MICHEL NGAKALA

Le PCT cajole ses alliés : Michel Ngakala fait descendre Pascal Tsaty-Mabiala de son nuage !

 

« Le Congo, notre pays se porte bien ! » Telle était la conclusion, devant les journalistes de la presse locale, de Michel Ngakala lors de sa conférence de presse du jeudi 20 septembre 2007. Qui oserait le contester. Personne ? Si. Tsaty Mabiala de l’Upads. Juste, au sortir des élections législatives, après que les résultats aient été rendus public, le Secrétaire permanent chargé de l’organisation et de la vie du parti, Michel Ngakala, qui a inauguré un nouveau style de communication pour son parti, le PCT, est allé au devant de la presse pour lui faire part de l’état de santé du PCT, de la bonne tenue des alliances nouées avec ses partenaires et du sens qu’il donnait à l’ouverture politique. Vaste programme !

Le jeudi 20 septembre dans la salle de réunion du PCT de la Congolaise à Mpila, Michel Ngakala entouré de ses partenaires de l’alliance, s’est félicité devant la presse de la bonne tenue de l’alliance avant de se réjouir qu’il n’y ait pas eu de dissensions dans les rangs des partis ayant signé les accords de partenariat avec le PCT. Pour lui, cette ouverture marquait une étape importante dans l’histoire politique du pays qui, aux lendemains du refus de l’UPADS de respecter « l’accord pour gouverner ensemble » passé avec le PCT, avait basculé dans la violence.

Michel Ngakala qui a rassuré l’auditoire, a indiqué que les partis de la majorité présidentielle avaient respecté dans l’esprit et à la lettre leurs accords avec un objectif clair : assurer la réélection, dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2009, du candidat Denis Sassou Nguesso. Mission accomplie ? Le Secrétaire permanent chargé à l’organisation et à la vie du PCT n’a pas caché son enthousiasme. Pour lui : « Le Congo se porte bien. Alors très bien. La démocratie congolaise se conforte ». « Malgré quelques écueils qu’elle sait contourner, reconnaît-il, notre démocratie poursuit sa belle aventure, avec des faits et gestes qui, plus que de simples symboles révélateurs de l’apaisement de la vie politique, constituent le fondement de la nation congolaise à laquelle nous aspirons tous sans distinction ».

Interrogé sur le cas Claudine Mounari, promue au Bureau de la nouvelle assemblée, Michel Ngakala a précisé qu’ils avaient parlé de sa candidature en aparté avec les responsables des différentes tendances de l’UPADS. « Nous avons parlé en aparté, avec les camarades Christophe Moukouéké, Victor Tamba-Tamba, Pascal Tsaty-Mabiala, Martial de Paul Ikounga pour expliquer notre démarche d’élire Madame Claudine Mounari comme 2ème Secrétaire du Bureau de l’Assemblée », dira-t-il. Alors, la démocratie au Congo se porte bien ?

 

Allo, Docteur ! Le Congo se porte-t-il mieux ?

 

« Le Congo est malade ». Répond Pascal Tsaty-Mabiala. Le 6 octobre 2007, au cours d’une conférence de presse à l’hôtel Méridien de Brazzaville, Pascal Tsaty-Mabiala, le Secrétaire Général « autoproclamé » et contesté d’une frange de l’UPADS, a battu en brèche tout le discours consensuel et conciliateur tenu quelques jours avant lui par Michel Ngakala. Sur la politique d’ouverture prônée par le PCT, Tsaty-Mabiala dans un lapsus révélateur, tout en confondant « Marocain », un habitant du Maroc à « Maroquin » mot utilisé pour désigner un poste ministériel dans le jargon des initiés, pressé certainement d’occuper lui-même un poste ministériel, a indiqué que : « l’ouverture ne se résume pas au partage de quelques marocains » ! Il est vrai que la réponse de Tsaty-Mabiala intervenait avant que le gouvernement ait fait annulé 80% de sa dette privée avec le Club de Londres, qu’il ait réintégré du processus de Kimberley. Preuve que le Congo ne se porte pas si mal.

