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Marien Ngouabi, trente ans déjà !
Il était
juste et bon ! … Il a été assassiné le 18 mars 1977 à 14h30 !
La
mort d’un personnage, déclarait le 22 avril 1977, Denis Sassou
N’guesso lors de l’oraison funèbre du Président
Marien Ngouabi : « ne dévoile toute sa signification que lorsque les vivants peuvent
témoigner avec lucidité et courage ». Trente ans après l’assassinat du
Camarade Marien Ngouabi, son souvenir est resté
intact et sa popularité encore plus grande ! Pour la génération de
Congolais nés après sa mort, très peu ont idée de l’homme et du Chef de l’Etat
qu’il a été. Ils ne savent pas non plus qu’il fût un grand patriote de la cause
africaine ! A l’heure où la Nation Congolaise se cherche, où les autorités
se battent pour refaire l’unité nationale après le « Tsunami » des guerres civiles à répétition, il était temps de
revisiter quelques passages de la vie du Camarade Marien Ngouabi
qui a donné aux Congolais la fierté d’être des citoyens du monde, prêts à
s’engager pour défendre la cause des opprimées, de se battre pour
l’indépendance de la Namibie, la libération de l’Angola, ou encore de lutter
contre le régime de l’Apartheid de l’Afrique du Sud.
En
ce trentième anniversaire de sa disparition, c’est pour nous l’occasion, de lui
rendre hommage mais aussi, de remercier notre frère et ami Roger Ndenguet, Président de « L’Association Marien Ngouabi », pour
tout le travail qu’il abat pour perpétuer la mémoire du Président Marien Ngouabi à travers les œuvres de bienfaisance qu’il met à la
disposition Congolais de toutes origines, comme l’aurait fait le Président
Marien Ngouabi lui-même.
Nous
le savons tatillon et féru de précision lorsqu’il s’agit de disserter sur la
vie de l’illustre disparu, nous implorons son indulgence sur le portrait que
nous allons brosser de Marien. Il va, certainement, compléter ce portrait dont
les traits brossés sur ce texte sont loin d’être parfaits. Nous accueillerons
avec plaisir, ses remarques et suggestions avec d’autant plus de plaisir qu’elles
viendront compléter ces quelques lignes qui ont été extraites de l’ouvrage que
nous avons consacré aux violences politiques du Congo - Brazzaville. (1)
Marien Ngouabi, le militaire à l’école du Marxisme et de la
science
Mwana
« Ma » Mboualé
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Marien
Ngouabi est né le 31 décembre 1938 à Ombélé dans le district de la Cuvette. Il aurait eu
soixante neuf ans en cette année 2007. Il est le fils de Ossere-M’Opoma
et d’Antoinette Mboualé. De 1947 à 1953, Ngouabi fait ses études primaires à Owando
avant d’aller à Brazzaville où il rentre à l’Ecole Militaire Général Leclerc.
Il en sort en 1957, pour en être incorporé dans l’armée française. En 1958, il
part accomplir son service militaire au Cameroun où il reste jusqu’en 1960.
Après son service, il intègre l’Ecole Militaire Préparatoire de Strasbourg et
prolonge sa formation militaire à l’Ecole Interarmes de Coëtquidam
de Saint-Cyr qu’il quitte en 1962. Il rentre au Congo après sa formation au
grade de Sous-Lieutenant. Cette période marque, aussi le début de son ascension
militaire et politique.
Lorsque
les événements des 13, 14 et 15 août 1963 éclatent, Marien Ngouabi,
alors Lieutenant, est affecté à Pointe-Noire. A la fin de la révolution,
en 1964, il est nommé Capitaine et regagne Brazzaville où il organise le
premier bataillon d’infanterie, avant de créer le premier corps des
parachutistes du Congo dont il prend la tête. Le Mouvement National de la
Révolution (MNR) est institué lors de son Congrès consultatif qui se tient du
29 juin au 6 juillet 1964. Marien Ngouabi est désigné
comme le représentant de l’armée au Comité Central de ce Mouvement. C’est à
partir de là que les choses commencent sérieusement à se gâter et que ses
relations avec le Président Massamba-Débat deviennent
conflictuelles. Pour l’éloigner des cercles du pouvoir, le Président Massamba-Débat le réaffecte en avril 1966 à Pointe-Noire en
qualité de Commandant d’Armes, soit une fonction inférieure à celle qu’il
assumait à Brazzaville.
