Le Lieutnant Colonel NSONI Joachim

Rencontre avec le Lt-Colonel Joachim Nsoni, Responsable du Centre de Production de la carte nationale d’identité informatisée et sécurisée

 

De passage à Pointe-Noire du 23 au 25 août dernier, nous avons rencontré le Lieutenant – Colonel Nsoni Joachim qui est le responsable du centre de production de la carte nationale d’identité informatisée et sécurisée. Il a bien voulu répondre à nos questions au cours de l’entretien qu’il nous a accordé dans son bureau situé au 1er étage du centre.

 

Brazza.Info : Bonjour, mon Colonel. Pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?

 

Lt-Colonel Joachim Nsoni : Je suis le Lieutenant-Colonel Nsoni Joachim. Je suis le Chef du Centre de la Production de la carte nationale d’identité informatisée et sécurisée de Pointe-Noire.

 

B.I : Depuis quand le centre dont vous avez la gestion est opérationnel ?

J.N : Ce centre est opérationnel depuis le mois de juin. Nous avons commencé la production de la première carte ; celle du Préfet au mois de juin 2007.

 

B.I : Vous en êtes à combien de cartes depuis ?

J.N : Dans la collecte des données, nous avons ouvert aujourd’hui, quatre-vingt dix structures étatiques véhiculées. Nous sommes dans les quatre arrondissements de la ville de Pointe-Noire. Si on veut chiffrer les cartes qui ont été produites depuis, nous sommes dans la fourchette de 13.600 cartes.

 

B.I : Quels sont les documents que les Congolais doivent avoir sur eux pour se faire établir cette carte ? Combien coûte cette carte biométrique ?

J.N : Le décret n°2007-207 du 02 avril 2007 portant création de la carte nationale d’identité informatisée et sécurisée signé par le Président de la République, défini dans son article 7, la liste des pièces à présenter par le demandeur de la carte nationale d’identité informatisée et sécurisée. Il s’agit principalement, de la déclaration de naissance, de l’acte de naissance, la déclaration tardive de naissance, le livret familial, le jugement supplétif assorti de sa transcription délivrée par l’Officier d’Etat civil compétent, et ce jugement doit être accompagné d’une carte nationale d’identité de l’un des parents. Il y a aussi, l’acte de notoriété qui tient lieu d’acte de naissance accompagné d’une carte d’identité de l’un des deux parents.

Il faut préciser également que les extraits ou les copies d’actes d’identités ne sont pas admises. Parmi les documents que j’ai cité, le demandeur doit présenter au moins, une de ces pièces. Toujours dans le même décret, en son article 11, il est noté que la délivrance de la carte nationale d’identité informatisée et sécurisée et aussi le duplicata, sont assujettis au paiement d’un montant de 2000FCFA et d’un timbre d’une valeur de 500FCFA. Le montant global que le demandeur doit débourser est de 2500FCFA.

 

B.I : Quels sont les délais d’obtention de cette carte compte tenu de la forte demande ?

J.N : La production de la carte nationale d’identité est une chaîne. Cette chaîne commence d’abord par la collecte des données. Ensuite, vient la vérification. Puis, vient la production de la carte elle-même. La collecte, c’est la prise des empreintes. Le citoyen se présente dans l’un des arrondissements de la ville. Il peut également se rendre où se présenter dans une de nos structures. Une fois la collecte effectuée, les dossiers arrivent au centre de production. La demande est payée chez le régisseur. Avant que la carte ne soit produite, le régisseur doit d’abord encaisser les 2500FCFA. Une fois les frais encaissés, vient ensuite, la dernière étape de la vérification. La vérification est faite par le service départemental de l’identification civile. A ce niveau, il faut préciser que la carte nationale d’identité ne doit être délivrée qu’aux ressortissants Congolais, aux autochtones ou aux Congolais qui ont acquis leur nationalité congolaise. C’est à ce niveau de la vérification, qu’il est mis un certain temps dans la recherche d’informations. Ce sont ces informations qui prouvent ou non que le demandeur est bel et bien Congolais.

Une fois cette étape résolue, lorsque la demande arrive au centre, la carte est produite dans les deux jours qui suivent. La production de la carte peut mettre peu de temps, si, en plus, le demandeur adjoint à l’une des pièces de sa demande, son ancienne carte d’identité de 10ans. La recherche à ce moment-là, devient très facile. Nous pouvons estimer, sans risque d’être contredit que la durée pour l’obtention de la carte informatisée varie entre 5 jours voir à 10 jours maximum. Les délais fourchettes pour la délivrance de la carte d’identité nationale se situent autour de cette fourchette. Pour d’autres cas, où la vérification doit se faire dans un autre département, parce que le demandeur n’est pas né à Pointe-Noire, s’il n’est pas né à l’étranger ou dans un autre département, c’est cette dernière démarche qui prend un peu plus de temps. Il allonge les délais au niveau de la production de la carte.