Dans un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place, Tsaty-Mabiala a indiqué que : « Le Congo est malade. Il est artificiellement maintenu en vie grâce à la bonne tenue de la production pétrolière et du marché ». Sans faire dans la dentelle, il a balayé d’un revers de la main tous les efforts entrepris par le gouvernement depuis la fin des hostilités militaires du 5 juin. De la municipalisation accélérée en passant par le vote de la nouvelle constitution qui consacre le régime présidentiel, tout en critiquant la gestion du pétrole par le pouvoir en place, prenant appui sur la rhétorique de Global Witness et Transparency International pour fustiger le pouvoir de Brazzaville, Tsaty-Mabiala n’est pas allé de main morte même s’il s’est emmêlé les pédales dans ses explications. Au sujet du pétrole, Tsaty-Mabiala affirme que : « Le Congo, en matière de gestion des ressources pétrolières, est un Etat voyou ». Pour lui, si le pouvoir en place tire quelques subsides financiers du pétrolier, il le doit à « une batterie de mesures législatives » mise en place par « Pascal Lissouba [qui] a maximisé les profits pétroliers ». C’est un Tsaty-Mabiala planant sur un nuage du verbe qui avance tel Ali-Baba et les quarante voleurs pour révéler que c’est : « La grande réforme pétrolière engagée par Pascal aux termes de la loi de 1994 instituant le code des hydrocarbures, qui a remplacé le vieux code minier en vigueur depuis les années ». On croit rêver !  

Pour un ancien « faucon » du pouvoir déchu dont le bilan de la législature se résume à la violence armée et quelques incantations, l’ancien Ministre de la Défense de Pascal Lissouba ne s’est pas empêché à s’en prendre à la « Municipalisation ». Déniant à cette « fête de l’indépendance lancée par le Président Pascal Lissouba » la capacité de créer des richesses, il a affirmé que les milliards engloutis « n’améliorent pas le niveau de vie des populations ». S’il avait été à Dolisie lorsque le premier vol a atterri à l’aéroport flambant neuf, il se serait ravisé. Lorsqu’on a été Ministre de la Défense et donc, de la guerre, et que l’on a englouti des milliards de francs à acheter des armes de guerre en 1997 pour ôter la vie à ses concitoyens, on ne perçoit pas les choses de la même façon. L’amélioration des conditions des populations qui a été le dernier de leurs soucis, ne peut que devenir un enjeu de pure tactique politicienne. Est-on à une contradiction près lorsqu’on ne peut pas venir devant l’opinion défendre ses propres réalisations ?

Le régime présidentiel ? Il a avait toutes les vertus. C’était à l’époque où lui et ses amis étaient au pouvoir. Aujourd’hui, il ne trouve plus grâce à ses yeux à cause de l’ « absolutisme présidentiel ». En clair, il ne le porte plus dans son coeur. On s’en serait douté. Pourtant, il en fut l’un des défenseurs du régime présidentiel. Petit retour en arrière pour ne pas avoir le torticolis politique dans la démarche de Tsaty-Mabiala.


TSATY-MABIALA
source UPADS

Au cours d’une mission effectuée au Congo du 18 au 26 août 1997 par l’Observatoire Internationale pour la Démocratie en Afrique, Pascal Tsaty-Mabiala, à l’époque Porte-parole de l’UPADS, plaidait pour l’instauration du régime présidentiel au Congo. A ce propos, il disait : « La constitution du Congo est la copie conforme de celle de la France ». Les oreilles d’Alexis Gabou ont dû siffler, lui qui est présenté par son « fan club » comme le « père de la Constitution de mars 1992 ». Tsaty-Mabiala a pris soins de préciser que ses amis et lui étaient favorables à ce type de système. « Nous, disait-il, les partisans du Président de la République [Pascal Lissouba], nous pensons que la constitution devrait prévoir un régime présidentiel, avec des garde-fous pour éviter que le président devienne dictateur, ou un régime législatif mais bien encadré pour éviter les dérapages. A la rigueur, pourquoi pas un régime américain au Congo ». En conclusion, il fallait « retoucher la constitution congolaise car elle a été à l’origine de la première guerre de 1993-1994 à cause de son article 75 : la nomination du Premier Ministre ». « Nul n’est prophète chez soi ». Il n’y a pas si longtemps, Tsaty-Mabiala plaidait pour l’instauration du régime présidentiel. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. A l’époque, ses paroles avaient certainement dépassé sa pensée.

