Économie
agriculture et sécurité alimentaire
L’économie congolaise
s’articule pour l’essentiel suivant deux grands axes: les industries
extractives minières (pétrole et gaz) et les activités du secteur primaire
(agriculture, pêche et forêt). Le PIB national en 2003 était de 3.5 milliards
de dollars EU. La part revenant à l’agriculture était de 6.3 pour cent du PIB
national. En 2004, les secteurs agricole et sylvicole absorbaient 37 pour cent
de la population active totale dont 60 pour cent étaient des femmes.
LE SECTEUR DU PÉTROLE AU CONGO
Le
Congo a connu un grand essor pétrolier depuis 1990 plaçant le pays au troisième
rang des producteurs en Afrique subsaharienne après le Nigeria et l'Angola.
Le secteur pétrolier occupe une place très importante dans l'économie
congolaise puisqu'il contribue à près de 60 % à la formation du PIB global,
apporte plus de 70 % du budget et représente 90 % des exportations.
De 1980 à 1990, la production pétrolière totale du Congo a plus que doublé,
passant de 3,3 à 8 MT. En 2000, cette production est évaluée à 13,7 MT contre
12,6 MT en 1998 et 13,2 MT en 1999.
Elle culmine en 2000 à 96 900 barils et 93 600 barils en 2001.
Grâce aux progrès techniques en matière d'exploration, forage et exploitation
en mer, Elf et les autres opérateurs ont pu progressivement accéder à des
ressources éloignées de la côte en mer profonde et très profonde.
L'activité pétrolière a fait l'objet depuis 1994 de réformes importantes,
notamment la révision du Code des hydrocarbures en 1994 (loi n° 24-94 du
23/08/94).
Depuis le 1er janvier 1996, des contrats de partage de production ont de ce
fait été signés pour l'ensemble des nouveaux gisements pétroliers.
Ce régime augmente la part réservée à l'Etat de 17 % à 32 % .
Totalfinaelf, installée au Congo depuis
30 ans, est le premier opérateur pétrolier du pays. Ses investissements sont prédominant.
Agip, dont la présence est également ancienne,
développe aussi son intérêt pour le Congo par ses recherches off-shore et son
engagement pour la réalisation d'une centrale thermique qui consommerait ses
gaz morts.
En dépit du plafonnement actuel de la production, Totalfinaelf
travaille actuellement à une liaison du champ de Nkossa
par un pipe sous-marin à sa bouée de Djéno qui sera doublée.
Elle vient d'autre part de forer un puits d'appréciation sur le nouveau champ
de Moho Bilondo qu'elle se
propose d'exploiter.
Elle se propose aussi, après les accords inter-étatiques
de septembre 2001 avec l'Angola, devenir opérateur ou co-opérateur de AIMI,
dans les eaux frontalières, avec l'américain Chevron, selon les résultats des
puits à forer en mai ou juin 2002.
La compagnie espère que l'exploitation de Moho Bilondo limite le vieillissement des autres réservoirs et
fonde de gros espoirs sur le champ frontalier en partage avec l'Angola.
L'activité d'exploration est en expansion depuis 1996.
Cette exploration est de plus en plus axée vers les mers profonde et très
profonde mais également à terre. Huit permis de recherche et une autorisation
de prospection ont été attribués (quatre permis d'avant 96 ont été prorogés).
Les recherches de Shell et Esso n'ayant pas apporté de résultat, ces deux
sociétés ont quitté le Congo mais maintiennent leurs position antérieures
d'associés sur certains champs aux cotés de Totalfinaelf
ou d'Agip.
Les opérateurs sont donc Totalfinaelf, Agip second producteur au Congo avec environ 30%, CMS Nomeco, auquel il faut ajouter depuis la cession des droits
de Total sur le champ vieillissant d'Emeraude à Congo-Rep,
filiale de Pérenco qui a commencé son exploitation en
2001.
Enfin Zetah, du groupe Maurel
et Prom qui a repris un permis d'exploitation et de
recherche qu'Elf n'avait pas exploité, on-shore.
