Plainte en diffam


ation contre www.brazza.info

Un nouvel épisode de l’affaire Mounzéo et Mackosso?

 

Vendredi 2 mars aux alentours de 11 heures, un fax à l’entête du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieur et des Libertés Locales, tombe sur la table de la rédaction de brazza.info. Intitulé du document signé d’un Officier de Police Judiciaire : « Réquisition à Personne ». Il s’agit en fait d’une commission rogatoire délivrée par la Cour d’Appel de Paris, « informant contre X … du chef de diffamation envers particuliers et complicité ». En cause, un article publié sur www.brazza.info : « La peur aux trousses : Christian Mounzéo et Brice Mackosso exfiltrés du Congo vers une destination inconnue ? », tel en était le titre. Plusieurs mois après sa publication sur notre site, voici que des autorités françaises exigent du Directeur de Publication de brazza.info de décliner l’identité complète de celui qui a commis l’article, alors même qu’il est signé du nom de son auteur, « P.SONI-BENGA » !

Pourquoi alors cette plainte en diffamation contre X ? Qui se cache derrière cette plainte ? Autant de questions qui devraient bientôt trouver une réponse par le biais de notre conseil. En attendant, faisons un petit saut dans le temps pour cerner les contours de cette affaire, qui a toutes les allures d’une tentative d’intimidation dans un pays de vieille tradition démocratique, où la liberté d’expression n’est pas une vue de l’esprit. Un pays où tout le gotha politique s’est déplacé, il n’y a pas si longtemps, pour venir apporter son soutien au journal satirique Charlie Hebdo attaqué en diffamation pour avoir reproduit les fameuses caricatures de Mahomet, au nom de la liberté d’expression !

 

Retour vers le futur

 

Lors de la conférence de presse qui s’était tenue au CAPE le 28 septembre 2006 par le Secours Catholique et Global Witness deux structures de la campagne PWYP, Maître William Bourdon, avocat de MM. Mounzéo & Mackosso, avait publiquement manifesté son intention d’attaquer le Directeur de publication de brazza.info en diffamation, à cause des révélations parues sur le site à propos de l’affaire de détournement des subventions accordées à la RPDH.


Parlant des menaces dont ses clients auraient été l’objet de la part du pouvoir de Brazzaville, Maître Bourdon a exhibé l’article de brazza.info, avant de lancer en direction de son rédacteur, présent lui aussi dans la salle, qu’il allait l’attaquer en justice pour diffamation. Extraits : « Sur les menaces, j’ai sous les yeux, des publications sur brazza.info qui se trouve sur Internet […] Nous avons examiné ces publications, il y a un certain nombre d’indications diffamatoires. Et nous sommes en train d’étudier les moyens de poursuivre le Directeur de publication de brazza.info en justice ».

C’est, semble t-il, chose faite  aujourd’hui. Comme nous l’avions répété au cours de ladite conférence de presse : nous étions disposés à répondre à cette plainte, si elle pouvait aider à comprendre les dessous de cette affaire et contribuer à la manifestation de la vérité, pourquoi pas ? Vu le peu de cas accordé par Maître William Bourdon à la justice africaine et, au-delà, à la justice Congolaise, ce sera, à défaut de faire le procès de la « Françafrique », le moment où jamais de mettre à la disposition du tribunal tous les éléments du dossier, qui démontrent la culpabilité des deux jeunes « Malfrats » - l’expression est de Maître Marcel Goma du Barreau de Pointe-Noire -, qui se camouflent derrière la fausse étiquette de défenseurs des droits de l’homme. Le moment ne serait-il pas venu de dénoncer ces « agents autochtones » derrière lesquels se cachent certains lobbyistes des pays du Nord, dont le but suprême est de dénigrer et noircir l’image des gouvernements africains au nom du « droit d’ingérence humanitaire » ! Sous prétexte de défendre le droit des opprimés, on prend la défense des intérêts des fonds vautours, ces créanciers pilleurs que le Révérend Pasteur Jesse Jackson qualifie de pirate de la finance internationale. Un tel activisme à un coté choquant. Les mêmes qui critiquent les pseudos régimes dictatoriaux corrompus de l’Afrique, ne se gênent même pas à assurer la défense des personnalités à la moralité douteuse, qui n’ont trouvé dans l’activisme humanitaire, des débouchées pour arrondir leurs fins de mois ! Dans ce jeu de poker menteur, c’est du donnant-donnant. Chaque partie tire profit de ce que rapportent les campagnes de dénigrement et de déstabilisation engagées contre l’Afrique.

