Peut-on faire la morale le
ventre affamé ?

La République
des ONG, des associations caritatives et autres moralistes en tout genre se
substituent de plus en plus en Afrique aux gouvernants de pays souverains pour
leur donner des leçons, et en attribuer quelques « bons points » pour
bonne gouvernance aux pays qui marchent au pas saccadé, selon d’obscurs
critères connus que d’eux, et d’eux seuls. Sont-ils pour autant exempts de tout
reproche en matière de rigueur, de bonnes mœurs et d’orthodoxies
financières ? Ces nouveaux moralisateurs imbus de leur rôle de
représentant de la société civile, jouent beaucoup plus le rôle des oppositions
locales au lieu d’être celui d’aiguilleur. Se substituant le plus souvent à
l’opposition, ces ONG qui localement doivent prolonger l’action des
« grosses légumes » implantées en Europe se comportent, au pire,
comme des dictatures au mieux comme des receleurs qui ne respectent pas
eux-mêmes les règles édictées par leur propre texte. Au lieu de faire meilleur
usage des maigres ressources qu’ils peinent à aller récolter auprès de généreux
donateurs occidentaux, ils les utilisent à des fins personnels. Véritables
usines de pompe à fric qu’elles aspirent sans compter auprès de certains naïfs
installés dans les pays du Nord, les responsables de ces ONG – à l’embonpoint
bien prononcé - n’ont, pour la plupart, jamais occupé de postes budgétaires ni
exercés de hautes fonctions dans leur pays d’origine. N’ayant jamais connu la
dureté du marché de l’emploi, nombre d’entre eux ont quitté les bancs de la fac
sans avoir été salariés nulle part, se sont recyclés dans le mouvement
associatif d’où ils tirent une notoriété de paillette et le maximum de leur
revenu. Comme tous ces « Robins des Bois » de la délation doivent
justifier l’origine des dons et autres virements qu’ils reçoivent de leurs
donateurs, nombreux redoublent d’activismes exacerbés contre les autorités des
pays en place transformés en véritables moutons noirs. Ces dictateurs de
l’opinion sous le couvert de la société civile responsable sont-ils eux – mêmes
exempts de tout soupçon dans la gestion rationnelle de leur subvention ?
En matière
d’exigence morale pour la bonne gouvernance, peut-on donner de leçons le ventre
affamé ou la bouche pleine ? Selon les cas, les réponses divergent entre
ceux qui crient à hue et à dia que « ventre affamé n’a point
d’oreille » et ceux qui clament que « l’on ne peut pas cracher dans
la main qui vous donne à manger ». Il serait donc incongru de défendre les
droits de l’homme en étant intègre, pur comme l’eau de roche et ne pas être un
« pique-assiette ». Partant de ce postulat, peut-on, alors donner de
leçons de bonne gouvernance la bouche pleine de subventions perçues de
bienheureux donateurs sans en justifier ni l’usage ni sa dispersion ? Au
slogan : « Publiez ce que vous touchez » aujourd’hui, d’autres
rétorquent : « Publiez ce que vous bouffez » !
L’enquête menée
par nos confrères du journal Le Coq à Pointe – Noire, dans la capitale
océane, dans les locaux de l’association que préside Christian Mounzéo, démontre toute l’étendue de l’acrobatie financière
de celui qui se fait passer pour le chantre de la défense des droits de l’homme
et qui lutte contre la mal gouvernance, la corruption et la lutte contre les
détournements des deniers publics. Laissons les grands mots. Place à la
lecture. Si vous voulez laver plus blanc que savon Omo, évitez d’avoir des
mains tâchées par la graisse de l’éléphant, parce que : « charité
bien ordonnée commence par soi – même » : « Dites-nous qui vous
engraisse » !
P.S.B. -E.G.

D’un «boukoutage» à un autre, Christian Mounzéo bientôt devant la Justice ?