La production, commencée par deux puits à Kouakouala
en mai 2000 est limitée par les problèmes de logistique mais va être développée
dès mars par la mise en route d'un pipe construit sur 27,5 km
le reliant à Mengo kluster
à un ancien pipe-line racheté à Totalfinaelf pour
assurer la connexion avec le terminal de Djéno. Elle
devrait être de l'ordre de 4 à 5000 b/j.
En outre, Congo-Rep a effectué un forage positif sur
son permis de recherche à Mboundi et va faire trois
forages d'appréciation à la fin du premier trimestre.
|
Pétrole brut |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
|
Production en millions de tonnes |
10,4 |
11,9 |
12,6 |
13,2 |
13,3 |
12,8 |
Source:
Totalfinaelf

La
SNPC (Société Nationale des Pétroles du Congo) a été créée en mars 1999 et est
détentrice des titres miniers.
Elle est également chargée de commercialiser la part de pétrole brut du Congo
provenant principalement des contrats de partage de production et dispose d'un
bureau à Londres.
Elle
assure enfin une fonction d'expertise et de conseil auprès du
Gouvernement.
Ses comptes ont fait l'objet d'une demande d'expertise de la part du FMI qui
souhaite la transparence de ses revenus et leur versement au budget.
La société Hydro-Congo, inscrite sur la liste des
sociétés privatisables, assure, quant à elle, la distribution et la commercialisation
des produits pétroliers, provenant notamment de la CORAF (Congolaise de
Raffinage) également privatisable.
Un
accord a été signé avec Totalfinaelf et Shell en mai
sur les modalités de transfert des actifs de l'aval de la distribution mais la
loi du 17 octobre attendue pour la mise en application des dispositions de
l'accord ne correspond pas aux dispositions prévues et, à défaut d'évolution
sur des points qui leur paraissent fondamentaux, les deux compagnies restent
dans l'expectative, Shell ayant annoncé qu'elle retirerait son offre en mars.
Ces
trois sociétés d'Etat sont sous la tutelle du Ministère des Hydrocarbures,
leurs dirigeants sont nommés en Conseil des Ministres.
Les principaux champs pétroliers exploités, ou à exploiter sont les suivants
:
Emeraude (1972)
;
Loango (1977)
;
Likouala (1980) ;
Yanga (1981) ;
Sendji (1984) ;
Tchibouéla (1986/87) ;
Zatchi (1986/1987) ;
Tchendo (1991) ;
Nkossa (1996).
Nkossa est une première mondiale dans le domaine
maritime comme dans celui du développement des champs pétroliers et gaziers
offshore opérée par Elf; montant total de l'investissement près de 10 milliards
FF ;
Kitina (1998) ;
Kombi, Likalala (1999)
;
Tchibéli (2000) ;
Ikalou ;
Moho Bilondo(prévisions 2005).

Sources : Mission
économique au Congo.
BILAN AGRICOLE
Le bilan établi en 1994
sur la situation alimentaire du Congo montre que, hormis pour le manioc et la
banane plantain, où l’autosuffisance varie entre 90 et 100 pour cent, les
produits de base sont très déficitaires, à savoir la viande (30 pour cent
d’autosuffisance), le riz (3 pour cent), les œufs (46 pour cent) et l’huile (40
pour cent). Globalement, le Congo dépend des importations pour son
alimentation. Depuis 1994, la situation n’a cessé de se dégrader, accentuée en
outre par les crises sociopolitiques que le Congo a connues à partir de 1997.
La tendance actuelle se caractérise par la persistance de la dépendance
vis-à-vis des importations.
Les techniques
culturales traditionnelles varient en fonction de la zone d’intervention. En
zone forestière le défrichement et l’abattage sont suivis du brûlis et de la
culture sur sillons ou billons. En zone de savane, un brûlis suivi d’un
défrichement permet la culture en sillons, en buttes écobuées ou en terres
plates. En général, après la récolte, le champ est abandonné à la jachère.
