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Plaidoyer pour un Secrétariat d’Etat de la diaspora Congolaise
La diaspora, ce mot qui désigne la
dispersion d’une communauté aux quatre coins du monde, est aujourd’hui à la
mode dans les discours officiels, aussi bien en termes de préoccupations dans
les pays d’accueil que d’espoir dans les pays d’origine. Au point que dans
certains pays africains comme
Les maliens de l’étranger rapportent
chaque année trois (3) milliards de F.CFA à leur pays. On ne connaît pas encore
les chiffres pour
Cette évolution dans la perception et l’intégration de la diaspora africaine dérive du poids accru qu’elle a acquis au fil des années dans l’économie du pays d’origine. Les bénéfices engrangés par des institutions financières internationales spécialisées dans le transfert d’argent de l’hémisphère nord vers le sud, Western Union ou Money Gram en tête, témoigne du rôle de plus en plus important joué par la diaspora au sein du pays d’origine, soit par le financement direct des ménages, soit par le financement des besoins d’investissement collectif.
Au fil des années, la diaspora a vu ses rangs gonfler, à un rythme inversement proportionnel à la détérioration des conditions de vie dans le pays d’origine. A l’émigration pour raisons d’études et politiques post indépendances s’est ajoutée celle ayant pour soubassement principal l’exil économique. La pression de plus en plus intolérable exercée par cette dernière migration sur les systèmes de sécurité des pays d’accueil du Nord a favorisé le développement d’un discours fasciste d’extrême droite proche du nazisme, désignant l’immigrant comme le mouton noir qui « mange » la prospérité économique de ces pays.
Le succès de plus en plus inquiétant engrangé lors des différents scrutins par certains partis xénophobes et racistes comme le Front National en France, le Vlaams Block en Belgique ou encore en Suisse où l’extrême droite fait des prouesses spectaculaires accompagné par des mesures gouvernementales « musclées » de reconduite aux frontières des migrants « illégaux », a fini par amener les dirigeants du sud à regarder d’un autre œil la communauté des citoyens résidant hors des frontières nationales.
De plus en plus aujourd’hui, des
accords sont signés entre pays d’accueil du nord, ceux de l’Union européenne
spécialement, et pays d’origine du sud, pour une gestion « concertée »
des flux migratoires cher à Brice Hortefeux. Le
fameux co-développement servi à toutes les sauces par les autorités françaises
est une illustration de cette nouvelle vision de la politique française
vis-à-vis de l’Afrique y compris pour les communautés africaines qui habitent la
France depuis des lustres à qui on demande insidieusement de plier bagages en
contre partie d’un petit pécule qui accompagnerait leur « Retour au
pays natal » où ils iront exercer leurs talents.
En effet, la communauté nationale à
l’étranger, quelle que soit ce qu’on peut lui reprocher, ne peut être livrée à
elle-même, sans bénéficier d’un soutien de l’Etat. On en a dernièrement eu
l’exemple avec Nicolas Sarkozy dans l’affaire dite de l’Arche de Zoé, pour ce
qui concerne le sort des Français impliqués : « Quel que soit ce qu’ils ont fait, je vais les ramener »,
avait-il dit aux médias. On le voit, le sort des nationaux à l’étranger est une
question d’Etat, éminemment politique par définition. Les responsables français
quelques soient les situations aux quatre coins du monde, ne laissent jamais
leurs compatriotes sans assistance. Ce qui explique certainement la ruée vers
la naturalisation de nombreux Congolais !
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Depuis que les guerres civiles qui ont
frappé le Congo ont délité le tissu social, le mouvement d’émigration s’est
accéléré. Une grande partie des bras valides et de l’intelligentsia a migré
vers des cieux jugés plus cléments. Fuite de cerveaux ? De l’Afrique à
Europe, de l’Europe à l’Amérique et de l’Amérique à l’Asie, les Congolais ont posé
leurs valises un peu partout. Le déracinement a pris les allures d’une quête de
bonheur qui épouse les contours d’un exil plus économique que politique.
Dans le lot des migrants, les
motivations diverses. Il y a ceux qui sont partis à cause des effets
collatéraux de la guerre, étant en première ligne de ce déchaînement de violence ;
ceux qui par conviction ont choisi de s’éloigner du périmètre de la misère
nationale. A côté de cette population d’émigration plutôt récente qui a trouvé
prétexte aux guerres civiles pour sortir du pays, il y a une grande partie de
l’élite congolaise diplômée et même surdiplômée (deux à quatre doctorats), envoyée à l’époque à l’étranger avec des
bourses d’étude de l’Etat.
Fonctionnaires dans l’administration
française à cause de leur nationalité acquise de fraîche date, pour certains et
pour d’autres, vivant parfois d’expédients de l’Etat providence ou de « petits
boulots », cette intelligentsia fait aussi partie d’une diaspora qui
peine à se frayer une place non seulement dans leur nouveau pays d’accueil mais
également au Congo, lorsqu’elle n’a pas tout simplement abdiquée avec le rêve de
se mettre au service du pays.
Cela étant dit, comme toutes les
diasporas, la diaspora congolaise est disséminée un peu partout dans le monde,
avec une forte concentration en Europe en général et en France en particulier. Par
la toile et les journaux en ligne, elle essaie de garder le contact avec le
pays. La diaspora congolaise n’est ni organisée, ni structurée. (Ne pas se fier
à l’agitation d’une ou deux momies naturalisées françaises qui arrachent
parfois les micros pour parler au nom d’une diaspora dont les membres peuvent à
peine se réunir dans une cabine téléphonique). La diaspora congolaise n’est
donc pas efficace, au contraire de sa consoeur malienne, qui contribue au
développement de son pays.