De la punition à
l’ascension
Le
Président Massamba-Débat a en projet la politisation
de l’armée. Le 22 juin 1966, son Premier Ministre, Ambroise Noumazalay,
fait adopter par l’Assemblée la loi n°11/66 portant transformation des Forces Armées
Congolaises en Armée Populaire Nationale, ce qui tend à donner plus de pouvoir
à la branche paramilitaire du Mouvement National de la Révolution, c'est-à-dire
la défense Civile et la JMNR au détriment des militaires. Marien Ngouabi s’insurge, critiquant ouvertement et publiquement
cet endoctrinement devant le Chef de l’Etat. Pour le punir, le pouvoir décide
de le muter encore à Pointe-Noire. Mais cette fois-ci, Ngouabi
refuse de rejoindre son nouveau poste d’affectation. Le 25 juin 1966, Massamba-Débat le rétrograde au rang de soldat de 2ème
classe et le fait arrêter, le 29 juillet 1968. Dans la foulée, il convoque une
Conférence des cadres au cours de laquelle il dénonce un coup d’état qui aurait
été orchestré par Ngouabi, avec le concours de
mercenaires basés dans les pays voisins. Pour s’élever contre la mesure prise
par le Président Massamba-Débat, jugée arbitraire, de
nombreux officiers engagent un bras de fer avec le Chef de l’Etat à qui ils
exigent : « l’annulation de
l’affectation du Capitaine Marien Ngouabi à
Pointe-Noire, la remise des insignes de grade au Capitaine Marien Ngouabi et la nomination du capitaine Damase Ebadep et du Lieutenant Kimbouala-Nkaya
respectivement aux postes de Commandant en chef d’Etat-Major
Général de l’Armée Populaire Nationale, en remplacement du Commandant David Mountsaka. Enfin, confier le Bataillon Para au Lieutenant
Victor Tsika-Kabala ». Malgré ces
revendications, le Président Massamba-Débat décide de
passer outre et préfère maintenir Marien Ngouabi en
détention. Deux jours seulement après son incarcération, le 31 juillet 1968,
Marien Ngouabi est libéré par un détachement de Paracommandos. Un an après, le 31 juillet 1969, il crée
avec d’autres camarades le Parti Congolais du Travail (PCT). Il change
l’appellation du pays qui devient, la République Populaire du Congo. Il
instaure un nouvel hymne national, modifie les couleurs du drapeau et des
emblèmes du pays. Marien Ngouabi vient de rentrer à
l’école du Marxisme par une porte détournée sans être passé par Moscou ni par
Pékin.
Le pouvoir et Marien
Le
14 septembre 1968, le Président Massamba-Débat
démissionne de son poste de Président de la République. Il n’aurait, dit-on,
pas supporter que quelqu’un dans la salle de conférence de l’Hôtel de Ville de
Brazzaville, lui manque de respect et l’aurait précipitamment quitté. Il
n’était pas à son premier coup d’essai, d’autant plus que le 22 juillet déjà,
il avait, dans une allocution pleine d’arrogance, demandé à la classe politique
congolaise de lui désigner un successeur : « particulièrement doué, un artisan plus intelligent, plus dynamique,
plus expéditif pour réaliser rapidement notre bonheur en un temps records,… ».
Commence alors une bataille de succession pour prendre sa place. Alors que
Marien est présenté comme le favori à même de le succéder, il refuse rétorquant
à ses supporters qu’il souhaitait d’abord réorganiser l’armée. A partir de là,
tous les choix convergent vers le Docteur Jacques Bouity-Bandza
et Pascal Lissouba. Tous les deux refusent de
succéder au Président Massamba-Débat. C’est alors que
les choix se tournent vers le Capitaine Alfred Raoul qui accepte d’assurer l’intérim
de la Présidence de la République. C’est neuf mois après et sous la pression de
ses partisans que Marien Ngouabi accepte de prendre,
enfin, la succession du Président Massamba-Débat, non
sans avoir écarté sur son chemin son plus redoutable adversaire à ce poste,
Ange Diawara.
Marien, un Marxiste de
trop !
Avant
l’initiation de Marien au Marxisme, initiation menée de main de maître par
l’ancien Secrétaire Exécutif de la FEANF, Sékou Traoré. Ce guinéen opposant
politique au régime de Sékou Touré était Professeur de Mathématique à la
Faculté des Sciences de Brazzaville.
C’est autour de Pierre Nzé, Justin Lekoundzou, Victor Tamba-Tamba,
Norbert Moungounga Nguila,
Christoph Moukouéké, Martin Mberi
et du syndicaliste Nicodème Ekamba-Elombé et grâce à leurs
causeries, que Marien parfait au pas de charge, sa formation marxiste. Mais
avant son initiation au Marxisme, le chef des marxistes brazzavillois
s’appelait Ange Diawara. Il était « Guevariste »
et « Castriste ». Son
suppléant n’était autre que Ambroise Noumazalay. Il
n’y avait donc pas place pour deux chefs et idéologues marxistes ! Les
deux tendances vont alors, s’affronter. D’un côté, « l’aile gauche » des « Maoïstes »,
des « guevaristes » et autres « Castristes » menée par Diwara, Noumazalay et Ndalla Ngraille et de l’autre les marxistes « soft » de la tendance Marien, Nzé, Lissouba et Lopès qui bénéficie du renfort idéologique et intellectuel
du Mathématicien Sékou Traoré. Le Mouvement dit du « M22 » constituera l’apogée de cette confrontation idéologique
qui aboutira à une explication frontale et armée entre Ange Diawara Bidié, chef de file de la Défense Civile et Marien Ngouabi.
