Denis Sassou-Nguesso délocalise
le bonheur à Owando !
Après
la ville de Pointe-Noire dans le Kouilou, Impfondo dans la Likouala et Dolisie dans le département du Niari,
la ville d’Owando était à l’honneur pour fêter à son
tour l’anniversaire de l’indépendance.
De mémoire de Cuvettoises et de Cuvettois, particulièrement des habitants d’Owando, jamais le chef-lieu du département de la Cuvette n’a connu pareille concentration de Chefs d’Etat et de gouvernements au kilomètre carré. L’exploit a été réalisé à l’occasion des festivités marquant le quarante-septième anniversaire de l’indépendance du Congo. Grâce à la municipalisation accélérée, la ville d’Owando a été le théâtre d’une grande fête populaire les 13, 14 et 15 août 2007. Ainsi, pas moins de huit Chefs d’Etat ont honoré leur homologue Congolais et répondu présent à son invitation.
En fait, la ville d’Owando n’a pas seulement a été à l’honneur en ce mois d’août 2007 : elle a été de la fête, elle a fait la fête et a honoré ses hôtes de la meilleure des façons. Quel enthousiasme de la part du peuple, qui a répondu massivement présent à l’événement ! Là où certains esprits chagrins, inventeurs de la guerre imaginaire du « tipoye », craignaient des débordements, la population d’Owando a plutôt choisi d’administrer à la nation toute entière une belle leçon de maturité, marquée du sceau de la réconciliation entre filles et fils du département de la Cuvette. En effet, les gens avaient encore frais en mémoire, les événements tragiques de mai 1997, qui ont été à l’origine de sanglantes échauffourées dans le département de la Cuvette.
Dix ans après cette tragédie, le 47ème anniversaire de la fête de l’indépendance à Owando a scellé la réconciliation ; et au-delà, une rupture spectaculaire avec le passé par un formidable saut dans la modernité. Depuis 1960, année de l’accession du Congo à l’indépendance, jamais le département de la Cuvette n’a connu un tel bond qualitatif en matière d’infrastructures de base : routes, aéroport, hôpitaux, eau et électricité, etc. Le mois d’août 2007 restera à jamais gravé dans la mémoire collective des Cuvettoises et des Cuvettois comme le symbole fort et palpable de la transformation en profondeur de l’image qui collait à la peau de leur département, celle d’une région arriérée et inhospitalière. Pour « casser » cette image négative, Owando a mis les grands plats dans les petits.
Carton
plein pour Sassou à Owando !
Tout a commencé par l’arrivée, le 13 août, du couple présidentiel à l’aéroport d’Indanga d’Owando, en fin de matinée. Denis Sassou-Nguesso et son épouse arrivaient d’Ollombo, d’où ils avaient embarqué à l’aéroport du même nom, inauguré la veille12 août. Moins de vingt minutes plus tard, l’avion présidentiel atterrissait à Owando. Chose impensable, il y a encore si peu, même dans les rêves les plus fous de la part de celui qui voulait transformer le Congo en petite Suisse !
Reçu au bas de la passerelle de son avion par les sages d’Owando coiffés et habillés de tenues traditionnelles, Sassou a reçu de leurs mains les attributs du pouvoir traditionnel dont ils sont dépositaires au nom des ancêtres, afin de l’aider dans la réussite de son œuvre de remodelage du pays. Après ces formalités et le passage en revue des troupes, le chef de l’Etat a procédé à la coupure symbolique du ruban consacrant la mise en service officielle de l’aéroport Indanga d’Owando.
S’en sont suivis, par la suite, les mots de circonstance du Sous-Préfet d’Owando Paul Ganongo, du Préfet de la Cuvette Gatsono Yoka Iccoulla et enfin, l’adresse du Premier Ministre Isidore Mvouba à qui revenait la charge de rendre compte de l’état d’avancement des chantiers de la municipalisation dans la Cuvette et des réalisations accomplies. Au Premier Ministre revenait également la charge d’inviter les habitants d’Owando à partager le rêve de la modernisation de leur département, devenu en si peu de temps une réalité palpable et incontestable. « Lorsqu’on rêve seul, cela reste un rêve. Lorsqu’on rêve ensemble, cela devient une réalité », dira t-il.