La diaspora congolaise est de loin la
moins entreprenante. Egoïste, elle est recroquevillée sur elle-même. Incapable
de jouer des rôles de premier plan dans les pays où elle a pris attache, elle
n’est ni présente dans les cercles de réflexion, ni dans le milieu associatif
ou dans le secteur de l’entreprenariat.
Ceux de ses membres qui ont eu la
chance d’émerger ont des destins personnels, à l’instar météorites, car incapables de drainer dans
leur sillage une dynamique de groupe qui ferait des Congolais de l’étranger un
groupe de pression suffisamment puissant pour peser sur le cours des choses.
Attentistes, ils se nourrissent de leur réussite personnelle. Si dans le
domaine de l’art et de la culture, des Congolais se distinguent, c’est aussitôt
pour se dissiper sous le poids des égoïsmes et de l’individualisme de plus en
plus criant qui a déstructuré la chaîne de solidarité dans toutes les franges
de la société et vidé l’âme congolaise de sa spécificité.
Dans le domaine du savoir, on peine à
trouver des Congolais dirigeant des chairs universitaires à l’étranger, là où d’autres
communautés émigrées en ont fait une banalité. Alors que leurs ressortissants
ont connu les mêmes maux qui les ont jeté sur les routes de l’émigration, sinon
pire. Leurs écrits ? A part quelques essais politiques dont ils ont fait
une spécialité, une étagère peu à peine contenir leurs diverses productions
scientifiques comparées à leurs homologues africains dont on tait les noms des
pays et les origines géographiques par décence !
Que reste-t-il de ce constat ? Des
choix personnels qui ne vont pas au-delà de la satisfaction des besoins
primaires, sans une réelle projection sur le devenir et l’avenir du pays. C’est
lorsqu’il s’agit de mêler leur voix et leur plume aux joutes politiques dans le
pays d’origine que les Congolais de la diaspora s’illustrent. Encore faut-il
que le clan, l’ethnie ou le pouvoir auquel ils s’identifient soient aux
affaires. Sinon, c’est la diabolisation tous azimuts. C’est le cas aujourd’hui
de certaines associations ou personnalités qui se liguent à des groupes de
pression étrangers pour déstabiliser les institutions de
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S’il nous était donné de parler de
l’apport de la diaspora dans la stabilisation de la situation sociopolitique du
Congo, elle pointerait en dernière position, tant elle s’est distinguée dans le
dénigrement de l’image de marque du pays. Une grande première dans l’histoire
des nations que cette espèce d’hystérie à dénigrer systématiquement les
dirigeants de son pays, juste par aversion ethnique et de faciès !
Il faut avoir été Congolais pour comprendre
pareil phénomène ! Des explications existent pour déchiffrer cette attitude.
Il ne serait pas bienséant d’en faire état. Il s’agit seulement de constater
que la diaspora congolaise, qui n’est pas à l’image de la mosaïque qui compose
la nation, agit par instinct canin d’appartenance à une caste qui se bat pour
s’auto protéger contre l’autre invisible qui l’empêche de se réaliser
matériellement et socialement.
Cet autre qui agit comme un reflux, un
empêcheur de s’élever dans un environnement compétitif auquel il n’était pas
habitué, avant de venir s’y échouer, porte la responsabilité de son absence d’épanouissement.
Il devient le mur de lamentation d’une souffrance qui trouve son exutoire dans
la critique et l’abomination du pouvoir en place.
On se défoule comme on peut ! Tout
devient prétexte à critique et à contestation. L’acharnement y prend toute sa
dimension et la raison y perd tout son latin ! Le pouvoir en place, perché à plus de
Pourquoi
pas un Secrétaire d’Etat pour l’intégration de
« C’est le pouvoir en place qui nous empêchent de nous réaliser »,
proclament la plupart des membres de la diaspora. Par manque de structures,
d’infrastructures, de conditions optimales d’investissement, ils n’envisagent
pas le retour au pays d’origine. Souvent, le retour de la paix est un alibi
commode souvent invoqué par ceux qui, parfois, n’ont même jamais rêvé d’un plan
de carrière dans leur pays, après avoir acquis une expérience et un savoir chez
les autres.
Ce constat ne dénie pas aux membres les
plus dynamiques de la diaspora qui portent haut le nom du Congo par leurs
multiples prouesses, leur efficacité. Il s’agit simplement de plaider pour que
le pouvoir en place prenne à bras le corps la question de l’intégration de sa
diaspora dans le processus de développement du pays. Organiser la diaspora pour
qu’elle apporte sa contribution au développement du pays, loin des « Bla-bla ».
En clair, la question est : Comment
le gouvernement peut-il tirer profit de la formation de toute une frange de sa
population, en grande partie financée par le contribuable Congolais ? Que
faire de toute cette génération formée dans les meilleures universités
occidentales et qui n’attend, en grande partie, qu’à se mettre au service du
pays ?
Comme ailleurs, où l’on connaît une
immigration forte et assidue, pourquoi ne pas créer des structures spécialisées
pour l’intégration de la diaspora ? Ne serait-ce que pour capter le
dynamisme de tous ceux qui ont des idées et une expérience acquise à l’extérieur ?
Il y a de la matière à revendre. Puisqu’on ne peut refaire le monde sous
prétexte de spécificité congolaise, pourquoi pas tout simplement imaginer la création d’un poste de Secrétaire
d’Etat chargé de l’insertion des membres de
P.SONI-BENGA.