Les «Maquisards» du Net

 

Ballade sur mwinda.org, le site «amiral» de l’info ethnique…

L’internaute intéressé à l’information quotidienne sur le Congo Brazzaville publiée sur la toile, n’a pas beaucoup d’efforts à fournir pour découvrir le site mwinda.org.  Il suffit de cliquer sur «Congo» dans la page pays de Africatime pour le voir apparaître parmi les médias dits congolais, à côté de bien d’autres : congopage.com, kimpwanza.org, congo-site.cg, adiac.com (les Dépêches de Brazzaville), brazza.info, lechoc.info, la collecte, les nouveaux riches, etc.

 

Sans grand effort non plus, au bout de quelques heures ou jours de fréquentation, l’internaute se rend vite compte de ce qui fait la particularité de ce site : l’info ethnique ! Un nouveau concept inventé par Mokabi Dawa, l’empêcheur de tourner en rond des intégristes ? Pas du tout !

 

La «Pravda» de Ya Milos, alias «Bouba»

 

A l’origine, mwinda.org devait véhiculer les idées d’un parti politique, l’Udr/Mwinda. L’objectif de départ s’est-il perdu en chemin ? En fait d’idées à véhiculer, c’est finalement dans l’inoculation de la haine ethnique et du mépris envers les ressortissants de la partie septentrionale du Congo que s’est spécialisé mwinda.org. D’ethnie Mbochi et originaire du nord, Denis Sassou Nguesso -  à qui on accole le destin de tous les « nordistes » - est ainsi devenu l’icône sur laquelle s’est cristallisée cette haine et ce mépris.

Comme tout un chacun le sait, l’Udr/Mwina est un parti qui a pour président fondateur M. André Milongo – alias «Bouba». Ancien Premier ministre sous la Transition , on ne peut dire qu’il fut une «lumière» en matière de gestion de l’Etat. Les traces de son amateurisme sont encore visibles, ainsi que l’atteste ce fameux décret accordant divers avantages aux enseignants qu’il avait signé en 1991, tout en laissant son application à ses successeurs. En politique, cela s’appelle refiler à ses adversaires « une patate chaude » !

Actuellement, André Milongo est président d’un groupe parlementaire Udr/Mwinda à l’Assemblée nationale, qui compte quatre députés. Il est également membre du présidium du Front démocratique pour la commission électorale indépendante (F.D.C.E.I), qui réclame la mise en place d’une commission électorale indépendante pour organiser les élections de 2007, 2008 et 2009.

Le parti de André Milongo recrute l’essentiel de ses adhérents et de ses militants dans le terroir ancestral : Boko, un district « atypique » du département du Pool. Boko, c’est un peu le petit village gaulois d’Astérix, au temps de Vercingétorix. Encerclé au Pool par les Lari, peuple qualifié de «bâtard» parce qu’issu d’un mélange entre Kongo et Téké, ce « petit » district s’est toujours battu et continue de se battre pour affirmer ce qu’on pourrait appeler sa spécificité culturelle.  

Se réclamant de la descendance royale Kongo, les originaires de Boko se passent pour des « nobles » pétris d’une civilisation quasi millénaire qui n’aurait rien à envier aux blancs. A l’opposé, disent-ils, des Lari et des Mbochi. Autant ils se moquent «aimablement» des Lari pour leur caractère brouillon et vindicatif, autant ils craignent et méprisent les Mbochi, ces «sauvages sanguinaires» aux mœurs «barbares» (sic).  

Les Kongo de Boko se veulent très religieux, attachés au respect des prescriptions de «Nzambi ya Mpungu», le Dieu tout puissant qu’ils disent connaître de longue date, bien avant l’arrivée des blancs sur les côtes d’Afrique centrale. Là aussi, ils font prévaloir leur spécificité en étant majoritairement kimbanguistes, là où les Lari sont matswanistes et les Mbochi animistes.

