut, il n’a
pas hésité à tirer à boulet rouge sur
son bel oncle Sassou, lui
rappelant que « la
restriction des libertés et l’obstruction à l’expression démocratique des
peuples ont, toujours, rencontré une ferme opposition populaire qui, tel un
tsunami, balaie les dictateurs, usurpateurs et autres roitelets qui osent lui
résister ».
Sans verser
dans la psychanalyse de bistrot, plusieurs questions viennent à l’esprit de
ceux qui veulent savoir à qui il pense en parlant de dictateur et de
roitelet ? Fait-il allusion à la même personne qui finança jadis son mariage et
le promut Premier ministre de la République Populaire du Congo ?
S’agirait-il de la même personne qui vient de le tirer, il y a peu, des griffes
des hordes armées sévissant à Kinshasa lors des affrontements ?
Sifflons la
fin de la trêve ! Poungui
est rentré et se parade, comme on l’a vu tout dernièrement à Télé Congo, la
télévision publique qu’il a toujours fustigé pour son parti pris, l’accusant de
ne pas accorder la parole à l’opposition. Doit-on comprendre qu’il est devenu
un homme de pouvoir pour s’y être exprimé ? Sinon, peut-il expliquer par
quel tour de passe-passe y a-t-il accédé ? On parle toujours trop vite !
La réponse
du RDD à Poungui
Selon Poungui, « 2007 et 2009 seront l’occasion pour le
peuple congolais de manifester sa souveraineté et exprimer, avec force, sa
volonté de voir ce pays reprendre, dans la sérénité, la voie de la démocratie
qu’il avait conquise, en 1991, et dont il a été brutalement privé par le coup
d’Etat sanglant déclenché le 5 juin 1997 ». Sur sa version du « coup d’Etat sanglant », voyons la
réponse que le RDD lui avait faite à ce sujet.
Le portrait
de celui qui n’a jamais « succombé à
la tentation de faire allégeance au Président Sassou » dressé par ses anciens sociétaires
de l’opposition, proches du RDD du général Joachim Yhomby-Opango, se passe de commentaires. Dans un
droit de réponse adressée à Poungui
par Oboba Ibamba Ilebu, Ntsite
Mbemba et Mafimba-Motoki, trois cadres de RDD-France, il est rappelé que
Ange Edouard Poungui
« fut un ancien de la Défense
Civile, une milice paramilitaire congolaise, d’obédience cubaine, qui causa
bien des torts violents au peuple congolais. […] Son mandat de Premier ministre
fut jalonné d’événements violents, la grève des élèves et étudiants, sévèrement
réprimé avec un Malik Oussekine congolais, mort sur le
pavé ».
Sur les
raisons du déclenchement des violences de 1993 et celles de 1997, les limiers
du RDD cognent dur sur Poungui,
qu’ils rendent indirectement responsable de la première guerre civile de 1993 à
cause de son entêtement. Ce passage de toute beauté vaut le détour. Qu’écrivent
nos « Lucky-Lucke »
du RDD ? « Si nous généralisons cette
maxime causale à la Poungui,
écrivent-ils, nous pourrions inférer que
son entêtement passionnel à hériter absolument de la présidence de l’Assemblée
nationale, en 1992, alors que les accords de gouvernement UPADS-PCT
conférait ce poste au PCT, et à son candidat, André Mouéllé, conduisit à la chute du gouvernement Bongho-Nouarra et aux tragiques
évènements de 1993. Il est donc à l’origine de cette guerre » !
Tiens, tiens ! Qu’est ce qu’on en apprend des choses ! Mieux vaut
tard que jamais !
Pour ce qui est
des origines des affrontements de juin 1997, affrontements dont Poungui attribue la paternité aux
partisans des général Yhomby
et Sassou qui se seraient
encanaillés à Owando par
milices armées interposées, là encore les cadres du RDD administrent une belle
leçon d’humilité politique à Poungui.
Un véritable régal pour les papilles du cerveau ! « Pourquoi, alors qu’il a un crime d’homicide à Owando et à Oyo, les institutions étatiques
n’interviennent pas en conséquence ? », lui demandent-ils à
propos de Sassou accusé de
perpétrer un coup d’Etat.
