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Il
y a quelques mois, les associations Sherpa, Survie et
Cette
plainte pour « recel de détournement de deniers publics »
avait pour objet de dénoncer, selon ces associations, le fait que la possession
par ces chefs d’Etat d’un patrimoine immobilier sur le sol français ne pouvait
s’expliquer que par le détournement de sommes au préjudice de leurs trésors
publics respectifs. A grands coups de trompe médiatique, le fer de lance de
cette énième attaque judiciaire, Me William Bourdon, avocat dorénavant spécialisé,
semble-t-il, dans le combat contre le Congo Brazzaville, s’est tant et tant
agité qu’il a fini par convaincre les « profanes » du
sérieux de cette procédure judiciaire.
Or,
celle-ci n’avait rien de sérieux, n’étant qu’un des avatars du combat d’arrière-garde
mené par des militants politiques hostiles au régime de Brazzaville et maquillés
en activistes des droits de l’homme. En effet, qui a tenté de relancer en
France l’affaire dite des Disparus du Beach, pourtant
jugée à Brazzaville ? Sherpa de Me
Bourdon, Survie et
Voyant
que cette procédure-là, contrairement aux apparences, risquait de s’enliser
irrémédiablement, non pas à cause de la malice des autorités congolaises, mais
compte tenu des motivations de l’arrêt rendu le 30 mai dernier par
Un
rapport bidon et complaisant à la base de l’accusation…
Plantons
le décor de cette tartuferie : une ONG française complaisante, le Comité
Catholique contre
Quelques
remarques sur ledit rapport : on liste des biens supposés achetés avec de
l’argent détourné. Certes. Mais le CCFD est incapable de déterminer leur date
d’achat ! Comment savoir qu’un bien a été acheté avec de l’argent
d’origine douteuse, si on est « incapable » de savoir quand il
a été acquis ?
Faisant
fi de cette « boiterie » juridique, le rapport évoque des
mécanismes financiers douteux, qui entremêleraient des sociétés écran et des
comptes bancaires off shore. Pour le cas spécifique du Président du Congo,
S.E.M. Denis Sassou Nguesso,
on évoque des détournements de ressources pétrolières qui auraient eu lieu
entre 1999 et 2002. Ce sont ces sommes détournées qui auraient donc, à lire le
rapport du CCFD, permis l’achat des deux biens immobiliers dont il est
propriétaire en France, à savoir : un appartement avenue Rapp à Paris et
une villa située au Vésinet (Yvelines).
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Faisant
fi de ces objections, Monsieur Merckaert sembla
également bien incapable de nous dire pourquoi le CCFD, en tant qu’auteur du
rapport qui était censé avoir débusqué une infraction suffisamment grave pour
être portée devant la justice française, n’avait pas pris la peine de s’associer
aux trois ONG plaignantes précitées.
Et
d’autres pièces à conviction de la même veine…
Revenons
à notre « triplette » d’associations anti-Sassou.
Reprenant purement et simplement les dires du rapport du CCFD, Me Bourdon et
ses amis indiquent dans leur plainte, entre autres accusations, que « dans le budget 2003 (du Congo), sur
800 millions de dollars, seuls 650 millions y ont été inscrits ».
Cette assertion est tirée d’un article du journal français Le Monde,
daté du 25 mars 2004. Les Congolais ignoraient donc, jusqu’à l’intervention
salvatrice de Me Bourdon and Co,
que ce journal parisien était devenu
Ce
type de « pièce à conviction » est d’ailleurs l’essentiel des
« preuves » fournies par les plaignants à l’appui de leur
démarche. Petite liste des « pièces » visées à la plainte, les
articles des journaux ou revues ci après : Sud ouest,
Autre
pièce « irréfutable » : les plaignants citent une « déclaration
d’un sénateur américain » datant de 1999. Je ne savais pas que les
déclarations formulées du haut d’une tribune parlementaire étrangère valaient
preuve de détournement de deniers publics au Congo ou au Gabon. Passons…
Mais
le « meilleur » est à venir : les plaignants joignent,
comme pièce à conviction…une page de l‘annuaire téléphonique de France Telecom,
les fameuses « Pages blanches ». Que dit l’annuaire ?
