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Réflexion
Le
8 mars de chaque année, a été décrétée la journée internationale de la femme.
Instituée le 8 mars par la Conférence Internationale des femmes socialistes
réunies à Copenhague qui se battait pour donner le droit de vote à toutes les
femmes, en cette année 2007, cette journée est devenue celle de la lutte contre
toutes les discriminations qui frappent les femmes, notamment celles liées à la
violence conjugale, la maltraitance, les inégalités et la lutte contre les
injustices.
En
Europe et en France, cette journée de la femme a été mise sous le sceau de la
lutte contre toutes les discriminations dont l’autre moitié de l’humanité est victime. Au Congo, ce 8 mars a été, bien
entendu, mis sous le signe de l’élimination de : « toutes les formes de discriminations et
violence à l’égard des femmes et des filles » C’est le 1er
Secrétaire Général de l’ONU, Ban KI-Moon, lui-même, qui, la veille du jour
anniversaire, a interpellé la communauté sur le sort des femmes qui ne cesse de
se dégrader. Pour lui, cette journée, au-delà de prendre la défense de toutes
les femmes, devrait être étendue à toute l’humanité, parce que : « La violence contre les femmes et les filles
ne recule pas »
Pour
l’année 2007, l’ONU a retenu le thème : « Mettre fin à l’impunité des auteurs de violences faites aux femmes et
aux filles » Parlant de
la femme africaine face à l’épidémie du Sida,
la Directrice Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a
indiqué que 74% de personnes vivant avec le virus en Afrique Subsaharienne sont
des jeunes femmes.
Sans
faillir à la tradition de cette journée anniversaire officialisée en 1977 par
les Nations Unies, nous avons choisi de célébrer cette journée à notre façon,
en parlant des jeunes africaines qui quittent l’Afrique pour suivre leurs époux
occidentaux recrutés par petites annonces dans les magazines « People » africains comme Amina ou
encore des « cybermariages »
arrangés grâce au Net avec la complicité de la
webcam. En s’inspirant des travaux du Camerounais Baba Wame, Docteur en
Sciences de l’information et de la communication, auteur d’une thèse : « Internet au Cameroun : les usages et
les usagers. Essai sur l’adoption des technologies de l’information et de la
communication dans un pays en voie de développement », soutenue à
l’Université de Paris II – Assas, nous avons découvert une nouvelle forme de
violence infligée aux femmes africaines réduites à l’esclavage sexuel par la
faute du Net.
Nous avons ainsi pu reconstituer le parcours de certaines cybernautes qui ont quitté le continent africain pour suivre l’heureux élu rencontré au détour d’une connexion Internet ou par la grâce d’une correspondance assidue à la suite d’une réponse à une annonce parue dans un magazine de rencontre. Nous vivons littéralement une époque où la sexualité s’institue par le biais de l’ordinateur. Le concept de sex machine chanté par James Brown est littéralement mis en pratique dans ce système matrimonial. Certaines africaines à la recherche d’une âme sœur ont été vite piégées par le mythe de l’Occident, l’eldorado. Une fois en Europe, nombre d’entre elles, sont très vite devenues, au fil des ans, de simples esclaves sexuels ou des objets de plaisir. Ces marchandises libidinales sont simplement utilisées pour assouvir les fantasmes sexuels de leur nouveau partenaire, à défaut d’élire domicile dans la rue pour se vendre moyennant Kopecks !! Sur les boulevards parisiens, on les appelle « lucioles noires ». En fait elles ne sont que l’ombre d’elles-mêmes.
Les Cyber-amants du
Net !
Ainsi, pour notre chercheur camerounais, 80% d’internautes
Camerounais qui fréquentent les cybercafés
se connectent pour le « chat »
et pour consulter leurs mails ; les 2/3 sont des femmes dont 10 à 15% sont
analphabètes. Ces dernières utilisent le Net pour aller surfer sur les sites de
« chat » (www.tchatche.com),
de rencontre à l’image du site www.meetic.fr, le premier
site de rencontre sur le Net ou sa rivale www.match.com. Surfant sur
cette vague du « cyberflirt »,
où « de plus en plus de jeunes optent pour Internet pour trouver l’âme
sœur ». Le Sénégal, pays musulman, s’y est mis à son tour en
créant un site de rencontre www.setsima.com.