Marien, victime des coups
de force des contre-révolutionnaires !
Le
mouvement dit du « M22 »
qui constitue l’apogée de la confrontation idéologique opposant les partisans
de Diawara à ceux de Marien, n’est que la partie immergée d’une guéguerre qui
n’avait pu avoir lieu lors de la succession du Président Massamba-Débat.
Après la démission du Président Débat, les candidats potentiels avaient pour
noms : Marien Ngouabi qui avait pris la tête du
mouvement insurrectionnel, Pascal Lissouba, ancien
Premier Ministre évincé par Noumazalay et enfin Ange Diawara
le gauchiste et responsable de la Défense Civile. Plutôt que de se présenter
comme candidat, alors que tous ces amis l’y poussaient, Marien refuse et
préfère positionner et soutenir Pascal Lissouba ;
laissant ainsi le choix s’opérer entre Diawara et Lissouba.
Fin tacticien, Marien sait que Diawara, malgré sa culture Marxiste et Maoïste,
ne peux pas tenir intellectuellement devant Lissouba
qui, à l’époque, surplombait toute la classe politique de son « génie », son aura tirée de ses
références universitaires. Diawara en était conscient. Il savait que face à cet
ancien Premier Ministre, il partait perdant pour succéder au Président Massamba-Débat. Et, connaissant l’aura que Marien avait
tant au niveau des cadres militaires qu’auprès d’une grande frange
d’intellectuels, anciens militants de l’AEC ou membres de la FEANF qui s’étaient
ralliés à sa cause, Diawara a préféré pousser à corps perdu la candidature de
ce dernier à la succession du président démissionnaire. Or, ce que Ange Diawara
ne sait pas c’est que le refus de Marien est motivé par sa volonté d’organiser d’abord
l’Armée tout en sortant du piège qu’il lui tendait.
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En
effet, ce dont personne ne doutait, c’est le fait que Diawara ne souhaitait pas
que Marien succède à Massamba-Débat parce qu’il était
« le meilleur d’entre eux »,
mais tout simplement parce qu’il avait l’intention de le mettre en minorité
dans un débat idéologique où ses partisans et lui avaient la maîtrise. Au cas
où cette hypothèse échouait, il ne restait pas d’autres solutions que de le
destituer militairement en s’appuyant sur sa branche armée de la Défense
Civile. Marien qui avait eu vent de cette stratégie a préféré geler sa
candidature, poussant au contraire, celle de Lissouba.
Au final des courses, ce sera le Capitaine Alfred Raoul qui présidera durant la
courte période transitoire aux destinées du Congo. Le plan de Diawara, qui
malheureusement échoue, donne à Marien Ngouabi l’occasion,
lorsqu’il arrive au pouvoir, de régler le sort de la Défense Civile. Et pour ne
pas faire face à un groupe paramilitaire qui lui serait hostile, Marien Ngouabi décide dès le 20 août 1968 d’intégrer les éléments
de la Défense Civile dans l’Armée Populaire Nationale. Une partie d’entre eux
accepte de rejoindre l’APN, l’autre partie se
retranche dans le camp de la Météo de Bacongo. Et
dans la nuit du 30 au 31 août, le bataillon du Groupement Aéroporté des
paracommandos donne la charge et désarme les quelques insurgés de la Défense
Civile qui y étaient retranchés. Ils seront tous, réintégrés dans l’Armée
Populaire Nationale.
Pas de pouvoir entre les
mains des « Bantou ba Pamba-Pamba »
Cet
incident qui démontre les intentions cachées de Diawara, expliquent pourquoi,
le 22 février 1972, avec un groupe d’amis, il rentre au maquis à Goma Tsé-Tsé pour, dit-on, des
raisons de divergence idéologique avec Marien Ngouabi.
L’aventure commencée lors du débat pour la succession du Président Massamba-Débat, prendra fin de façon tragique pour Diawara,
le 23 avril 1973, où son corps inanimé avec celui de ces camarades, Ikoko, Olouka et Bakékolo seront traînés et livrés en spectacles dans les rues
de Brazzaville. Ainsi, derrière une lutte idéologique qui opposait deux
tendances marxistes de l’époque, c’était en fait la lutte pour accéder au
pouvoir qui opposa Marien à Diawara, qui dès le départ sous-estimait les
capacités politiques de son rival. C’est Marien qui finira par prendre le
dessus sur Diawara comme il arrivera à déjouer le coup d’état du Capitaine
Félix Mouzabakani. De quelle manière ?