Qu’un présumé délinquant, dont le patronyme est…« Sassou
Nguesso » (vous l’auriez deviné !),
s’est fait installer une ligne téléphonique à un endroit donné. Je ne savais
pas, pauvre de moi (à quoi ont bien pu me servir mes études juridiques, mon
Dieu ??), que se faire attribuer un numéro par une compagnie de téléphonie
était un des actes matériels caractérisant le « recel de détournement
de deniers publics »…
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Par
manque de sérieux, une affaire classée sans suite…
Bref,
je laisse le soin à chacun de se faire une idée sur le degré de « sérieux »
de la plainte déposée par Me Bourdon et ses gentils amis, au nom de l’exigence
de justice. Ainsi explicité, le classement sans suites d’une telle plainte est
tout, sauf une surprise ou le fruit d’une intervention « politique »
d’officines plus ou moins occultes.
Cette
plainte, transmise à un magistrat sérieux, en l’occurrence le Procureur
de
Dans
ce courrier, Me Bourdon affirmait sans rire qu’il ne fallait opposer aucune
immunité en faveur des Chefs d’Etat et que les passeports et autres titres diplomatiques
congolais ou gabonais n’avaient aucune valeur. Bref, l’immense juriste qu’est
Me Bourdon assène que nos Etats, indépendants depuis un demi-siècle, n’ont
aucune souveraineté propre. La justice française, selon Me Bourdon, s’étend
donc de
Nos
ex-gauchistes reconvertis en « droits de l’hommistes »
parce que c’est « tendance », ont donc une conception claire
du monde : à leurs yeux, la terre est constituée d’un « nombril »
au centre duquel ils trônent, parangons de vertu outragée et vengeresse. Mais
la terre a également une périphérie et cette périphérie, c’est le tiers monde.
C’est en son sein qu’ils peuvent, nouveaux princes de ce monde, se comporter à
loisir comme de vulgaires « Frères Tréchot »
occupés à casser du Nègre, pourvu qu’il soit au pouvoir dans son pays… (C’est
d’ailleurs heureux pour leur notoriété car que deviendraient-ils, sans
causes plus ou moins foireuses à défendre ?)
L’idéologie
dominante incarnée par ce « nombril » agissant depuis Paris a
donc déterminé des dogmes intangibles : les présidents africains sont
(forcément) des dictateurs ; ils gèrent (forcément) mal les ressources de
leurs pays ; quand ils organisent des élections, et que, par miracle,
l’opposition ne les gagne pas, c’est qu’ils ont (forcément) triché ;
la justice n’existe pas en deçà de
C’est
dans cette même mouvance bien-pensante que l’on peut trouver des associations
aux motivations voisines : faire le bien des Nègres malgré eux, ou contre
eux… Par exemple, on peut citer L’Arche de Zoé de sinistre mémoire qui, sous
prétexte de soustraire des enfants prétendument orphelins soudanais à une vie
de misère certaine, a décidé de les enlever purement et simplement. Et tant pis
si la plupart de ces gamins sont Tchadiens et ne sont pas plus orphelins que
vous et moi ! Le nombril, je vous dis…
Ne
nous y trompons pas ! Me Bourdon est trop fin juriste pour s’être fait des
illusions sur l’avenir de sa plainte. Celle-ci n’avait qu’un seul but :
rebondir, tel le singe de la fable, de branche en branche, afin de continuer
l’opération de déstabilisation des autorités du Congo Brazzaville.
Après
avoir abandonné la branche « disparus du Beach »,
qui menaçait de rompre, le singe s’est jeté sur la branche suivante. Gageons
qu’il a déjà trouvé la prochaine branche : Me Bourdon annonce sa « revanche ».
Une plainte avec constitution de partie civile entre les mains du doyen des
juges d’instruction…
Thierry
Moungalla,