Wilfried Tsonga

Trois petits sets et Hop !
Le Franco Congolais, Jo-Wilfried Tsonga, qualifié pour la finale de l’Open d’Australie

 

 

 Une victoire historique et « Incangapémable » !

 

Le Franco-Congolais, Jo-Wilfried Tsonga vient de réaliser un exploit à Melbourne. Il vient de battre en moins de deux heures (1h56 exactement) et en trois petits sets (6-2, 6-3, 6-2), l’Espagnol Raphaël Nadal, numéro 2 mondial. Au cours d’un match à sens unique, le Congolais a atomisé et littéralement liquéfié l’Espagnol Raphaël Nadal.

Wilfried Tsonga est devenu avec cette victoire, la bête noire de toutes les têtes de série de l’Open d’Australie. Après avoir renvoyé dans les cordes et son ménagement, le Russe Mikhail Youzhny et son compatriote Richard Gasquet, le Congolais, qui ne faisait pourtant pas partie des favoris de ce tournoi du Grand Chelem, a démenti tous les pronostics des commentateurs sportifs qui n’ont pas tari de superlatifs pour qualifier cette prouesse. « Epoustouflant ! » Wilfried Tsonga au gabarit qui rappelle étrangement un autre tennisman de renom, Yannick Noah, a assuré ce jeudi 24 janvier le spectacle à Melbourne. Comme le savait si bien le faire, son aîné Yannick Noah et son modèle, Mohamed Ali, alias Cassuis-Clay, Wilfried Tsonga, vient de faire la démonstration qu’il était de la race des grands. Ainsi, en trois petits sets, net et sans bavure, il a expédié l’Espagnol Nadal à ses très chères études. Qui va arrêter en si bon chemin, l’ascension du fils de l’ancien handballeur de l’Inter-Club, Didier Tsonga ? Personne !

Face à Nadal, le Franco-Congolais a aligné pas moins de 17 aces, 49 coups gagnants et près de 86% de premières balles réussies. Par son jeu exubérant et enflammé, qui n’est pas loin de rappeler celui de Yannick Noah (la personnalité la plus aimée des Français) -qui a souvent été renvoyé à ses origines Camerounaises, lorsqu’il perdait ses matchs avant de redevenir le Gaulois auréolé de l’emblème du Coq victorieux lorsqu’il gagnait-, Jo-Wilfried Tsonga a produit un tennis de haute facture pour un joueur de son âge.

A 22 ans, et propulsé au sommet de la gloire, Jo-Wilfried Tsongat est devenu le chouchou des médias qui ne parlent plus que de son exploit. Il est devenu, en l’espace d’une victoire, le français Tsonga ; oubliant par moment qu’il est le condensé d’une culture métissée Congolaise par son père et Française par sa mère. Si, près de la Ville du Mans dans la Sarthe où habitent ses parents, son fan-club ainsi que ses anciens encadreurs exultaient de joie, pourquoi la communauté africaine et Congolaise dont il porte sur lui près 50% de gènes ne se sentirait pas heureuse de cette victoire et n’en revendiquerait les retombées ? Pourquoi devait-elle bouder ce bonheur si sain ? Cet exploit qui ne peut être caporalisé par une entité quelconque, est une victoire du métissage, de la tolérance de l’ouverture à l’autre et au-delà, de la fraternité. Malheureusement, toutes ces valeurs semblent avoir fait défaut  tant en France qu’en Afrique où l’on se n’empêche plus de catégoriser certains êtres humains par leur ADN, s’ils ne sont pas tout simplement classifiés à partir de leurs origines ethnolinguistiques !

 


Yannick NOAH

Jo-Wilfried Tsonga, sur les traces de Yannick Noah ?

 

Dimanche prochain à Melbourne, Jo-Wilfried Tsonga va affronter en final le Serbe et numéro trois mondial, Djokovic. Un match qui va le sacrer certainement. Il ne faudrait pas s’attendre au miracle. Car, de là où il est vient, il n’a plus rien à perdre. Personne ne le voyait à cette étape de la compétition. Pour ses fans, ce ne sera que du bonus. Un bonus qui peut être transformé en exploit, pour peu que les Congolais fassent bloc autour de lui en lui envoyant les ondes positives des esprits des ancêtres. Pourquoi pas, faire appel aux « gris-gris » bien de chez nous pour hisser au firmament ce digne fils de l’Afrique qui, aujourd’hui, porte très haut les couleurs d’un continent martyrisé et marginalisé. Comme l’avait fait en son temps et avant lui Yannick Noah, le Congolais Tsonga sait que tous les « yeux noisettes » de tous les Africains sont rivés vers lui et n’attendent que son exploit dimanche prochain à Melbourne. Si certains n’y ont pas pensé, ils n’ont qu’à se souvenir des exploits du journaliste Gomez de Makanda. En 1972, sur les ondes de la radio nationale, il demandait aux joueurs des Diables Rouges qui disputaient la demi-finale de la coupe d’Afrique de football, s’ils voulaient venir à bout des Lions Indomptables du Cameroun, de mettre du charbon bois dans leurs bottines : « Touléno makala mu kati dia bottine » !


Wilfried Tsonga

Tous les commentateurs sportifs hexagonaux ont décrit la victoire de Jo-Wilfried Tsonga par des superlatifs plus qu’élogieux : « Incroyable », « Fantastique », « Héroïque », « Fabuleux », « Du jamais vu ! », etc. Pour tous ceux qui ont suivi le match, cette victoire était tout simplement « Incangapémable » ! Qui sait, si l’exploit ne sera pas réédité dimanche prochain à Melbourne pour que nous puissions inventer, encore, d’autres superlatifs !

 

 

P.SONI-BENGA