Pour certains avocats peu scrupuleux, se montrer aux côtés de pseudos activistes « persécutés », contribue à multiplier leur aura de façon exponentielle. Les filiales des ONG occidentales installées en Afrique, les animateurs de ces structures trouvent allègrement leur compte. Grâce aux subventions qu’ils reçoivent, ils peuvent non seulement, mener grand train, mais également déstabiliser le pouvoir en place. C’est le cas de certains responsables d’ONG congolaises qui se sont inventés de nouvelles vocations depuis que la société civile a été théorisée en Afrique comme la conscience morale ayant vocation à interpeller et donner des leçons de bonne gouvernance à tous les gouvernants africains.

Aujourd’hui, beaucoup ont outrepassé leurs prérogatives au point de franchir la ligne Maginot pour s’ériger en véritables censeurs. Au Congo - Brazzaville, ces responsables d’associations sont devenus des machines à déstabiliser les régimes en place au profit de leurs heureux donateurs. Et lorsque ses représentants commettent des délits - comme ce fut le cas de Mounzéo & Mackosso dans le détournement des subventions de la RPDH -, des soutiens hétéroclites, bigarrés et « désintéressés » se mobilisent pour les faire sortir des griffes de la justice. C’est ce qui se passe avec la campagne qui a été menée par certains lobbies pour défendre Mounzéo & Mackosso. Même, lorsque la justice congolaise les a reconnu coupables et prononcé à leur endroit, le 27 décembre 2006, un verdict les condamnant à douze (12) mois avec sursis, et 300 mille francs CFA chacun et au remboursement de près de 10 millions de francs CFA piqués dans le compte de la RPDH, leurs soutiens à l’étranger s’activent pour sauver leur tête.

S’il s’agit d’apporter à la justice française les documents qui établissent clairement la culpabilité de Mounzéo & Mackosso, nous les mettrons à sa disposition afin qu’elle juge elle-même du caractère diffamatoire de nos investigations. Que l’on se rassure, nous n’allons pas nous dérober. Bien au contraire. Cela risque d’être une véritable partie de plaisir ! Ce ne sera pas le combat du pot au fer contre le pot de fleurs, comme le disait le Président déchu Pascal Lissouba.

 

Vous avez dit diffamation ?

 

Puisque nous sommes attaqués pour diffamation, que doit-on penser des propos de Maître William Bourdon ? Ce sera certainement l’occasion de l’interpeller pour lui demander de quel droit s’est-il permis de traiter au cours de ladite conférence de presse, le Chef de l’Etat du Congo Denis Sassou N’guesso de « Prédateur » ? Quelles preuves détient-il pour lancer un tel anathème en public ? A-t-il le droit de la faire en toute « impunité » ? Le fait-il, à cause de son confort intellectuel qui le rend supérieur aux autres ? L’aurait-il fait gaiement, si la personne vers laquelle était destinée cette insulte était d’origine Indo-européenne ? Défendre deux jeunes activistes qui se sont réjouis des difficultés que le pays de leurs ancêtres rencontraient dans ces négociations avec le Fonds Monétaire International ; allant jusqu’à prendre le courage d’écrire au Directeur Général du FMI pour lui demander de renforcer les conditionnalités de l’accession du Congo à l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) ! De quel droit peut-il dénigrer le Président Congolais qui se bat pour desserrer l’étau de la dette qui englue son pays depuis des décennies ? De quel patriotisme, - sinon celui du ventre -, Mounzéo & Mackosso peuvent-ils se prévaloir ? Quelle moralité peuvent-ils revendiquer, eux qui n’ont pas hésité une seconde à détourner, à leur profit, les maigres subventions qui étaient allouées à la RPDH ?

