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Thomas Sankara, Une flamme Africaine plus vive aujourd’hui qu’hier
Qu’il est bon, en ces moments de
disette et de soif d’idéal pour toute une génération des jeunes Africains, de
s’abreuver dans ce vivier révolutionnaire que fût Thomas Sankara.
Chaque pensée de cet illustre réformateur de société, nous revient encore plus
percutant et plus pénétrant comme un « tsunami
d’inspirations », qui non seulement rafraîchit l’âme de cet Être
Africain, qui ne serait pas « suffisamment
rentré dans l’histoire », mais aussi et surtout, lui montrer le chemin
glorieux à suivre pour «…ouvrir
les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer
l’avenir ».
4 Août 1983 - 15 octobre 1987, vingt ans de palpitations
révolutionnaires. Que d’enthousiasmes panafricains suscités par ce digne fils
d’Afrique, qui a galvanisé les prétentions africaines vers la libération et la
dignité retrouvées du continent. Que de moments de repères et de retrouvailles
avec nous-mêmes, reflets sublimes que Thomas Sankara
renvoyait en chaque Africain. Qui ne s’est pas identifié et reconnu en cette
âme généreuse et altruiste que le temps n’a pu dompter ?
Aujourd’hui,
la pensée « Sankariste »
est plus que jamais d’actualité. Cette Afrique à laquelle, Thomas Sankara a consacrée sa vie, cette Afrique hagarde, comme
dans une profonde obscurité, continue de voguer sans fil d’Ariane. Orpheline
d’une voix forte capable de porter et de résonner au-delà des clameurs politiciennes
et serviles de la plupart des nos dirigeants africains. Thomas Sankara a osé. Il a défriché. Il a écumé cette fierté
d’être Africain, loin des compromis aliénants, … des compromissions
suicidaires.
Une conscience aigue aux cimes des responsabilités
panafricaines, comme habité par nos ancêtres les plus valeureux, Thomas Sankara a pu porter, dans les hautes sphères de la destinée
africaine, cette farouche volonté de venir à bout de la tutelle, de la domination et des prédations
impérialistes (ce capitalisme occidental aujourd’hui mondialisé, car c’est bien
de cela qu’il s’agit), dans un continent plutôt enclin au passéisme et à la
complaisance. La défiance à l’égard du paternalisme de
Dans
la même veine, Thomas Sankara est tout aussi resté
intraitable avec cette Afrique intellectuelle, complice de la situation de
dépendance dans laquelle elle se trouve, et maternant allégrement les stigmates
de la colonisation. Cette sévérité à l’égard de la classe intellectuelle
Africaine se justifie « … d’autant
plus que la petite bourgeoisie africaine diplômée, sinon celle du Tiers Monde,
soit par paresse intellectuelle, soit plus simplement parce qu’ayant goûté au
mode de vie occidental, n’est pas prête à renoncer à ses privilèges. De ce
fait, elle oublie que toute vraie lutte politique postule un débat théorique
rigoureux et elle refuse l’effort de réflexion qui nous attend. Consommatrice
passive et lamentable, elle se regorge de vocables fétichisés par l’Occident
comme elle le fait de son whisky et de son champagne, dans ses salons à
l’harmonie douteuse ». On appréhende encore plus profondément la
quintessence de cet élan « Sankariste » lorsqu’il dit « …Il faut, avant qu’il ne soit trop tard, car il est déjà trop tard, que
ces élites, ces hommes de l’Afrique, du Tiers Monde, reviennent à eux-mêmes,
c’est-à-dire à leur société, à la misère dont nous avons hérité pour comprendre
non seulement que la bataille pour une pensée au service des masses déshéritées
n’est pas vaine, mais qu’ils peuvent devenir crédibles sur le plan
international, qu’en inventant réellement, c’est-à-dire, en donnant de leurs
peuples une image fidèle. Une image qui leur permette de réaliser des
changements profonds de la situation sociale et politique, susceptibles de nous
arracher à la domination et à l’exploitation étrangères qui livrent nos Etats à
la seule perspective de la faillite ».
