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Du
12 au 15 février, s’est tenue au Palais du Parlement, la 6ème
Conférence de la mission de paix des premières dames en sigle, Mipreda. Sous le patronage de la première dame du Congo,
Antoinette Sassou Nguesso,
cette sixième conférence a d’abord été marquée par les travaux des experts qui,
pendant deux jours durant, ont planché sur les questions de la paix et du rôle
primordial que devait jouer les premières dames de l’Afrique dans la résolution
des crises qui frappent le continent. Le thème du colloque qui a tenu en
haleine du 12 au 13 février tous les experts avait pour intitulé :
« La diplomatie civile et la dynamique du genre dans la préservation de la
paix en Afrique ».
Après les débats fructueux des experts, la sixième conférence de la mission de paix des premières dames d’Afrique s’est ouverte dans l’enceinte de la salle de conférence du Palais du Parlement par la Présidente en exercice du Mipreda, Madame Antoinette Sassou Nguesso, qui a présidé pendant deux ans aux destinées de cette illustre organisation. En présence du Premier Ministre, Isidore Mvouba, représentant le Chef de l’Etat Denis Sassou Nguesso, les premières dames du Burkina, du Mali, de l’Afrique du Sud, du Tchad, de la Centrafrique, du Comores, de Mauritanie, de la Namibie, du Niger, etc., ont rehaussé par la qualité de leurs interventions cette cérémonie d’ouverture.
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Dans la salle de conférence du Palais du Parlement occupée aux trois quart par les femmes venues de toute l’Afrique, les épouses des Chefs d’Etat d’Afrique y compris leurs représentantes ont délivré un seul message, celui de la paix et de sa matérialisation en Afrique. Une paix, hélas, qui tarde à revenir en Afrique hypothéquant encore un peu plus, le développement de tout un continent. La paix a été au centre des préoccupations de toutes les premières dames d’Afrique qui n’ont pas hésité de façon unanime à rendre la gente masculine, et donc leurs époux de Chefs d’Etat, responsable du déclenchement de tous les conflits armés sur le continent. Ainsi, dans une prise de parole sans langue de bois, les premières dames d’Afrique ont demandé à la communauté internationale, de « renforcer l’implication des femmes dans la gestion, le règlement et la prévention des conflits, et la consolidation de la paix en Afrique ». Elles ont unanimement demandé à l’Union Africaine, l’application de la résolution 1325 du 31 octobre 2000 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elles ont dénoncé les derniers affrontements du Tchad, les troubles armés au Kenya à la suite des élections présidentielles et le drame du Darfour qui n’est pas loin d’être à l’origine des convulsions armées à la frontière Soudano – Tchadienne.
Le jeudi 14, malgré un léger retard à l’ouverture de la cérémonie initialement prévue à 10 heures, les premières dames d’Afrique qui se sont succédées tour à tour à la tribune ont ébloui l’assistance par la qualité de leur discours, la pertinence de leur réflexion et la profondeur de leurs analyses ; analyses qui non seulement dévoilaient leur fibre maternelle, mais affirmaient une réelle détermination à éradiquer la violence en Afrique.
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Madame Tandja, épouse du Chef de l’Etat du Niger a longuement félicité sa « sœur Antoinette Sassou Nguesso » pour tout ce qu’elle fait en faveur de la paix, et sa lutte contre les grandes endémies qui frappent l’Afrique et en premier lieu son pays. Pour elle, ce n’était pas une surprise et encore moins un hasard si elle avait été désignée par ses sœurs premières dames d’Afrique pour présider aux destinées du Mipreda.
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Madame Sambi, première dame du Comores dans son intervention a demandé à tous les décideurs politiques de premier rang de « surpasser les clivages politiques », avant de demander à toutes les bonnes volontés d’agir pour que « la voix de la femme africaine soit entendue dans les plus hautes instances ». Madame Lobo Traoré Touré, l’épouse du Chef de l’Etat Malien, Amadou Toumani Touré a prononcé un discours applaudi à cause de la qualité du propos et la pertinence du discours sur la paix. Avant de décliner sa profession de foi, l’épouse du Chef de l’Etat malien a fait un bref rappel historique du rôle joué par les femmes maliennes pour la conquête de leur liberté et leur émancipation dans toutes les sphères de la vie sociale et publique malienne. Pour montrer que le Mali inscrivait son action dans la paix et la réconciliation, elle n’a pas manqué de faire applaudir la Présidente des femmes Touaregs par l’assistance pour montrer à la face du monde que le conflit Touareg était dans les oubliettes.
Après l’épouse du Chef de l’Etat Malien qui a été longuement ovationné par l’assistance, personne ne s’attendait à ce que Madame Idriss Déby Itno soit portée par la salle toute acquise à celle qui a failli, contre son gré, devenir une ex-première du Tchad à la faveur d’un coup de force mené par une fraction de la rébellion Tchadienne téléguidée depuis le Soudan ; l’épouse du Chef de l’Etat Tchadien n’a pas hésité une seule seconde à rendre responsable le Soudan responsable des troubles qui ont failli déstabiliser le pouvoir de Ndjamena. Après cette salve musclée en direction du Soudan dont la représentante de leur première dame était dans la salle du Palais du Parlement, Madame Déby à attirer l’attention des participantes à cette conférence des premières dames d’Afrique pour que les actes de cette rencontre ne tombent pas dans les oubliettes.
