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Yaya Moussa, un
maillon de la chaîne de déstabilisation du Congo ?
Accueilli sous Rigobert Andely et installé officiellement
sous Pacifique Issoïbeka en
Un curieux séminaire sur
l’économie et la finance
Du 18 au 22 janvier 2007,
Yaya Moussa organise durant cinq jours à l’hôtel Le
Méridien de Brazzaville, un séminaire sur la
couverture de l’actualité économique et financière par les journalistes. «Couvrir l’actualité économique et financière », tel en était l’intitulé. Mais les participants venus nombreux
répondre à cette «prestigieuse» invitation en sont sortis plutôt déçus.
Aucune connaissance technique nouvelle ne leur a
été dispensée pour améliorer leurs connaissances en matière économique et
financière. Rien de bien surprenant, quand le principal animateur de ce séminaire,
M. Dave Kattenburg, soi-disant membre du «International Center
for Journalists», a lui-même reconnu qu’il avait
la formation de biologiste !
Ce choix tout à fait curieux d’un biologiste pour
animer un séminaire destiné à des journalistes spécialisés en économie explique
sans doute les difficultés de M. Dave Kattenburg à
manier des concepts macro-économiques élémentaires comme le Produit Intérieur
Brut (PIB). A plusieurs reprises, Mlle Frances Anne Hardine,
Senior press officer au
FMI, ainsi que M. Yaya Moussa lui-même, ont été obligés de voler à son secours.
Si le ridicule pouvait tuer…
Mise à part cette incongruité, les participants ont
été surpris par les attaques portées contre le journal Le Coq lors de ce
séminaire. Sans raison apparente, M. Dave Kattenburg s’est
improvisé juge et partie dans l’affaire William Bouaka
contre Christian Mounzéo et Brice Mackosso.
Critiquant ouvertement le travail de reportage du volatile sur ce
dossier qui préoccupe l’opinion publique au plus haut point, le biologiste
improvisé expert en économie et finance a estimé que Le Coq n’avait rien
rapporté de consistant et qu’il parlait trop de cette affaire pour
rien !
Un parfum de copinage et
de conspiration
Quel rapport existe-il entre ce dossier de
malversations financières dans une association des droits de l’homme et un
séminaire sur l’économie et la finance ? On a eu beau cherché, on se
demande toujours pourquoi on s’est senti «dérangé» par le travail du Coq,
au point d’en faire la vedette d’un séminaire organisé par le FMI. A moins que…
Oui, à moins que ce séminaire ne fut qu’un prétexte
à une sordide entreprise de « boukoutage »
par voie de copinage, voire de conspiration. Un faux spécialiste en économie et
finance invité par le représentant résident du Fonds, grassement rémunéré, logé,
nourri et blanchi aux frais de la princesse ; un discours orienté sur la politique
politicienne plutôt que sur l’économie ou la finance : les éléments ne
manquent pas dans ce cocktail détonnant pour troubler la conscience d’un
honnête homme, à l’issue de ce séminaire.
Au bout du compte, certains se sont posés des
questions sur son opportunité. Faudrait-il comprendre par là que tous ces pseudos
séminaires organisés ici et là en faveur des médias ne seraient que des
occasions légales d’agitation et de subversion, avec l’appui de certains réseaux
locaux ? «Dans votre pays, on parle
beaucoup de corruption ; la plupart des populations vivent avec moins de 1
dollar, alors que vous avez le pétrole… Vous devez être très durs pour dénoncer
ces choses ; vous ne devez pas caresser le pouvoir. Voilà votre rôle»,
a dit Dave Kattenburg en guise de principal enseignement
sur la couverture de l’actualité économique et financière.
N’ayant ni technicité ni expérience à faire
prévaloir en matière économique, le biologiste a donc fini par jouer la véritable
partition pour laquelle il avait été sélectionné : faire de l’agitation à
propos de la corruption et la pauvreté au Congo. Même au FMI, ces raccourcis
faciles qui mènent à la diabolisation d’un pays et de ses autorités ont pignon
sur rue, hélas !
Un putschiste nommé Yaya Moussa
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Peut-on exclure de cette entreprise d’agitation aux
relents de campagne de déstabilisation du régime en place l’inspirateur et
« financeur » de ce séminaire ? Des observateurs informés
estiment que non. Ce séminaire, disent-ils, a été organisé à l’image de Yaya
Moussa lui-même. Selon eux, ce Camerounais n’a eu de cesse de montrer son
arrogance et son hostilité envers les autorités congolaises, qui l’ont pourtant
bien accueilli, espérant en ce « frère africain » un
conseiller avisé dans la mise en œuvre harmonieuse du programme conclu avec les
institutions de Bretton Woods.
Mon œil !