Le
31 juillet 1968, le groupe de Paracommando qui libère
Marien de la prison, fait d’une pierre trois coups, puisqu’il profite par la
même occasion pour libérer le Capitaine Mouzabakani
Qui y croupissait, soupçonné par le Président Massamba-Débat
d’avoir organisé un coup d’état pour le compte du Président déchu, Fulbert Youlou. Avec lui, un autre Capitaine originaire de la Bouenza croupissait également en prison pour les mêmes motifs.
Il s’agit de Norbert Ntsika. Ce dernier sera
également libéré par le commando. Brandissant le drapeau blanc, symbole de
l’unité et de la réconciliation, Marien Ngouabi et Mouzabakani entreprennent une tournée dans les quartiers de
Bacongo et Makélékélé sous
les « vivats » et les
« hou hou »
de la foule. Lorsque Marien forme son gouvernement, il nomme le Capitaine Mouzabakani au poste de Ministre de l’Intérieur et
entreprend à le réhabiliter dans ses droits et autres avantages qui avaient été
suspendus par le Président Massamba-Débat. Quelques
mois seulement après cette nomination, en février 1969, le Capitaine Mouzabakani, influencé certainement par certains
dignitaires et sages de sa région, le Pool, décide d’aller reprendre le pouvoir
à Marien Ngouabi. Selon les « Vieux » du Pool le pouvoir ne
devait rester entre les mains des « Bantou
ba Pamba-Pamba »
(Les gens de peu de valeur). C’est lui qui devait succéder au Président Massamba-Débat. En laissant ce pouvoir entre les mains de
Marien, Mouzabakani n’honorait pas, d’après ces pseudo-sages, la région. Il lui fallait coûte que coûte
récupérer le pouvoir par tous les moyens ! Malheureusement, sa tentative
de prise du pouvoir échoue. Trahi par un des siens, le Capitaine Mouzabakani est cueilli à froid au petit matin à l’hôtel
« Le Petit Logis » dans les
bras d’une de ses conquêtes.
Si
l’on ajoute à ce coup d’état « manqué »
celui du 23 mars 1970 mené par le Lieutenant Pierre Kinganga,
alias Siroco, coup de force qui s’est terminé de façon tragique par la mort de
ce dernier, tout au long de la présidence de Marien Ngouabi
jusqu’à son assassinat, le 18 mars 1977 à 14h30, rien ne lui a été épargné.
Trente ans après sa mort, son souvenir hante encore la mémoire de nombreux
Congolais.
Trente
ans, déjà ! Si loin, si près ! C’est comme si c’était hier. La date
du dix-huit (18) mars restera à jamais graver dans les
mémoires. Le Congolais qui est né en 1977, a aujourd’hui trente ans. Il ne sait,
certainement, pas ce que fut cet homme d’Etat. Même si, la libéralisation
politique et le multipartisme ont relégué son œuvre dans les tiroirs de
l’histoire, il n’en reste pas moins que le Président Marien Ngouabi
fut l’homme d’Etat le plus proche de ses concitoyens. Par sa simplicité, sa
proximité avec son peuple qu’il côtoyait sans barrière, ni disposition
sécuritaire particulière, c’est celui qui a manifesté un engagement sans faille
pour le Panafricanisme, a combattu pour la libération des peuples opprimés
d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Ce qui a valu à Marien Ngouabi
d’être non seulement le Chef d’Etat africain dont la force de conviction allait
au-delà des frontières des pays dits progressistes, mais également celui dont
le pays était cité en référence dans les grandes actions de solidarité
internationale.
En
ce trentième anniversaire de la disparition du Commandant Marien Ngouabi, son mausolée est de moins en moins fleuri pour
cause, certainement, de dérive politico idéologique, si ce n’est d’excès de
libéralisme politique. Par devoir de mémoire, il n’était donc pas déplacé de rappeler
le parcours de celui qui a illuminé une « certaine jeunesse congolaise », lui rendre l’hommage dû à son
rang. Et, dire simplement à la génération qui n’a pas eu la chance de le
croiser sur son chemin, qu’il fut, au delà des étiquettes un grand humaniste de
gauche ! Qui sait, s’il avait été encore vivant, les Congolais ne se seraient
pas extirpés par milices privées interposées pour accéder ou conserver le
pouvoir !
P.SONI-BENGA.
(1) Paul
SONI-BENGA :
« Les non-dits des violences
politiques du Congo-Brazzaville » Paris,
l’Harmattan 2005, 324p.