Un cas symptomatique des convulsions humanistes de l’Europe moralisatrice.
Pendant
que l’on espérait une traite négrière révolue aux temps anciens, loin de notre
« modernité Africaine actuelle »
obtenue grâce aux « aspects positifs
de la colonisation », voila que le scandale, que les médias ont tôt
fait de désigner par « l’affaire de
L’arche de Zoé », vient nous sortir abruptement de la naïveté typique
africaine. Qui avait dit que les européens, en arrivant en Afrique, avaient
trouvé un système millénaire de trafic et de vente d’êtres humains, justifiant
leur implication dans celui-ci ? En tout cas, cette affaire de L’arche de Zoé,
qui n’en est pas la première dans l’espèce, et certainement pas la dernière,
vient, remettre les Africains face à
leurs responsabilités vis-à-vis de nos êtres les plus chers que sont nos
enfants. Qu’à cela ne tiennes !
Comme
si les aiguilles de l’horloge ont fait plusieurs tours dans le sens inverse
pour nous faire revivre tel dans un film, mais cette fois-ci en live, les
affres et les horreurs subis par nos ancêtres aux XVè et XIXè siècles, les
négriers européens d’un nouveau genre sont bien déterminés à ne plus faire
dans le détail. Quand on sait que l’état actuel de la plupart des pays
Africains, qui leurs valent railleries, mépris et rejets, ne peut que générer
foutoires et dérives en tout genre, on craint qu’il ne peut malheureusement en
être autrement.
Rappel des faits. Les membres de l’association L’arche
de Zoé et deux journalistes, neuf français et sept espagnols, ont été arrêtés jeudi 25 octobre 2007 pour
« trafic d’enfants » au Tchad. Ces
européens, agissant sous le couvert de l’humanitaire, s’apprêtaient à quitter
le Tchad en compagnie de 103 enfants. Parmi eux, huit
(8) membres de l’ONG Arche de Zoé, dont le président de l’association, Eric
Breteau. Cette organisation française, à l’origine de l’opération baptisée
« Children Rescue », avait
affirmé qu’elle désirait ramener en France des orphelins de la région
soudanaise du Darfour, « pour les
sauver d’une mort certaine ». Ce qui était présentée comme une « évacuation sanitaire » des enfants,
s’est finalement révélé comme une opération d’« enlèvement pur et simple » comme l’a affirmé, sans sourciller,
le Président Tchadien Idriss Deby. Celui-ci n’a pas hésité d’évoquer un « trafic d’organe et de pédophilie ».
Qui dirait mieux ?
A
mesure que grossit cette sombre affaire, l’opinion découvre l’horreur, par les
intentions cachées des kidnappeurs européens. Pour plus vrai que réalité, les
membres de l’Arche de Zoé ont même utilisé des faux pansements aux bandages
imbibés de mercurochrome sur les enfants, pour faire croire qu’ils étaient
malades et blessés. Le moins que l’on puisses dire, au vu des reportages des
médias indépendants, c’est que les membres de cette association étaient
conscients de la manipulation et de l’escroquerie de leur fausse « opération de sauvetage » des
enfants Tchadiens (http://www.dailymotion.com/video/x3eegx_arche-de-zoe-le-repportage-accablan).
Un cynisme d’une platitude déconcertante, bien habillée dans un naturel désarmant,
tel que savent si bien le faire ceux qui ne peuvent vivre qu’aux dépends des
autres, voila l’impression que laisse ces gens à qui l’Afrique et le Tchad a
benoîtement ouvert ses portes. Au fond, l’opinion découvre, au travers de cette funeste
chronique humanitaire, un immense iceberg dont L’arche de Zoé n’est que la
partie visible.
Arche de Noé ou Barque de
Zoé ?
Si
l’on en croit par les différentes révélations médiatiques faites ces derniers
jours, l’association L'Arche de Zoé est très liée aux laboratoires et fondations de
recherches médicales fondamentales.
La
déclaration de l’association, faite auprès de la préfecture de Paris, sous le
numéro de parution : 20050027,
porte le courriel contact : lefebvre.s@parisbiotech.org . Mais qui se cache derrière
cette adresse mail, contact légal de l’Arche de zoé ? Stéphanie
Lefebvre est la secrétaire générale de L’Arche de Zoé, mais aussi la directrice
adjointe de Parisbiotech Santé. Parisbiotech Santé est une institution vouée à
la recherche biomédicale et à la santé où siège le Dr François Sarközy, le
frère cadet du Président Français Nicolas Sarközy. Stéphanie Lefebvre, une
vielle connaissance de M. Eric Breteau, initiateur de l'opération foireuse «Children Rescue» au Tchad, et François
Sarközy, sont tous deux membres du comité
d'évaluation dans cette institution. En dépit d’une laconique mise au
point de Parisbiotech Santé, est-il ses
dirigeants ne peuvent ne pas être intéressés par les activités de L’Arche de
Zoé (www.Voltairenet.org/article152874.html
).