Le VIH/SIDA est
actuellement l’une des principales causes de mortalité et de morbidité au
Congo. Sa propagation s’est accélérée ces dernières années suite aux conflits
armés que le pays a connus. À la fin de 2001, le nombre de personnes atteintes
du VIH/SIDA était de 110 000 dont 95 000 adultes (15-49 ans), soit
7.2 pour cent de la population totale adulte. Bien que le taux de prévalence du
VIH/SIDA soit plus important en milieu urbain qu’en milieu rural, cette
épidémie a un impact direct sur le développement économique et, notamment, du
secteur agricole. Sa gravité est d’autant plus grande qu’elle touche
principalement les populations actives valides et, en particulier, les femmes
qui constituent la majeure force de travail en agriculture.
Ressources en eau et
utilisation de l’eau
Ressources en eau
La République du Congo
dispose d’un réseau hydrographique dense qui s’organise autour de deux bassins
fluviaux principaux: le bassin du fleuve Congo, qui occupe environ 72 pour cent
de la superficie totale du pays et celui du Kouilou-Niari,
couvrant environ 16 pour cent. À ces deux bassins il convient d’ajouter des
bassins côtiers de moindre importance: les bassins de la Loémé,
de la haute Nyanga, du haut Ogooué, et de Chilango.
Les eaux souterraines
sont également abondantes. Elles sont comprises dans quatre ensembles
aquifères:
·
aquifère du bassin sédimentaire côtier
(6 000 km2);
·
aquifère du bassin sédimentaire du Congo
(224 000 km2);
·
aquifère des séries du sédimentaire ancien
(68 000 km2);
·
aquifère des roches cristallines et
cristallophylliennes (44 000 km2).
Les deux premières
unités hydrogéologiques renferment des terrains sédimentaires plus ou moins
poreux et perméables, très peu consolidés. Ces terrains recouvrent 67 pour cent
du territoire national et constituent des aquifères généralisés. Les deux
autres unités hydrogéologiques occupent 33 pour cent du territoire national.
Elles représentent les aquifères discontinus du socle, dominés par une porosité
de fissure.
La République du Congo dispose
de deux barrages: le barrage du Djoué et celui de Moukoukoulou avec une capacité totale de 9 millions de m3.
Le territoire congolais est constitué à 20 pour cent à peu près de zones
humides comprenant des forêts et des savanes inondées, des zones marécageuses
et des zones côtières occupées par les mangroves. Ces zones sont essentielles
pour la conservation de la biodiversité et jouent un rôle majeur dans la
régulation de l’écoulement du fleuve Congo et des bassins fluviaux côtiers. La
conservation de ces aires fait actuellement l’objet de beaucoup d’attention de
la part des autorités politiques, tant au niveau sous-régional que national. De
vastes programmes de conservation et de gestion des aires protégées sont mis en
œuvre avec l’assistance de l’Union européenne, du Fonds mondial pour
l’environnement et du Gouvernement des États-Unis d’Amérique.
Les ressources en eau
renouvelables sont très abondantes. Celles en eau
renouvelables internes sont estimées à 222 km3/an. En tenant
compte des eaux qui proviennent des pays voisins et des eaux de frontière entre
deux pays, elles s’élèveraient à 832 km3/an (tableau 2).
Utilisation de l’eau
Les prélèvements d’eau
les plus importants sont effectués pour satisfaire les besoins domestiques,
industriels et agricoles. Ils sont respectivement de 32 millions de m3/an
pour les usages domestiques (69 pour cent), 10 millions de m3/an
pour l’industrie (22 pour cent) et 4 millions de m3/an pour
l’agriculture (9 pour cent). Globalement ils n’atteignent que 46 millions de m3/an
(tableau 2
et figure 1).
Les estimations des
prélèvements effectuées à l’horizon 2025, dans le cadre de l’analyse de la
situation des pays d’Afrique centrale en matière de gestion des ressources,
montrent que les besoins en eau pour les populations seront de 312 millions de
m3, soit environ 10 fois l’utilisation actuelle.