A
la suite de la publication dans sa dernière livraison (n°051) d’un article sur
la crise qui sévit au sein du bureau exécutif de la Rencontre pour la paix et
les droits de l’homme (RPDH) depuis le 26 décembre 2005, le volatile de
Brazzaville est interpellé au téléphone par M. Christian Mounzéo,
mis en cause dans l’article incriminé comme étant «l’homme par qui le scandale
arrive» dans le milieu des ONG des droits de l’homme du Congo. Selon M.
Christian Mounzéo, l’article du Coq qui rappelait le
précédent de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) où il avait
été également accusé de détournement de fonds en 2003 d’après un résultat
d’audit de gestion, aurait été partial, diffamatoire et sous informé. Par
scrupule professionnel, le volatile a déployé ses grandes ailes et s’est rendu
à Pointe Noire, où la RPDH a son siège,
afin d’entendre toutes les parties. L’enquête menée sur place ne fait
malheureusement que confirmer ce que nous avions déjà écrit. Pire, elle a mis à
jour les dérives et l’arrogance d’un homme qui se croit au-dessus de tous et de
tout, parce qu’il est un «leader» des droits de l’homme, une véritable
«blanchisserie» de maffieux. Dictature, malversations financières, abus des
biens sociaux et opacité, autant de maux que révèle ce voyage au cœur de
«l’industrie» des droits de l’homme made in Christian Mounzéo.
Deux sièges pour la
RPDH ?
Selon les communiqués de presse signés le 26
décembre 2005 et 24 janvier 2006 par M. William Bouaka
relatifs à la suspension de M. Christian Mounzéo de
son poste de président de RPDH, le siège de cette ONG est officiellement établi
au deuxième niveau de l’immeuble Pharmacie Forum Santé. Mais arrivé sur place,
le volatile apprend de la bouche de Christian Mounzéo
que le «véritable» siège se trouve au centre de polio de Matendé,
dans les locaux de la commission Justice et Paix. Cette situation, qui consacre
une direction bicéphale de fait à la tête de la RPDH, est le résultat de la
perte du siège de Tchimbamba en août 2005, pour non
paiement de loyer. De 2004 à 2005, soit durant près de deux ans, la RPDH n’a
payé aucun loyer à son logeur, qui se trouve être la tante maternelle de M.
William Bouaka. Par «manque d’argent». C’est du moins
ce que constate le bailleur, obligé malgré des liens familiaux étroits, de
chasser la RPDH afin de profiter un tant soit peu de son bien. La propriétaire
des lieux, qui appelle Christian Mounzéo et William Bouaka «ses enfants», avait pourtant poussé la sollicitude
maternelle jusqu’à prêter de l’argent à la RPDH pour lui permettre d’ouvrir un
compte à La Congolaise de Banque (LCB) à Pointe Noire. Elle a expliqué au
volatile que c’est sur un crédit obtenu des Mucodec
qu’elle décidera en 2004, afin d’aider «ses enfants» à démarrer leurs
activités, de leur prêter
Sur ce fond de départ d’origine familiale, une
partie est utilisée pour des travaux d’embellissement des locaux ;
Subvention
Front Line, la preuve du boukoutage
L’opération de déménagement du siège de Tchimbamba est à la base des déchirements qui vont surgir
au sein du bureau exécutif de la RPDH. Dans la
documentation retirée du bureau, une volumineuse enveloppe contient des
correspondances du président Mounzéo, et qu’il a
oublié par mégarde. Mal lui en prend car là-dedans se trouve la copie d’un e-mail
daté du 18 février 2004 et envoyé par Mlle Véronique Bassot
de Front Line Defenders, une fondation de défense des défenseurs des droits de
l’homme basée en Irlande. En voici l’essentiel du contenu. «Cher Christian, je
suis heureuse de vous informer que Front Line a décidé, en principe, de vous
accorder une subvention en aide au projet que vous nous avez soumis pour votre
nouvelle organisation, RPDH, le 19 octobre. Cette subvention couvrira
uniquement l’achat d’un groupe électrogène, l’achat d’un ordinateur portable,
l’installation et l’abonnement Internet. En effet, il a été estimé que votre
projet pour la défense légale et juridique des défenseurs des droits humains,
bien qu’intéressante et tout à fait en ligne avec les objectifs de Front Line,
nécessite beaucoup plus de substance et de planification. Après avoir reçu des
références uniquement élogieuses sur votre travail, Front Line serait heureux
