Paul W. ! Même toi aussi ?

Gros scandale à la Banque Mondiale !

 


Paul WOLFOWITZ
Président de la Banque Mondiale, né à Mbandza makondi 'dixit mwinda.org)

Le Conseil d’administration de la Banque Mondiale a pris son président Paul Wolfowitz, 63 ans, en flagrant délit de favoritisme. Le Conseil a établi que le Président de la banque Mondiale a fait bénéficier à sa maîtresse Shaha Ali Riza de dix ans sa cadette, une promotion « canapé  » accompagnée d’un arrangement salarial de l’ordre de 190.000 € annuel dès son arrivée en 2005 à la tête de la Banque Mondiale.

Sans prendre l’avis du Conseil d’administration, du Comité de développement, encore moins du Comité d’éthique, le Président de la Banque Mondiale a accordé  d’autorité à sa bien-aimée un salaire annuel digne de mille et une nuits ! Alors que les textes en vigueur interdisent à tout haut responsable de l’institution, par peur de conflit d’intérêts d’avoir des relations privilégiés avec des collaborateurs. Ce mélange des genres n’a nullement arrêté l’ardeur de l’ancien faucon du Pentagone, bras droit de Ronald Rumsfeld, aujourd’hui à la tête de l’institution financière mondiale, d’accorder une faramineuse augmentation à sa compagne. Ce sera certainement cette légèreté qui va le couler même s’il s’accroche encore à son siège. Pour combien de temps ?

Comme on le sait, Wolfowitz est l’homme de l’unilatéralisme, la doctrine américaine – « Qui n’est pas avec nous, est contre nous » - utilisée pour déclencher en 2003 la guerre en Irak contre l’avis de la Communauté Internationale. Aujourd’hui, obligée de les suivre dans leur sale guerre. Dans quel bourbier se trouve l’armée américaine, quatre ans après ? Les attentats, la guérilla urbaine, enlèvements d’occidentaux et les bombes humaines qui s’explosent dans les rues de Bagdad, meublent le quotidien des Irakiens. A l’opinion internationale, la dictature médiatique vend et abreuve d’images de retour à la démocratie alors que les GI’S ont franchi le seuil du nombre de tués jamais égalés. L’armée américaine est aujourd’hui enlisée dans le sable mouvant d’un conflit qui le dépasse.

Il n’était donc pas surprenant que Paul Wolfowitz, l’un des théoriciens de l’unilatéralisme américain, ait exporté la recette de management mondial de la Maison Blanche à la Banque Mondiale. Il a mis tout le monde devant un fait accompli. Point de précaution donc, d’informer les membres du Conseil d’Administration de la Banque Mondiale de sa décision d’accorder des avantages financiers à sa Dulcinée.

 

La bonne gouvernance, un « machin » pour les « Macaques » et les « Bougnoules » !

 

Paul Wolfowitz, l’unité de mesure de la morale internationale, le chantre de la bonne gouvernance a été pris comme un petit enfant. La main dans le sac, il a reconnu avoir agi à cause de l’inexistence des textes réglementant ce genre de pratique. Il a, selon lui, profité du vide juridique pour accorder à la charmante Shaha Ali Riza, une musulmane britannique d’origine libyenne grandie en Arabie Saoudite, son cadeau. A la Banque Mondiale, elle travaillait depuis huit ans, comme Conseillère à la Communication au Département Moyen-Orient de la Banque. Grâce à la générosité de Wolfowitz, c’est l’équivalent de 60.000 € qui tombait chaque année dans l’escarcelle de la très bien aimée Shaha Ali Riza. Ainsi, le très puissant et moraliste Paul Wolfowitz « cotisait » tous les mois dans le compte de sa maîtresse. Drôle de paradoxe, que cette idylle entre une libyenne et un néoconservateur américain. Il ne faut donc pas désespérer le monde, l’amour n’a pas de frontières. Quand on aime, on ne compte pas surtout avec l’argent des autres : Amor mi amor !

Texte ou pas, Wolfowitz qui se veut le « lave-linge » de la propreté morale et éthique, n’a pas anticipé pour pallier ce handicap. Il a préféré attendre que le pot aux roses soit découvert pour plaider la naïveté, le trou de mémoire, avant d’envisager le changement de pratiques. Est-ce raisonnable ?