Eaux internationales:
enjeux
La République du Congo
partage quatre bassins internationaux avec ses voisins: les bassins des fleuves
Congo, Ogooué, Nyanga et Chiloango.
Le bassin de Chiloango, avec une superficie totale de
11 600 km2, est situé pour l’essentiel dans le territoire de
l’Angola et de la République démocratique du Congo. Le territoire congolais
n’en renferme que 300 km2.
Le bilan hydrologique du
Congo montre que sa dépendance vis-à-vis des débits provenant de l’extérieur
est de 73 pour cent. Très peu d’accords régissent la gestion des ressources en
eau internationales. Les cadres juridiques existants sont essentiellement liés
à l’utilisation des eaux du fleuve Congo à des fins de navigation. Les conflits
sous-régionaux ou entre voisins relativement à la gestion des ressources en eau
sont quasi inexistants. Les ressources en eau renouvelables internes sont déjà
très abondantes, s’élevant à plus de 60 000 m3/habitant pas an.
Développement de
l’irrigation et du drainage
Évolution du
développement de l’irrigation
Le potentiel des terres
irrigables du Congo est de 340 000 ha. La régularité des précipitations
dans la majeure partie du pays a favorisé le développement des cultures
pluviales au détriment des cultures irriguées. Ces dernières années,
l’irrigation au Congo n’a pas connu un développement significatif. Outre la
culture industrielle de la canne à sucre produite à Nkayi,
dans les bas-fonds et plaines du département de la Bouenza,
des périmètres exploités pour le maraîchage ont été créés en maîtrise
totale/partielle par l’Institut congolais d’appui au développement (AGRICONGO),
qui joue un rôle d’interface (accueil, conseil, formation, activités de
recherche, adaptation et suivi socio-économique des filières et des
opérateurs). La superficie totale des exploitations d’AGRICONGO
sous cultures irriguées est de 43.8 ha. Elle est presque entièrement située en
zone périurbaine (villes de Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie).
Dans ces exploitations on pratique l’irrigation à l’aide d’arrosoirs.
La superficie équipée
pour l’irrigation est de 2 000 ha dont 217 ha en maîtrise totale et
1 783 ha de cultures en zones basses (canne à sucre, en particulier) (tableau 3 et figure 2). La
principale technique d’irrigation utilisée en maîtrise totale est l’irrigation
de surface, 111 ha plantés en cultures maraîchères étant irrigués moyennant des
arrosoirs (aspersion manuelle) (figure 3). L’irrigation localisée
n’est utilisée que dans des démonstrations sur 1 ha. Les principales sources de
captage des eaux pour l’irrigation sont les rivières et les plans d’eau de
surface. D’une manière générale, les exploitations agricoles s’étendent à
proximité des cours d’eau (cas d’AGRICONGO sur la
rive droite du Djoué) pour profiter de la facilité
d’installation des dispositifs d’irrigation à partir du captage des eaux de
surface. En raison du coût et des contraintes de mobilisation des eaux
souterraines (coût des ouvrages et des moyens d’exhaure), cette eau n’est
pratiquement pas utilisée pour l’agriculture, sauf dans quelques très petites exploitations
privées et paysannes pour une irrigation de complément (entre les périodes
pluvieuses) quand le captage direct des eaux de surface ne présente pas
d’avantages comparatifs. La gestion des périmètres équipés est assurée par des
exploitants indépendants, des coopératives de maraîchers et des structures
organisées et modernes telles qu’AGRICONGO. Le coût
moyen de l’eau utilisée pour l’irrigation sur les périmètres d’AGRICONGO (rive droite du Djoué),
hors amortissement et entretien des équipements, était évalué à 0,06 dollar EU
(33 FCFA)/m3 en 2003.