de vous supporter pour votre sécurité à travers ces moyens de communication
stables. Front Line pourra vous faire parvenir cette bourse (…) en janvier
2005. Je vous prie de vous mettre en contact avec nous à cette époque (…) Je
vous souhaite bonne chance et beaucoup de courage pour la suite (…)» Ainsi
donc, pendant que la RPDH se faisait chasser de son siège de Tchimbamba par «manque d’argent», un financement existait
depuis février 2004 ! Informé des déboires locatifs de son ONG, Christian Mounzéo n’a pas bronché, demandant simplement un transfert
des biens à la commission Justice et Paix. William Bouaka
est bouleversé. En lui, l’émotion se le dispute à l’indignation. Le 13 décembre
2005, il demande un relevé de compte RPDH sur les quatre derniers mois. Là, les
craintes se confirment : le compte est bel est bien mouvementé à son insu,
alors qu’il est co-signataire statutaire. En quatre mois, son solde est passé
de 800 mille et quelques F.CFA à plus de 600 mille.
Grâce à une signature
«alternative», celle de Brice Makosso, Christian Mounzéo a
actionné le compte sans en référer à qui que ce soit à la RPDH.
Ayant découvert le pot aux roses,
William Bouaka « verrouille» le compte en
faisant opposition. Il n’en dit mot à personne, sachant qu’une réaction de
Christian Mounzéo n’allait pas tarder. Ne dit-on pas
que l’argent est le nerf de la guerre? Effectivement, deux jours plus tard, le
15 décembre 2005, Mounzéo se manifeste. Il téléphone
à Me Médard Nkélé et lui dit qu’il souhaite le
rencontrer. Ce à quoi le responsable du département juridique se dit disposé,
se trouvant justement à son cabinet. Quelques minutes après ce rendez-vous pris
au téléphone, c’est William Bouaka qui appelle à son
tour pour exprimer le même désir. Me Medard Nkélé l’informe
qu’il vient de recevoir un coup de fil de Mounzéo
qui arrive incessamment à son cabinet. William Bouaka
suggère alors une rencontre à trois avec le président de RPDH, dès son arrivée.
A 10 heures 25 minutes, Christian Mounzéo est au
cabinet de Me Nkélé. Lorsqu’il lui est fait part du
souhait du secrétaire général d’une rencontre à trois, il refuse
catégoriquement.
Etonné, Me Nkélé écoute
«médusé» le président de la RPDH qui avait demandé à le rencontrer en urgence,
l’exhorter à travailler «bénévolement» pour la Cour Pénale Internationale
(CPI), arguant que «c’est au prix des sacrifices que seront reconnus nos
mérites dans nos domaines respectifs.» Aucun mot de la part de Mounzéo sur la situation d’opposition bancaire qu’il venait
de découvrir et qui était probablement à la base de son irritation
contre Bouaka. A 16 heures 30 minutes de ce
même jour, Me Médard Nkélé reçoit à son cabinet la
visite de William Bouaka. Celui-ci explique pourquoi
Christian Mounzéo refuse de se retrouver en face de
lui. Il sait, dit-il à Me Nkélé, que j’ai découvert
l’existence d’un financement au profit de RPDH et qu’il a utilisé en
contournant ma signature, pour sortir frauduleusement les fonds. Surpris et
choqué, Me Nkélé téléphone immédiatement à Christian Mounzéo pour lui demander de se joindre à eux afin de tirer
les choses au clair. Il essuie un nouveau refus. Le président de la RPDH
rejette avec obstination l’idée d’une rencontre à trois et préfére
parler uniquement avec Me Nkélé. C’est alors que la
décision est prise de convoquer une réunion du bureau exécutif le 26 décembre
2005 pour examiner la situation. Le bureau essuie encore un refus de Mounzéo, tenu informé par voie d’huissier. «Allez leur dire
que je suis le Président, je n’ai pas des comptes à leur rendre», dit-il en
renvoyant l’huissier à son étude. C’est au cours de cette réunion du bureau
exécutif que sera décidée la suspension de Christian Mounzéo
de ses fonctions de président de la RDPH. A partir de
ce moment, les couteaux sortent du fourreau. Qualifiant ses collègues du bureau
de «marginaux» agissant sous l’empire de la «manipulation», Christian Mounzéo convoque quelques jours plus tard, le 14 janvier
2006, une assemblée générale extraordinaire de la RPDH au siège de la Commission
Justice et Paix où il a élu son siège provisoire. Là, il règle ses comptes en
faisant pleuvoir les sanctions contre les «marginaux». C’est la réponse du
berger à la bergère.
