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Vers une
nouvelle escalade de la violence dans le Pool ?
Depuis que M. Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi,
s’est replié dans le Pool avec ses hommes, à l’issue de l’échec de sa prise de
fonction du 10 septembre dernier, l’ambiance est devenue délétère et le climat
sécuritaire pesant. Tous les indicateurs tendent à accréditer, de plus en plus,
l’hypothèse d’une nouvelle escalade de la violence sciemment organisée par les
ex- combattants Ninjas-Nsiloulous, qui sont loin de
parler le même langage entre eux.
Dernière
victime en date de cette nouvelle flambée de violence : Monseigneur Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala et Président du Conseil d’Administration de l’Observatoire
de mise en œuvre des décisions de la concertation citoyenne du Pool, une
structure dotée d’un budget de près d’un milliard de FCFA et dont l’une des
missions, paradoxalement, est de ramener la paix et la sécurité pour les
populations de ce département meurtri !
C’est
le dimanche 7 octobre dernier, alors qu’il se trouvait encore dans son diocèse
de Kinkala, que l’homme d’église a été violemment
pris à partie par une horde de Ninjas-Nsiloulous
hirsutes et armés. Accusé de « trahison » contre le pasteur Ntumi dont il aurait fait échouer la prise de fonction sur
les ordres du président de
Depuis
leur repli ethnique dans leur terroir, les miliciens du pasteur Ntumi n’ont eu de cesse de multiplier les exactions contre
les paisibles citoyens. De taxes illégales au racket et autres sévices
corporels infligés aux populations civiles, le département du Pool a repris
avec ses vieux démons. Il faut montrer « patte blanche » pour
s’aventurer dans certaines contrées. Depuis la chevauchée solitaire des Ninjas-Nsiloulous dans le Pool, les bouchons, jadis démantelés
dans le cadre des accords de paix, ont été rétablis, avec pour conséquence de
nombreuses restrictions sur la circulation des personnes et des biens. La
population du Pool vit de nouveau dans la peur de la reprise de la violence
armée, de la part des miliciens Ninjas-Nsiloulous.
Enervement des
populations et des « écuries » contre Ntumi
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Les
« écuries » autour de Ntumi,
principalement celles du Commissaire Sylvain Bintsamou
alias Doc Gozardio et de Ramsès, sont en froid depuis
l’échec de la prise de fonction de Ntumi du 10
septembre dernier. Il en est de même pour les pauvres populations, qui
continuent de s’interroger sur les vraies raisons de l’échec, malgré les
explications fournies par l’ex- chef rebelle et ses partisans.
Ainsi,
le 12 septembre dernier à Matoumbou, où Ntumi s’était arrêté pour un meeting d’explication sur ce
qui s’était passé à Brazzaville, il a eu droit à des remarques acerbes de la
part de la population de plus en plus en défiance à son égard. « Même
si le gouvernement de Sassou est mauvais, dira un
vieux du village Zandudia Babakala,
nous savons qu’on vous a donné des véhicules et des moyens et vous êtes
allés jusqu’à Madibou. Tout le monde était content en
disant qu’enfin la souffrance est finie. Vous avez aussi promis la fête dans
toutes les gares à votre retour, ainsi qu’une somme de 200.000 Fcfa à cet effet ».
Sur le même ton, un autre discours a été tenu à Matoumbou
par une population de plus en plus exaspérée par les actes de vandalisme
perpétrés par les hordes émasculés de Ntumi contre
les trains du Congo-Océan : « Empêchez vos Ninjas de s’en prendre au train. Depuis deux jours, la
famine s’est à nouveau installée. Plus de poissons Makouala,
aucun véhicule ne rentre, les produits des villageois sont en train de pourrir… ».
Exactions et expéditions
punitives
Les
villageois faisaient référence aux menaces et aux exactions des éléments armés
de Ntumi sur les passagers et les marchandises
transportés par les trains du CFCO au niveau des gares du Pool. Entre autres :
Goma Tsé Tsé, Mindouli et Matoumbou. Pour « noyer » le poisson, Ntumi a répondu que : « Les jeunes sont
simplement énervés au sujet de ce qui s’est passé (…) L’ordre sera rétabli ».
Pour
rétablir l’ordre le long du CFCO menacé de perturbation par la bande de ses Ninjas-Nsiloulous, ainsi qu’il l’avait promis, Ntumi aurait notamment fait appel à un de ses fidèles, le Commandant
Mahon Diedra. Cette écurie aurait abattu pas moins de
trois ex- combattants Ninjas-Nsiloulous qui seraient
enterrés, selon de bonnes sources, à Massembo Loubaki.
En
parlant d’énervement, Ntumi faisait certainement
allusion à l’écurie du « Commandant » Ramsès, qui avait désarmé
des éléments de l’écurie de Doc Gozardio, le 11
septembre au village Malongabete, avant de tirer,
plus tard, sur d’autres éléments fidèles à Ntumi, au
niveau du village Mihété, à Mbamou.
Cette
fusillade contre les partisans proches de Ntumi
aurait fait 3 blessés légers, dont 2 du côté de l’écurie de Ramsès, entrée
ouvertement en dissidence contre le « gourou ».
Pour
cette écurie, il ne fait désormais plus aucun doute que Ntumi a « menti » aux jeunes et les a
inutilement exposé à la mort. Sans doute qu’avec le temps, les langues vont se
délier et d’autres détails sur l’effroyable tuerie perpétrée le long du CFCO
par les « Pit-bulls » de Ntumi et de
son frère cadet, le Commissaire Doc Gozardio, l’ex
« Mwana Bilongo »,
seront mis sur la place publique. Il paraît qu’on ne perd rien d’attendre,
lorsqu’il s’agit de connaître la vérité !
Prosper MOKABI DAWA & P.SONI-BENGA.