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Edouard Ambroise Noumazalay,
Président du Sénat et ancien Premier ministre, est décédé le samedi 17 novembre
2007 à Paris, dans un deux-pièces loué par sa famille pour la circonstance,
afin de servir de lieu d’hospitalisation à domicile, le temps de son suivi
médical en France. C’est à 16h00, heure de Paris, que la nouvelle de sa mort est
tombée comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu et sans nuages. C’est peu dire
d’affirmer que sa disparition aura surpris plus d’un Congolais !
Préfiguration des obsèques nationales
organisées à Brazzaville, au Congo, la levée du corps au funérarium de
Batignolles, porte de Clichy, le jeudi 21 novembre, sera l’occasion d’un
véritable raz-de-marée humain. Ce jour-là, dès 14h00, toute la communauté congolaise
de France et de Navarre défile devant la dépouille mortelle d’Edouard Ambroise Noumazalay, pour lui rendre hommage.
De mémoire de
Congolais, dira Henri Lopès, ambassadeur du Congo en
France, jamais levée de corps dans l’Hexagone n’a connu pareille affluence. Bien
que toute de noir vêtu, la foule des Congolais présents au funérarium de
Batignolles était néanmoins très diverse et très arc-en-ciel. Opposants politiques,
militants et sympathisants ou simples anonymes, les Congolais étaient là,
réunis dans la douleur de la disparition de l’un des monstres sacrés de
l’histoire politique de leur pays.
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Dans
la fournaise du funérarium de Batignolles
Dieu, qu’il faisait chaud ce jeudi-là au
funérarium de Batignolles ! En ce mois de novembre automnal, l’été semblait
avoir déjà pris ses quartiers. Entre 14h et 14h30, dans le périmètre du
funérarium, aucune place de parking n’était plus disponible. Dans la grande
salle, il fallait jouer des coudes pour se frayer un chemin et accéder à la chapelle
ardente.
Des pleurs et des sanglots montaient de
la foule, de la musique religieuse sourdait du ventre de la salle. Autour du
cercueil renfermant le corps désormais inerte et sans vie du « Vieux Noumaz »,
la famille exécutait des chants et des danses tirés du folklore de la Likouala. L’ambiance était lourde et l’émotion palpable. Ni
la brillante allocution de l’ambassadeur Henri Lopès,
ni la lecture de quelques vers du célèbre poète sénégalais Birago
Diop, ne réussiront à adoucir le chagrin de tous ceux
qui étaient venus se recueillir devant la dépouille mortelle de « Vieux
l’Oiseau ».
Qui, après avoir vainement retenu ses
larmes, ne s’est pas laissé emporter par la douleur ? Pleurez, pleurez ! Vous avez perdu à jamais un époux, un père,
un grand frère, un parent, un ami, un homme d’Etat. Qui plus est, un grand humaniste.
« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis », écrivait Birago Diop. Mince
consolation !
Dehors, une haie d’honneur improvisée
s’est constituée spontanément de part et d’autre du corbillard et sous le
regard grave et embué de larmes du sénateur Nzambila.
« Au revoir, au revoir, au revoir Papa, Mboté
ya suka ! »
Cette chanson annonciatrice de la fin du dernier rituel et de la levée du
corps, diffusée à pleins baffles, a créé une hystérie de pleurs et de sanglots,
étouffés par la musique.
Salve d’applaudissements du public à la
sortie du véhicule transportant la dépouille d’Edouard Ambroise Noumazalay de l’enceinte du funérarium. Comme s’il avait
voulu saluer et remercier tous ces Congolais venus si nombreux rendre un
dernier hommage au « Vieux Noumaz »,
le véhicule funèbre s’arrête quelques minutes sur l’avenue Général Leclerc. Avant
de poursuivre sa route vers l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle.
De Courbevoie au siège du PCT et de Mpila à la Mairie
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Vendredi 24 novembre à 7h00 du matin, sous
la direction de Charles Zacharie Bowao, chef de
délégation, une quarantaine de personnes prennent place à bord d’un avion de la
compagnie « Blue line » affrété par la présidence
de
A 16h30’, heure locale, l’avion
atterrit enfin à l’aéroport Maya Maya, après une
escale technique à l’aéroport Hamani Diori, du nom du
1er Président du Niger, pour un ravitaillement en kérosène. Au
total, 7 heures de vol entrecoupées par une escale d’une heure au sol, à
Niamey, au terme desquelles le corps d’Edouard Ambroise Noumazalay
retrouve la terre natale, le Congo.
Au pied de l’avion, tous les corps
constitués sont rangés. Il y a là les membres du gouvernement, les membres du
Bureau Politique du PCT, les parlementaires, les représentants de tous les
corps constitués et une foule immense. Au pied de l’avion, la délégation familiale
est accueillie par Michel Ngakala, membre du Bureau
Politique et Secrétaire chargé de l’organisation et de la vie du Parti Congolais
du Travail (PCT), avant d’être dirigée vers le salon présidentiel où le Chef de
l’Etat, Denis Sassou-Nguesso et son épouse,
Antoinette, les attendent.
