Mgr PORTELLA -
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La soutane, la bible et la croix ne protègent plus : Mgr Louis Portella Mbuyu agressé par les miliciens du Pasteur Ntumi !

Vers une nouvelle escalade de la violence dans le Pool ?

 

Depuis que M. Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, s’est replié dans le Pool avec ses hommes, à l’issue de l’échec de sa prise de fonction du 10 septembre dernier, l’ambiance est devenue délétère et le climat sécuritaire pesant. Tous les indicateurs tendent à accréditer, de plus en plus, l’hypothèse d’une nouvelle escalade de la violence sciemment organisée par les ex- combattants Ninjas-Nsiloulous, qui sont loin de parler le même langage entre eux.

 

Dernière victime en date de cette nouvelle flambée de violence : Monseigneur Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala et Président du Conseil d’Administration de l’Observatoire de mise en œuvre des décisions de la concertation citoyenne du Pool, une structure dotée d’un budget de près d’un milliard de FCFA et dont l’une des missions, paradoxalement, est de ramener la paix et la sécurité pour les populations de ce département meurtri !

C’est le dimanche 7 octobre dernier, alors qu’il se trouvait encore dans son diocèse de Kinkala, que l’homme d’église a été violemment pris à partie par une horde de Ninjas-Nsiloulous hirsutes et armés. Accusé de « trahison » contre le pasteur Ntumi dont il aurait fait échouer la prise de fonction sur les ordres du président de la République, Denis Sassou-Nguesso, Mgr Portella a été physiquement malmené par les bandits armés, pendant près d’une demi-heure.

Se moquant des attributs religieux de l’évêque, soutanes, croix, bagues et autres chapelets, ces ex- combattants l’ont défié puis démystifié avant de les arracher Non sans l’avoir copieusement insulté dans la langue du pays, ils l’ont, ensuite, giflé en public. Assis sur le côté passager de sa voiture, juste à côté de son chauffeur, ce dernier n’en revenait pas de voir toute cette batterie de haine s’abattre sur le Prélat. Dieu merci ! Contrairement à d’autres religieux qui naguère, avait été pris au piège de la médiation au Pool, l’évêque de Kinkala s’en est sorti -sain (t) et sauf-, avec quelques contusions. Ouf ! Il s’en est fallu d’un cheveu, affirment certains témoins qui ont assisté à la scène, pour que l’irréparable soit commis par ces ex- combattants, qui n’en sont pas à un crime près dans le Pool, transformé depuis près de 10 ans en « zone tribale » à l’image des Pachtouns en Afghanistan…

Depuis leur repli ethnique dans leur terroir, les miliciens du pasteur Ntumi n’ont eu de cesse de multiplier les exactions contre les paisibles citoyens. De taxes illégales au racket et autres sévices corporels infligés aux populations civiles, le département du Pool a repris avec ses vieux démons. Il faut montrer « patte blanche » pour s’aventurer dans certaines contrées. Depuis la chevauchée solitaire des Ninjas-Nsiloulous dans le Pool, les bouchons, jadis démantelés dans le cadre des accords de paix, ont été rétablis, avec pour conséquence de nombreuses restrictions sur la circulation des personnes et des biens. La population du Pool vit de nouveau dans la peur de la reprise de la violence armée, de la part des miliciens Ninjas-Nsiloulous.

 

Enervement des populations et des « écuries » contre Ntumi

 


NTUMI

Si pour les besoins de communication à l’intention de l’opinion publique, la stratégie de Ntumi et de ses hommes est de jouer à la « victimisation » face au pouvoir et certaines personnalités comme Mgr Louis Portella Mbuyu, accusées de « collaborationnisme », en interne, l’ex- mouvement rebelle est loin de parler le même langage.

Les « écuries » autour de Ntumi, principalement celles du Commissaire Sylvain Bintsamou alias Doc Gozardio et de Ramsès, sont en froid depuis l’échec de la prise de fonction de Ntumi du 10 septembre dernier. Il en est de même pour les pauvres populations, qui continuent de s’interroger sur les vraies raisons de l’échec, malgré les explications fournies par l’ex- chef rebelle et ses partisans.

Ainsi, le 12 septembre dernier à Matoumbou, où Ntumi s’était arrêté pour un meeting d’explication sur ce qui s’était passé à Brazzaville, il a eu droit à des remarques acerbes de la part de la population de plus en plus en défiance à son égard. « Même si le gouvernement de Sassou est mauvais, dira un vieux du village Zandudia Babakala, nous savons qu’on vous a donné des véhicules et des moyens et vous êtes allés jusqu’à Madibou. Tout le monde était content en disant qu’enfin la souffrance est finie. Vous avez aussi promis la fête dans toutes les gares à votre retour, ainsi qu’une somme de 200.000 Fcfa à cet effet ». Sur le même ton, un autre discours a été tenu à Matoumbou par une population de plus en plus exaspérée par les actes de vandalisme perpétrés par les hordes émasculés de Ntumi contre les trains du Congo-Océan : « Empêchez vos Ninjas de s’en prendre au train. Depuis deux jours, la famine s’est à nouveau installée. Plus de poissons Makouala, aucun véhicule ne rentre, les produits des villageois sont en train de pourrir… ».

      

Exactions et expéditions punitives

 

Les villageois faisaient référence aux menaces et aux exactions des éléments armés de Ntumi sur les passagers et les marchandises transportés par les trains du CFCO au niveau des gares du Pool. Entre autres : Goma Tsé Tsé, Mindouli et Matoumbou. Pour « noyer » le poisson, Ntumi a répondu que : « Les jeunes sont simplement énervés au sujet de ce qui s’est passé (…) L’ordre sera rétabli ».  

Pour rétablir l’ordre le long du CFCO menacé de perturbation par la bande de ses Ninjas-Nsiloulous, ainsi qu’il l’avait promis, Ntumi aurait notamment fait appel à un de ses fidèles, le Commandant Mahon Diedra. Cette écurie aurait abattu pas moins de trois ex- combattants Ninjas-Nsiloulous qui seraient enterrés, selon de bonnes sources, à Massembo Loubaki.  

En parlant d’énervement, Ntumi faisait certainement allusion à l’écurie du « Commandant » Ramsès, qui avait désarmé des éléments de l’écurie de Doc Gozardio, le 11 septembre au village Malongabete, avant de tirer, plus tard, sur d’autres éléments fidèles à Ntumi, au niveau du village Mihété, à Mbamou.

Cette fusillade contre les partisans proches de Ntumi aurait fait 3 blessés légers, dont 2 du côté de l’écurie de Ramsès, entrée ouvertement en dissidence contre le « gourou ».

Pour cette écurie, il ne fait désormais plus aucun doute que Ntumi a « menti » aux jeunes et les a inutilement exposé à la mort. Sans doute qu’avec le temps, les langues vont se délier et d’autres détails sur l’effroyable tuerie perpétrée le long du CFCO par les « Pit-bulls » de Ntumi et de son frère cadet, le Commissaire Doc Gozardio, l’ex « Mwana Bilongo », seront mis sur la place publique. Il paraît qu’on ne perd rien d’attendre, lorsqu’il s’agit de connaître la vérité !

 

                                                            Prosper MOKABI DAWA & P.SONI-BENGA.