Madame Antoinette SASSOU-NGUESSO en compagnie des Miss et
Louis Bakabadio président du jury

« Miss indépendance 2007 » à Owando

La première édition a tenu toutes ses promesses

 

A la veille du défilé marquant le quarante-septième anniversaire de l’indépendance du Congo qui s’est déroulé à Owando, chef lieu du département de la Cuvette, deux événements majeurs ont marqué la journée du 14 août. Le premier s’est déroulé dans la matinée. Il s’agissait du traditionnel marathon organisé et sponsorisé, chaque année, par la Société Nationale de Pétrole du Congo (SNPC). Le deuxième événement organisé dans la soirée avait trait au lancement de la première édition de « Miss indépendance » patronnée par l’association Lumières d’Afriques, présidée par Ferréol Ngassakys.

 

Le lieu de l’événement : le site touristique de Mombo Beach, un cadre paradisiaque en pleine nature bordé par le fleuve Kouyou où l’on peut pratiquer du Jet ski et respirer l’air frais tout en profitant du dépaysement. Un ballet de limousines et de 4x4, allant des Toyota Hilux aux fameuses Hummer, ont arpenté la côte poussiéreuse et non asphaltée qui mène à Mombo Beach, pour y déposer de nombreux hôtes de marque. Parmi ces derniers, les marraines de l’événement, Antoinette Sassou Nguesso et Monique Bozizé, première dame de la Centrafrique ; Moustapha Niasse, ancien Premier ministre du Sénégal ; des membres du gouvernement comme Alain Akouala Atipault, Jeanne Dambenzet, Rosalie Kama Yamayoua, Lekomba-Louméto ; des généraux des Forces Armées Congolaises comme le général Norbert Dabira accompagné de son épouse, le général Léonard Essongo et des membres du cabinet du Chef de l’Etat. Pour la circonstance, tout le monde avait tenu à honorer cette grande première qui a fait de la ville d’Owando la reine d’un soir.

 

Owando, la reine d’un soir !

 

Sponsorisée par la société de téléphonie mobile MTN, l’hôtel Saphir, l’hôtel Olympic Palace, l’eau minérale Okiessi, les Dépêches de Brazzaville et le Littoral, la première édition de l’élection de miss indépendance 2007, a tenu le public en haleine et tenu toutes ses promesses. La preuve : le public est resté très tard, jusqu’à 2h00 du matin, pour attendre les délibérations du jury !


Le marathon d'Owando

A l’initiative de Ferréol Ngassakys, président de l’association Lumières d’Afriques et en partenariat avec le commissaire général du salon africain de la mode et de l’artisanat (SAMA), quelques créations des stylistes africains venus de cinq pays ont été présentés. Entre deux passages de mannequins défilant pour les deux sœurs jumelles du Congo-Brazzaville, de Pathé O de Côte d’Ivoire (le créateur des chemises de Laurent Gbagbo et de Nelson Mandela), de Chérie Essam (artiste créateur de la RDC ), de Doum Dieng du Sénégal, de Paul Alain Ndassa du Cameroun et enfin d’un styliste Centrafricain, la soirée fut agrémentée par un groupe local, des artistes musiciens venus tout droit de Brazzaville, à l’instar de ceux du groupe Patrouille des Stars (le plus ovationné), ZI-International, Kingoli Authentique, Extra-Musica Zangul de Roga-Roga. Venu s’exhiber en play-back avec une danseuse, Roga Roga sera trahi par une sonorisation défectueuse, qui le poussera à laisser la place au célèbre griot brazzavillois Loumouamou, alias « Kouiti Kouiti » bien connu des habitués de la « Pizzeria Centrale » et du « Renouveau », deux snack-bars du centre ville à Brazzaville. Devant un public ravi, le griot placé en embuscade a fredonné quelques balades langoureuses de sa création, dont sa chanson « Sarkozy », tirée d’un riche répertoire plutôt coquin.