 

B.I : Mon Colonel, nous sommes à Pointe-Noire, et tous les Pontenégrins ne savent pas où sont situés vos locaux. Pouvez-vous nous dire où sont situés les bureaux du Centre d’identification ?

J.N : Merci. Mais, je dois apporter une correction à votre question. Il ne s’agit pas du Centre d’identification. Nous sommes au Centre de Production de la Carte Nationale d’identité informatisée et sécurisée et biométrique. L’identification est un des départements qui fait partie de ce Centre de Production de la carte nationale d’identité. Ce centre est situé au 1er arrondissement 1 Lumumba. Il se trouve au carrefour et fait face au Commissariat et à la Mairie du 1er arrondissement.

 

B.I : Existe-t-il  des risques de falsification de cette carte ? Certains parlent de la possibilité de délivrer ces cartes aux étrangers qui résident au Congo. Qu’en est-il ?

J.N : Je peux vous rassurer en vous présentant cette carte qu’elle a un format normalisé. Au niveau de la carte, il y a un certain nombre de sécurité que nous ne pouvons pas aujourd’hui décrire pour des raisons évidentes de sécurité. Non pas parce que les pirates pourraient la copier, je puis vous dire que des études sérieuses, alors sérieuses ont été menées pour démontrer de l’inviolabilité de cette carte. Ces études menées ont également démontré que cette carte est infalsifiable. Je peux vous rassurer en tant qu’informaticien, -je suis ingénieur informatique par ailleurs-, que les sécurités qui sont contenues dans cette carte d’identité, ne donnent pas la possibilité aux pirates de la falsifier. Les contrevenants devaient réfléchir par deux fois avant de tenter une pareille aventure.

 

B.I : Mon Colonel, vous nous confirmer qu’il n’y a pas de risques pour qu’en 2009, lors de l’élection présidentielle, que des étrangers ne seront pas en possession de ces cartes pour venir voter ?

J.N : Pour vous rassurer, je dois déjà vous indiquer que le matériel utilisé pour la confection de la carte d’identité national, est un matériel spécialisé que l’on ne peut acquérir que chez des constructeurs qui ne les vendent pas à n’importe qui, sauf à des institutions. Ensuite, les logiciels et la société qui l’a développé, je ne crains que les pirates aient autant de technicité pour pouvoir les fabriquer.

Concernant les étrangers, les gens ont tendance à spéculer. Dans le fichier national, nous avons nos amis d’origine étrangère qui sont des Congolais. Ils sont nés au Congo. Il y a le code la nationalité. La loi n°35-61 du 20 juin 1961 portant Code de la Nationalité Congolaise, édicte les conditions d’obtention de la nationalité Congolaise (1). Certains de nos amis répondent à ces critères. Leur délivrer la carte d’identité nationale, c’est leur rendre justice aux Congolais qu’ils sont devenus. Pourquoi devons-nous spéculer autour de cette question ? Que cachent ces arrière-pensées, là où les textes fixent les limites et les conditions pour accéder à la nationalité Congolaise ?

 

 

Propos recueillis à Pointe-Noire par

P.SONI-BENGA.

 

 

 

 

 

(1). Loi n°35-61 du 20 juin 1961 portant Code de la Nationalité Congolaise

 

Article 7 : « Est Congolais l’enfant né d’un père et d’une mère congolaise ».

Article 8 : « Est Congolais l’enfant né au Congo :

        1 – Soit d’un père Congolais et d’une mère née au Congo

        2 – Soit d’un père né au Congo et d’une mère Congolaise ;

        3 – Soit d’un père et d’une mère eux-mêmes nés au Congo ».

Article 9 : « Est Congolais, sauf la faculté de répudier cette qualité dans les conditions prévues aux articles 14 et 15 si sa filiation est par ailleurs établie, à l’égard d’un étranger ;

                    1 – L’enfant né d’un père Congolais ou d’une mère Congolaise ;

                    2 – L’enfant né au Congo dont l’un des auteurs est né au Congo ;

                 3 – L’enfant né au Congo de parents inconnus. Toutefois, dans ce dernier cas, il sera réputé n’avoir jamais été Congolais si au cours de sa minorité sa filiation est établie à l’égard de deux étrangers et s’il a conformément à la loi nationale de l’un d’eux une nationalité étrangère. »