 

L’arroseur arrosé

 

Pour faire bonne figure, Paul Wolfowitz a été obligé de reconnaître au cours d’une conférence de presse, qu’il avait « pété un câble ». Reconnaissant sa « légèreté », il a indiqué qu’il assumait toute la responsabilité des largesses accordées à sa maîtresse. Il était prêt à se soumettre à la décision que le Conseil d’Administration prendrait à son endroit. C’est peu dire, d’autant plus que les 13.000 cadres et employés de la banque Mondiale présents dans les 185 pays membres de l’institution se sont levés comme un seul homme pour demander sa démission de la présidence de la Banque Mondiale. Personne ne peut imaginer que cette décision qui tombe sous le coup du bon sens, ne soit pas soutenue par une majorité de l’opinion internationale, qui suit de près l’engagement pris par Wolfowitz de faire de la bonne gouvernance et de l’éradication de la corruption, l’objectif majeur de sa présidence !

Dans une interview accordée au quotidien français Le Monde daté du samedi 16 septembre 2006, Paul Wolfowitz déclarait : « Si la Banque Mondiale n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Il fallait tant l’inventer, cette Banque Mondiale, que Wolfowitz en a profité pour assener sa profession de foi sur son combat contre la corruption et la bonne gouvernance en ces termes : « Si j’ai dit que la lutte contre la corruption était une priorité, c’est que j’ai été affligé de voir que le niveau de vie de 600 millions d’Africains ne progressait et même régressait, à cause de la corruption ». Et, d’ajouter à propos de cette bonne gouvernance qu’il ne : « suffit pas que les présidents et les premiers ministres soient convaincus de la nécessité de la transparence et de l’honnêteté. Il faut que les ministres, les conseillers et même les peuples partagent la conviction que la bonne gouvernance est la condition sine qua non d’un décollage économique et d’un mieux-être des populations ». Que c’est beau, toutes ces déclarations de principe. Fallait-il encore, qu’elles soient mises en pratique par ceux-là même qui ont la charge de conscientiser les faibles âmes africaines !

Wolfowitz, peut-il comprendre que son acte ait atterré beaucoup de ceux qui voyaient en lui, le chevalier blanc qui allait terrasser la corruption en Afrique ? Sait-il que ceux qui l’ont soutenu lorsqu’il allait fouiller les poubelles de l’hôtel Waldorf Astoria de New York, où Sassou et sa suite étaient descendus, aux fins d’éplucher ses « frais de bouche », sont « affligés » et atterrés de son comportement ? Ils viennent de perdre leur meilleur porte-parole dans la course pour la déstabilisation du pouvoir de Brazzaville. Si la morale chrétienne interdit de rire des malheurs des autres, d’aucuns ne peuvent laisser éclater leur joie. Au Congo, en Afrique et dans les pays pauvres de l’Amérique Latine qui ploient sous le poids de la dette, on se console comme on peut de ses malheurs. Plus haut on s’élève, plus dure sera la chute, dit-on !

 

Rires sous capes !

 

Mounzéo, Wolfowitz et Makosso

En donneur de leçons sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, Wolfowitz a été, comme Mounzéo et Mackosso, pris la main dans le sac. Quoi qu’on en fasse, quoi qu’il en dise ou qu’on lui couvre d’éloges, son crédit a été écorné. Si l’ancien Faucon de l’administration Bush, à l’époque où il officiait au Département américain de la défense, le Pentagone, n’entretenait pas d’aussi bonnes relations avec l’Etat Hébreu, on l’aurait dit victime d’un coup monté par le Mossad pour le déstabiliser. A moins que ce ne fut une opération téléguidée par les services secrets arabes pour se venger de son « jusqu’au boutisme » lors du déclenchement de la guerre en Irak.

Désavoué par les actionnaires et les employés de la Banque Mondiale, Paul Wofowitz a reçu l’unique soutien de son seul mentor Georges Bush, celui-là même qui l’avait placé d’autorité à la tête de la Banque Mondiale. Comme l’histoire est têtue et semble se répéter. C’est un soutien apporté un « vendredi 13 » par le porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino qui a déjà fait jaser une grande partie de l’opinion américaine à commencer par le candidat démocrate à la présidentielle américaine, John Edwards qui a ouvertement demandé la démission de l’ex-numéro deux du Pentagone.