Aujourd’hui, de nombreuses jeunes Dakaroises viennent se connecter dans
l’espoir de rencontrer une âme sensible en Europe, au Canada ou en France pour « échanges
si affinités ! »
Toutes
celles qui viennent se connecter, n’ont qu’un seul objectif, rencontrer l’élu
de leur cœur, de préférence d’origine européenne dont l’âge importe peu !
La proie ? Un veuf, un divorcé ou encore un vieux garçon qui a du mal à
refaire sa vie sentimentale avec une femme de chez lui, trop libérées et pas
trop dociles à son goût.
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Ainsi,
toutes ces jeunes femmes africaines, dont on peut lire par ailleurs, les offres
de services dans la rubrique correspondance du Magazine Amina, ne rêvent toutes, que
d’une chose : fuir la misère en Afrique.
Morceaux
choisis : « J.F ivoir. 28a ss
enft étudiante désire correspondre avec H.blanc europ. 26/34a sérieux pour
relation sincère en vue mariage » ; « F.camer. Séropositive des. Faire connaissance avec H européen Sérop. Ou non en
vue mariage » ; « J.F
camerounaise 25a infirmière rech. H 30/50 pour amitié
sincère durable pouvant aboutir mariage. H sérieux ».
Cet
échantillon peu représentatif, traduit le sentiment réel de toutes ces jeunes
filles qui usent de tous les artifices pour quitter leur Afrique natale pour
l’Europe ! Quitte à venir vendre leur corps au plus offrant « pour un plat de lentilles », elles
sont prêtes à tout. Certaines, pour y arriver, sont prêtes à traverser le
Sahara à pied et la Méditerranée dans des barques de fortune.
Ayant
suivi pour certaines, des maris rencontrés sur le web avec la complicité de la
Webcam qui a vite fait d’adoucir et polir les défauts du futur époux, ces
charmantes et coquines demoiselles aux « dessous chics » qui ont réussi à dégoter leur homme grâce aux
petites annonces, une fois en Europe, se révèlent pour certaines, être de
véritables meneuses d’hommes. Elles ont vite fait de donner le tournis. Nombre
de ces filles vivent un véritable cauchemar. Parfois elles sont
contraintes à se livrer à des actes
pervers et souvent à des déviations sexuelles, comme la zoophilie. Les
Congolais se souviennent eux aussi du drame de cette jeune étudiante qui
s’était fait « embrocher » le derrière par le Pitbull de son
amant Européen en contrepartie d’espèces sonnantes et trébuchantes pour acheter
son billet d’avion pour l’Europe, on l’a retrouvé raide morte ! On demanda
à une prostituée au Cameroun : « Que pensez-vous des filles
africaines qui font l’amour avec des animaux en France ? » « Moi-même
si j’avais des moyens j’irai les rejoindre là-bas » dit cette fille de
rue. « Vous n’avez pas peur des maladies ? »
Réponse : « Pas du tout, en France la médecine est avancée. On
peut guérir les filles qui font ça avec les bêtes. »
Pour
ces jeunes africaines, la proie idéale, à plusieurs titres, devait être
l’Européen fortuné. Cette poule aux œufs d’or représente la résolution de
ses problèmes de papiers, son confort matériel et la prise en charge des
besoins des parents restés sur le continent. L’essentiel est d’échapper coûte
que coûte à la misère, la pauvreté, au
sombre quotidien de l’Afrique fait d’un repas en turn-over un jour sur deux.
Peu importe donc, si celui qui a décoché la timbale, a l’âge du père voir du
grand-père, il suffit qu’il y ait l’ivresse et une ferme volonté mentale de se
sortir de cette galère africaine !