Rôle de l’irrigation
dans la production agricole, l’économie et la société
L’irrigation est
particulièrement intense en zone périurbaine où des ceintures maraîchères sont
exploitées par le secteur informel. L’irrigation, en particulier celle du
maraîchage, constitue actuellement un débouché pour les jeunes au chômage et
pour occuper les femmes. Bien que peu étendues, les cultures irriguées sont
appelées à se développer étant donné le potentiel en terres cultivables.
Cependant des mesures doivent être prises pour faciliter l’accès à la terre. En
matière de gestion des périmètres irrigués, chaque exploitant accomplit toutes
les tâches liées à la mise en valeur des terres (femme ou homme sans
distinction).
Les besoins en eau pour
les différentes cultures sont peu importants par rapport aux ressources totales
renouvelables et exploitables. AGRICONGO estime les besoins journaliers en eau
pour les cultures maraîchères à 46.7 m3/ha, soit 4.7 mm.
L’agriculture nationale
s’appuie essentiellement sur les cultures pluviales vivrières et industrielles.
L’agriculture irriguée ne contribue que faiblement au PIB national. En 2002 et
2003, les investissements prévus dans ce domaine ne représentaient que 7.5 pour
cent et 10.4 pour cent du budget total des investissements consacrés à
l’agriculture. À l’exception de la culture industrielle de la canne à sucre,
l’irrigation n’est utilisée que pour les cultures maraîchères dont les
principales sont: le chou, le ciboule, l’aubergine, la tomate, la laitue, le
concombre, la carotte, l’oseille, la morelle blanche et l’amarante.
Gestion de l’eau,
politiques et dispositions législatives régissant l’utilisation d’eau en
agriculture
Institutions
La gestion des
ressources en eau est placée sous la responsabilité du Ministère des mines, de
l’énergie et de l’hydraulique (MMEH), qui définit la politique en la matière,
et en assure la mise en œuvre par le contrôle, la réglementation et l’exécution
des programmes d’équipements hydrauliques par l’entremise de la Direction
générale de l’hydraulique (DGH) et de la Direction de la gestion des ressources
hydrauliques (DGRH). D’autres ministères dont les activités concernent la
gestion des ressources en eau interviennent également dans le secteur:
·
Ministère de l’agriculture, de l’élevage, de la
pêche et de la promotion de la femme (MAEPP), avec sous sa tutelle la Direction
générale de l’agriculture et de l’élevage (DGAE) et la Direction centrale du
génie rural, du machinisme et de l’équipement agricole (DGRMEA);
·
Ministère du plan, de l’aménagement du
territoire et de l’intégration économique;
·
Ministère de l’économie forestière et de
l’environnement;
·
Ministère de l’enseignement supérieur et de la
recherche scientifique;
·
Ministère des transports et de la privatisation;
·
Ministère de la santé et de la population.
AGRICONGO, l’institut
congolais d’appui au développement, membre du réseau Agrisud
international, met au point, expérimente et vulgarise des techniques rurales et
agricoles dont celles de maîtrise et de valorisation des ressources en eau.
L’objectif recherché est de faire passer les populations en situation de
précarité à l’autonomie économique et sociale.
Dans le secteur privé, les
principaux acteurs sont les entreprises agroindustrielles (plantations de canne
pour la production de sucre) et des petits exploitants privés regroupés parfois
en coopératives.
Jusqu’à ce jour, la
gestion des ressources en eau est encore centralisée en attendant l’application
des lois n°9 et 10-2003 du 6 février 2003 fixant les orientations fondamentales
de la décentralisation et portant transfert des compétences aux collectivités
locales.
Gestion de l’eau
Les ressources en eau
sont utilisées en agriculture: i) dans de grandes exploitations agricoles
modernes et privées (supérieures à 1 ha); ii) dans de
petites exploitations privées (inférieures à 1 ha); iii)
dans de petites exploitations paysannes (inférieures à 0.1 ha). Tous ces
exploitants ne sont pas organisés en associations d’usagers. Seules quelques
coopératives de maraîchers ont été créées dans le cadre du projet « ceinture
maraîchère » dans les villes de Brazzaville et de Pointe-Noire.