Cette modernisation de l’arrière-pays par la municipalisation accélérée, les habitants de la ville d’Owando l’ont vécu en « live ». Les chantiers ouverts, très rémunérateurs pour la main-d’œuvre locale, ont tellement absorbé des bras valides que l’industrie locale de la récolte du « Tcham » en a pris un coup. De l’aveu même du Premier Ministre Mvouba, il n’y avait plus assez de volontaires pour aller recueillir le « Tcham-Tcham » ; une forte pénurie de cette boisson s’est faite sentir à Owando durant les festivités des 13, 14 et 15 août. Le « Tcham », faut-il le rappeler, est au département de la Cuvette ce que le vin rouge et le Bordeaux en particulier sont au département de la Gironde en France.
Municipalisation oblige ! Les Cuvettois ont donc préféré s’enivrer des Pétro-CFA plutôt que de se saouler au « Molenguè ». Au-delà de ces réjouissances, Isidore Mvouba a donné les raisons des retards connus dans les délais de livraison de certains chantiers. Les difficultés ayant émaillé l’œuvre de modernisation de la Cuvette étaient dues, d’après le Premier Ministre : aux négociations laborieuses entamées avec les institutions financières internationales, à l’adoption du budget de l’Etat de l’exercice en cours avec un retard d’allumage digne d’un pétard mouillé et, enfin, à l’incendie de la plate-forme pétrolière de Nkossa qui a généré un grand trou dans les caisses de l’Etat. Mais ces retards qui ont empêché la municipalisation accélérée d’Owando de s’exécuter à un rythme convenable sont apparues aux yeux de la population comme de simples péripéties sur le chemin de la modernisation du chef-lieu de la Cuvette, qui s’est embelli comme jamais auparavant.
Ballet
diplomatique à Owando !
La journée du 14 août, en début d’après-midi, sera marquée par le ballet incessant des avions atterrissant sur le tarmac de l’aéroport Indanga d’Owando, flambant neuf. Pas moins de dix chefs d’Etat et de gouvernement ont ainsi foulé le sol Congolais directement par le département de la Cuvette pour rehausser de leur présence l’éclat des festivités du quarante-septième anniversaire de l’indépendance du Congo.
A des centaines de kilomètres de Brazzaville, en pleine forêt équatoriale, le chef de l’Etat Congolais, Denis Sassou-Nguesso, a fait un « carton plein » en recevant ses pairs africains. Ceux qui se demandent où va l’argent du pétrole congolais ont eu un petit aperçu avec la modernisation de la ville d’Owando, entre autres. En l’espace de quatre heures, entre 15h30 et 19h30, sept Chefs d’Etat, un 1er Ministre, un ministre et le représentant personnel d’un chef d’Etat seront accueillis à l’aéroport d’Indanga d’Owando.
Le premier à ouvrir le ballet diplomatique sera le Sénégalais Abdoulaye Wade, arrivé à Owando à 15h30’. Quinze minutes plus tard, à 15h45’, le président de la Guinée Equatoriale, Théodoro Obiang Nguema et son épouse, arrivaient à leur tour. Le ministre angolais du pétrole, M. Zidario, sera reçu à son arrivée par le lusophone du gouvernement, Jean Claude Ngakosso, ministre de la Culture et des Arts. Pendant qu’ils gagnaient le salon d’honneur, le président Tchadien Idriss Deby Itno et son épouse étaient reçus par Sassou himself, avec les honneurs de la garde républicaine.
Dans la minute suivant l’installation du président Deby, l’avion présidentiel de la république Gabonaise manoeuvrait déjà pour déposer devant le tapis rouge le président Omar Bongo Odimba. Retrouvailles et embrassades entre Sassou et son gendre, en signe de bienvenue sur une terre congolaise qui n’a plus de secret pour lui, tant il l’a sillonné du nord au sud et de l’est à l’ouest.
Après Omar Bongo, ce fut le tour du Premier ministre camerounais Ephraïm Inoni et de sa délégation de fouler le sol d’Owando. Reçu au pied de l’avion par le Premier ministre Isidore Mvouba, le Camerounais aura comme ministre accompagnateur Parfait Coussoud Mavoungou, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises.
L’arrivée de Joseph Kabila, Président de la RD Congo, fut un grand moment. Très applaudi, le jeune chef d’Etat a reçu l’étreinte fraternelle de son homologue et aîné, Sassou- Nguesso, au pied de l’avion. Les arrivées des délégations présidentielles étaient réglées comme sur du papier à musique, avec une telle synchronisation, qu’il n’était même pas envisageable de penser à un couac, encore moins d’envisager un contretemps dans le « timing » des arrivées présidentielles.
