Diables Rouges Juniors, champions d’Afrique des moins de 20 ans !

Franchel Ibara, le buteur au pied en or !

 

C’est un rêve de gosse que s’est offert le Congo samedi 03 février dernier, avec cette éclatante victoire en finale des Diables Rouges Juniors sur les Super Eagles Juniors du Nigeria : 1 but contre 0 ! C’était au Stade Alphonse Massambat-Débat, devant un public enthousiaste déterminé à pousser son équipe jusqu’au bout de ses possibilités. La victoire s’est jouée à la 56ème minute du jeu, sur un magnifique tir du pied gauche de Franchel Ibara, entré en deuxième mi-temps dans l’aire du jeu en remplacement de Harris Brandt Tchilimbou.

 


A peine entré dans l’aire du jeu, Franchel Ibara a transformé en victoire une offensive décisive lancée en direction du but nigérian par les Diables Rouges Juniors. Peu avant le milieu de terrain, Devlin Ndinga d’une frappe énergique fait une passe à Nguessi-Ondama, qui laisse couler au profit de Franchel Ibara, positionné à l’extrême gauche. Sans modifier sa position, toujours sur sa lancée, d’une seule et puissante frappe du pied gauche, Franchel Ibara tire ! Et c’est le but, un but magnifique qui laisse le gardien des buts nigérians littéralement tétanisé ! Cet unique but marqué à la 56ème minute fera finalement la décision du match qui a clôturé la 15ème édition de la coupe d’Afrique de football des moins de 20 ans qui s’est déroulée du 20 janvier au 3 février 2007. Lorsque l’arbitre Kacem Bennaceur siffle enfin la fin du match, le Nigéria n’avait toujours pas réussi à marquer un seul but ! A l’intérieur et au dehors du stade, c’est la folie ; une immense clameur sortie des entrailles du peuple sportif parcourt alors Brazzaville et Pointe Noire de part en part. Ouf, ça y est, on a gagné, on a réussi à détrôner dans la plus grande transparence les Nigérians, champions de cinq éditions successives de la Can Juniors !

 

Demi finale, Ibara montre le chemin du but à Tchilimbou !

 

L’aventure victorieuse des Diables Rouges Juniors a commencé à prendre corps à  Pointe – Noire, après la victoire sur la Zambie , sur un score de 1 but à 0. A la 73ème minute de jeu, Franchel Ibara sert un caviar sur un plateau d’argent à Harris Brandt Tchilimbou, « l’enfant du pays », qui venait de faire son entrée dans la partie. D’un tir fumant « à la Ebomoua », il catapulte le ballon dans les buts  zambiens. Mouche ! Au stade municipal omnisport flambant neuf de Pointe-Noire, c’est le délire parmi les 35.000 supporters qui ont fait le déplacement du stade ce samedi 30 janvier. Jusque tard la nuit, la ville est en ébullition et ivre de joie ! Le score en restera là jusqu’au coup de sifflet final; les Diables Rouges Juniors  venaient de se qualifier pour la finale ; c’était du « Tao – Tao » aurait commenté le célèbre chroniqueur sportif Joseph Gabio !


Au début du match pourtant, dans ce stade flambant neuf muni d’un gazon synthétique, les jeunes champions congolais semblaient peiner à prendre leurs marques avec le ballon, en présence du Premier Ministre Isidore Mvouba et des ministres Alain Akouala et Marcel Mbani, qui avaient exprès fait le déplacement de Pointe Noire. Très peu d’observateurs sportifs en effet donnaient les poulains de Eddie Hudanski gagnants face à la redoutable équipe de la Zambie.

Tous avaient encore en mémoire le match des quarts de finale face à la Gambie, durant lequel les juniors congolais ont réussi à se qualifier grâce à un penalty marqué à la 45ème minute de la première mi-temps. Et pour arracher leur ticket pour la demi-finale, ils avaient été obligés de dépenser beaucoup d’énergie. Mission accomplie, d’autant plus que les Diables - Rouges juniors étaient, d’office, qualifiés pour la phase finale de la coupe du monde des moins de 20 ans qui va se jouer à Toronto, au Canada, au mois de juin prochain. Ainsi, face au Nigeria qui avait survolé la compétition de sa classe, personne ne vendait cher la peau des diablotins juniors. Mais, en dépit des pronostics peu encourageants des « bookmakers » - y compris le site intégriste d’en face qui craignait par dessus tout qu’une victoire des Diables - Rouges ne vienne rehausser le prestige de Sassou-Nguesso, les Congolais ont tenu bon. D’ailleurs, le site en question n’a consacré que trois petites lignes pour annoncer la victoire historique des Diables – Rouges juniors. Tristesse quand tu nous tiens !