Bien que la
responsabilité de la production agricole incombe au MAEPP et celle de la
gestion des ressources en eau, en général, au MMEH, il faut souligner qu’aucun
dispositif tant au niveau national, départemental que local n’est mis en place
pour assurer la gestion de l’eau en agriculture. Les services techniques des
Directions départementales du génie rural et du machinisme agricole, bien
qu’installées sur l’ensemble du territoire national, sont peu opérationnelles
du fait de leur faible capacité d’intervention.
Financement
La planification des
investissements destinés à l’irrigation et au drainage est assurée par le MAEPP
dans le cadre des projets inscrits dans le budget de l’État dont les plus
importants sont le Programme spécial pour la sécurité alimentaire - volet
maîtrise de l’eau et le Projet ceinture maraîchère d’AGRICONGO.
Les projets d’irrigation sont financés à partir de plusieurs sources: les
moyens librement affectables de l’État, les dons et subventions des donateurs
extérieurs et les investissements privés réalisés par des exploitants
agricoles. La programmation du budget 1999-2003 pour l’agriculture irriguée se
répartit de la manière suivante:
·
moyens librement affectables: 204 millions de
FCFA (380 000 dollars EU);
·
dons et legs: 98.5 millions de FCFA
(185 000 dollars EU);
·
investissements privés réalisés par les
exploitants.
L’exploitation des
ressources en eau n’est assujettie à aucune imposition ni tarification.
Politiques et
dispositions législatives
Les seules dispositions
existantes spécifiques sur l’utilisation des eaux et des terres en agriculture
sont énoncées dans le code de l’eau et le code domanial et foncier:
·
Les grandes orientations de la politique
nationale relative à l’eau sont énoncées dans la loi n°13-2003 du 10 avril 2003
portant code de l’eau. Cette loi définit le domaine public hydraulique, les
modalités de la mise en œuvre de la police des eaux, les conditions de gestion
du service public de l’eau et les modalités de financement du développement du
secteur de l’eau. Elle prévoit des dispositions relatives à l’élaboration et au
suivi de la mise en œuvre de la réglementation sur l’utilisation de l’eau à des
fins agricoles et pour l’abreuvement du cheptel (article 34). Il convient
cependant de noter que le cadre juridique de l’utilisation de l’eau en
agriculture est encore faible. De plus, l’application du code de l’eau n’a pas
encore démarré.
·
La loi n° 52/83 du 21 avril 1983 portant code
domanial et foncier dispose que la terre et les eaux sur toute l’étendue du
territoire national font partie du domaine public. Dans la pratique, et
particulièrement en milieu rural, les terres et les eaux sont gérées
conformément au droit coutumier appliqué dans la zone concernée. Des
autorisations des propriétaires doivent être obtenues pour l’utilisation de
l’eau comme des terres. Celles-ci, de durée limitée (un cycle végétatif, soit
1,5 an au maximum), constituent un obstacle majeur au développement des
dispositifs d’irrigation pérennes. Il convient de signaler qu’un nouveau code
domanial et foncier est en cours d’élaboration.
·
Les principales orientations stratégiques pour
le développement de l’irrigation sont énoncées dans le document sur la
situation générale et les stratégies des différents secteurs de la production
agro-alimentaire adopté par le gouvernement en août 2000, ainsi que dans le
schéma directeur du développement rural actualisé en 2000 qui n’est pas
accompagné d’un plan d’action fixant les objectifs quantitatifs à atteindre et
les investissements à réaliser en matière d’agriculture irriguée.
·
La loi n°003/91 du 23 avril 1991 sur la
protection de l’environnement, dont la responsabilité de la mise en œuvre
incombe au Ministère de l’environnement, souffre de l’absence de textes
d’application. La préservation de l’équilibre des écosystèmes est prise en
compte dans l’utilisation du domaine hydraulique public.