Forts de cette prétendue supériorité civilisationnelle liée à leur appartenance à une race royale et pure, les Kongo de Boko – qui jouent en fait dans l’arrière cour de leurs cousins de la RDC – ont développé envers les autres congolais une espèce de mépris plein de condescendance et de cruauté : celui des hommes obligés de vivre en communauté avec des sous hommes. D’où ces revendications «surréalistes» d’une politique de développement «séparé» formulées par de pseudo intellectuels Kongo-Lari de France, regroupés au sein de la Fédération des Congolais de la Diaspora (F.C.D) - un groupuscule d’intégristes qui a toujours soutenu la thèse d’un génocide opéré dans le Pool durant la guerre de 1998 par Sassou et les Mbochi. Ces derniers n’ont fait que récupérer à leur compte le discours tenu jadis par leurs aînés du Collectif des Intellectuels Congolais Originaires de Pool (C.I.C.O.P), aujourd’hui  orphelin de doctrine depuis le retour au bercail de son gourou Makouta-Mboukou et l’égarement de Mayima-Mbemba, en rupture de ban depuis le retour de Bernard Kolelas dans le giron du pouvoir.  

C’est dans cette rapide esquisse de l’anthropologie Kongo qu’il faut trouver aussi la justification des déchirements politiques qui secouent cycliquement le Pool. Entre, d’une part, les partisans de l’abbé Fulbert Youlou et ceux de Massamba Débat ; et d’autre part, entre les partisans de André Milongo et ceux de Bernard Kolelas. Ce n’est donc pas un hasard si depuis son ralliement au pouvoir de Brazzaville, le leader charismatique du MCDDI essuient allègrement les tirs à boulets rouges des animateurs du site www.mwinda.org.

Le discours ethno - politique de la race pure Kongo est le cadre dans lequel évolue mwinda.org, la «Pravda» de « Ya Milos ». Organe de propagande politique ethniquement engagé, son objectif n’est autre que la défense et l’illustration de la supériorité de la race Kongo, pour mieux justifier la légitimité de la lutte pour la conquête et l’exercice du pouvoir suprême au Congo par les Kongo. Si un tel cas de figure pouvait se réaliser également en RDC et en Angola, soupirent les intégristes, le rêve de la résurrection du grand royaume Kongo deviendrait enfin une réalité et Kimpa Vita ne serait pas morte pour rien !

Le caractère intrinsèquement «tribal» de mwinda.org l’a naturellement poussé à faire de l’info ethnique : une info qui se pense en Kongo et s’écrit en français ! Sa cible n’est pas très grande : elle est circonscrite aux limites du district de Boko et un peu au-delà, aux limites de la partie sud du département du Pool. Pour compenser cette triste réalité d’une audience très limitée, mwinda.org est obligé à une extrême virulence de ton envers le pouvoir, afin de s’attirer les faveurs des autres couches du lectorat national. C’est pour la même raison que ses rédacteurs sont obligés  d’avancer «masqués», sous peine d’être disqualifiés pour cause de duplicité et d’ethnicisme avéré. Opposants le jour, les rédacteurs de mwinda.org sont des « collabos » : une capacité de dédoublement hors pair !

Voilà pourquoi ses rédacteurs ne sont ni plus ni moins que des maquisards du Net ! C’est tellement plus intelligent, n’est-ce pas, de défendre des intérêts ethniques en se cachant derrière l’intérêt national ! Les autres n’y verront que du feu, se disent ceux qui se croient malins. Mais à malin, malin et demi !

Vous voulez une illustration de ce qui précède ? Prenez le dernier article signé Musi Kanda, intitulé «Péril fécal à Brazzaville». Une véritable pièce d’anthologie, qui résume à lui tout seul le genre d’articles ethnicistes et nauséabonds qu’affectionne le site mwinda.org : la gestion des matières fécales secrétées par les Mbochi, les habitants des quartiers nord de Brazzaville, à savoir les arrondissements 4 Moungali, 5 Ouenzé et 6 Talanga. Quand on va jusqu’à tripatouiller dans la «merde» d’autrui, c’est dire à quel point on aime !

Cet article prend prétexte d’une étude soit disant réalisée à l’Université Marien Ngouabi par une étudiante dont le nom sonne «nordiste». Véritable délice pour l’ego surdimensionné des «scatologues» Kongo, cette étude – au cas où elle existerait réellement – a offert à Musi Kanda et à ses tribalistes de mwinda.org l’occasion de se moquer en toute bonne foi des Mbochi. «Ka menu ako ! » « Ni bawu na bawu !» - «Ce n’est pas moi, c’est entre – eux là-bas !»