Reprenant par deux fois son propos et martelant avec conviction son rejet pour la violence, Madame Idriss Deby s’est insurgé pour demander à ce que les actes de la conférence ne soient pas rangés dans les placards. « Les actes, a-t-elle répété, ne doivent pas être de simples documents qui seront rangés dans les bureaux des organisations internationales ou dans les tiroirs ». C’est par un tonnerre d’applaudissement que le propos de l’épouse du Chef de l’Etat Tchadien a été salué par toute l’assistance. A croire que les hommes au pouvoir n’étaient pas prêts à faire bouger les choses sur le continent. La teneur du message de Madame Chantal Campaoré, épouse du Chef de l’Etat Burkinabé n’était pas loin de celui délivré aux premières dames d’Afrique par Madame Idriss Deby. De son rôle de conseillère discrète auprès de son époux de Chef d’Etat, Madame Chantal Campaoré en a tiré une expérience enrichissante qu’elle a mise au service des autres. Aussi, n’hésite-t-elle pas à reconnaître publiquement que l’échec de son époux de Président de la République est aussi son échec. « Leur échec, a-t-elle reconnu, est aussi le notre et leur succès est avant tout, le notre ». Comme s’il ne fallait pas seulement savourer les délices succès, les premières dames devaient également s’investir aux côtés de leurs époux pour les accompagner dans la réussite de leur mandat. Raison pour laquelle elle n’a pas hésité, pour épauler son époux dans la résolution de la crise Ivoirienne, à s’impliquer comme médiatrice auprès de ses sœurs premières dames de la CEDEAO dans la crise qui frappait ce pays frère du Burkina-Faso.
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« Quand
viendra la guerre, tout le monde cadavéré ! »
Après le poids des mots et le choc des émotions, les organisateurs ont été bien inspirés pour marquer une pause musicale ; une façon de faire reposer les neurones de l’assistance qui en avaient plein la tête par le trop plein de vérités crues sur les effets néfastes de la guerre sur les femmes et les enfants, les seuls à en payer le plus lourd tribut. Il n’ y avait pas mieux pour adoucir les mœurs que d’écouter l’hymne à la paix chanté par notre Zao national : « La guerre ce n’est pas bon ! ».
Une fois de plus, l’artiste musicien Congolais Zao a fait la démonstration que les paroles de sa chanson mythique était encore d’actualité aussi longtemps que les hommes se livreraient à leur bestialité congénitale en provoquant les guerres inutiles. Un texte qui a refusé de vieillir pour ne pas dire qu’il très bien vieilli comme un vieux vin « vieilli en fût de chêne » et qui se déguste avec délectation ! Tonnerre d’applaudissement et reprise en chœur du refrain par toute l’assistance y compris les premières dames qui connaissaient toutes, et sans exception, la chanson par cœur. « Quand la balle siffle, il n’y a pas de tchangui ! ».
Il fallait ses belles mélodies pour mettre le Premier Ministre en verve. C’est sur ces notes gaies que le Premier Ministre Isidore Mvouba, représentant le Chef de l’Etat Congolais a pris la parole pour saluer cette belle initiative et de souhaiter « pleins succès » aux travaux de la sixième conférence de la Mipreda. S’exprimant au nom du Président Denis Sassou Nguesso, le Premier Ministre a loué la qualité des débats avant de reconnaître que « les femmes étaient les victimes expiatoires du déficit de paix en Afrique ». Non sans se laisser aller au découragement, il a fait sienne cette maxime : « Qui éduque une femme, éduque le monde » pour leur rappeler que le continent avait besoin d’elles. L’Afrique, a-t-il dit : « a besoin de vous afin que cesse à jamais, la violence qui l’appauvrit jour après jour ». Il a ainsi demandé aux premières dames de l’Afrique, de se placer « aux avant-postes du combat pour la paix et le développement en Afrique ».
Après ce discours de haute facture du Premier Ministre, le tour était revenu à la présidente en exercice du Mipreda et épouse du Chef de l’Etat Congolais, Antoinette Sassou Nguesso de prendre la parole. Dans son mot d’ouverture, la première dame du Congo a appelé au renforcement de la diplomatie civile et humanitaire. Elle a marqué le souhait de « renforcer l’implication des femmes dans la gestion, le règlement et la prévention des conflits, et la consolidation de la paix en Afrique ». Par ailleurs, Madame Antoinette Sassou Nguesso, a réclamé l’application par l’Union Africaine de la résolution 1325 du 31/12/2000 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Paraphrasant le Président John Fitzgerald Kennedy, la première dame du Congo a indiqué à l’assistance que nous étions tous, mortels et que nous serions mieux inspirés à « régler nos conflits par la voie pacifique ». A la suite de cette leçon de simple bon sens,
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lépouse du Chef de lEtat Congolais, Antoinette Sassou Nguesso a ouvert les travaux de la sixième conférence de la Mipreda. La cérémonie d’ouverture a été suivie par une visite de l’exposition des œuvres d’art au hall du Palais du Parlement avant de poser pour la photo de famille sur le parvis du Palais du Parlement avec le Premier Ministre. A l’issue des travaux de la 6ème conférence de la Mipreda, Madame Turaï Oumar Yar Adua, épouse du Chef de l’Etat Nigérian, a succédé à Antoinette Sassou Nguesso à la tête de l’organisation avec pour feuille de route : « Renforcer l’implication des femmes dans la gestion, le règlement et la prévention des conflits, et la consolidation de la paix en Afrique ».
Comme toutes les délégations n’avaient pas cessé de louer l’hospitalité Congolaise avant d’apprécier sa convivialité, le couple présidentiel les à convier à prendre part au banquet organisé en leur honneur dans le grand chapiteau érigé juste en face du Palais Présidentiel. Ce soir-là, le chapiteau géant était décoré aux couleurs de la paix et on y a dansé à s’y rompre. Mais, qui a dit qu’il était interdit de lier l’utile à l’agréable ?
P.SONI-BENGA.