Paul Wolfowitz, B. Mackosso & C. Mounzéo

Bye-bye, Mister Paul. W. La chute d’un pachyderme : « Ndzokou a Kwéyi ! »

 

 

Le 30 juin prochain, Paul Wolfowitz va céder sa place à la tête de la Banque Mondiale. Après plusieurs mois de tractations liées à son implication dans une affaire de conflit d’intérêts, il a jeté l’éponge. C’est rejeté puis humilié que le Directeur de la Banque Mondiale a été contraint de démissionner du poste qu’il occupait depuis 2005. Juste sanction, pour celui qui était partit en guerre pour faire triompher la démocratie et les droits de l’homme, la bonne gouvernance et la transparence dans les pays en développement d’après la feuille de route tracée par l’administration américaine de Georges W. Bush. Son passage à la tête de l’institution financière internationale, n’aura suscité que mépris et dégoût dans certaines capitales africaines et dans celles du nord de l’Amérique, qui ont été contraint d’engager un bras de fer avec lui. Ce sera deux mois de tractations pour que le chantre de la croisade mondiale anti-corruption, tombe lourdement comme un pachyderme atteint par une balle anesthésiante. « Ndzokou a Kwéyi » ! (L’éléphant est tombé en Lingala).

 

La fin du Rififi à la Banque Mondiale

 


Paul Wolfowitz

Quelles sont les raisons de cette si lourde chute de l’ex-poids lourd du Pentagone, cerveau penseur et « boule propre » du déclenchement de la guerre en Irak ? C’est l’augmentation de façon exagérée des émoluments accordés à sa campagne Ali Shaha Riza, avant son départ de la Banque Mondiale ; une violation flagrante du code d’éthique de l’institution. Pourtant, ce n’est pas faute de s’être défendu pour échapper à son éviction. Lundi 30 avril, Wolfowitz qui devait passer son grand oral devant les membres du Conseil d’administration chargés de faire la lumière sur cette promotion « canapé » faite à sa campagne, s’est fait assister par un avocat. Croyant ainsi bénéficier de l’indulgence des membres du Conseil d’administration de la Banque Mondiale, il s’est attaché les services d’un avocat spécialisé dans les affaires matrimoniales en la personne de Maître Robert Bennett, celui-là même qui avait défendu l’ancien président américain Bill Clinton dans l’affaire Monica Lewinsky. Comme ligne de défense, ce dernier n’a rien trouvé d’autre que de dire qu’il s’agissait d’accusations à caractère politique visant à attaquer son client à cause de son engagement dans la guerre en Irak. Beurk et re-Beurk ! C’est certainement Saddam Hussein qui lui a mis cette affaire dans les bras ; allant jusqu’à plaider la bonne foi, là où sa dignité l’aurait poussé à rendre purement et simplement son tablier. Il avait failli, mais ne voulait pas l’entendre de cette oreille.

 

La bérézina chez les néo-conservateurs de l’équipe Bush

Après le Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld qui a été renvoyé à ses chères études pour cause de résultats peu satisfaisants dans la guerre en Irak, de l’ancien Ambassadeur américain à l’ONU John Bolton, qui a débarrassé le plancher et s’est vu intimer l’ordre d’aller le récurer ailleurs, le 30 juin 2007, ce sera le tour de Paul Wolfowitz, Wolfie pour les intimes, de dégager de la tête de la Banque Mondiale. Celui qui déclarait au sujet de la guerre en Irak, que les GI’S américains seraient reçus en héros dans les rues de Bagdad à leur arrivée, va devoir aller voir ailleurs qu’en Irak s’il existe des Armes de Destructions Massives (ADM) !

Tous les anciens faucons de la « Maison Blanche » semblent être poursuivis par une espèce de malédiction, et pourquoi pas du syndrome de l’échec. Ils sont en train de disparaître un à un de la scène internationale en attendant le tour du grand Georges W. Bush dont le sort sera réglé aux prochaines élections présidentielles américaines.

 

Départ sur la pointe des pieds

 


Paul Wolfowitz

Après avoir bataillé des mois durant pour conserver son poste de Président à la tête de la Banque Mondiale, Wolfie, comme l’appelle affectueusement son mentor Georges W. Bush, va retrouver l’anonymat le 30 juin prochain. Il n’a, malheureusement, rien fait pour l’y échapper. Aujourd’hui, il est « Down » ! Convaincu qu’il menait un combat noble, celui de la lutte contre corruption qui a trouvé un large écho auprès d’associations et autres ONG de lutte contre la pauvreté et la corruption dans les pays du Sud, Paul Wolfowitz s’est muré pour des raisons idéologiques à distribuer des mauvais points à certains Chefs d’Etats africains qu’il prenait pour ses « élèves » qui devaient obéir à ses injonctions. En allumant les feux de la contestation de sa politique, le futur président  déchu de la banque Mondiale et ex-Faucon du Pentagone n’avait pas trouvé mieux que de choisir les pays et les dirigeants sur qui allait s’abattre son « courroux » ; faisant ainsi traîner et tirer en longueur les négociations pour la réduction de leur dette extérieure. C’est ainsi qu’il a décidé de façon unilatérale à « couper les vannes » au Tchad du Président Idriss Déby pour non respect des engagements pris avec la banque Mondiale de consacrer ses revenus pétroliers aux générations futures.