Peu importe pour mwinda.org de savoir que plus de la moitié des matières fécales produites à Moungali sont «estampillées» Pool ! L’important, pour ces intégristes, c’est de consolider la thèse de la supériorité ethnique du Kongo. Peut-on faire mieux dans ce registre sinon en démontrant que ces sauvages Mbochi n’ont jamais su à quoi servait une fosse sceptique ? Au point que Madoukoutsékélé, où se déverse toute la merde «nordiste», est devenue le lit de la vermine et de toutes sortes de microbes et bactéries ! «Brazzaville vit sur de la merde !», s’exclame gaiement Musi Kanda.

Comme dans leurs villages d’origine, dit Musi Kanda, les Mbochi enfouissent, en milieu urbain, leurs excréments dans des trous creusés dans leurs propres parcelles. Lorsqu’il n’y a plus d’espace «vierge», ils retournent aux anciens trous, toujours pleins de merde ! Ils finissent par «faire» dans des sachets et à jeter toute cette merde dans Madoukoutsékélé ! Mon Dieu, quel tableau terrifiant ! Et vous allez après ça vous étonner encore de la recrudescence des maladies comme la typhoïde, s’interroge l’impertinent, en se pourléchant les babines.

La conclusion est naturellement politique. On s’offre le plaisir de «comprendre» pourquoi Sassou Nguesso s’offre toutes ces suites luxueuses lors de ses déplacements. C’est pour oublier la puanteur de sa propre ville, dit Musi Kanda. Sa résidence de Mpila n’étant qu’à un jet de pierre de l’enfer fécal des quartiers nord de Brazzaville. Quelle puanteur ethnique !

N’allez surtout pas chercher sur mwinda.org la moindre critique du «président» André Milongo,  le saint homme. Ne s’appelle-t-il pas « Ntsatouabantou » – «celui qui aime les gens en langue Kongo» -, le seul homme politique congolais qui aime vraiment son « peuple» et son pays au point de refuser, lors de l’élection présidentielle de 2002, de battre campagne dans les départements du nord et d’aller ainsi à la rencontre de leurs populations, prétextant qu’il les verrait une fois élu Président de la République  ! Les «barbares» peuvent toujours attendre !

N’attendez donc pas la moindre critique contre l’Udr/Mwinda ou les proches collaborateurs du président fondateur. Sauf peut-être en direction d’anciens proches collaborateurs, passés avec armes et bagages de l’autre côté de la barrière. Ceux là, avec la bénédiction du vieux «Bouba», sont traités sans ménagement. Thierry Moungalla, son ancien directeur de campagne et éminence grise lors de l’élection présidentielle de 2002, en sait quelque chose. Les amis de nos adversaires politiques sont nos ennemis. Telle est l’implacable logique ethnique.

 

Qui sont les maquisards de mwinda.org ?

 

Vous êtes nombreux à vous poser des questions sur l’identité réelle de ces personnes qui signent des papiers au vitriol sur mwinda.org, ou qui écrivent ces fausses réactions des lecteurs à des articles publiés sur ce site ethnique. Rassurez-vous : il ne s’agit que du pipi de chat, c’est-à-dire du menu fretin, de vieux chevaux Kongo sur le retour, contraints de demeurer en France. Ils ont été piégés par des mariages «arrangés» avec de septuagénaires ménopausées à la peau ridée de vieille pomme, autant que par le poids du surendettement.  

Durant les longues et monotones soirées d’hiver passées avec un chauffage à huile, la nostalgie du Congo natal - terre bénie des dieux – remonte à la surface. Quand au froid vient s’ajouter la mauvaise surprise du pot de confiture vide dans le frigo, ils pètent carrément les plombs ! Ne voulant assumer la réalité d’une vie d’échec, ils déversent alors leur bile et leur amertume sur Sassou et les Mbochi, les mauvais ! Comme si Sassou poussait ces pseudo réfugiés à s’incruster en Europe et à se coltiner avec de vieilles peaux…

Voilà pour la première catégorie des «maquisards» du Net. L’autre catégorie est celle des «locaux», ceux qui envoient par e-mail les informations écrites et audiovisuelles en France. Certains parmi eux rentrent et sortent de l’ambassade de France comme bon leur semble. Ce qui explique sans doute pourquoi mwinda.org et certains journaux de la place ont tenté – sans succès – de «brocarder» la manif’ réussie devant l’ambassade de France, par une comparaison farfelue avec les jeunes patriotes ivoiriens. Dans le même temps, très curieusement, ces médias nous servaient des photos «exclusives» de la manif’ prises par les caméras de surveillance de l’ambassade de France. C’est ça ce qu’on appelle des médias «indépendants» ?

