Le Conseiller Thierry MOUNGALLA

Plainte contre Sassou et Bongo en France
Dossier classé sans suites pour insuffisance de preuves !

Il y a quelques mois, les associations Sherpa, Survie et la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD), des ONG dites de défense des droits de l’homme, ont déposé plainte contre quelques chefs d’Etat africains, dont les présidents Sassou-Nguesso du Congo Brazzaville et Bongo Ondimba du Gabon pour « recel de détournements de deniers publics » . Le 18 juin, une information judiciaire était ouverte à Paris, pour se refermer presque aussitôt, mi- novembre 2007. Selon le parquet, « les investigations n'ont pas permis, en l'état, de mettre en évidence des infractions pénales et notamment le recel de détournement de fonds publics visé par la plainte ». Un coup dur pour des associations au chevet desquelles Thierry Moungalla, député de Mfilou et conseiller spécial du président de la République, s’est penché, pour reconstituer les  péripéties et le dénouement de cette affaire. Ci-après l’article publié sur son blog, intitulé : « le singe, la branche et le nombril ». 

   

Cette plainte pour « recel de détournement de deniers publics » avait pour objet de dénoncer, selon ces associations, le fait que la possession par ces chefs d’Etat d’un patrimoine immobilier sur le sol français ne pouvait s’expliquer que par le détournement de sommes au préjudice de leurs trésors publics respectifs. A grands coups de trompe médiatique, le fer de lance de cette énième attaque judiciaire, Me William Bourdon, avocat dorénavant spécialisé, semble-t-il, dans le combat contre le Congo Brazzaville, s’est tant et tant agité qu’il a fini par  convaincre les « profanes » du sérieux de cette procédure judiciaire.

Or, celle-ci n’avait rien de sérieux, n’étant qu’un des avatars du combat d’arrière-garde mené par des militants politiques hostiles au régime de Brazzaville et maquillés en activistes des droits de l’homme. En effet, qui a tenté de relancer en France l’affaire dite des Disparus du Beach, pourtant jugée à Brazzaville ? Sherpa de  Me Bourdon, Survie et la Fédération des Congolais de la Diaspora.

Voyant que cette procédure-là, contrairement aux apparences, risquait de s’enliser irrémédiablement, non pas à cause de la malice des autorités congolaises, mais compte tenu des motivations de l’arrêt rendu le 30 mai dernier par la Cour d’Appel de Versailles, qui semble vider de toute portée la relance espérée de cette affaire, ces ONG ont sorti une nouvelle flèche de leur carquois : l’affaire dite des détournements de deniers publics en vue de se constituer un patrimoine immobilier en France.

 

Un rapport bidon et complaisant à la base de l’accusation…

 

Plantons le décor de cette tartuferie : une ONG française complaisante, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), prise d’une soudaine passion pour les populations du Congo, du Gabon, publie opportunément un rapport prétendument scientifique sur les détournements allégués.  Elle va même jusqu’à lister les biens immobiliers incriminés. Ce rapport sert alors de base principale à la plainte de Me Bourdon et compagnie.

Quelques remarques sur ledit rapport : on liste des biens supposés achetés avec de l’argent détourné. Certes. Mais le CCFD est incapable de déterminer leur date d’achat ! Comment savoir qu’un bien a été acheté avec de l’argent d’origine douteuse, si on est « incapable » de savoir quand il a été acquis ?

Faisant fi de cette « boiterie » juridique, le rapport évoque des mécanismes financiers douteux, qui entremêleraient des sociétés écran et des comptes bancaires off shore. Pour le cas spécifique du Président du Congo, S.E.M. Denis Sassou Nguesso, on évoque des détournements de ressources pétrolières qui auraient eu lieu entre 1999 et 2002. Ce sont ces sommes détournées qui auraient donc, à lire le rapport du CCFD, permis l’achat des deux biens immobiliers dont il est propriétaire en France, à savoir : un appartement avenue Rapp à Paris et une villa située au Vésinet (Yvelines).


La déprime de Maître BOURDON

Hélas, trois fois hélas : le problème est que les biens incriminés ont été acquis par le Chef de l’Etat congolais antérieurement aux détournements allégués ! De fait, comment peut-on acheter, en 1982, 1983 ou 1985 des biens avec de l’argent censément détourné entre 1999 et 2002 ? C’est à la résolution de cette énigme que j’avais personnellement convié Monsieur Merckaert, auteur dudit rapport au nom du CCFD, lorsque j’eus l’occasion d’en débattre avec lui lors d’une émission diffusée par la chaîne de télévision panafricaine « 3A Télésud », le 28 juin 2007. Mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! L’opinion publique, manipulée depuis des années par ces activistes politiques ne pouvait accepter ces arguments de simple bon sens, d’autant qu’ils émanaient du conseiller du Prince, que je suis…

Faisant fi de ces objections, Monsieur Merckaert sembla également bien incapable de nous dire pourquoi le CCFD, en tant qu’auteur du rapport qui était censé avoir débusqué une infraction suffisamment grave pour être portée devant la justice française, n’avait pas pris la peine de s’associer aux trois ONG plaignantes précitées.