Révocation contre suspension
A sa suspension, Christian Mounzéo
répond par la radiation des effectifs de
la RPDH de ses «contradicteurs» et leur exclusion du bureau exécutif. Celui-ci est restructuré au profit de zélateurs. Le
procès verbal de cette assemblée est établi par Me Serge Dequet
Bollo, huissier de justice. Pour disqualifier William
Bouaka et Médard Nkélé afin
de les radier des effectifs de la RPDH, Mounzéo les accuse d’avoir violé l’article 3 du règlement
intérieur en faisant convoquer une réunion du bureau exécutif et d’avoir publié
un communiqué de presse (26/12) qui a discrédité la RPDH et la personne de son
président. En clair, Christian Mounzéo, selon une
lettre d’information d’Aristide Ghislain Ngouma
adressée à William Bouaka, reproche aux incriminés
«l’inobservation des dispositions statutaires et des fautes graves pour
lesquelles les membres de l’assemblée générale n’ont pu comprendre les
motivations réelles, notamment le fait d’avoir engagé le bureau exécutif sans
en avoir mandat, la propagation des fausses nouvelles et une campagne
diffamatoire contre le président, l’utilisation abusive des sceaux de
l’organisation, la confiscation du matériel de l’organisation et des documents,
etc.» En vertu de quoi, aux termes des articles 1, 15 et 16 du règlement
intérieur, les susnommés ont été radiés des effectifs de l’organisation et
remplacés aux postes restés vacants par MM. Aristide Ghislain Ngouma et Armand Ngouaka-Mbami en
vertu des articles 1 et 6 du même document.
La question de la légitimité dans la
crise de la RPDH
Malgré les articles des statuts et du règlement
intérieur brandis par les uns et les autres pour suspendre ou pour exclure, les
deux parties considèrent nulles et de nul effet les décisions prises à leur
encontre. Christian Mounzéo estime que deux individus
dans un bureau de cinq postes n’ont pas qualité pour convoquer une réunion du
bureau exécutif et prendre des décisions graves. De leur côté, William Bouaka et Me Médard Nkélé
estiment que par les fautes lourdes commises, et en attendant décision d’une
assemblée générale convoquée par les ¾ des membres du bureau, Christian Mounzéo n’a plus la légitimité nécessaire pour engager la
RPDH, encore moins convoquer, ainsi que le lui reconnaissent les statuts,
l’assemblée générale des membres de l’organisation à jour des cotisations.