Site mal famé et plutôt artisanal à ses débuts, mwinda.org s’est offert, entre 2004 et 2005, un new look et s’est attaché les services de nouveaux collaborateurs. Un simple hasard ? Cette période coïncide en tout cas avec l’offensive des fonds vautours contre les revenus pétroliers congolais, dont mwinda.org s’est fait une caisse de résonance, chantant en chœur avec certains journaux «économiques» français comme La Tribune. Dont , comme par hasard, un certain Xavier Harel, très lié avec la FIDH , est membre de la rédaction. Ce nom ne vous dit rien ? Passons.

La nouvelle équipe rédactionnelle se renforce et s’étoffe, notamment avec l’arrivée de Jean Amrtion Obele et Franck Naya, les pseudonymes de Bruno Ossebi, métis franco-congolais friand de la belle chair zaïroise «importée» par une des filles de feu Asmekang. Malheureusement, par manque d’arguments convaincants, Bruno Ossebi est resté un amoureux éperdu ! Ceux qui le connaissent affirment que c’est un ancien «paumé» qui aurait fui le RMI en France pour s’improviser opérateur économique au Congo, avec pour unique marché connu quelques menus travaux de bricolage à l’ambassade de France. Curieux…

Il est l’un des rares membres de mwinda.org non originaire de Boko, mais chantant à l’unisson avec les intégristes dans la conspiration du mal contre le pouvoir de Brazzaville. Bruno Ossebi arrondit également ses fins de mois en jouant à ses heures perdues aux attachés de presse du général Emmanuel Ngouelondélé, à qui il a largement ouvert les portes de mwinda.org. Comme «le fils de l’odeur de la panthère», il est, par son père, originaire de Gamboma.

Avec une autre recrue «locale» répondant au pseudonyme Paul Marie Mpouelé, il «alimente» les copains et coquins de Paris en informations sulfureuses sur le pays. Selon de bonnes sources, on doit à Bruno Ossebi les «belles photos » qui ornent le site à scandale dénommé «les nouveaux riches congolais». Suivi à la trace, il aurait été trahi par l’I.P., la signature électronique de l’ordinateur avec lequel il se connecte pour alimenter en beuveries niaises ses internautes !!!

Autre nouveau collaborateur non originaire de Boko: Joseph Bitala Bitemo, le «constitutionnaliste». Lors d’un voyage du président Pascal Lissouba à Dubaï, affublé du titre de «grand reporter», il avait demandé à ce dernier de continuer à rêver à haute voix sur son projet de zone franche au Congo ! Basé à Oxford en Grande-Bretagne, il vient de rentrer et a été réintégré à la direction de l’information du ministère de la communication. On l’a vu dimanche dernier sur Télé Congo (28/1) multiplier les appels de pied envers le pouvoir. Est-il l’entremetteur qui aurait servi de pont entre mwinda.org, les fonds vautours et Global Witness ?   

Pour revenir aux «Maquisards» purs et durs de mwinda.org, c’est-à-dire la garde rapprochée de Boko, composée pour l’essentiel des militants de la section France de l'Udr/Mwinda, disons qu’on y trouve notamment un neveu direct de M. André Milongo : André Massengo. Ce dernier utilise souvent les pseudonymes de «Nika Mabiala», «Nzumba Matassa», et quelques autres de moindre importance.

Vous voulez connaître le véritable nom du directeur de la publication de mwinda.org, le soi-disant «Bikouta Marcel» ? C’est M. Antoine Mienanzambi, également web master du site. Il est informaticien et avoue plus de cinquante ans d’âge. Un certain Dabout Hilaire – c’est son vrai nom, semble t-il – l’avait précédé à ce poste de directeur de la publication de mwinda.org. Il y a peu, l’homme s’est retiré pour des raisons qui restent à élucider. Les mauvaises langues rapportent que «le miel répandu sur le site» par les fonds vautours et Global Witness à travers Sarah Wykes n’aurait pas fait que des heureux. Ah ! Vous voulez savoir qui signe sous le pseudonyme de Musi Kanda ? C’est malin ! Achetez le prochain numéro du volatile de Mfoa ou lisez le prochain épisode de cette enquête sur www.brazza.info pour le découvrir… C’est un ami personnel, je vous le dis !

 

Mokabi Dawa

Le Coq