En février 2006, Paul Wolfowitz a voulu, avec l’appui de certains « Fonds Vautours » et la complicité de quelques activistes de défense des droits de l’homme Congolais, - certains responsables vivent au crochet des subventions des ONG occidentales-, s’attaquer non seulement au Chef de l’Etat Congolais Denis Sassou Nguesso, mais à tout le peuple Congolais en s’opposant systématiquement à toute solution visant à desserrer l’étau de sa dette extérieure. C’est à partir de là que vingt-deux (22) des vingt-quatre (24) membres du Comité directeur de la Banque refusent de le suivre dans sa croisade « anti-Sassou », allant jusqu’à lui demander de préciser les critères de sa lutte anti-corruption qui devenait à géométrie variable lorsqu’il s’agissait du Gouvernement Congolais.

 

Qui paye ses dettes s’enrichi !

 

Parrain des « Fonds Vautours » ? Paul Wolfowitz qui aurait pu gagner en sympathie, est aujourd’hui en train de payer sa grosse bourde. Sans prendre ni l’avis du Conseil d’administration et encore moins celui du Comité d’éthique de la Banque Mondiale, l’ancien numéro deux du Pentagone, accusé de népotisme, avait accordé d’importantes augmentations de salaires à sa maîtresse Shaha Riza. Il a augmenté les revenus de sa campagne les faisant passer de 100.000 à 14.000 euros annuels. Il paye aujourd’hui, le prix de son autocratie, de sa gestion solitaire, autoritaire et surtout de son mépris vis-à-vis des pays pauvres ; lui qui ne s’est pas empêché dès son arrivée à la tête de l’institution financière, à se payer un salaire plus élevé que celui de son prédécesseur. A voir de plus près, il a tout simplement fait entorse à cette « bonne gouvernance » qu’il appelait de tous ses vœux chez les africains.

Les populations de Mbandza-Makondi, lieu de naissance virtuelle de Wolfowitz d’après le site www.mwinda.org, relayées par des opposants peu regardants qui applaudissaient ses exploits chaque fois qu’il tançait le pouvoir de Brazzaville en compagnie de « délinquants financiers » Congolais, qui eux-mêmes se prenaient pour les « Zorro » de la Transparence et la bonne gouvernance, en ont pris pour leur grade. Ils sont aujourd’hui orphelins. Dans le combat qu’ils menaient pour déstabiliser le régime de Brazzaville, ils ne savent plus à quel « Messie » et « Sauveur » se vouer ! Ils avaient déjà perdu François-Xavier Verschave. Ils sont en train d’assister impuissamment à la décrue mégalomaniaque de Mounzéo, empêtré dans la délinquance financière de petits caïds de banlieue, fait de larcins et de vol à l’étalage. Le dernier en date, fait suite au siphonage des subventions accordées à la RPDH par une ONG occidentale. Aujourd’hui, avec la chute de Wolfowitz tous, se sentent bien seuls !

Qui a dit : « Qui paye ses dettes s’enrichi ! » Sans tenir compte de l’avis critique des donneurs de leçon qui avaient poussé des cris d’horreurs lorsque le gouvernement Congolais avait justifié la dissimulation de ses revenus pour échapper à la voracité des « Fonds Vautours » qui cherchaient à le racketter, le gouvernement congolais a pris langue avec tous les « Vulture Funds » ou encore « Fonds Vautours », détenteurs de « capitaux hirondelles » qui s’acharnent à réquisitionner ses cargaisons de pétrole ou à bloquer ses comptes à l’étranger pour se faire payer. Ces « Fonds Vautours » veulent se faire rembourser des dettes qu’ils avaient pris soin de multiplier exponentiellement la valeur. Tous ces « financiers charognards » ont été, pour la plus part d’entre eux, remboursés après un accord trouvé avec les négociateurs Congolais de la SNPC.

En dehors du « Fonds Vautours » Kensington International, le plus vénal voire le plus vorace ; ce fonds de pension américain a racheté la dette congolaise d’un montant de 1.698.596$, quatre dettes d’un montant de 32.580.000$ dans les années quatre-vingt et a obtenu d’un tribunal Londonien une décision complaisante. Il a condamné le Gouvernement Congolais à lui octroyer en guise de remboursement la coquette somme de 121.365.437$ avec des intérêts de 8% l’an. Les négociateurs congolais  ont refusé de se plier à ce diktat. Les dernières discussions entre les avocats de Kensington et la partie congolaise menée par les limiers de la SNPC se sont achoppées sur les montants exorbitants réclamés par Kensington International qui a multiplié par 100 la valeur de la dette de départ. Entre les deux parties, c’est toujours le bras de fer. Il s’agit pour toute la communauté congolaise de faire comprendre à ce « Fonds Vautours » qu’il ne rackettera plus impunément les ressources congolaises sans que ses autorités réagissent (1). Quoiqu’en disent certains, en pensent les détracteurs du pouvoir, le Gouvernement congolais est déterminé à éponger ses dettes, toutes ses dettes et même celles qui avaient contractées par les prédécesseurs pour s’acheter les armes qui ont servi à tuer les Congolais, toutes origines confondues. Mais, dans le calme ; une façon de montrer à l’ancien Président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz que le calme : c’est bon ! Comme ont dit en Lingala : « Ba bétaka libakou na ngomba té » ! Comprenne qui pourra !

 

P.SONI-BENGA.

 

 

(1) : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/256002.FR.php