Du côté des Européens et des ministres des finances qui se réunissaient à Washington dans le cadre de la réunion du G7, la gêne était palpable. La Grande Bretagne, estimait que cette affaire nuisait gravement à la banque Mondiale. L’Allemagne de son côté, indiquait que les faveurs accordées à Shaha Ali Riza posaient le problème de la crédibilité de Wolfowitz à la tête de la Banque Mondiale. En des termes à peine voilés, le Ministre français de l’Economie et des Finances, Thierry Breton a rappelé que la Banque Mondiale était « une institution qui doit avoir une gouvernance éthique irréprochable ». C’est justement au nom de cette « éthique irréprochable » que le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) a, dans un communiqué du 15 avril, demandé « la démission immédiate » de Paul Wolfowitz. Ce dernier qui « avait affirmé avoir agi avec l’accord implicite du Conseil d’administration de la Banque Mondiale, les membres de ce Conseil d’administration ont rappelé vendredi qu’il n’en n’était rien ». Pour cette association qui lutte pour l’annulation de la dette des pays du Tiers Monde : « Wolfowitz a donc menti pour tenter de sauver son poste ». Il ne fait donc plus aucun doute que : « Paul Wolfowitz a reconnu être intervenu personnellement afin d’obtenir une forte augmentation de salaire pour l’une des employées avec laquelle il avait une liaison. Alors qu’il se pose en apôtre de la lutte contre la corruption, Wolfowitz est pris la main dans le sac. La seule issue acceptable est sa démission immédiate ».

L’étau, s’est donc resserré autour de Wolfowitz qui voit aujourd’hui ses soutiens s’effilocher de jour en jour. Le soutien de Bush n’est rien d’autre qu’une corde qu’on attache autour du coup de celui qu’on veut pendre. En plus, il a été apporté un vendredi 13, un jour peu ordinaire pour les superstitieux ! Le maintien de Wolfowitz à la tête de la Banque Mondiale, non seulement va décrédibiliser l’institution qu’il représente, mais en plus va désacraliser tous les donneurs de leçons qui se camouflaient derrière les grandes vertus morales pour imposer une dictature de la pensée unique. La suite normale de ce scandale, serait que certaines associations de défense des droits humains qui ont pignon sur rue dans les grandes capitales occidentales, jouant les procureurs contre la mal gouvernance, emboîtent le pas du Directeur Général de la Banque Mondiale, le Néo-Zélandais Graeme Wheelen, qui  a exhorté Wolfowitz à démissionner au cours d’une réunion des Vice-présidents de la Banque Mondiale qui avait eu lieu mercredi 18 avril. Ces pseudo moralistes doivent se mobilisent pour poursuivent en justice le Président de la Banque Mondiale ; question de lui montrer qu’en matière de non respect des règles de transparence, c’est la tolérance zéro même pour lui.

Il serait donc temps, que ces associations au bon cœur mènent campagne pour qu’on puisse envoyer Wolfowitz dans un placard. Doré ou non, l’essentiel est qu’il dégage l’institution financière de son arrogance. Ce sont ces mêmes associations qui se sont alliées aux Fonds Vautours pour battre campagne contre le pouvoir de Brazzaville en demandant à Wolfowitz de bloquer le dossier d’accession au « point de décision » à l’Initiative P.P.T.E. pour la réduction de la dette extérieure du Congo. De Wolfowitz, les pays pauvres ont retenu la maxime suivante : « faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais» !

Implorer le manque de texte pour augmenter allègrement sa « duchesse » est moralement scandaleux pour les pays pauvres à qui on impose toutes sortes de restrictions pour bénéficier des aides au développement. Comme quoi, on a beau porter des chaussettes trouées pour les montrer aux caméras du monde entier - question de montrer son aversion pour l’argent et le lucre-, il n’en reste pas moins qu’on aime toujours dépenser l’argent des autres. Là encore, on peut se demander à quoi aurait servi toutes ces augmentations depuis 2005, si elles n’ont même pas permis à sa maîtresse de lui offrir une paire de chaussettes neuves !

Avec ce scandale, Wolfowitz a montré ses limites dans la lutte contre la corruption. En tant qu’être humain, on peut l’excuser mais pas le pardonner. Lorsqu’on adosse le dossard de la vertu et de la morale, on se doit d’être au dessus de tout soupçon. Sa chute probable, sonne le glas de l’arrogance des donneurs de leçons dans la lutte anti-corruption. Wolfowitz s’est fait prendre comme un gosse. L’édifice de la transparence et de la bonne gouvernance s’est sérieusement lézardé avec l’arrestation pour cause d’espionnage et non de militantisme en Angola, d’une activiste Britannique très en vue ; la condamnation pour faux et usage de faux et d’abus de confiance de deux pseudo militants Congolais des droits de l’homme par la justice. Paul Wolfowitz qui avait soutenu personnellement Mounzéo et Mackosso contre la justice congolaise en mettant dans la balance le couperet de la Banque Mondiale suspendue sur l’Initiative PPTE, allant jusqu’à s’afficher aux côtés de ces deux délinquants financiers, l’a-t-il fait par solidarité entre initiés ou par naïveté ? Le fait de s’être affiché aux côtés de ces deux militants encensés par certains sites congolais peu regardants, n’augurait-il pas d’une déchéance annoncée au nom de l’adage : Qui se ressemble, s’assemble ?

 

P.SONI-BENGA.