Qu’importe
donc, que la différence d’âge entre cette jeune « Gazelle » noire « à
la carrosserie bien remplie de marchandises » et « l’élu » de son cœur soit de trente
ou quarante ans. Il faut se sacrifier : le jeu en vaut la chandelle. La
« petite » préfère se
boucher le nez, serrer les cuisses, sachant qu’au bout, elle aura ses
papiers ; ce fameux sésame qui va lui permettre un jour, d’aller « frimer »
à son tour au pays ; aiguisant
ainsi l’appétit des futures candidates à l’exil sexuel. Cercle vicieux. Celles
qui n’étaient rien, avant d’aller en Europe, ont pu réussir « pourquoi
pas elles et pas nous » raisonnent-elles ?
Même
si ces jeunes femmes vivent dans des conditions miséreuses faites de vente de
leur corps, de souffrance morale et physique, d’agression de leur hymen, etc. :
motus et bouche cousue. Elles ne raconteront jamais leur souffrance à la
famille, de peur de briser le rêve « Européen »
des aspirants au voyage. On la garde jalousement sur soi ! L’argent
n’étant pas sale mais la vérité, dure à supporter, ces jeunes femmes – celles
qui s’en sortent – font, malgré les turpitudes de l’exil, l’effort de venir en
aide à la famille rester au pays natal à coup de « Western Union ».
Ainsi,
donc tous les artifices seraient les bienvenus pour que l’Afrique reste pendant
de nombreuses années la mamelle asséchée qui peine à nourrir ses propres
enfants, alors qu’elle gave l’Europe de ses matières premières tirées de son
sol et son sous-sol ! Comme dans les années soixante où les africains
venaient travailler en masse dans les usines Renault ou Peugeot, avant de finir
comme balayeurs des trottoirs des grandes villes européennes ou éboueurs, faute
de ne pas avoir pu s’adapter aux mutations, les années 2000 sont l’époque de la
traite des négresses. Aujourd’hui, c’est une immigration d’un nouveau genre qui
se développe entre l’Afrique et le nouveau monde. Ce n’est plus celle de la
fuite des cerveaux et des élites africaines mais, au contraire, celle des sexes
qui s’exportent. L’immigration africaine se traduit aujourd’hui par « l’exil des clitoris », au grand
bonheur de partenaires européens dont le seul charme est d’être mieux lotis
économiquement.
A
l’heure de la libéralisation de la femme, et de la lutte contre toutes les
formes de violences qui frappent les femmes dans le monde, au moment où les
féministes dans les pays développés se battent pour que ni le Tchador ni la
Burkat n’arrivent aux portes de la civilisation occidentale ; à l’heure où
les mêmes voix s’élèvent pour condamner l’excision des jeunes africaines ;
à l’heure où est condamnée la mutilation, pour ne pas dire l’ablation du
clitoris et des lèvres vaginales de la femme africaine au nom du droit suprême
de ces dernières à jouir pleinement de leur corps de femme, la journée du 8
mars dans le monde aura plus de sens si les pays riche prenaient des mesures en
faveur des pays de la périphérie à
économies dite « fermées » et par delà, en faveur de l’Afrique
toute entière.
Aussi
longtemps que la richesse des pays occidentaux sera considérée, dans certaines
zones du monde, comme une agression à la dignité de la personne humaine, toutes
les célébrations des fêtes internationales sur les Droits de l’homme
seront vaines.
Les
populations des pays du Sud, en l’occurrence, celles de l’Afrique, redoubleront
d’ingéniosité pour atteindre le très riche continent européen, non pas pour le
piller mais tout simplement pour fuir la misère qui est de plus en croissante
sur un continent dont nombre de dirigeants ne font aucun effort pour éradiquer
la misère. Les barrières (et encore
moins les discours de rejet) ne feront rien pour arrêter cet afflux de
femmes/marchandises en quête de partenaires mieux lotis économiquement dans les
pays du Nord. Si l’on refuse aux mains valides africaines qui échouent aux
larges des côtes espagnoles de venir « prendre »
le travail des populations du Nord au nom de « l’immigration choisie », le sexe téléchargé sur Internet,
visualisé en live à partir de la Webcam, peu importe son genre, sera le produit
d’attraction qui génèrera une immigration d’un nouveau genre !
P.SONI-BENGA.