Le Congo, avec en première ligne le Chef de l’Etat congolais lui-même, artisan du centre de formation de football de la capitale piloté en partenariat avec l’A.J Auxerre, avait à cœur de remporter ce trophée international d’une valeur non négligeable. Ainsi donc, poussé par tout un peuple rangé derrière ses enfants et ses autorités, les Diables - Rouges Juniors ont réussi l’exploit de terrasser les Super Eagles Juniors du Nigeria. Qui a dit que dans ce pays il n’y avait que du « caca » ?

 

Sur les traces des anciens, trente-cinq ans après !

 

En 1972 contre le Cameroun en demi finale et le Mali en finale, le Congo de Mbono dit « Le Sorcier », Minga Noël « Pépé », Yvon Jacques Ndolou, Bahamboula Mbemba Jonas « Tostao », n’était pas non plus donné gagnant par les pronostics sportifs. Les Diables - Rouges Seniors avaient pourtant créé la surprise en battant le Mali par le même score que celui que leurs juniors viennent d’infliger au Nigeria, trente-cinq ans après. Alors qu’ils étaient seulement qualifiés pour la demi-finale, le Chef de l’Etat congolais de retour d’Addis-Abeba déclarait au sujet de l’exploit des joueurs congolais qu’ils avaient adressé « un message fort à la Nation ».

En remportant la 15ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations pour les moins de 20 ans, les juniors congolais viennent de montrer la voie qui va vers la  consolidation des fondations d’une nation forte, prospère et unie au cœur de l’Afrique. Gardons-nous cependant de toute euphorie. Car au moment où les lumières s’éteignent sur le « paspalum » (gazon) du stade Alphonse Massamba-Débat,  au moment où la fièvre de la liesse collective se met à baisser, des problèmes et des difficultés pourraient surgir, que seuls dirigeants sportifs et  gouvernants savent en créer. On peut craindre par exemple que les primes de matchs et les récompenses que certains chercheront à « catcher » ou à dissimuler, finissent par ternir le souvenir de cette très belle romance.

Les Diables - Rouges de Yaoundé 1972 ont ainsi failli « maudire » le football congolais parce qu’ils n’auraient jamais été logés à la bonne enseigne, malgré leurs exploits et le titre de champion d’Afrique offert à la nation. Certains d’entre eux sont morts dans le dénuement. Préservons donc les champions d’Afrique 2007 de la rapacité et de l’avidité de ceux qui seraient tentés de se faire du beurre sur leur dos.

Ces « petits » viennent de donner à la nation tout entière une belle leçon de civisme et de patriotisme. Nous osons espérer que les encadreurs et les dirigeants sportifs ne nous donneront pas l’occasion de revenir sur cette toile, une fois le rideau tiré, pour venir dénoncer les pratiques délétères qui ont souvent court dans ce milieu. Ces pratiques, nous le savons, ont failli porter un coup fatal à la réussite de cette compétition sportive. La victoire des Diables – Rouges est arrivée à point nommé. Gageons qu’elle stimule d’autres secteurs de la vie économique et sociale afin que le Congo puisse enfin, sortir de la sinistrose ambiante.

Trente-cinq ans se sont écoulés depuis que le Congo avait fêté à l’unisson un tel succès ! Soyons donc bons gagnants. Savourons tous cette belle victoire qui nous est offerte par notre jeunesse. Le bonheur étant communicatif, ne boudons pas le plaisir d’un Congo champion d’Afrique des moins de 20 ans. Un tel événement, mérite bien une journée chômée payée et, pourquoi pas, dansée ! Les congolais ne s’y sont pas trompés. Ce 5 février, ils ont fêté leur titre de Champion d’Afrique de la plus belle façon, aussi bien à Pointe Noire qu’à Brazzaville. Chapeau bas !

 

P.SONI BENGA

& Mokabi Dawa Le Coq