Critiquer pour avoir le beau rôle de pourfendeur du pouvoir en place, lorsqu’on a brillé par une absence criante de résultats à l’époque où on était aux affaires, il y a de quoi perdre son Latin. A l’époque de l’UPADS arrogante et toute puissante, on ne serait pas au stade des incantations mais à celui des résultats. Voir les autres réussir là où, on a terriblement échoué, ne procure guère de satisfactions. Bien au contraire. Vivre le quotidien les yeux rivés sur les réalisations d’autrui, peut ressembler à une torture dure à supporter. On se défoule comme on peut. Les sorties de piste de Tsaty-Mabiala ne masquent pas cet état d’esprit mais expliquent pourquoi les Congolais sont jaloux de la réussite des autres ; une réussite qui peut se transformer en haine viscérale.

 

Réponse du tac - o – tac. Il n’y a pas de honte à demander lorsqu’on ne maîtrise rien !

 

Fallait-il laisser Pascal Tsaty-Mabiala parader et se laisser aller à son monologue ? C’est mal connaître le PCT. La réponse du berger à la bergère n’a pas tardé. C’est Michel Ngakala qui va se charger, une fois encore, pour mettre fin à ses étirements. Assisté des Députés de la majorité présidentielle, le Chargé à l’Organisation et à la vie du PCT, Michel Ngakala, n’a pas fait dans la dentelle. « Point par point », il a répondu aux critiques des partisans de l’ancien Président Pascal Lissouba. Pas moins d’une vingtaine de pages pour battre en brèche les étourderies de celui qui se fait passer pour le Secrétaire Général de la branche sectaire de l’UPADS. La conférence de presse du 18 octobre dégonfle ainsi, la baudruche. Tsaty-Mabiala qui planait sur un nuage douillet depuis son OPA de décembre 2006 sur l’UPADS, s’est fait taper sur les doigts comme un gosse. Finie la récréation !


MICHEL NGAKALA ET PIERRE NGOLO

Michel Ngakala a commencé par rappeler que : « Chaque fois que l’opposition de l’UPADS aborde le dossier de la gestion économique et sociale actuelle de notre pays, elle a toujours emprunté le raccourci de l’intoxication autour des contrats de partage de production. Et comme si elle devait douter, elle-même, de l’absence de crédit dans l’opinion, de l’action publique conduite par le président Pascal Lissouba, à cette intoxication médiatique s’est ajoutée, depuis quelque temps, une inopportune campagne de réhabilitation  du président de l’UPADS, par une lecture erronée des avantages des contrats de partage de production ».

A l’éternelle question liée au Contrat de Partage de Productions (CPP) que Tsaty-Mabiala considère comme la trouvaille du siècle qui vaudrait à Pascal Lissouba l’érection d’un monument à sa gloire pour effacer ses stigmates de guerre et sa gestion calamiteuse de 1992, force est de rappeler que c’est en 1995 que l’Etat congolais, souhaitant devenir partenaire dans l’exploitation pétrolière, a signé avec des opérateurs des Contrats de Partage de Production. L’Etat s’était alors associé par contrat aux sociétés pétrolières pour prendre des participations dans tel ou tel bloc, ce qui lui permettait de percevoir ses royalties. Comme ce sont toujours les opérateurs privés qui prennent des risques en matière d’investissements, d’exploitation et de coût d’exploitation, ils étaient payés par une partie de la production appelée « Cost oil ». L’autre partie du brut extrait, le « Profit oil », était partagée entre les opérateurs et l’Etat, selon les pourcentages déterminés lors de la signature du CPP. Ainsi, l’Etat pouvait choisir de toucher sa part soit en espèces ou en nature. Ce type de contrat n’est évidemment pas sans risques. Il peut être rémunérateur en cas de flambée des cours.