Dans la droite ligne de son mouvement d’humeur en
faveur du déménagement des bureaux du Fonds à
Ce tempérament volontiers « conflictuel »
d’opposant politique à la petite semaine trouverait son origine dans le passé plutôt
agité de son père. Selon des sources de haut niveau à Yaoundé interrogées par Le
Coq, Yaya Moussa père a été mêlé de très au coup d’Etat avorté du 6 avril
1984 contre le président Paul Biya, deux ans après son accession à la
magistrature suprême. A l’époque, Yaya Moussa était un officier supérieur de
l’armée camerounaise, qui aurait été très proche de feu le président Amadou
Ahidjo.
Après ce putsch raté dont il aurait été un des
cerveaux moteurs, le commandant Yaya Moussa sera obligé, par peur des
représailles, de se mettre « au vert ». Dans sa fuite, il entraîne
son fils éponyme, l’actuel représentant résident du Fonds au Congo. La route du
« gamin » le mène jusqu’aux Etats-Unis, où il se débrouille
avec la maigre pécule d’un réfugié politique à faire de « petites »
études d’économie dans une université de la place.
Au terme d’un parcours académique sans éclat
particulier, il se retrouve au hasard du destin dans un petit bureau de
fonctionnaire anonyme au siège du FMI à Washington. Parachuté représentant de
cette institution au Congo – Brazzaville, il ne tarde pas à se prendre pour le
« centre du monde », croyant en bon fils de « putschiste »
que toutes les conditions étaient réunies pour s’insérer dans la chaîne de déstabilisation
du régime Sassou mise en place par les fonds
vautours. Tout le monde en convient aujourd’hui, autant les relations avec le
représentant de
Dira t-on que c’est parce que le premier est
corrompu par le gouvernement congolais et le second incorruptible ? «Quand
ils sont envoyés en Afrique auprès des gouvernements, les experts africains
se comportent souvent en êtres supérieurs, arrogants et imbus de leurs
personnes. Dans bien de cas, ils sont même pire que les blancs», confiait une
source européenne du volatile à
D’un séminaire à un autre
Les propos M. Dave Kattenburg,
l’invité de Yaya Moussa, rappellent assez curieusement ceux d’un autre «expert»,
M. Edouardo Cue, invité par
l’ambassade américaine pour animer un séminaire sur « le journalisme
d’investigation » à la villa Washington. Eduardo Cue
était un journaliste qui avait longtemps roulé sa bosse en Amérique latine en
qualité de correspondant des médias publics américains comme Associated Press, à une période troublée
où les coups d’Etat de palais succédaient aux putschs militaires, le plus
souvent inspirés depuis Washington par l’administration américaine. C’est dire
si cet individu savait de quoi il s’agissait en matière de déstabilisation d’un
Etat.
Au cours de ce séminaire, Eduardo Cue avait singulièrement insisté pour que les journalistes focalisent
leur attention dans la dénonciation de la
corruption « endémique » qui sévirait au Congo. «On parle par exemple de surfacturations en
ce qui concerne la maison de la radio à Nkombo. Vous
pouvez enquêter et montrer qu’il s’agit là d’un cas classique de corruption,
qui sert à détourner à des fins privées les ressources publiques», avait-il
dit.
Que faut-il penser de cette espèce de fixation et
d’obsession sur la corruption et la pauvreté au Congo, de la part de tous ces «experts»
en séminaires ? Edouardo Cue
est un ancien fonctionnaire des médias publics américains, et Dave Kattenburg un « petit » biologiste. Hormis
leur qualité commune de citoyens américains, en quoi seraient-ils plus outillés
que d’autres pour donner des leçons sur la lutte contre la corruption et la
pauvreté ? En définitive, à quoi aura servi ce séminaire du FMI sur la
couverture de l’actualité économique et financière, sinon à distribuer des diplômes
bidon aux participants et régler des comptes à un journal anti-conformiste ?
Depuis qu’il a osé montrer au grand jour les dégâts
produits au Congo par les arrière-pensées « politiciennes » des
institutions de Bretton Woods
qui, selon certaines sources, joueraient le rôle de cheval de Troie des
créanciers vautours, Le Coq a heurté de plein fouet les intérêts « obscurs »
des faux jumeaux que sont le FMI et
Quand on connaît le soutien opiniâtre, inconditionnel
et irrationnel que ces institutions apportent à Mounzéo
et Mackosso - ces deux brebis galeuses des droits de
l’homme par qui le scandale est arrivé au Congo, peut-on s’étonner encore du traitement
réservé au Coq par Yaya Moussa et ses acolytes du International Center for journalistes à un séminaire qui a accouché
d’une souris ?
Le mensonge, dit-on, grimpe par l’ascenseur, mais
la vérité qui emprunte l’escalier, finit toujours par arriver et triompher (lokouta eyaka na
ascenseur, kasi vérité eyi
na escalier mpe ekomi).
Mokabi Dawa
Le
Coq