Campagne pour la promotion de l’initiative africaine

William Bouaka lance le mouvement d'émancipation de la société civile

 

Le collectif des associations de la société civile congolaise a procédé, le 9 février 2007 à l’hôtel Le Saphir, à Brazzaville, au lancement officiel de la campagne pour la promotion de l’initiative africaine. Près d’une quarantaine d’organisations de la société civile (OSC), ainsi que de personnalités influentes de la société civile congolaise y ont pris part avec enthousiasme.

 

Pendant près de cinq heures d’affilée, les participants à cette grande messe se sont frottés la cervelle pour débattre des questions liées à la démocratie et le développement de la conscience citoyenne. Deux exposés principaux y ont été développés, à savoir : « Démocratie et conscience citoyenne, rôle et regard des syndicats » ; « Analyse critique du comportement actuel du citoyen face à la démocratie. »

La plage des débats a donné lieu, entre autres, aux explications sur les lois syndicales, l’importance pour les travailleurs d’adhérer aux activités syndicales, le regard des associations de la société civile sur les programmes des Etats. « Des débats jaillissent la lumière », dit un adage. Les éclaircissements fournis au cours de cet événement ont prouvé l’opportunité du lancement de cette campagne pour la promotion de l’initiative africaine. En milieu autorisé, les représentants ont eu à dire leur frustration d’être entièrement dépendants des financements extérieurs pour exécuter des programmes souvent inadaptés avec les réalités du terrain. Aussi l’unanimité s’est-il dégagé de forger une société civile professionnelle, responsable et impliquée dans la réalisation des programmes de développement initiés par les pouvoirs publics avec l’appui des institutions financières internationales. Bref, sortir de la logique de dénonciation pour embrasser celle de l’action sur le terrain.

 

Une déclaration qui appelle à la rupture

 


Les participants au seminaire

La société civile congolaise, qui entend rallier à sa démarche l’ensemble de la société civile africaine, dit avoir tiré les leçons des « égarements » de plusieurs années de fonctionnement sur le modèle de la servilité aveugle face à ses homologues de la société civile occidentale. Trop souvent, par manque de moyens financiers dégagés localement qui auraient permis son autonomie de conscience, elle a servi de simple caisse de résonance. Aussi, dans une déclaration «forte» justifiant le lancement de cette campagne pour la promotion de l’initiative africaine, la coordination du collectif des associations de la société a-t-elle exhorté la société civile africaine en général et congolaise en particulier à collaborer étroitement avec l’élite au pouvoir dans la réalisation des objectifs communs de développement.

Elle les a invité à s’approprier les différents programmes de gouvernement initiés et proposés par ce dernier, après les avoir analysés et relevé les insuffisances et les défaillances ; d’inscrire leur démarche dans le cadre d’un combat ouvert, transparent et constructif ; de sortir de la critique pour la critique qui les déroge de leur rôle premier qui est celui de former, d’informer et d’éduquer ; de revenir à son rôle fondamental qui consiste à l’aboutissement de la responsabilisation des individus qui composent la société afin de les amener, sûrement, à participer en toute conscience aux choix démocratiques, et à en assumer les implications ; à lutter énergiquement contre la disharmonie qui sévit en leur sein pour ne faire valoir que la concertation, la confiance et la discipline.

La coordination de ce collectif des associations a exhorté les Etats africains en général et l’Etat congolais en particulier, à réguler les activités des associations de la société civile en toute responsabilité, afin d’éviter les dérives vers une mauvaise gestion et une multiplication d’abus personnels, de nature à faire perdre à l’ensemble des organisations leur crédibilité vis-à-vis du public et des autres partenaires ; d’obliger les associations de la société civile qui évoluent dans les pays à publier ce qu’elle reçoivent, soit de leur gouvernement, soit des organismes étrangers ; de prescrire tout financement liquide de main en main, considéré comme l’une des causes principales de la corruption ; d’initier un cadre légal, pour le financement par les Etats, des activités des associations de la société civile ; d’être ouvert pour un partenariat fiable et efficace avec la société civile.

A la société civile occidentale, cette coordination a demandé de suivre l’esprit de la déclaration du Forum Société Civile Afrique-Europe de Lisbonne 2000, qui limite leur rôle au niveau de la responsabilité de ne servir que de caisse de résonance aux initiatives proposées par les africains eux-mêmes et de leur donner divers soutiens. Un bureau provisoire de cinq membres a été mis en place à l’issue des travaux. C’est la coordination de l’initiative, composée de ses initiateurs : William Bouaka, coordonnateur ; Désiré Iwangou, responsable des programmes ; Dominique Dianouanina, responsable du plaidoyer ; Arsène Séverin Ngouela, responsable de la communication ; Mme Ngouele Ikias, responsable des réseaux ; Sébastien Patrick Dzeba, responsable des stratégies.

 

Encadré

La déclaration du Collectif des associations de la société civile