Examinons de près ces points. Première question, la décision de suspendre
Christian Mounzéo prise le 26 décembre 2006 par deux
membres du bureau exécutif est-elle régulière ? Pour répondre à cette
question, il faut se rapporter à l’article 16 des statuts de la RPDH qui
stipule : «(…) Le bureau est investi des pouvoirs
les plus étendus pour prendre des décisions qui ne sont pas réservées à
l’assemblée générale. Il est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable. Il se
réunit sur convocation de son président ou des deux tiers des membres. Il
délibère à la majorité simple des membres. La voix du président est
prépondérante en cas de parité.» Avant la réunion du 26 décembre 2005, le
bureau exécutif de la RPDH, bien que comptant cinq postes, n’avait que quatre
membres actifs. Il comprenait Christian Mounzéo,
président ; William Bouaka, secrétaire
général ; Médard Nkélé, responsable du
département juridique et judiciaire ; Sylvestre Moussimbou,
comptable. Par application de la règle de trois, le quorum était donc atteint
avec deux membres du bureau. Aussi, explique Me Nkélé,
la réunion du bureau a pu se tenir et examiner valablement la question relative
à la gestion des fonds de de la RPDH.
Cet examen avait porté sur trois points,
à savoir : la connaissance par Christian Mounzéo
d’un financement au bénéfice de la RPDH domicilié sur le compte de la
LCB ; la jouissance secrète et personnelle de ce financement ; la
sortie frauduleuse des fonds en violation des dispositions statutaires. Ces
actes constituent une violation flagrante des articles 2 des statuts, 9 et 11
du règlement intérieur. Ils constituent également, aux termes de l’article 12
des statuts et 15 du règlement intérieur, des fautes «lourdes.» De l’autre
côté, la question se pose de savoir si la convocation de l’assemblée générale
extraordinaire par Christian Mounzéo est-elle
légitime et licite ? Selon l’article 16 des statuts de la RPDH, le
président a effectivement la prérogative de convoquer l’assemblée générale.
Mais un président, précise t-on, à qui il n’est reproché aucune faute «lourde»,
c’est-à-dire qui jouit de la confiance des autres membres du bureau. Ce qui
n’est manifestement pas le cas ici, puisqu’il est mis en cause pour
détournement des fonds, abus des biens sociaux et opacité dans la gestion. Dès
lors, avait-il qualité pour engager la RPDH en convoquant une réunion
d’assemblée ? On notera simplement que le 14 janvier 2006, il s’est cru en
mesure de le faire. Cependant, pour ses collègues du bureau, il n’avait plus le
pouvoir de convoquer personnellement cette assemblée générale, ayant perdu
toute légitimité du fait de sa suspension, contre laquelle il n’avait exercé
aucun recours. N’ayant pas été convoquée par les ¾ des membres du bureau
exécutif, cette assemblée générale extraordinaire a été jugée illégale et illégitime. A titre
superfétatoire, renchérit Me Nkélé, aucune décision
de révocation d’un membre du bureau exécutif ne pouvait être prononcée en
l’absence d’un rapport préalablement dressé par le bureau exécutif, lequel
rapport relevant entre autres les griefs à l’encontre desdits membres devait
être soumis à l’approbation de l’assemblée, conformément à l’article
11 des statuts : «(…) La qualité de membre se perd par démission, décès
ou par radiation prononcée après une faute lourde par l’assemblée générale sur
rapport du Bureau exécutif.» Par ailleurs, Me Nkélé
se demande si lors de cette assemblée générale Christian Mounzéo
avait pris le soin préalable de vérifier si les «prétendus» membres à cette
réunion étaient à jour des cotisations, de faire prendre connaissance de
l’ordre du jour 15 jours avant et enfin de faire dresser par le bureau exécutif
en exercice un rapport dans le sens du comportement reproché aux membres du
bureau exécutif jugés fautifs. «S’il est tellement sûr de son bon droit, pourquoi
n’a-t-il pas exploré les voies de droit ou attendu l’assemblée générale
convoquée en mars par le bureau exécutif et présenter sa candidature afin
d’être reconduit au poste de président ?», se demande Me Nkélé.