Une façon
« polie » de rappeler à Poungui que le pouvoir qu’il défendait à l’époque disposait de
tous les artifices juridiques pour faire respecter la loi, plutôt que d’avoir
recours aux armes pour imposer une décision de justice. Dans un élan de
lucidité, ils concèdent eux-mêmes que dans un Etat de droit, lorsqu’il y a un
cas d’homicide, « toutes les
institutions se mettent en branle pour arrêter le criminel, le juger et le
punir. Dans notre cas, écrivent-ils, rien ne se passe, ni enquête criminelle,
ni poursuite judiciaire, ni arrestation en flagrant délit, et pourtant il
existe des fonctionnaires nommés pour assumer les différentes responsabilités ».
Dans le même
élan, ces derniers lancent une accusation à peine voilée à leur ex-sociétaire
de l’opposition pour lui rappeler que « cette absence caractérisée de la figure étatique laisse la place à la
logique populaire, celle de la vendetta, ou de la loi du Talion. « Œil
pour œil, dent pour dent » ».
Bien que tardifs,
ces éclairages apportent un soutien à tous ceux qui ont toujours critiqué la
faiblesse du pouvoir du Président déchu Pascal Lissouba. S’il y a aujourd’hui une unanimité qui se
dégage, c’est celle de reconnaître que « quand l’Etat déraille ou ne fonctionne pas » comme l’ont si
bien rappelé les militants du RDD, rien ne va et tout va.
Le pouvoir
dont faisait partie Ange Edouard Poungui
n’a rien fait pour empêcher cette dislocation de l’Etat, la vivisection des
institutions et le démembrement de la Nation Congolaise. C’est toujours bien de
donner des leçons lorsqu’on a tout fait à l’envers. Cette fois-ci, ce sont des
membres éminents du RDD -parti de l’opposition-, qui sont venus à la rescousse
de la raison en rappelant à Poungui
qu’à force de tronquer l’histoire, même ceux qui partageaient le même combat
que vous peuvent se désolidariser. L’histoire de Poungui rappelle celle du singe qui faisait des
galipettes sur son arbre en défiant la précision du chasseur. Malheur lui en a
pris, il a fini lourdement sur le sol, cette fois-ci, sans sa banane !
Et pour
finir…
L’entêtement
de Poungui dans la
falsification de l’histoire rappelle un autre cas plus récent, celui qui a
opposé la direction du PCT à Lekoundzou
qui tenait mordicus au perchoir, alors que la présidence de l’Assemblée avait
été promise dans le cadre des accords avec le RDPS à son Président, Jean-Pierre
Thystère Tchicaya. Fort heureusement, la
mauvaise humeur de Lekoundzou
n’a pas dégénéré en affrontements armés.
Lui qui
affirme que le régime en place « se
cramponne » au pouvoir, tel « ce
singe qui veut mourir avec son fruit » parce qu’il refuse « d’associer l’opposition, les confessions
religieuses et la société civile, à l’organisation des élections à venir, au
sein d’une commission électorale consensuelle », oublie que les
élections ont déjà eu lieu au Congo depuis son soit- disant exil politique.
La crainte de
Poungui, serait due, semble
t-il, au fait que « l’administration
dominée par les militants et sympathisants du PCT ne soit capable d’organiser
des élections équitables et transparentes ». Loin d’être une injure
faite à l’intelligence des Congolais, les propos de Poungui blessent la conscience patriotique
nationale. Faire croire qu’il n’y a dans ce pays et dans son administration que
des individus aux convictions politiques monocolores, il faut être resté trop
longtemps hors du pays pour tenir de tels propos !
Observant le
Congo depuis la crête de la Tour Eiffel à Paris, Poungui oublie que les Congolais qui travaillent
dans les administrations publiques ne sont pas tous encartés au PCT, encore
moins à l’Upads, même à
l’époque des « Trois palmiers »
- « Ma ba ma tatu » -, le très
puissant parti de la mouvance présidentielle de Lissouba. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’admette
ou pas, quelques soient les résultas, le pouvoir ou les candidats se réclamant
proches du pouvoir en place, seront accusés d’avoir triché ces élections au nom
du sacro-saint principe inventé par le président Lissouba : « On organise pas les élections pour les perdre ! »
Pour la
mémoire collective, rappelons à toutes fins utiles que Ange Edouard Poungui, qui n’est pas loin
d’être un « rentier de la vie
politique nationale», fait partie de cette caste d’hommes
politiques de l’époque qui avaient jugé improductifs la construction de la
route du Nord et l’électrification de « l’espace inutile » que représente, selon eux, la partie
septentrionale du Congo.
P.SONI-BENGA.