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Dans
cette plainte, l’Etat Congolais défendait la thèse selon laquelle, l’ancien
Chef de l’Etat avait acheté cette propriété avec les fonds publics ; un
achat que le Président Lissouba, au cours d’une
interview accordée à un mensuel panafricain, L’Autre Afrique, a reconnu l’avoir
acheté avec l’argent du Congo. Comble d’ironie, la justice française a
préféré le « blanchir ». Est-ce,
parce qu’il n’avait « jamais compromis les intérêts de la France de
quelque manière que ce soit », ou parce que la justice française,
d’habitude, si tatillonne sur la morale, l’éthique et les principes, ne disposait
pas assez d’éléments pour conforter son intime conviction ?
Les
paroles s’envolent, les écrits restent !
Par
souci de vérité, nous exhumons cette interview relative à cet appartement de la
rue de Prony. De l’aveu même de l’ancien Président Lissouba,
il affirme avoir acheté cet hôtel, si particulier, avec les deniers de l’Etat
Congolais. A l’heure où s’ouvre en France, à l’initiative de certaines ONG, une
procédure contre certains Chefs d’Etat africains, il n’est donc pas incongru de
mettre à la disposition desdites ONG, les informations susceptibles de les
aider dans leur multiples traques visant à récupérer tous les biens mal acquis
y compris, l’hôtel particulier de l’ancien Président Lissouba,
que ces dernières ont sciemment occultées. Raison pour laquelle, nous retranscrivons
intégralement l’interview que l’ancien Président Lissouba
avait accordée à L’Autre Afrique.
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L’ancien
Chef de l’Etat Congolais qui voulait « faire du Congo la petite Suisse »
avait promis à ses compatriotes qu’il était « venu pour servir et non se
servir », selon la célèbre formule du MPR (Mouvement Populaire de la
Révolution) de feu maréchal Mobutu : « Servir oui, se servir
Non ! ». A la démagogie, il a ajouté à l’endroit de ses
compatriotes de le jeter à la mer s’il ne transformait pas le Congo en petite
Suisse. Plutôt que de s’acharner sur le bilan de sa législature que nous ne
dresserons pas par pudeur, -il n’y a rien à dire, ni à retenir de son passage
aux affaires-, attachons-nous plutôt sur son patrimoine immobilier. Pour mieux
comprendre ce qui va suivre, nous avons tout simplement reconstitué le parcours
immobilier de l’ancien Président. Avant d’occuper son hôtel particulier de la
rue de Prony, le Président Lissouba occupait un
appartement dans le 9ème arrondissement de Paris dans la rue Blanche,
à deux pas du Moulin Rouge dans le quartier de Pigalle à Métro Blanche. Dès son
arrivée au pouvoir en 1992, il aménage avenue Malesherbes dans le 17ème
arrondissement dans appartement qu’il finira par trouver trop exigu pour ses
ambitions présidentielles. Avant la fin de son mandat, il s’installe dans
l’hôtel particulier de la rue de Prony dans le 16ème arrondissement à
un jet de pierre de la maison de feu Jacques Foccart, l’ancien « Monsieur
Afrique » de l’Elysée.
La
vérité ne sort pas que de la bouche des enfants !
Contrairement
à tout ce qui a été dit au sujet des relations jugées difficiles que le
Président Lissouba entretenait avec la compagnie
pétrolière Elf Aquitaine et la France, il apparaît clairement que, non
seulement l’ancien Président Lissouba n’a jamais
compromis les intérêts vitaux de la France, mais en plus, ses relations avec
Elf n’étaient pas aussi calamiteuses comme l’ont affirmé certains de ses
partisans. Les rapports incestueux qu’entretiennent certains dirigeants
africains avec la France sont très souvent dénoncés par les membres de la
société civile en France ; ces mêmes associations n’ont pas levé le petit
doigt pour dénoncer l’acquisition de la propriété privée acquise par l’ancien
Président Pascal Lissouba avec les deniers publics. L’hôtel
particulier du Président Lissouba acheté en France
avec l’argent du contribuable Congolais n’a jamais indigné certaines ONG bien-pensantes
comme Survie, Sherpa, le secours catholique. Même la relaxe prononcée en faveur
de l’ancien Président Lissouba dans le procès qui
l’opposait au gouvernement Congolais, n’a créée aucun remous dans le milieu judiciaire, encore
moins dans les cercles concentriques des milieux associatifs ayant pignon sur
rue. Cet ostracisme en dit long sur la nature sélective des combats qui sont menés
par ceux qui veulent s’ériger en donneur de leçon professionnel. Dans ce
conflit, la justice française a joué au sapeur-pompier ou au pyromane ?
Qui
a écrit : « Il nous a fallu Martin, Christophe, Victor et moi-même
une trentaine d’années de marche à travers ronces et épines, en passant par les
geôles de la dictature militaro – marxiste pour espérer un jour assumer les
fonctions et responsabilités tant enviées qui nous sont actuellement dévolues.
Peut-être n’avions-nous humblement et modestement confondu vitesse et
précipitation ? » Dans l’enceinte de l’hémicycle, qui avait déclaré :
« nous avons attendu le pouvoir pendant 27 ans ? » Il
s’agit de Norbert Moungounga Nguila
Kombo, l’ancien Ministre des Finances du Président Lissouba qui a passé tout le temps de la législature du
Président Lissouba à organiser sa stratégie
financière de survie.
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Comment
accumuler beaucoup d’argent pour être à l’abri du besoin, une fois chassée du
pouvoir ? C’était l’équation à résoudre. Norbert Moungounga
Nguila va s’employer à lui trouver un axiome. Le 15
mai 1995, il adresse une lettre confidentielle au Président Lissouba.