L’opacité dans la gestion et le détournement des fonds

Ayant choisi «la fuite en avant» en invoquant la
manipulation dont ses collègues du bureau seraient victimes, Christian Mounzéo a pourtant implicitement reconnu les faits de
détournement et d’opacité dans la gestion. Si l’on se réfère à ses déclarations
au volatile selon lesquelles il a du recourir à une signature «alternative»
pour sortir des fonds de la banque à cause de «l’indisponibilité» du secrétaire
général, on peut se poser la question de savoir pourquoi il n’a pas avisé le
concerné, ni les autres membres du bureau ? Pourquoi n’a-t-il pas pris le
soin de faire modifier les dispositions ad hoc, afin d’agir dans la
transparence et la légalité ? Par ailleurs, ce qu’il n’a pas voulu dire à
ses collègues du bureau, Christian Mounzéo l’a dit à
son assemblée générale extraordinaire. Selon un extrait du procès verbal de
l’huissier Serge Dequet Bollo :
«(…) Le président a fait un rapport détaillé au terme
duquel il ressort que l’organisation bien qu’ayant émis plusieurs demandes de
financement, une seule a abouti. De ce fait, elle a reçu une subvention de
soutien de la part de l’organisation «Fondation pour la défense des défenseurs
des droits de l’homme» d’un montant de 2 millions de F.CFA
(environ 3.300 euros, ndlr) qui lui a permis d’acheter
un ordinateur portable, un groupe électrogène et d’engager les travaux
préliminaires d’installation de la connexion Internet dans les bureaux de
l’organisation. Aussi, en 2005 monsieur Christian Mounzéo
a bénéficié d’un financement de la «Colation Publiez
Ce Que Vous payez» par l’organisation partenaire «Rosing
Crust» via Global Witness,
d’un montant de
La justice comme dernier recours ?
Devant la situation de crise qui sévit à la tête de
la RPDH, qui tranchera ? L’assemblée générale extraordinaire de la
coalition congolaise «PWYP» tenue dimanche 12 février dernier au siège de l’ADHUC sur convocation du président en exercice Loamba Moke, s’est penchée sur la
question. Elle s’est déclarée incompétente pour trancher la question de la
légitimité entre les deux ailes de la RPDH, tout en prenant des mesures
conservatoires. Dans le cas d’espèce, c’est une suspension pure et simple de la RPDH qui a été
prononcée, en attendant que la justice se prononce sur ce dossier. Selon des
indiscrétions recueillies par le bureau du volatile à Pointe Noire, une plainte
aurait été introduite auprès du procureur de la République contre MM. Christian
Mounzéo et Brice Makosso,
accusés solidairement avec la direction départementale de LCB. Si le juge pénal reconnaît la culpabilité de
Christian Mounzéo et de ses co-accusés dans le
détournement des fonds appartenant à la RPDH, des condamnations pourraient
alors être prononcées, assorties du paiement des dommages et intérêts.
Condamné, Mounzéo perdrait alors automatiquement
toute légimité à la tête de RPDH, et ne pourrait plus
assumer ses fonctions de secrétaire exécutif de la coalition PWYP Congo. Une
terrible perspective pour un activiste des droits de l’homme ! Mesdames et
messieurs des droits de l’homme, pour des raisons d’éthique et de transparence,
Publiez Ce Que Vous Bouffez !
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Si la RPDH m’était contée…
En décembre 2003 naît une association des droits de
l’homme dénommée Terre Unie des Hommes, qui a pour président fondateur M.
William Bouaka. Elle se donne pour objet la promotion de la culture de la
paix et de la non violence, la promotion et la protection des droits de
l’homme, ainsi que la lutte contre la pauvreté. Son bureau exécutif est composé
de la manière ci-après. Président : William Bouaka ;
secrétaire général : Sylvestre Moussimbou ;
responsable du département juridique : Eric Ndongo ;
responsable de la communication : Victor Kaya ;
responsable de la question du genre : Rôche Yenguita.