Ceci n’expliquant certainement
pas cela, doit-on tout de même considérer la malheureuse phrase du président
Français Nicolas Sarközy « j’irais chercher
ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait » comme un dernier baroud d’honneur du premier
citoyen français pour étouffer le vent du scandale qui allait éclabousser
le clan et l’establishment ? Ne peut répondre qui veut !
Est-il
que dans cette affaire, le Président français n’a manifesté aucune compassion,
ne fût ce qu’à titre « humanitaire »,
pour les 103 enfants Africains, victimes innocentes de la barbarie d’une horde
des « humanitaires européens »
sans foi ni loi. On l’a vu et écouté, sa pensée forte étaient pour ces « outlaw » de L’Arche de Zoé et leurs
complices européens, présentés comme des héros humanitaires, qui obtiennent
même, par-dessus le marché, un gracieux voyage présidentiel, sans coup férir.
Et ce, malgré le fait qu’ils se soient crûs autoriser de violer les lois
tchadiennes, sous le nez et à la barbe des autorités Françaises. D’ailleurs,
tant qu’on y est, quoi de plus normal pour les européens, même le dernier
d’entre eux, que de se considérer en Afrique comme en terre conquise et soumise,
où leur seule présence, même pour juste creuser un puit d’eau dans un village,
est vite présentée par le médiatiquement correct comme une œuvre hautement civilisatrice.
Les effets collatéraux de
l’Arche de Zoé
A
la faveur du scandale humanitaire qui est né au Tchad, les langues se délient. Le
quotidien Français Libération, du
mardi 06 novembre 2007, nous apprend qu’il y a eu des cas d’adoptions illégales
des enfants Congolais par une Ong espagnole : Association
pour l’adoption des enfants congolais (Adic). D’après Loamba Moaké, à la tête
de l’Association sur les droits humains et l’univers carcéral (Adhuc), cité par
ce même journal, « Cette ONG (ADIC) est représentée sur place par trois
magistrats congolais. Ils ont facilité les démarches d’adoption». Il soupçonne la complicité «de
tout un réseau au sein de l’Etat».
Serait-il la raison qui a conduit le gouvernement Congolais à suspendre,
1er novembre 2007, toutes les adoptions
internationales en cours sur son sol ? Au moins, les faits sont là.
Il n’en demeure pas moins que le
gouvernement Congolais a semble t-il réagit par une mesure conservatoire, suite
à des cas de disparitions d’enfants aux fins d’adoptions illégales, pour tirer
au clair cette « affaire Adic ». S’agirait-il de ces quatre
(4) enfants Congolais, qui ne cessaient de chialer dans le hall de l’aérogare
de Maya-Maya, le mercredi 02 mai 2007, et qui ont embarqués avec un groupe
d’européens dans le vol d’air France pour Paris Charles De Gaule ? Qu’en
est-il exactement ?
Autant que l’acte du gouvernement
Congolais mérite un clin d’œil, autant qu’on ne peut s’empêcher de savoir
comment le gouvernement Congolais entend-il faire les choses de façon à
éclaircir et à établir les responsabilités dans cette affaire. Il y a des
magistrats, des journalistes, et bien d’autres acteurs, qui sont cités dans ces
opérations de disparitions d’enfants. Y a-t-il une enquête nationale qui est ouverte
à cet effet ? Et quelles dispositions sont prises pour s’enquérir de la
situation de ces enfants en Espagne ? Et au demeurant, éviter que se
reproduisent dans notre pays, ce genre d’abominations ? L’opinion veut
savoir car il s’agit bien d’enfants, nos enfants, des victimes probables, sans moyens
de se défendre, et dont le seul tord est d’être condamnés dans la misère et
dans l’errance sociale. Par la faute de qui ?
De telles affaires ne peuvent que
susciter interrogations et vigilance quant à la nature même de l’action
humanitaire européenne, un concept « bateau » où on peut
mettre et n’importe quoi. A-t-on déjà commencé à faire le point sur le nombre
et la nature d’organismes dit « humanitaires » qui opèrent au
Congo, et quels sont leurs cahiers de charges ?
Au delà des principes, souvent bien
achalandés pour mieux coller à l’émotion de l’opinion, il s’agit de s’interroger
sur l’opportunité et du bien-fondé de l’adoption internationale de nos enfants
par des familles européennes et étrangères dont on sait finalement très peu sur
les personnalités et les mobiles réels des requérants. On se souviendra des exfiltrations douteuses
d’enfants du Rwanda et d’Ituri, les vols d’enfants du Burundi, il y a plus 10
ans. Et Comme les autorités Africaines se passent très souvent pour incapables
de tirer les leçons des dérives humanitaires sur leurs sols, voila que
l’histoire nous ramène, une fois de plus, à ces affaires d’enfants Africains
enlevés par des humanitaires européens pour alimenter des réseaux.