Environnement et santé
Qualité des eaux
Globalement, les eaux de
surface s’écoulant sur le territoire congolais sont faiblement minéralisées et
se classent dans la catégorie des eaux douces (minéralisation totale inférieure
à 100 mg/litre), de même que les eaux souterraines des quatre principaux
aquifères. Seules quelques formations de la série du schisto-calcaire,
localisées dans les départements de la Bouenza et du Niari, présentent des minéralisations totales supérieures à
100 mg/litre. Bien qu’étant impropres à la consommation humaine du fait de leur
dureté, ces eaux, dans une certaine mesure, peuvent être utilisées pour
l’irrigation et l’abreuvement du cheptel. La composition chimique des matières
dissoutes et en suspension dans les eaux de surface n’indique pas de
concentrations excessives d’éléments indésirables. Le bilan des matières a
révélé des valeurs comprises entre 8 et 20 tonnes/km3 par an de
matières dissoutes, ce qui ne constitue pas un obstacle à l’utilisation
agricole de ces eaux.
Impact de la gestion de
l’eau en agriculture sur l’environnement
Le niveau d’utilisation
des produits phytosanitaires et des engrais dans le pays est bas si bien que
son impact sur les ressources en eau et sur l’environnement est faible. Seules
les eaux du Niari sont impropres à des usages
domestiques et au développement de certaines espèces halieutiques (crevettes
d’eau douce), en aval immédiat du complexe sucrier de Nkayi,
du fait des effluents industriels, des fertilisants et des produits
phytosanitaires utilisés dans les plantations de canne à sucre. Cependant,
certaines techniques de pêche artisanale, basées sur l’utilisation des produits
toxiques, ont des effets néfastes sur l’environnement. Les principales sources
de pollution identifiées sont les activités anthropiques et les déchets
domestiques en particulier dans les zones périurbaines.
Le Congo ne dispose que
de deux barrages (Moukoukoulou et Djoué)
utilisés uniquement pour la production hydro-électrique et l’approvisionnement
en eau potable au niveau desquels le phénomène d’envasement des réservoirs
n’est pas significatif. L’utilisation des plans d’eau stagnante (mares,
marigots, lacs, etc.) et des cours d’eau pollués pour l’irrigation est une des
principales causes de l’apparition de maladies d’origine hydrique (non liées
uniquement à l’agriculture) dont les principales sont le paludisme et la
schistosomiase (bilharzia). Les statistiques épidémiologiques pour l’année 2002
ont révélé 153 013 cas de paludisme dont 522 décès, 21 274 cas de
diarrhée simple et de gastro-entérite aiguë dont 101 décès, et 961 cas de
bilharziose.
Perspectives pour la
gestion de l’eau en agriculture
Le programme national de
lutte contre la pauvreté vient d’être adopté, et une place de choix y est
réservée à la réorganisation et à l’accroissement de la production animale et
végétale. L’un de ses piliers stratégiques est l’intensification de
l’agriculture irriguée. Il est déjà pris en compte, dans le cadre du Programme
spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA), dans sa composante «maîtrise de
l’eau» et dans le programme «ceinture maraîchère» d’AGRICONGO.
Cependant, tous ces programmes se limitent à la détermination des
investissements à réaliser à court ou moyen terme.
L’adoption d’une
nouvelle loi portant code domanial et foncier, et la mise en œuvre des
dispositions de la loi portant code de l’eau, en particulier celles se
rapportant à la police des eaux, devraient lever les principales contraintes
identifiées qui freinent le développement de l’agriculture irriguée (le régime
foncier et coutumier des terres et des eaux, ainsi que la qualité des eaux).
La situation à l’horizon
2050 en matière de disponibilité des ressources en eau n’est pas préoccupante
si des mesures de préservation et de contrôle des écosystèmes aquatiques, tant
sur le plan qualitatif que quantitatif, sont mis en œuvre dès à présent. La loi
n° 13-2003 du 10 avril 2003 portant code de l’eau pose déjà les bases pour la
mise en œuvre de ces mesures préventives destinées à protéger les ressources en
eau contre des pollutions prévisibles et à réduire ainsi les coûts récurrents
de la potabilisation de ces eaux.