A
Veillée à
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Samedi 24 novembre, 9h00 du matin, à la
place de
Un témoignage qui dévoile un peu plus l’autre
facette du défunt président du Sénat, sportive notamment. Ami de 40 ans, Combo Matsiona a édifié l’assistance sur leur jeunesse militante à
Poto-Poto, le quartier populaire le plus cosmopolite
de Brazzaville, leur scolarité à Brazzaville et leurs études en France, leur
emprisonnement lors des événements du 22 février 1972, où ils connurent avec d’autres
compagnons les geôles de la révolution. Bernard Combo Matsiona
n’a pas tari d’éloges en parlant de son frère et ami, Edouard Ambroise Noumazalay.
Après ce témoignage sans prompteur, le
tour revenait au Premier Ministre Isidore Mvouba,
qui, pour la circonstance, avait vêtu la casquette du Secrétaire Général par
intérim du PCT, d’évoquer la mémoire du disparu. Fidèle à son habitude, il a
trouvé les mots justes et pleins de profondeur pour rendre, au nom du PCT,
l’hommage du parti à leur « Ségrégal »,
au « Vieux Noumaz » au « Vieux
l’Oiseau », au « Secrétaire Général ». Il était tout
cela, cet homme si distingué, si raffiné. Entendre la voix du Premier Ministre
qui trahissait, à la lecture de son discours, son émotion, nul ne pouvait s’empêcher
de laisser échapper une petite larme. Vanter la modestie de ce personnage tout
en louant l’humanisme de celui qu’il avait longtemps côtoyé dans les instances
dirigeantes du parti, ne pouvait pas le laisser insensible. Devant cette
immense perte qui frappait le PCT, c’est toute la communauté nationale qui
était touchée.
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En cette journée particulière, l’accès
au Palais du Parlement noir de monde ressemblait un parcours du combattant. Il
fallait d’abord passer les barrières de la sécurité présidentielle avant
d’arriver au hall, ensuite s’y frayer un passage pour arriver à sa place. Nombreux
parmi les dignitaires du pouvoir eux-mêmes n’ont pu accéder
au hall du Palais du Parlement, lieu habituel de ce genre de cérémonie.
De guerre lasse, beaucoup ont préféré suivre
la retransmission en direct de la cérémonie par Télé Congo et DRTV. Les
représentants du corps diplomatique accrédité au Congo, les parlementaires des
deux chambres, les membres du Gouvernement, les membres du Cabinet du Chef de
l’Etat, le Haut Commandement des Forces Armées Congolaises, le Préfet de
Brazzaville, le Maire de la ville de Brazzaville et ses adjoints, l’ancien Chef
de l’Etat, Jacques Joachim Yhombi Opango
et son épouse, le Président du Sénat du Gabon, le 1er Vice-président
du Sénat de
Le poing levé de Yérodia
comme les « Blacks Power »
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L’autre image, tout aussi poignante que
la première, c’est le torrent de larmes qui ont coulé sur les joues de l’épouse
du Chef de l’Etat tout au long de la cérémonie et qu’elle ne cherchait même
plus à cacher, au même titre que ces larmes qui ont coulé sans discontinuer des
yeux du président de
Un héros dans l’ombre de son parti et
de
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Quant à lui, Firmin Ayessa,
la voix étranglée par l’émotion, a reconnu cette tâche aussi ingrate que
cruelle. « Quelle tâche cruelle que celle de devoir dire, au nom du
Président du Comité Central de notre glorieux parti en congé du Parti,
l’hommage amplement mérité au très regretté Camarade Ambroise Edouard Noumazalay qui vient de nous quitter, de façon soudaine et
inopinée(…) Tâche cruelle, s’il en est, parce que je vais devoir lui parler
quand il ne m’entend pas. Je vais devoir lui dire tout le bien qu’il aura fait
sur cette terre des hommes, au profit de notre parti, quand il ne me voit pas »,
dira t-il en substance.
Après les deux oraisons funèbres, l’émotion
est montée encore d’un cran lorsque la garde républicaine a exécuté
Les deux mains posées sur le cercueil du
Président Edouard Ambroise Noumazalay, le Chef de
l’Etat Congolais, très affecté par cette disparition, n’a pas dissimulé son
émotion et encore moins retenu ses larmes. Après s’être incliné, il en a
profité pour gratifier d’un mot gentil, d’une accolade chaleureuse et paternelle
les membres de la famille du disparu qui ont assisté dans la dignité et la
retenue à l’hommage rendu par
« De la terre nous sommes issus, à la terre nous rentrerons ». Tel
est le destin de tout homme. Après trois jours de deuil national chargés d’une intense
émotion, Edouard Ambroise Noumazalay a été porté en
sa dernière demeure, le mausolée « Marien Ngouabi »,
aux côtés d’autres héros de
Adieu « Vieux Noumaz », repose en paix parmi les héros de
P.SONI-BENGA
& Prosper
MOKABI DAWA