Une catastrophe aérienne évitée de justesse à Pointe-Noire

 

Le vendredi 25 janvier dernier, sur le tarmac de l’aéroport international Agostino-Neto de Pointe-Noire, une collusion a eu lieu entre un avion cargo da fabrication Russe de marque Antonov 12, exploitée par la Société Aéro-Service et un Boeing 727-200 de la Société Canadian Airways qui s’apprêtait à embarquer les passagers pour Brazzaville. Heureusement, sans grands dégâts majeurs.

C’est l’atterrissage raté de l’avion cargo qui a percuté le Boeing de la compagnie Canadian Airways qui était en stationnement sur le tarmac, le propulsant à plus de dix mètres qui a été à l’origine de l’accident. Les freins de l’Antonov auraient-ils lâché ? A part d’énormes dégâts causés sur les deux appareils, comme le montrent ces images, on a déploré trois blessés graves dont le pilote d’origine Russe immédiatement rapatrié en France par vol régulier de la compagnie française, Air France.

Même si on a frôlé de près le drame, force est de constater que le risque est grand de voir un jour le ciel Congolais s’assombrir avec une catastrophe aérienne d’envergure si on n’y prend guère garde. Avec tous les « oiseaux volants » non réglementés qui survolent l’espace aérien du Congo, le risque n’est-il pas permis ? S’il y a une chose à déplorer, malgré les mises en garde du nouveau Ministre du Transport, Emile Ouosso qui avait interdit, dès sa prise de fonction, le survol national des avions douteux dont les propriétaires ne s’étaient pas mis en conformité avec les textes en produisant les documents sur la certification de leurs aéronefs, c’est le fait que la vigilance semble avoir été relâchée depuis ! On observe encore dans le ciel national des avions déjà passés de mode. Ces « avions poubelles » dont personne ne semble mesurer, à terme, les conséquences sur la sécurité et sur l’environnement, polluent aujourd’hui le ciel de toutes les capitales africaines.

Les autorités aéronautiques locales peu regardantes sur les questions de sécurité pour peu que les opérateurs véreux leur fassent miroiter de gros dessous de table, délivrent des licences d’exploitation de complaisance. Ainsi, ferment-elles les yeux sur le volet de la sécurité. Le jour où un crash se produira dans une agglomération densément peuplé de Brazzaville ou de Pointe-Noire, les mêmes autorités aéronautiques ainsi que les pouvoirs publics se rendront à l’évidence de leur laxisme et de l’impérieuse nécessité à renforcer les mesures de sécurité sur toute l’étendue du territoire national.

Il n’y a pas si longtemps à Kinshasa, en RDC, un avion de marque Antonov avait « crashé » en pleine ville faisant de nombreuses victimes. Un autre, un avion cargo de même marque avait, lui, perdu par dix mille mètres d’altitude toute sa cargaison y compris une partie de son équipage happé dans le vide. La vétusté de l’appareil en a été la cause essentielle de cet accident.

Vendredi dernier à l’aéroport Agostino-Neto, on n’a déploré que trois blessés graves. Il n’y a pas si longtemps, un autre avion cargo toujours de fabrication Russe avait « cramé » avec toute sa marchandise y compris les véhicules qui avaient été affrétés par les opérateurs économiques, sur le même tarmac de l’aéroport de Pointe-Noire. La poisse ? Qu’en sera-t-il demain, lorsque les victimes congolaises vont se compter par milliers ? Le destin semble pour le l’instant sourire aux Congolais. Jusqu’à quand ?

 

P.SONI-BENGA.