 

Une histoire « Abracadabrantesque » !

 

De ce qui précède, il convient de replacer cette plainte dans son contexte. Elle fait suite à un article paru en septembre 2006, lorsque Mounzéo & Mackosso ont quitté précipitamment le Congo pour l’Europe alors qu’ils étaient en procès au tribunal de Pointe-Noire pour « faux et usage de faux et abus de biens sociaux ». Dans cet article, nous nous sommes posés la question de savoir, comment des personnes qui étaient sous le coup d’une procédure judiciaire, avaient pu tromper la vigilance des services compétents et, sortir du territoire sans que les autorités judiciaires n’aient eu à s’inquiéter. A l’époque, même le Ministre de la Justice et Garde de Sceaux, Gabriel Entcha Ebia, avait publiquement déclaré à la télévision nationale, qu’il considérait Mounzéo & Mackosso comme des « évadés » qui avaient clandestinement quitté le pays. C’est cet article qui nous vaut aujourd’hui d’être attaqués en diffamation ?

Comme chacun sait, la loi de 1881 en son article 29 définit la diffamation comme : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé ». En clair, il nous appartient d’apporter la preuve de notre « bonne foi » (« exception véritatis ») pour échapper à l’intention coupable de la diffamation. Or, dans cet article, nous n’avons été animés que par le souci d’informer et de livrer à l’opinion les dessous d’une affaire qui commençait à prendre une orientation politicienne ; orientation qu’il fallait, par tous les moyens, écarter des grilles de lecture et analyses des multi soutiens  de Mounzéo et Mackosso, pour démontrer qu’il s’agissait d’une simple affaire de droit commun. Nous y sommes parvenus grâce à nos écrits. Aujourd’hui, les preuves parlent d’elles-mêmes !

A la réception de cette « Réquisition », nous avons fait part aux autorités judiciaires française, notre pleine volonté de coopérer à toutes fins utiles. La preuve ? Dans la matinée du mardi 6 mars 2007, Joseph Ossibi, un des animateurs de www.brazza.info a déféré devant les Officiers de Police Judiciaires de sa circonscription pour déposer dans le cadre de cette enquête. Sur procès-verbal, il a répondu aux questions des enquêteurs de la police judiciaire. Ainsi, quelque soit l’issue de cette affaire, rendez-vous sera pris avec nos internautes pour leur conter toutes les péripéties de cette histoire « abracadabrantesque », du voleur qui crie au vol ! Avant d’en arriver-là, il nous faut, néanmoins, rappeler qu’en matière de diffamation, lorsque des poursuites sont engagées à la suite d’une publication sur un support papier ou sur Internet, le délai pour attaquer l’auteur de cette publication devant la justice serait de trois mois et un jour. En France, le point de départ du délai de prescription de l’action publique prévu par l’article 65 de la loi du 29 juillet 1881, court à partir de la date du premier acte de publication. Dans le cas d’espèce, il s’agit de la date du 6 septembre 2006. C’est à cette date que l’article : « La peur aux trousses : Christian Mounzéo et Brice Mackosso exfiltrés vers une destination inconnue ? »,  a été mis pour la première fois en ligne.  Pour ceux qui en doutaient encore, www.brazza.info est bel et bien le site qui n’a pas fini de déranger les « fossoyeurs de la République » ; un empêcheur de tourner en rond !

Sans vouloir à se dérober, force est de remarquer que nous venons, six mois et deux jours après la publication de cet article, de recevoir en lieu et place d’une Lettre recommandée et Accusée de Réception (A/R), un fax nous informant qu’une « plainte contre X » a été portée contre la rédaction de www.brazza.info. A la décharge des autorités judiciaires, elles n’avaient pas les coordonnées du Directeur de Publication de brazza.info ! Aujourd’hui, c’est chose faite. Place à la justice ?

 

P.SONI-BENGA.

 

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