 

Et d’autres pièces à conviction de la même veine…

 

Revenons à notre « triplette » d’associations anti-Sassou. Reprenant purement et simplement les dires du rapport du CCFD, Me Bourdon et ses amis indiquent dans leur plainte, entre autres accusations, que « dans le budget 2003 (du Congo), sur 800 millions de dollars, seuls 650 millions y ont été inscrits ». Cette assertion est tirée d’un article du journal français Le Monde, daté du 25 mars 2004. Les Congolais ignoraient donc, jusqu’à l’intervention salvatrice de Me Bourdon and Co, que ce journal parisien était devenu la Cour des comptes et de discipline budgétaire de leur République…

Ce type de « pièce à conviction » est d’ailleurs l’essentiel des « preuves » fournies par les plaignants à l’appui de leur démarche. Petite liste des « pièces » visées à la plainte, les articles des journaux ou revues ci après : Sud ouest, La Lettre du Continent, Le Monde, L’Express, Les Echos, Le Nouvel Observateur, dépêche de l’agence Reuter, Le Canard Enchaîné, La Tribune, etc.      

Autre pièce « irréfutable » : les plaignants citent une « déclaration d’un sénateur américain » datant de 1999. Je ne savais pas que les déclarations formulées du haut d’une tribune parlementaire étrangère valaient preuve de détournement de deniers publics au Congo ou au Gabon. Passons…

Mais le « meilleur » est à venir : les plaignants joignent, comme pièce à conviction…une page de l‘annuaire téléphonique de France Telecom, les fameuses « Pages blanches ». Que dit l’annuaire ? Qu’un présumé délinquant, dont le patronyme est…« Sassou Nguesso » (vous l’auriez deviné !), s’est fait installer une ligne téléphonique à un endroit donné. Je ne savais pas, pauvre de moi (à quoi ont bien pu me servir mes études juridiques, mon Dieu ??), que se faire attribuer un numéro par une compagnie de téléphonie était un des actes matériels caractérisant le « recel de détournement de deniers publics »…

 


Les Conseillers Thierry MOUNGALLA et Joseph MPARA

Par manque de sérieux, une affaire classée sans suite…

 

Bref, je laisse le soin à chacun de se faire une idée sur le degré de « sérieux » de la plainte déposée par Me Bourdon et ses gentils amis, au nom de l’exigence de justice. Ainsi explicité, le classement sans suites d’une telle plainte est tout, sauf une surprise ou le fruit d’une intervention « politique » d’officines plus ou moins occultes.

Cette plainte, transmise à un magistrat sérieux, en  l’occurrence le Procureur de la République de Paris, ne pouvait que connaître cette issue. Car elle n’était qu’une « pantalonnade » destinée à ridiculiser deux Chefs d’Etat. Ainsi, conscients que leur action partait en quenouille (pour ne pas employer un terme plus « viril »…), ces activistes ont écrit, début novembre, au Procureur pour le « mettre en garde » contre le classement sans suites qui se profilait.

Dans ce courrier, Me Bourdon affirmait sans rire qu’il ne fallait opposer aucune immunité en faveur des Chefs d’Etat et que les passeports et autres titres diplomatiques congolais ou gabonais n’avaient aucune valeur. Bref, l’immense juriste qu’est Me Bourdon assène que nos Etats, indépendants depuis un demi-siècle, n’ont aucune souveraineté propre. La justice française, selon Me Bourdon, s’étend donc de la Corrèze au Zambèze, en passant par les fleuves Ogooué et Congo !

Nos ex-gauchistes reconvertis en « droits de l’hommistes » parce que c’est « tendance », ont donc une conception claire du monde : à leurs yeux, la terre est constituée d’un « nombril » au centre duquel ils trônent, parangons de vertu outragée et vengeresse. Mais la terre a également une périphérie et cette périphérie, c’est le tiers monde. C’est en son sein qu’ils peuvent, nouveaux princes de ce monde, se comporter à loisir comme de vulgaires « Frères Tréchot » occupés à casser du Nègre, pourvu qu’il soit au pouvoir dans son pays… (C’est d’ailleurs  heureux pour leur notoriété car que deviendraient-ils, sans causes plus ou moins  foireuses à défendre ?)

L’idéologie dominante incarnée par ce « nombril » agissant depuis Paris a donc déterminé des dogmes intangibles : les présidents africains sont (forcément) des dictateurs ; ils gèrent (forcément) mal les ressources de leurs pays ; quand ils organisent des élections, et que, par miracle, l’opposition ne les gagne pas, c’est qu’ils ont (forcément)  triché ; la justice n’existe pas en deçà de la Méditerranée, etc.  

C’est dans cette même mouvance bien-pensante que l’on peut trouver des associations aux motivations voisines : faire le bien des Nègres malgré eux, ou contre eux… Par exemple, on peut citer L’Arche de Zoé de sinistre mémoire qui, sous prétexte de soustraire des enfants prétendument orphelins soudanais à une vie de misère certaine, a décidé de les enlever purement et simplement. Et tant pis si la plupart de ces gamins sont Tchadiens et ne sont pas plus orphelins que vous et moi ! Le nombril, je vous dis…  

Ne nous y trompons pas ! Me Bourdon est trop fin juriste pour s’être fait des illusions sur l’avenir de sa plainte. Celle-ci n’avait qu’un seul but : rebondir, tel le singe de la fable, de branche en branche, afin de continuer l’opération de déstabilisation des autorités du Congo Brazzaville.

Après avoir abandonné la branche « disparus du Beach », qui menaçait de rompre, le singe s’est jeté sur la branche suivante. Gageons qu’il a déjà trouvé la prochaine branche : Me Bourdon annonce sa « revanche ». Une plainte avec constitution de partie civile entre les mains du doyen des juges d’instruction…

 

Thierry Moungalla,

Acceder à mon blog