Développant un projet sur la sensibilisation et la
formation sur la culture de la paix et de la non violence sous le thème «Ecole
pacifique», William Bouaka se rapproche de Christian Mounzéo, alors président par intérim de l’Observatoire
Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), dans le cadre d’un partenariat. Le
processus de légalisation de Terre Unie des Hommes coïncide malheureusement
avec le départ de Christian Mounzéo de l’OCDH. En
effet, dès le mois de juillet 2003, Roger Bouka,
responsable de la communication de l’OCDH faisant
office de trésorier lance contre Christian Mounzéo
les premières salves en dénonçant une centralisation excessive et une
personnalisation de la gestion. En octobre de la même année, un audit
commandité par le président fondateur de l’OCDH,
Parfait Moukoko, révèle des détournements
systématiques des fonds, opérés en contournant la signature du trésorier. Mais
Christian Mounzéo n’a jamais admis les faits, parlant
d’insubordination de Roger Bouka et d’un «complot»
organisé par Parfait Moukoko dans le cadre d’une
lutte de leadership. Encore aujourd’hui, Mounzéo
affirme que pour lui, cet audit dont il ne connaît pas la source de
financement, n’a jamais existé. A cette époque tumultueuse de la vie de
Christian Mounzéo où toute la commaunauté
des ONG se mobilise pour une tentative de conciliation au sein de l’OCDH, William Bouaka n’est pas en reste. Il s’investit dans une médiation
auprès de Parfait Moukoko et de Roger Bouka. En vain. Christian Mounzéo, définitivement rejeté par ses anciens
camarades de lutte, est obligé de démissionner
fin décembre 2003William Bouaka, qui le
fréquentait déjà dans le cadre que l’on vient de voir, décide de lui donner une
seconde chance, contre l’avis des membres du bureau de Terre Unie des Hommes.
William
Bouaka, selon ses
dires, a toujours considéré dans ses rapports humains qu’une première
faute est une erreur ; la même faute répétée une deuxième fois est une récidive à sanctionner très sévèrement.
En tendant une main secourable à Christian Mounzéo,
il était loin de se douter qu’il avait affaire à un récidiviste, un loup qu’il
introduisait à nouveau dans la bergerie des droits de l’homme. Après avoir
difficilement convaincu ses sociétaires, il réussit à propulser Christian Mounzéo à la tête de Terre Unie des Hommes, au cours d’une
assemblée générale extraordinaire organisée le 04 janvier 2004 à Pointe Noire.
C’est au cours de cette assemblée générale extraordinaire qui remet en selle Mounzéo à son poste préféré de «Président» qu’est décidée
le changement de dénomination de l’association créée par William Bouaka. Désormais, celle-ci s’appelle Rencontre pour la
paix et les droits de l’homme (RPDH). Dans la foulée, la composition du bureau
exécutif change. Il se présente désormais comme suit : Christian Mounzéo, président ; William Bouaka,
secrétaire général ; Eric Ndongo, responsable du
département juridique et judiciaire, qui cède très vite sa place à Me Médard Nkélé ; Victor Kaya,
responsable de la communication, secondé par
Aristide Ghislain Ngouma (le secrétaire
général issu de l’assemblée générale extraordinaire du 14 janvier 2006) ;
Sylvestre Moussimbou, comptable ; Rôche Yenguitta, responsable de
la question du genre. Sur les objectifs, la Rencontre pour la Paix et les Droits
de l’Homme endosse le projet de Terre
Unie des Hommes. Les activités peuvent ainsi démarrer. Sans argent, où
installer le siège ? William Bouaka décide de
faire recours à la famille. Il occupe la maison de sa tante maternelle et la
transforme en siège RPDH : «Nous te verserons quelque chose dès que nous
aurons notre premier financement», promet-il à cette dernière. Jusqu’au moment
où la RPDH est chassée pour «non paiement», la pauvre n’avait toujours pas vu
un seul franc de ce fameux financement. Pour des raisons que le lecteur connaît
maintenant : le goût du détournement servi par l’opacité dans la gestion,
la mauvaise foi et la boulimie du
pouvoir de Christian Mounzéo. Ah, tiari
kwa !
Mokabi Dawa