Principales sources
d’information
BCEOM. 1992. Évaluation
hydrologique de l’Afrique subsaharienne - pays de l’Afrique de l’Ouest: Congo.
Ministère de
l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la promotion de la femme. 2000. Annuaire
des statistiques agricoles et alimentaires.
Ministère de
l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la promotion de la femme/FAO.
2000. Situation générale et stratégie pour le développement des différents
secteurs de la production agroalimentaire.
Ministère de l’économie,
des finances et du budget. 2001. Recettes et dépenses d’investissement 2002.
Ministère du plan, de
l’aménagement du territoire et de l’intégration économique. 2002. Budgets
d’investissement exercice 2003.
Ministère du plan, de
l’aménagement du territoire et de l’intégration économique. 1985. Recensement
général de la population et de l'habitat 1984.
Ministère de la santé et
de la population. 2003. Réseau de surveillance intégré des maladies - année
2002.
Mott MacDonald Intl./BCEOM/SOGREAH/ORSTOM. 1992.Évaluation
hydrologique de l’Afrique subsaharienne. Pays de l’Afrique de l’Ouest.
Rapport de pays: Congo. Rapport préparé pour la Banque mondiale, le PNUD, la
Banque africaine de développement et le Ministère français de la coopération.
Osseté J.M.
2003. Rapport national sur la mise en valeur des ressources en eau 2003.
Ministère des mines, de l’énergie et de l’hydraulique.
PNUD. 2002. République du
Congo - Rapport national sur le développement humain.
République du Congo/FAO/PNUD. 2000. Schéma directeur du développement rural
actualisé.
Réunion des Ministres
chargés de la gestion des ressources en eau en Afrique centrale. 2000. Rapport
des travaux des experts - Brazzaville 14 - 16 novembre 2000.
UNICEF. 2002. République
du Congo - Analyse de la situation des enfants et des femmes au Congo 2002.
Richesses :
Pétrole (4è producteur africain), Bois, Manganèse, Gaz naturel, Or, Fer,
Diamant, Plomb, Cuivre, Potasse, Zinc...
Agriculture : le manioc (tapioca) représente 90 % de la production alimentaire,
sucre, riz, blé, arachides, légumes divers, café, cacao,...
Exportations :
1 milliards de dollars (1995) : pétrole brut (90 %), bois, sucre, café,
diamants,...
Partenaires commerciaux : Italie, France, Espagne, Pays Bas, États-Unis,
Taiwan, Chine, Japon, Thaïlande... et les pays de l'UDEAC
Importations :
60 millions de dollars (1995) : produits intermédiaires, produits manufacturés,
matériaux de construction, produits agro-alimentaires, produits dérivés du
pétrole...
Monnaie :
Franc CFA (Coopération Financière en Afrique Centrale).
Code ISO : XAF
Taux de change fixe : 1 FRF (franc français) = 100 XAF
LES CHIFFRES :
PIB : 1.166,3 milliards de FCFA
PIB par habitant : $ 700
Taux d'investissement : 32 % du PIB
Importations : 374,6 milliards de FCFA
Exportations : 863,4 milliards de FCFA
dont hydrocarbures : 774 milliards de FCFA
Structure du PIB :
(source
: BEAC, 1999
Publication du
Ministère de l’Economie, des finances et du
Budget
GOUVERNANCE,
TRANSPARENCE
ET
DONNEES ECONOMIQUES DU CONGO
(Source: Ministère de l'économie, des Finances et du Budget)
PRODUCTION DE PETROLE AU 1er TRIMESTRE 2003
|
Production 2003 |
JANVIER |
FEVRIER |
MARS |
AVRIL |
MAI |
JUIN |
Total |
|
Emeraude |
127 292,060 |
119 865,196 |
128 864,625 |
130 887,714 |
150 394,449 |
141 203,106 |
798507 |
|
CONGOREP |
127 292,060 |
119 865,196 |
128 864,625 |
130 887,714 |
150 394,449 |
141 203,106 |