On
l’aura bien retenu, dans la pensée « Sankariste », la rupture
avec toute tutelle étrangère est une façon sacerdotale d’extirper du giron
Africain ce « mal de l’autre ».
En son temps, cette position constante
de ce Président « atypique »
qu’il fût, était aux antipodes de l’attitude servile de la plupart de ses pairs
africains.
L’Afrique, continent asservi, esclavagisé
et colonisé par ceux qui y ont prétendu apporter la « civilisation et
le progrès », est largement traversé et plombé par des pesanteurs dont
seul l’Être Africain peut se débarrasser par une « révolte »
assumée. Ainsi, disait-il : « l’esclave qui n’est pas capable
d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort »,
avant de poursuivre « Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se
fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend
l’affranchir. Seule la lutte libère… ». De cette vérité, jaillit un sublime écho, comme une
providentielle étincelle, qui traverse toute la torpeur africaine, faite
d’ambiguïtés, de turpitudes et d’embaumement momifère,
qui rappelle à toute l’Afrique le chemin qui reste à parcourir.
La
révolution « Sankariste »
s’est attachée à dérouler une conception politique qui, manifestement ne sera
jamais assez, celle qui a démontré qu’il est possible de donner confiance aux
masses africaines, dans un temps relativement raisonnable, afin « …qu’elles dessinent elles-mêmes leur propre
bonheur…avec leurs propres efforts… ». Thomas Sankara
a toujours privilégié la pédagogie de masse, par le biais non seulement de
l’exemple d’humilité, de probité et d’altruisme qu’il donne lui-même dans sa
vie, mais aussi et surtout par l’éducation populaire pour faire de son peuple
un allié de la réussite révolutionnaire. Le 02 octobre 1987, soit un peu moins
de 2 semaines avant sa mort, il déclarait : « …nous avons besoin d’un peuple convaincu plutôt
que d’un peuple vaincu… ». Décidément,
une visée politique de haut vol, qui tranche nettement avec la pratique politique
en cours dans la plupart des pays africains, où les dirigeants, aux masques
labellisés démocratie, s’enracinent
et prospèrent sur l’indigence morale, l’obscurantisme et la paupérisation des
populations. Il n’a transigé d’aucune façon pour être à la pointe de ce que
l’Afrique démonstrative peut montrer qu’il est possible d’oser inventer un avenir pour ce continent.
Un
dirigeant honnête, modeste et juste, Thomas Sankara
l’a été loin des fastes et des réjouissances du pouvoir. Un Président travailleur
et exemplaire, assurément, il le fût, comme cette foi et cet entêtement
qu’il a toujours nourris en la capacité de ces congénères à transformer l’Afrique,
par eux-mêmes, au prix d’un dur labeur, toujours dans l’insistance et la
consistance « …il faut mettre une pierre sur une
autre, recommencer et encore recommencer… ». Il ne
voulait pas verser dans des postures de facilité intellectuelle voire physique,
en ne consommant que « les efforts
réflexifs des autres », pour paragrapher le
Prof. Théophile Obenga. Cette invite à la « sueur » sonne comme une cloche
d’église à l’aube du matin, pour finalement rappeler aux africains que seule le
travail mérite respect et admiration.
Thomas Sankara
a su montrer la voie à toute une génération des jeunes africains, tel que l’ont
fait ses prédécesseurs : Patrice Lumumba, Uw Nyobe, Sekou Touré, Marien N’gouabi, etc.
Une
icône scintillante, un exemple à suivre que seuls ses conspirateurs d’hier et
d’aujourd’hui ne pourront étouffer. Perché
au sommet de l’humanisme Africain, tout le monde aura bien compris que, Thomas Sankara, cet enfant d’Afrique et des contrées Burkinabées, a eu à faire sa part d’œuvre qui lui était
assignée par l’exigence du respect de notre dignité.
Musuela
Mu Ntima Guillaume TATI
Club de réflexion Tchi Limbu – Congo/France