Il faut dire que les stylistes présents ont rivalisé d’originalité, en présentant leurs  collections. La plus surprenante aura été celle du styliste centrafricain, faite à base de soie de chenille ! Le succès de ces collections fera qu’à la fin du défilé de mode, tous les stylistes ont mis leur création à la vente.

 

Place à la reine de beauté de la Cuvette !

 

Après le défilé de mode, la danse et la musique, vint le tour des seize candidates « Miss » Cuvette venues des neuf sous-préfectures qui composent ce département : Owando, Makoua, Boundji, Ntokou, Oyo, Loukoléla, Mossaka, Tchikapika et Ngoko.  Agées de


Le
traditionnel marathon

16 à 20 ans, les seize candidates à qui le jury avait donné le choix de s’exprimer en Lingala, dans leur langue d’origine et en Français, ont donné le meilleur d’elles-mêmes. Aidées par Médard Milandou, présentateur et maître de cérémonie des manifestations officielles, qui a réussi à les mettre en confiance en décrivant de sa voix suave leurs atours, ces charmantes demoiselles qui défilaient deux par deux, ne pouvaient qu’exploser ! A la place des déhanchements habituels qui rythment les pas cadencés à la mode d’une gazelle, elles ont offert  au public des ondulations reptiliennes qui ont donné à la soirée une très belle facture. Même si l’expression dans la langue de Molière n’a pas été du plus bel éclat, les yeux du public ont été régalés par ces beautés d’Ebène !

Ainsi, avant de donner lecture des résultats du concours de beauté départemental, le président du jury, Louis Bakabadio, conseiller du Chef de l’Etat habillé pour la circonstance en linguiste rigoureux, n’a pas hésité à relever en public quelques insuffisances de langage. A une candidate qui avait dit que le nom de la capitale économique du Congo était « Poin-Noire », le professeur Bakabadio a rectifié « Pointe-Noire ». La remarque a fait rire l’assistance, surtout ceux qui aiment « avaler » les voyelles lorsqu’ils s’expriment. Surprise : à la question de citer au moins trois noms des Chefs d’Etat qui ont dirigé le Congo, même si toutes les candidates ont trouvé les bonnes réponses, aucune n’a cité une seule fois le nom du Camarade Marien Ngouabi, enfant du pays né à Ombéllé, à quelques encablures de Mombo Beach et qui a dirigé le pays de 1969 à 1977 ! Quelle amnésie et dire qu’on fêtait le quarante-septième anniversaire de l’indépendance du Congo dans son département d’origine !

Le chauvinisme n’est certes pas à encourager. Mais il appartient tout de même aux élites de ce pays de tout faire pour perpétuer le souvenir de tous ceux qui ont fait l’histoire du Congo, pour qu’ils ne tombent pas dans un oubli ingrat et injustifié.

   

Ferréol NGASSAKYS entouré des Miss

Après délibération, le jury présidé par Louis Bakabadio a finalement décerné le titre de « Miss indépendance 2007 » à Mademoiselle Fany Yoka Opa d’Owando, couronnée par Antoinette Sassou Nguesso. Elue 1ère « Dauphine », Mlle Daina Apoungué de Mossaka, qui reçu son écharpe des mains de l’ancien Premier ministre du Sénégal, Moustapha Niasse, a fait très forte impression avec sa sœur durant le concours. Notamment lors du passage chorégraphique, exécuté avec mæstria.

2ème « Dauphine », Mlle Pachie Allanga, originaire d’Oyo, qui a reçu son écharpe des mains de l’épouse du préfet de la Cuvette. Le prix « Miss charme » est revenu à Ngoko ; celui de « Miss élégance » à Makoua et enfin celui de « Miss fair-play » à Tchikapika. Rideau et à l’année prochaine pour la deuxième édition, Inch’Allah !

 

P.SONI-BENGA.