Dans cette lettre il lui fait part de sa stratégie. Il s’agit de mettre le
maximum de « pécules » à l’abri du besoin pour se prémunir en cas d’éventuelle
déchéance. « Chacun, écrit-il,
devrait toutefois continuer d’épargner autant que possible car si seulement par
miracle la victoire nous échappait, nous échappait, nous constituerons tout le
temps qu’il faudra une opposition forte et solide à l’abri du moindre souci
financier, capable de nuire à la manière de Sassou ».
Ce conseil, faute de ne l’avoir pas suivi, les partisans du Président Lissouba en feront les frais. Ejectés du pouvoir sans crier
garde, de nombreux dignitaires se sont retrouvés sans le sou. Incapables de
tenir la dragée haute face à Sassou Nguesso, à organiser l’opposition dans l’espoir d’affaiblir
le pouvoir qu’ils avaient décidé de déstabiliser par tous les moyens, ils ont préféré
tourner casaque. D’autres, s’ils n’ont pas tout simplement été transformés en
griots chantant la gloire de Sassou, ont fait
allégeance. Seuls Koukébéné et Moungounga
qui disposaient de moyens conséquents pour financer l’opposition en exil et
« nuire » à Sassou, ont continué à
faire de la résistance ! Baroude d’honneur ou d’orgueil ?
Sélectivité
et émotion à géométrie variable
S’il
n’est pas aisé de spéculer sur l’origine des fortunes de certains anciens
dignitaires du Congo de l’époque du Président Lissouba,
force est de constater qu’en la matière, des personnalités qui, avant d’assumer
des responsabilités ministérielles, n’étaient pas connues pour leur passé
d’industriels ou d’homme d’Affaires, ne se sont pas gênées pour « se
servir dans les caisses de l’Etat ». Nous prenons pour preuve,
l’origine de la fortune de l’ancien Ministre des Finances du Congo que le
Président Lissouba a commenté par le menu détail
devant les Parlementaires français venus l’auditionner à Londres à l’époque où
il était encore exilé Londonien.
Répondant
aux questions de la délégation des membres de la Commission des Affaires
Etrangères de l’Assemblée Nationale française venue prendre son témoignage sur
le rôle de la compagnie pétrolière Elf dans le déclenchement de la guerre du 5
juin et sur le « fondement juridique » qui l’a poussé à porter
plainte contre Elf, le Président Lissouba ne s’est
pas dérobé. Même si l’exercice était critiquable, de venir interroger un ancien
Chef de l’Etat sur la façon dont il a géré son pays par des Parlementaires d’un
autre pays, il y avait là, une atteinte grave à l’honneur à la dignité non
seulement d’un homme mais de la fonction qu’il avait assumé souverainement. Les
Députés français souhaitaient également savoir si « les armes utilisées
par les différents protagonistes avaient été financées par la rente pétrolière
versée par Elf ».
Le
mercredi 28 avril 1999 à 10 heures à Londres, l’ancien Président Lissouba reçoit les Députés Pierre Brana
et Roland Blum. Les deux Parlementaires français voulaient des « éclaircissements
sur le système de financement des achats d’armes » à l’époque où le
Président Lissouba était aux affaires. Sans passer
par quatre chemins, l’ancien Chef de l’Etat a donné les raisons qui l’ont
poussé à porter plainte contre Elf avant d’expliquer les mécanismes qui avaient
permis à son ancien Ministre des Finances de s’enrichir scandaleusement sur le
dos des Congolais.
Au
sujet de la plainte, le Président Lissouba a
indiqué : « Il a porté plainte contre Elf non pas parce qu’il
détenait des documents sur les activités blâmables de cette grande entreprise
financièrement puissante, véritable Etat dans l’Etat disposant de moyens
d’action formidables sur le plan international mais parce qu’un certain nombre
d’agents de cette compagnie avaient usé de cette force pour mener des actions
dévoyées et inhumaines. La puissance d’Elf aurait dû être utilisée à des fins
plus respectables au plan des principes. » Bipangaza
ou Bipamu ?
Sur
la fortune de son ancien ministre des Finances, Moungounga
Nguila, l’ancien Président déchu a détaillé tout le
mécanisme qui a permis à ce dernier de s’enrichir scandaleusement au vu et au
su de tout le monde, sans être inquiété en France par les associations
humanitaires. Dans ce rapport d’audition, on apprend que : « M.
Pascal Lissouba a avoué qu’il s’était trompé sur la
qualité de son ancien ministre des finances et qu’il lui avait fait confiance
parce qu’ils avaient été en prison ensemble. Il ne fut pas un ministre
brillant, il appartient à ses collègues de le juger. L’ajustement structurel
n’avançait pas, il devait recevoir ses collègues des Nations Unies et du FMI à
sa place. Aujourd’hui, ce ministre est milliardaire. Or, il y a plusieurs
formes de tricherie sur la rente pétrolière : on peut s’entendre avec des
pétroliers par des cheminements divers et multiples ; ils passent par la
FIBA. Autour de cette banque, il y a d’autres filières pour faire passer les
commissions dont les montants sont évalués en fonction d’un processus
difficilement décryptable. Les commissions peuvent être légales mais la manière
dont elles sont évaluées est complexe. Le ministre des finances peut placer
l’argent de la rente pétrolière dans des banques spécialisées où il rapporte
des intérêts sans les reverser à l’Etat. Normalement cela irait dans les
caisses noires du Président. Comme selon la Constitution, le ministre des
finances est la seule personne qui ouvre et clôt les comptes de l’Etat, il peut
les gérer sans la signature du Président. Voilà comme ce ministre est devenu
milliardaire. »
Que
celui qui n’a pas triché, lève le doigt !
P.SONI-BENGA.