Le savoir-faire du protocole national a permis au Président Centrafricain, François Bozizé et son épouse, d’être reçus par le couple présidentiel avec maestria. Alors que la nuit commençait à prendre le dessus sur le reste des rayons de soleil qui brillaient encore sur la piste d’atterrissage de l’aéroport d’Indanga, c’est le moment que choisit le président de Sao-Tomé & Principe de se poser à Owando. Une petite gymnastique protocolaire fut nécessaire pour permettre l’accueil dans les meilleures conditions du président Sao-Toméen. Le tapis dût changer de place et le dispositif protocolaire modifier. Peu avant 20h, le dernier chef de l’Etat à clôturer ce long ballet diplomatique sera le président Fradique de Menezes de Sao-Tomé. Il sera accueilli au clair de lune et sous les lambris éclairés du nouvel aéroport flambant neuf d’Owando par son homologue Congolais. La fête pouvait alors commencer !
Le
défilé qui a vaincu les forces de la nature !
Le 15 août, sur le boulevard des Armées, avait lieu le défilé civil et militaire. Un événement de portée internationale qui a mobilisé toutes les plus hautes personnalités africaines à commencer par le Président de l’Union Africaine, John Kuofor. La fête a failli être gâchée par la pluie qui a mis à mal l’organisation des festivités à cause des quelques gouttes qui commençaient à tomber sur le macadam du Boulevard des Armées. Les ressortissants de la Cuvette allaient-ils prendre sur eux, la responsabilité de gâcher cette belle fête ? La pluie, un affront à la République et ses hôtes de marque qui avaient choisi Owando pour célébrer dans l’allégresse la fête de l’indépendance ? Chacun sait qu’en zone tropicale humide, les pluies se font toujours inviter sans crier garde. Lors des festivités qui avaient eu lieu en 2005 à Impfondo, la pluie avait gâché la fête. Allait-t-elle récidiver en 2007 à Owando ? Là où les sages de la Likouala n’ont pas pu « arrêter la pluie », les mages d’Owando ont décidé du contraire. Si par malheur il devait pleuvoir au Congo, ce ne serait pas à Owando. Les forces de la nature avaient décidé que l’espace sacré de la ville d’Owando serait préservé ce 15 août. La pluie s’en alla faire ses simagrées à Brazzaville. Comme quoi, dans le département de la Cuvette, on ne joue pas avec les symboles. Parole d’un sage !
Comme en 2004 avec le Président Olessegun Obassanjo du Nigeria, qui était arrivé le matin même du jour du défilé, le Président John Kuofor du Ghana qui assure également la présidence en exercice de l’Union Africaine, à cause de son calendrier chargé est arrivé quelques heures seulement avant le début des festivités. C’est le 15 août au matin que son avion s’est posé à l’aéroport d’Indanga d’Owando. Reçu à sa descente d’avion par le Ministre d’Etat, Pierre Moussa, il a été directement conduit au défilé au Boulevard des Armées où l’attendaient Sassou Nguesso et les autres Chefs d’Etat et de gouvernements déjà installés à la tribune officielle pour donner le coup d’envoi des festivités. A peine était-il installé, que le défilé a commencé. Plus d’une heure et demie de défilé, Owando a vibré au rythme de la fanfare de la garde républicaine et aux tambours saccadés de la fanfare Kimbanguiste clôturant ainsi de belle manière un défilé haut en couleur et riche en événements. La fête fut belle et sans fausses notes. Ce fut une réussite.
Le quarante-septième anniversaire de l’indépendance a tenu toutes ses promesses. La célébration de cet anniversaire a été à la hauteur grâce à toutes les animations annexes et connexes qui ont accompagné ces festivités à l’image du marathon, du concert gratuit offert par le groupe Wengué BC-BG de J.B Mpiana au site touristique de Mombo-Beach, de l’élection de Miss indépendance organisée par Lumières d’Afrique de Féréol Ngassakys. L’événement a été patronné par les premières dames du Congo et de la RCA. A l’issu du défilé, c’est à « l’enfant du pays » qu’est revenu la palme d’or de la première édition de « Miss indépendance 2007 ».
Le
bouquet final de toutes ces festivités est sans nul doute, le banquet dansant offert
le 15 août par le couple présidentiel à tous ses hôtes de marque dans le grand
chapiteau érigé à deux pas du palais présidentiel ; banquet précédé de mille
feux d’artifices au grand bonheur des Cuvettois et Cuvettoises. Comme l’ont chanté ce soir-là, les Bantous de
la Capitale : « Choisis ou c’est lui ou c’est moi oyo motéma élingaka »,
les ressortissants d’Owando et du département de la
Cuvette ont choisi la modernité dans la paix !
P.SONI-BENGA.
Envoyé spécial de
www.brazza.info à Owando