Haro sur les « Fonds Vautours » ! Le Révérend - Pasteur Jesse Jackson proteste contre le pillage de l’Afrique par les « Fonds Vautours »

 

Dans un article publié par le journal américain Sun Times daté du 20 février 2007, le Révérend - pasteur noir américain, Jesse Jackson, s’élève contre le pillage des maigres ressources financières africaines par les « Fonds Vautours ». Ces « milliardaires pilleurs » qui s’acharnent aujourd’hui contre le Congo demandent le remboursement des créances qui n’ont rien à voir avec la réalité des dettes contractées. On rachète la dette à vil prix et on s’acharne pour se faire rembourser en multipliant sa valeur de façon exponentielle. Et, lorsque l’Etat refuse de se soumettre à ce racket, ces « pilleurs » d’un genre nouveau avec la complicité et la pression de certains groupes de pression, s’acharnent à leur faire des procès à tour de bras s’ils ne saisissent pas tout simplement leurs biens et immeubles à défaut de bloquer leurs comptes à l’étranger ! C’est contre ces « voyous » soutenus – hélas – par des pseudos défenseurs des droits de l’homme, - bien de chez nous -, que le Pasteur Jesse Jackson s’élève. Pour ceux qui douteraient encore de la nocivité de ces  « Fonds Vautours » sur nos économies et du combat que mène le gouvernement Congolais pour ne pas céder à leurs injonctions, ils n’ont qu’à changer de planète, parce qu’ils ont choisi l’esclavage, la soumission à la liberté ! Petite visite guidée dans les méandres de l’arnaque financière internationale dénoncée par Jesse Jackson ; âmes sensibles, s’abstenir !

P.S.B.

 

«Ils s'attaquent aux pays les plus pauvres, subtilisant les ressources des plus désespérés, ces milliardaires pilleurs empochent les fonds qui devaient servir de nourrir les enfants dont les familles vivent avec moins d'1 dollar par jour. On les appelle les fonds vautours. Ils protègent leurs pillages en faisant d'énormes chèques aux politiciens et aux lobbyistes. Une des plus grandes compagnies des fonds vautours est dirigée par un important donateur au président Bush. Il est à présent temps de mettre un terme à ces pratiques honteuses.

Considérons la Zambie, un petit pays pauvre où la majorité du peuple survit avec un peu plus d'1 dollar par jour. En 1979, le gouvernement roumain avait octroyé un prêt à la Zambie pour acheter des tracteurs de fabrication roumaine. Les tracteurs ne fonctionnaient pas bien. Les Etats-Unis et les subventions européennes sur l'agriculture ont carrément détourné le potentiel marché d'exportation de la Zambie. La Zambie fut alors incapable de gagner l'argent dont elle avait besoin pour payer cette dette aussi bien que ses autres créances.

En 1999, la Roumanie et la Zambie ont négocié de liquider cette dette pour 3 millions de dollars. Le Club de Paris, sous la pression des mouvements des droits humains, a été forcé d'annuler une partie importante de la dette impayée à condition que cet argent soit investi dans des secteurs tels que la santé, l'éducation et d'autres secteurs vitaux du pays endetté.


Alors que l'accord était sur le point d'être signé, les fonds vautours sont arrivés. Un des conseillers internationaux des fonds vautours a acheté la dette à la Roumanie pour moins de 4 millions de dollars. Ils ont ensuite renégocié avec la partie zambienne et, sous la menace de corruption et d'autres abus, ils ont obtenu un nouvel accord sur la dette. Ils poursuivent maintenant en justice le gouvernement zambien pour le paiement de la dette initiale plus les intérêts, lesquels selon leur calcul s'élèvent à plus de 40 millions de dollars, et ils espèrent l'emporter.

Pour les Etats-Unis, avec nos 2 milliards de budget, 40 millions de dollars ne représentent rien du tout. Mais en Zambie ça représente beaucoup. Martin Kalunga-Banda, conseiller du président zambien et consultant de la firme Oxfam, a d'ailleurs déclaré au journal de la BBC : « 40 millions de dollars c'est l'équivalent de toutes les annulations de dettes que nous avons reçu l'an dernier».

Un reportage d'investigation qu'a mené Greg Palast, diffusé sur les ondes de la BBC et de « Démocratie Maintenant » a dévoilé les tactiques des fonds vautours qui sont définis par le FMI comme des compagnies qui achètent les dettes des pays pauvres à des prix très bas quand elles sont sur le point d'être annulées et poursuivent en justice ces pays pour le paiement de la dette initiale plus les intérêts, empochant parfois jusqu'à dix fois plus leur investissement initial.

« L'abus de profit ne peut pas être plus cynique que ça » déclare Caroline Pearce qui fait partie de la campagne dénommée « Jubilé global pour le pardon de la dette ».

Paul Singer, un milliardaire reclus est présenté comme celui qui a inventé les fonds vautours. En 1996, sa compagnie a acheté une dette péruvienne à 11 millions de dollars. Il a ensuite menacé de conduire le Pérou à la faillite si ce pays ne lui payait pas 58 millions de dollars. Ils ont eu gain de cause. Maintenant, selon la BBC, ils poursuivent en justice le Congo - Brazzaville pour une dette de 400 millions de dollars qu'ils ont initialement acheté 10 millions.

Les cours de justice américaines servent à appliquer les contrats des fonds vautours. Le président ou le congrès pourrait mettre fin à cette pratique. Mais naturellement les fonds vautours se montrent généreux en contributions envers les politiciens importants. Par exemple, le conseiller international aux dettes payait 240.000$ par année en lobbying à la firme Greenberg Traurig avant que le lobbyiste Jack Abramoff ne soit emprisonné.

Singer a beaucoup de relations politiques directes. Il figure parmi les plus grands donateurs du président Bush ainsi qu'à à la cause républicaine à New York, offrant selon les informations plus de 1.7 millions de dollars en dons depuis le début de la première campagne présidentielle de Bush.

La semaine dernière, le républicain John Conyers, président de la commission justice du Congrès a directement porté l'affaire devant le président Bush en personne, lui demandant s'il savait ce que ses plus grands partisans comme Singer et Michael Sheehan faisaient, et s'il allait combattre cette pratique. Conyers a déclaré que le président lui a répondu : « je ne sais rien de cette affaire », et a promis de charger immédiatement un de ses assistants de s'occuper de ce dossier.

C'est le nouvel ordre mondial ; les riches, armés d'avocats, de lobbyistes, des cours de justice et de serviteurs, faisant fortune en s'attaquant aux plus vulnérables. Notre gouvernement déclare que nous voulons être une source d'espoir pour les peuples les plus démunis du monde. Les fonds vautours font de nous une source de désespoir et un objet de haine»

 Pasteur Jesse Jackson

Sun Times, le 20 février 2007.