Ainsi, sans passer par quatre chemins, Michel Ngakala a donné quelques cours de topographie politique à son ancien camarade du PCT, pour lui rappeler que : « Lorsque le Secrétaire général de l’UPADS s’évertue à dire que « par une batterie de mesures législatives, Pascal Lissouba a maximisé les profits pétroliers », que « ces mesures portent sur le contrat de partage de production pétrolière totale du pays, contre 17,5% avant cette réforme », on se rend compte qu’il est mal conseillé en matière pétrolière. En effet, il n’y a rien de plus faux, car le pourcentage de la production totale qui revient au Congo est différent d’un contrat de partage de production à un autre. Et ne saurait être invariablement de 34% comme il l’affirme. Ce taux dépend, en effet, du type de champ, du volume des réserves, des coûts de production des experts. Il est donc clair que ce pourcentage n’est pas une conséquence d’une batterie de mesures législatives ».

Avec cette mise au point, non seulement Tsaty-Mabiala a été renvoyé à ses chères études, en plus, son divertissement n’a même pas fait rire la ménagère de moins de cinquante ans qui se souvient encore que le contenu de son panier était rempli entre 1992 et 1997 que par des douilles de Kalachnikov en lieu et place des victuailles. Au vu de ses conditions de vie de l’époque, chacun aura compris qu’elle n’était pas loin d’être au régime de pain sec. Si à cette gestion brouillonne du pouvoir, on ajoute les manifestations réprimées dans le sang en novembre 1992, l’agression contre l’ancien Maire de Brazzaville, Bernard Kolélas en 1993, l’attaque au mortier contre la résidence de Mpila de Sassou Nguesso en 1997, on a fini par écrire l’histoire de la législature du Président Lissouba en lettre de sang.

Aux Congolais qui ont encore en mémoire les cinq années du pouvoir de Pascal Tsaty-Mabiala et ses amis, allez leur demander de quoi était fait leur quotidien ? Ils vous diront : arriérés de salaires, de pensions, de bourses assaisonnée à la sauce violence. Vous parlez d’une petite Suisse, lorsque la charge revient à l’actuel gouvernement pour éponger les arriérées de salaires héritées du régime déchu du Président Lissouba et ses amis !

Que se passe-t-il à l’UPADS ? Des leaders d’un parti incapables de s’entendre pour le co-diriger à cause des dissensions internes et la lutte pour le contrôle de sa direction. Ces mêmes personnes seraient-elles mieux inspirées pour donner des leçons de bonne gouvernance à ceux qui se battent pour réparer les séquelles de leur gestion calamiteuse, aventurière et meurtrière ? La gestion tricéphale de l’UPADS, commanderait d’abord à Tsaty-Mabiala et à ses partisans de balayer devant leur porte avant de se lancer dans des « fatwas » verbales. Lorsqu’on n’est pas capable de « gérer une cuisine », disait-on à propos d’un pseudo leader « charismatique » très en vue du gotha politique de l’époque où ils étaient aux affaires, peut-on être qualifié pour « gérer une maison » bien tenue ?

La prise de position de Tsaty-Mabiala aura permis au moins de montrer à l’opinion la dose de démagogie qui structure la démarche de tous ceux qui, par incontinence démagogique, sont prêts à administrer le « Ministère de la Parole » pour se refaire une virginité politique. Le cafard à beau s’oindre de farine, il finira toujours par se découvrir !

 

P.SONI-BENGA.