Et
dans tout ça, où sont les dirigeants africains, si prompts à paupériser leurs
pays pour offrir un terreau favorable tous ces marchands d’illusions et autres
vendeurs de rêves de tout acabit, venant de partout et de nulle part ? Où
sont-ils, eux qui ont tourner le dos à notre humanisme Africain, qui commande
que, dans nos sociétés, un enfant ne peut être considéré comme orphelin car il
est toujours au bon soin de toute la communauté ? Où est cette justice
sociale tant clamée dans les discours politiques lorsque nos enfants, qui n’ont
rien demander, sont laissés en pâture entre les griffes des plus offrants au
nom d’une adoption internationale qui n’a que faire valoir ces droits en
Europe ?
Les
nombreuses situations de guerres, de misère et de pauvreté dans les pays
Africains, donnent le large, et surtout du grain à moudre, à des réseaux et
associations mafieux de l’Europe, où se dégage la demande, pour davantage
piller les êtres humains (nos enfants et nos jeunes) et les matières premières.
N’a-t-on pas appris, de l’aveu même de certains acteurs de renom de
l’international humanitaire, aujourd’hui haut placés, l’existence des opérations
humanitaires destinées à alimenter les parties en conflits en armes et
munitions, en sourdine, pendant que l’on est censé larguer les sacs de riz au
Biafra (Nigeria) ? Il n’est un secret pour personne que ces vedettes
humanitaires européennes, qui, très vite, accourent au chevet des nos pays en
situation de précarité et d’instabilité, sacs au dos remplis de médicaments et
de riz, si ce n’est des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ou de la
nourriture pour animaux, sont les mêmes qui entretiennent les conflits armés
par un double jeu de pur cynisme. Non sans avoir au passage profiter de la
naïveté et de l’insouciance des pays hôtes pour alimenter divers réseaux
mafieux, du genre prostitution et trafic d’organes, d’armes et des matières
premières. Dans la nébuleuse humanitaire Européenne, le trafiquant, de tous
poils n’est jamais très loin de l’humanitaire. Tel serait la morale ?
Quoiqu’il
en soit, l’affaire de L’Arche de Zoé montre à suffisance les limites perverses
de l’international humanitaire de l’Europe civilisatrice et humaniste. La
nébuleuse humanitaire, avec son credo fétiche : le droit à l’ingérence, en
légalisant le crime au besoin, à aujourd’hui enfanter L’arche de Zoé, un
monstre froid, multi-tentaculaire, aux profondes et nombreuses ramifications. Quand on sait que certaines
mœurs sont infestées et gangrenées par les anti-valeurs humaines, tel la
pédophilie, la zoophilie, le trafic d’organes, etc., il n’est pas vain de poser
ici la question, ô combien complexe, des rapports entre l’Afrique et les
étrangers, surtout les européens. L’hôte que l’on reçoit à bras ouvert, jusqu’à
lui montrer les joyaux de famille au premier sourire, ne s’est jamais empêché,
à la première incartade, de nous planter sa dague dans le dos.
Avec l’affaire de l’Arche de Zoé, on
est en droit de se demander ce
qui peut bien valoir la
facilité avec laquelle les malfrats européens, pour la plupart, Rmiste,
chômeurs de longue durée, repris de justice dans leurs pays, cachés sous les
gilets fluorescents estampillés X ou Y, pénètrent et circulent librement dans
nos pays Africains pour y assouvir leurs « pulsions humanitaires
débordantes », alors que chez eux, il y a matière à trouver la raison
d’être de leurs « nobles » ambitions humanistes, vu le nombre
croissant des enfants pauvres dans les cités européennes ?
Nos
riches sociétés africaines, éreintées par des siècles de barbaries Européenne
et arabe, ont le plus grand mal à extirper le mal de l’autre en elles, et
surtout à se défaire de la sacro-sainte hospitalité Africaine. C’est
certainement au nom de cette hospitalité Africaine, valeur cardinale de notre
philosophie existentielle et de notre humanisme, que l’Afrique de nos ancêtres s’est
vue, un jour, surprise par l’envahisseur au XVè siècle, qui en a profité pour
l’assujettir. De la même manière, nos ancêtres se sont rendus compte de la
tragédie pendant qu’il était trop tard, le boa étant déjà dans le poulailler,
de la même manière nos Etats actuels ne se réveillent que lorsque la vermine
est bien implantée dans le fruit. Comme dans un demi-sommeil, toujours la même
naïveté Africaine, toujours les mêmes crimes des autres, et malheureusement toujours
les mêmes tragédies. Un cercle vicieux, quoi ! Et qui a dit autres temps,
autres mœurs ?
Nos
Etats Africains qui ne cessent d’encenser et de se complaire dans leur
situation de dépendance vitale vis-à-vis des autres peuples, surtout à l’égard
de l’occident et de la chine, devrait-ils franchement se plaindre de ce que
leur âme soit livrée aux chiens dans ce monde, où l’émotion « brute » n’est que fioriture ?
Musuela Mu Ntima
Guillaume TATI
Cercle de réflexion Chi Limbu, France/Congo